SS
pIIo e.st clpvenue une propriété commune de l'un et de l’autre, et cette communauté produit l’union et la ressemblance. Mais cette ressemblance est imparfaite. Le fidèle connaît la vérité que connaît le maître, mais il ne la connaît pas comme le maître. Lemaître, le Verbe, connaît la vérité en clle-mcme; il ne la croit pas, il la voit avec sa raison d’être et son rapport îi toutes choses ; il la voit directement par un acte permanent, qui est sa vie même ; de sorte que non-seulement il connaît la vérité, mais qu’il est cette connaissance même, qu’il est la raison (/oyo:), la sagesse {•jorfix), la science (£t:i<ttï)uï]) , en même temps que la vérité et la vie. Quelle distance entre cette connaissance du Verbe et la connaissance du fidèle! I.e fidèle connaît la vérité divine ; il la connaît certainement, mais sans la comprendre en elle-même dans son essence, dans sa raison d’être et ses rapports ; il la connaît par témoignage et non à la clarté de sa propre évidence. Voilîi ce que donne la foi pure et simple.
Le disciple du Verbe doit-il en rester là? Quand la foi lui a livré les trésors de la science et de la .sages.se de Dieu, doit-il les enfouir dans son cœur, et se contenter de la rcs.semblance imparfaite que lui donne cette po.s.session avec le Christ révélateur? Non, .sans doute, répond Clément. (< Le Verbe ne veut pas que le fidèle soit oisif '. » Au delà de la foi, il y a pour le chrétien une connaissance à laquelle il doit aspirer par ses efforts, et que Dieu accorde à celui qui s’en montre digne. Ou plutôt la connaissance de la foi peut et doit faire dans le fidèle des progrès qui la rapprochent de plus en plus de la connai.ssance même du Verbe. Cette perfection de la foi, c’est la gnose.
• ^*yov oi *7v«t tov b N'iro»w. I, 11, P- 34f».
l l.KMKNT UAI.KXANORIE.
Or voici les caractères qui distinguent la connaissance du gnostique de celle du fidèle.
Comme le fidèle, le gnostique croit sans doute sur faotorité du Verbe. Mais outre cette autorité sur laquelle s’appuie, comme sur sa base principale, la ferme adhésion (k son esprit à la vérité révélée, il trouve dans l’intelligence raisonnée et plus approfondie de cette vérité, sinon une certitude plus grande, du moins une lumière plus vive qui le prémunit plus eflicacement contre le doute et l’erreur. Non-seulement il possède la vérité, mais il la possède plœ en propre que le fidèle, parce qu’il en a la connaissance intérieure, et qu’elle est pour lui tout ensemble objet de foi et objet de science. Il ne la croit pas seulement, il la sait. • La foi, dit Clément, est la connaissance succincte « des vérités nécessaires à savoir ; la gnose au contraire t est la démonstration ^ûre et ferme du contenu de notre « foi, fondée sur la foi par la doctrine de Jésus-Christ, el « s’élevant jusqu’à une connaissance immuable et jusqu’à • une notion scientifique » Avant ce travail de la réflexion sur les données de la foi, le fidèle, nous le répétons, est certain de ce qu’il croit; sa croyance n’est pas une opinion qui admette le doute ou l’incertitude. Mais sous un rapport elle est moins inébranlable que la connais.sancc du gnostique. Elle tient plus du cœur que de l’intelligence. Étrangère à la science, elle est plus exposée aux sophismes savants de l’erreur, et moins habile à démêler le vrai du faux dans les opinions liumaines. « Ce n’est pas la simple « foi , dit le docteur alexandrin, mais la foi unie à la € science qui sait discerner le vrai du faux dans ce qu’on I lui propose »
1 S(rom. VU, 10. p. 865.
» IbU. I, 0, p. :|36.