‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 77 sur 145 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Tel est le premier avantage de la gnose sur la foi. I..a ronnaissance du gnostique n’est pas seulement raisonnable, elle est raisonnée, et, par conséquent, affermie et défendue contre les erreurs savantes et les subtilités des sophistes. U vérité est une et immuable ', et la connaissance raisonnée de la vérité sur un point implique la connaissance de l’erreur qui lui est contraire *. Le gnostique n’a donc rien à redouter de la fausse science ni des faux docteurs. Ktabli par le Verbe dans la science immuable du sou\ erain liien, il ne peut ni ignorer l’erreur, ni se laisser séduire par elle. Aussi, loin d’éviter comme un danger la connaissance des opinions d’autnii, il y trouve au Qontraire une confirmation (le la vérité qu’il possible, et un secours pour reculer les limites de sa propre science. Voilà pourquoi il les i ludie et les examine avec soin, afin d’y recueillir, à son profit, tout ce qui s’y rencontre de vrai et d’utile. 11 n’ignore l>as qu’il y a partout des rayons dispersés de la vérité divine, qu’il doit recueillir et ramener à leur foyer commun, c’est-à-dire au Verbe. Par ce travail, que lui s ul est capable d’entreprendre sans jvéril, il peut s'élever jus<[u’à la contemplai ion de la vérité tout entière et devenir ainsi parfait gnostique. Car celui-là est le vrai gnostique qui possède toute espèce de sagesse *.

\ou-s arrivons ainsi au second caractère, qui, suivant filéinont, distingue la gnose de la foi. La .science du gnoslique parfait n’est pas seulement invincible à l’erreur, elle est universelle. I.e gnostique connaît toute vérité ; € il a

• non-seulement de la première Cause et de celle qui est

• engendrée par Elle une, .science inébranlable fondée sur

' SIrom. VI, 10, p. '80.

* ma. VI. 18, p. Bî.S.

’/kiil. l, 13, p. 34U-3.SO.

fl.KMENT DALKXANDRIE

• des raisons immuables et invincibles, mais il a appris de f la Vérité elle-même la vérité la plus précise et la plus « exacte de la formation du monde à sa consommation, sur « le bien et le mal, sur l’origine universelle et la généra-

• lion des choses; en un mol. sur tout ce qu’a enseigné le t Seigneur Iæ gnostiquc comprend toutes choses d’une

• manière admirable, parce qu’il a reçu la science div ine

« La gnose est la science ferme et inébranlable du présent. « de l’avenir et du prissé, enseignée et révélée par le Fils

• de Dieu *. »

Enfin, arrivée à, son plus haut degré de perfection, la -gnose devient un état permanent de contemplation *. De sorte que le gnostique possède moins la science et la connaissance, qu’il n’est la science et la connaissance ellemême La gnose est alors la vue directe de Dieu®, c’està-dire la dernière initiation aux mystères de la nature divine, la connaissance aussi parfaite que possible de la puissance et de l’essence de Dieu C’est ainsi que • le « Fils unique, image substantielle de la gloire du roi

• universel et du Père tout-puissant, imprime au gnos- « tique le caractère de la contemplation parfaite qui en <r fait La troisième image de Dieu, aus.si semblable que

• le permet sa nature à la cause seconde, et à la véritable « vie, source de notre vie. ® » En vertu de cette ressemblance, le gnostique devient fils de Dieu, non par nature.

> Strom. VI, 9, p. 779.

• Ibid. VII, 11, p. 867.

» Ibid. VI, 7, p. 771.

• Ibid. FI. 7. p. 771.

» Ibid. IV. 6, p. .781.

• Értcnriia ûioü, S»/:» /iiynrr„ b l.TSjTTun!. (Pcd., I, 7, p. 130.1 — Strom. It, 10, p. 4SI. sq.

T it x9tTâ)n'^t{ Tij; bstxt /sû ojziu{. fStrom. V, 10, p. 685.1

■Slrom.F//, 3, p. 8.38.

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