‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 74 sur 145 · I.IVRK IV · texte numérisé non relu

I.IVRK IV

I boiihoiir et de jouissaiicc.s qui le.< allendenl aprè.s leur • inorl. Ou.K-là sont des enluiits dans la foi ; ils sont I heureux, sans doute, mais ils ne sont pas encore, comme > le gnostique, parvenus à la perfection de l’homme fait t qui réside dans la charité envers Dieu... Or la charité « est à elle-même son seul motif’. » Clément tire de là leux conséquences : la première, c’est qu’une action n’est )as vraiment vertueuse lorsqu’elle n’est pas accomplie par ■liarité envers Dieu ; tandis que, au contraire, toutes les ictions, même les plus ordinaires de la vie commune, sont igréables à Dieu, lorsqu’elles sont faites par amour pour ui. Il s’appuie, pour le prouver, sur le témoignage de aint Paul (I, Corinth., xiii) et de saint Clément de Rome L’autre cüiis«;(|uence que déduit de son principe le docteur ilexandrin, c’est que celui-là seul cultive la vertu, qui la net au-dessus de toute chose, qui, après l’avoir recherchée ,x)ur elle-même, ne l’abandonne jamais, la regarde comme e .souverain bien, el ne se propose d’avtre motif que de tlaire à Dieu

« Clément revient souvent à cette définition de la vertu, ît il s'elTorce d’en prouver la légitimité par de nombreux lassages de l’Écriture et par le témoignage d’un grand loiiihre d’écrivains illustres. Il le devait Car c’est là l’idée nère de .son système, le principe sur lequel il s’appuie wurétablir comment l’homme peut s’unir intimement avec dieu et entrer en participation de sa vie. Mais ce qu’il importe de constater ici, c’est que Clément conclut de cette Jélinition de la vertu que le gnostique seul est vraiment oieiLv C Cette conclusion est légitime. Car on ne peut

* .S(rom. VII, 11, p. 871, sa.— Cf. IV, 22, p. 62Ü, 630, etc.

'(tld. /r. l7, p. 6f>3 5.7.

* (tld. VII. 11, p. 871. — Cf. Ibid. IV, 22, p, 6-30.

* Strom. VII, I, p. 828 : Mtvsv iivai Ot^'ssCr, rbv l'v^src/ov.

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adopter la déliiiitinn que Clément donne de la vertu,*reconnaître que la vertu n’est pas tout entière dans l'actir elle-même, mais qu’elle dépend surtout de la raison et à l’intention qui anime l’agent, t L’Écriture enseigne. ditni

• que la vertu consiste non pas simplement àfaireceqt « est bien, mais à le faire avec intention et d'une manim

• raisonnable L • Bien plus, l’intention seule, poon'. qu’elle soit pure et .sincère,, devra être réputée pour l’»c!f vertueux lui-même, quoiqu’elle n’obtienne pas son eSef extérieur. Et c’est en effet ce qu’enseigne Clément K

« 11 suit de ces principes que le gnostique, faisant tcutes ses actions conformément à la droite raison, remplit p’ là même toutes les conditions de la vraie vertu. Aussi O ment n’hésite-t-il pas à dire que toutes les actions dugnostique sont des actions parfaites employai’

le mot même usité dans l’école stoïcienne *. » I>e gni35t- « que, dit-il, agit toujours avec perfection en toutes cb- « ses L » Ces mêmes actions seraient défectueuses, sidl*^ étaient faites par un motif de crainte, par imitation, par désir d’une récompense. Mais ces motifs ne se renconlrEi pas dans le gnostique, qui fait tout par amour envers Diei et ne se propose d’autre fin que de lui plaire.

« Huant au fidèle, continue Doehne, Clément en paritout autrement. Il lui accorde, càla vérité, de produire de^ actes conformes à la religion chrétienne, et, par conséquent, une sorte de vertu; mais il lui refuse la vraie vertu et l’accomplissement parfait du devoir. I/œuvre du simple fidèle est, suivant son expression, une a uvre moyenne {jùp

1 Strom. VI, 14. p. 796.

’ Ibid. IV, 6, p. 5S0-581.

> Ibid. VI, 14, p. 796.

* Ibid, Vil, 9, p. 864 : Karo.cSti !•/ rSîi

UVIIK IV. Î4I

ui noilu), et il l’appelle ainsi, sans doute, parce qu’*^tant bonne dans son objet, on ne peut la dire mauvaise, ni la dire bonne parce qu’elle n’est pas bien faite Enfin, ce principe une fois admis que la vertu se fonde sur la connaissance des meilleurs motifs des actions, il s’ensuit nécessairement que toute action accomplie par un agent qui ignore ces motifs et par un païen est mauvaise, et c’est, en effet, ce que dit Clément Il adoucit, il est vrai, ce que celte conséquence a de trop absolu, dans un autre endroit de scs Stromales, o(i, après avoir déclaré que cliacun serait jugé d’après sa connaissance et ses lumières, il ajoute : I 11 a été dit d'en haut à toutes les âmes raisonnables : « tous les péchés que l’un d’entre vous aura commis par ■ ignorance, n’ayant pas la vraie connaissance de Dieu, • lui seront pardonnés, pourvu que, venant à reconnaître > son erreur, il en fasse pénitence »

« En un mol, on peut résumer ainsi les raisons pour lesquelles la gnose est supérieure à la foi ; de même que les vérités que nous croyons nous sont certaines et utiles, lorsque nous connaissons clairement les preuves de notre foi, de même nos actions ne sont véritablement bonnes et vertueuses qu’ autant qu’elles procèdent de l’amour pur de Dieu. La foi doit être recherchée pour autre chose, et principalement pour la gnose ; la gnose, au contraire, est la perfection de l’homme, et elle doit être recherchée pour elle-même, ou pour les biens qui lui sont inhérents L »

Nous avons cru devoir reproduire ici presque en son entier cette discussion de Doehne, parce que l’opinion de ce critique, bien que peu fondée en preuves et contraire â la

i4< . LÉMENT D At-EXANURlE.

doctrine formelle de Clément d’ Alexandrie, a été plus ou moins adoptée par plusieurs autres théologiens, et parce qu’elle nous fournit l’occasion d’éclaircir les difliculté? que présente l’interprétation de certains paasages des Stromales.

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