I.IVRE IV
Noii.s allons décrire ici séparément, d’apré.s notre saint docteur, ce double aspect de la gnose , ou ce développement théorique et pratique de la foi.
Commençons par la gnose spéculative.
lîne première remarque à faire c’est que la gnose spéculative elle-même, c’est-à-dire la connaissance théorique de la vérité révélée, ne peut, comme la foi, s’obtenir par le simple effort des facultés intellectuelles. Elle exige de plus la préparation du cœur : Dieu ne l’accorde qu’à ceux qui s’en rendent dignes en purifiant l'œil de leur âme de la souillure du péché. L’intelligence ne va pas sans la vertu, et les accroissements de la lumière suivent ceux de la charité. « La gnose, dit Clément, n’est pas une parole t vide, mais une science en quelque sorte divine, et cette
• lumière qui, se faisant dans l’àmc par l'observation des « préceptes, découvre l’origine et la génération des choses,
• éclaire l’homme sur sa nature et sur les moyens qui « peuvent le rendre participant de Dieu. La gnose est à « l'âme ce que l’œil est au corps '. La gnose, dit -il
• encore, consiste dans l’illumination ; elle a pour objet « le souverain bien, et pour terme le repos »
Le foyer de cette illumination est le Verbe, dont le sens est donné au chrétien par le Saint-Esprit. La gnose est donc une participation à la connaissance du Verbe luimême, non-seulement en tant que Créateur, mais encore en tant que ImIs et .Sauveur. De là les caractères que Clément lui attribue dans les pas.sages suivants :
« L’homme spirituel, dit- il, le vrai gnostique est,
• comme l’enseigne saint Paul, le disciple du Saint-Esprit
Digiti
' Sirom. ni, 5, p. .S31.
•Pri. /, 6, p. 110.
i I.KMKNT 1) AI.F.XAM1HIK.
« à qui Dieu donne le sojisde Jésus-Christ Notre . et notre jardin spirituel est notre Sauveur lui-mènif, « dans lequel nous sommes plantés et transformés aprè- « avoir été arrachés de la mauvaise terre de notre an- « cienne vie. Or la transplantation produit la fécondités « la bonté des fruits. Le Seigneur, en qui nous somme?
• transplantés, est la lumière et la vraie gnose *. On ap- « pelle philosophes chez les chrétiens ceux qui aiment h « sagesse, créatrice et maîtresse de toutes choses, c’esl-à- « dire la connaissance du Fils de Dieu Le Seigneur étant « la vérité, la sagesse et la vertu de Dieu, il est évident « que le vrai gnostique le connaît et par lui son Père *. .''i « on appelle sagesse le Christ lui-même et l’enseignement « gnostique qu’il nous a donné, soit par les prophètes, soit
• par lui-même en instrui.sant les apôtres, on devra dire « que la sagesse est la gnose, puisqu’elle est la science « et la compréhension ferme et immuable des choses pré- « .sentes, futures et passées, révélée par le l’ils de Dieu.
« Or, la contemplation étant la fin du sage, ceux qui « sont encore simplement philosophes ont pour objet de « leur contemplation le désir de la .sagesse divine ; mais « ils n’atteignent la sagesse elle-même qu’au moment oîi ■ ils acceptent les enseignements de la voix prophétique « qui se fait entendre à eux et qui leur découvre la ina- « nière dont s’accomplissent, se sont accomplies et doivent .* .s’accomplir les choses présentes, pas.sées et futures. L*» t vraie gnose est celle qui, transmise oralement à un petit
• nombre par les Apôtres, est parvenue jusqu’à nous .sans
* .S/rom. î'. 4, p. tî.'iO.
» Ihid. Vi. I, |>. -:40.
» Ibid. VI, 7, p. 7C.8.
* Ibid. //, 1 1 , p. .157.
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