I.IVRE II
justices. Le juste, en tant que juste, ne diffère pas du juste, qu’il soit Grec ou barbare, qu’il ait vécu dans le sein de la philosophie ou sous la loi de Moïse, car Dieu, source de toute justice, est le Seigneur de tous les hommes, quoiqu’il soit de plus près le père de ceu.\ qui l’ont connu plus parfaitement'. Supposer que le Sauveur ait laissé dans l’impuissance du salut ceux qui ont précédé son avènement sur la terre, c’est révolter toutes nos idées de justice, tous nos sentiments d’équité. Non, l’équité ne veut pas qu’une moitié du genre humain soit condamnée sans être entendue, ni que ceux-là seuls participent aux bienfaits de la justification qui sont venus après l’Incarnation^. 11 était digne de la bonté et de la providence de Dieu que ceux qui avaient pratiqué la justice, ou qui, après s’étre égarés, s’étaient repentis de leurs fautes, fussent sauvés par la connaissance que chacun d’eux po.ssédait, puisque malgré le lieu où ils étaient placés ils étaient incontestablement du nombre de ceux qui appartiennent à Dieu Ainsi S8 trouvait établie la catholicité du christianisme, et résolue l’objection des philosophes païens contre sa nouveauté. Vous prétendez, disaient ceux-ci aux chrétiens, que votre religion est la vraie, la seule vraie, que votre doc-
' Strom. F/, 6, p. 763-764.
p. 765 : KiiHautem non tnigui^h'f eot çut an/« adv«n(um Z>onunt rum tni net: annunfiatum fuisset Evangelium, nec in credendo
ici non credendo ulla poiset in eot culpa conferri, vei talutem atifqm. vel pum'n. Xeque enim fat est illot i^utdem, indicfa cau.va, fuisse condemnalos : solis autem rit gui fuerunl poit ejut adventum, frui divina jujftfia.
* S/rom. yi, 6, p.763. — Afin deconcilierla juaticeue Dieu, sabontéégale envers tous les hommes, avec la nécessité pour le salut de la foi au Médiateur, Clément suppose qu'en descendant aux limbes, l’dme de Jétiia- CbristyprêcTia l’Evangile aux Juifs, et que les premiers d’entre les apôtres, imitant l'exemple de leur maître, v descendirent à leur tour pour annoncer U bonne nouvelle aux Gentils, èette hypothèse, en contradiction avec l'enseignement commun de la tradition et de l'école, est inadmissible, en ce qu’elle suppose qu'il peut y avoir conversion après la mort. Mais le principe dont elle est une fausse application, à savoir que Dieu veut le salut de tous les hommes, n’en est pas moins incontestable.