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li iiio est la vérité absolue. Elle vient trop lard pour venir de Dieu Comment voulez-vous que l’on puisse roncilier la bonté et la providence de Dieu avec l'abandon qu'il aurait fait du genre humain durant tant de siècles écoulé? avant le Christ?
Clément répond à cette grave difficulté comme avait répondu avant lui l’auteur de la lettre .’i Diognète, comme répondra après lui son disciple Origène Dieu, dit-il , est la bonté par essence, ba détermination de sauver le genre humain par son fils est contemporaine du décret même de la création; tous les hommes, sans exception, ont été appelés au salut en même temps qu’à l’existence. Le salut, motif et fin de la création, n’a étt* consommé, il est \Tai. que dans la plénitude des temps par l’Incarnation et Is Passion du Fils de Dieu, médiateur nécessaire entre son Père et le genre humain. Mais le Verbe n’a cessé d’avoir les yeux ouverts sur ce grand couvre qu’il a préparé dés l’origine des choses, donnant, dans tous les temps, dans tous les lieux, à tous les hommes de bonne volonté, les moyens nécessaires pour participer à ses bienfaits.
Cette doctrine, qui de saint Paul, de saint Jean, à' .saint Justin le Martyr, passa par Clément et l’école d’ilexandrie à saint Augustin et à saint Thomas, celte do»'trine qui a inspiré la Cité de Dieu et le DLieours sur l'hùtoirc universelle, explique avec grandeur et vérité le lien qui unit dans le Christ l’ancien monde avec le nouveau, la loi mosaïque et la loi naturelle, ou philosojihique. aver la loi de l’Évangile. Elle fait disparaître le manichéi.sn>\ qui .se trouve en germe au fond de tous les systèmes gno?-
* ad Diogn., p. 494 : Cur novum huegenu^ aut ihititulum in
tudinem t'einre nunc ccpperit et non pn»*. — Cf. Ori^., Ceht.
* ad Diogn,, p. 499.
tiques des premiers siècles, et qui met éternellement en présence deux principes, l’un du bien, l’autre du mal, se combattant sans cesse, sans pouvoir se vaincre jamais, dans la nature et dans l’humanité. Contrairement à ce dualisme monstrueux , Clément établit que le mal , loin d’être divin et étemel, n’est qu’un pur accident ; que le seul vrai Dieu gouverne toute chose par sa Providence et fait servir le mal lui-même à l’accomplissement de ses desseins.
Faisant l’application de ces principes à la philosophie. Clément établit qu’elle n’est pas un fait isolé dans l’histoire qui se soit produit en dehors de l’action de la Providence. 11 est loin, dit-il, de vouloir la traiter, comme quelques-uns, de fille du démon ou d’enfant du hasard. La philosophie est un fait providentiel : elle fut pour les Grecs, comme la loi de Moïse pour les Juifs, une introduction à la religion chrétienne, une préparation évangélique, une leçon préliminaire à la foi dans le Médiateur *. « La philosophie,
• dit-il, si elle ne peut embrasser toute l’étendue de la vé-
• rité, si elle ne peut donner la force d’observer la loi du « Seigneur, la philosophie ne laisse pas que de préparer « l’âme à l’enseignement royal (au christianisme), en cor- « rigeant de son mieux le vice par la formation du sens
• moral, et en disposant à la réception de la vérité par le
• sentiment de la Providence *. De même que Dieu a
• voulu procurer le salut des Juifs en leur donnant des
• prophètes, ainsi il a suscité des prophètes parmi les
* yàp xalarJ^nî rà 'EXXtîvix'^v b vàfjL^i Toyç
{Strom. I, 5, p. 331.)
* StrofT». r/, 5, p. 761 ; K«6bt7T<y5 iou^cthui o Qtàt rov{ tt/so-
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« plus distingués d’entre les Grecs, et les a séparés du « vulgaire dans la mesure où ils étaient capables de coro- « prendre la bienfaisance divine. Ainsi Grecs et Juifs ont « été instruits par les testaments divers d’un seul et même « Seigneur. Est-ce que la rosée de la grâce divine nt « tombe pas également sur les justes et sur les pécheurs? « Ou bien, comme l’a dit excellemment le grand .Apôtre. « le Seigneur est-il seulement le Dieu des Juifs, ne l'est- « il pas aussi des gentils? Assurément, il est aussi le Diec « des gentils, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu '. »
Comme nous l’avons remarqué déjà, malgré la similitude qu’il établit entre l’Ancien Testament et la philosophie, Clément ne va pas jusqu’à les confondre. 11 maintient une différence entre ces testaments divers, comme il les appelle. Mais en quoi diffèrent-ils? Est-ce en nature ou seulement en degré ?
A ne considérer que certaines expressions du doctoH alexandrin, l’on pourrait en induire qu'il n’admettait pas de différence essentielle entre l’Ancien Testament et la philosophie. Ainsi, nous avons vu qu’il suppose que certains philosophes ont pu recevoir le don d'intelligence; il leur donne le nom de prophètes et une mission semblable à celle des prophètes du peuple de Dieu; il appelle en particulier Platon un homme inspiré. Enfin il déclare qu'avant la venue du Sauveur « la philosophie était nécessaire aiu Grecs pour la justice *. » Il semble qu’on ne peut dire plus clairement que la philosophie a une origine et une fin surnaturelles, et que, par conséquent, il n’y a entre elle et la
t <Siroin. r, 3, p. Ü56 : o «rrî ç'uxtoui xxt