I.IVRK IV. i
liai? par ndoplioii ol, on rc .?ens, Dion liii-ini'mo Cette perfoclion de oonnaissance , aUritiuéo par Clément au giiostique parfait, a été l’objet d’interprétations diverses et même contradictoires. Quel est, sur ce point, le sens précis do sa doctrine? A-t-il vraiment enseigné, comme l’ont prétendu quelques critiques, que le gnostiquc pouvait, dès celte vie, s’élever à un état permanent de contemplation où l’ignorance et l’erreur ne sont plus possibles, oii le raisonnement lui-même n’a plus de place , en un mot, à un état permanent de vue directe de Dieu, de vision béalifique? Nous croyons, avec Bossuet qu’interpréter en ce sens certains passages du docteur alexandrin, c’est en exagérer la portée.
11 est certain que Clément attribue au gnostique l’habitude permanente de la contemplation, comme l’habitude constante de la vertu. « La gno.se, dit-il, ou la connai.s-
• sance de la sagesse, parvient par l’exercice k une liabi- « tude de contemplation éternelle et inaltérable L l/en-
• tendre, dit-il encore, par le continuel exercice, devient « un toujours entendre ; et toujours entendre est l’essence
• ou la substance du gnostique par une certaine tempéra- « ture qui n’a point d’interruption, et la perpétuelle con-
• templation est une vive substance » Ainsi nul doute que la gnose ne devienne une habitude acquise de contemplation. Mais cette habitude a-t-elle des caractères qui permettent de 1a confondre avec la vision béatilique? Llomcnt lui attribue, il est vrai , quelque clio.se d’inal-
' Sirom. U, 11. p. 4UT-168.
M6id., rr,23, p. 032.
* Tradition des nouveaux mystiques .
JSirom. VI, 7, p. 771 : I v-; tin ïüi*. zx.u.sr.ifla -j.t y’.r, «ù IîcSimscz; '•ttfij, /at etvz/isrzi-rov.
là uivyzjs vsrtv, ix Txjurx/.rrx; tl; eh olii vj*(. i/esixteur Tè d't dei v4jiv, zzîrz vîrarsv ’jrtiyruot;
.Sjroni. /ï'. p. C2(î. — thnl.. j». f»Sl .
i» d-ÊMEST DAT.EXAKDRIK.
lénUe, d*iaTu«ble H fTinébninlable. Mais i pfiqor «igémenl par la nature même de la de soB objet. L’objet de la gnose , qui est ab Bel. immaable. produit une srience qui lui est f e’est-à-dire une science qui ne varie point, qui et inébranlable et communique rcs qualités à l’ii où elle se retire. Cest en quoi la science gnostiqu objets £0.11 étemels, difi(‘re des opinions. De plus étant une habitude, a, sous ce rapport , une fo permanence qui la distinguent des simples di ordinairement changeantes et incertaines. Enf templation gnostkpie participe de la nature de sans laquelle elle ne peut exister. ■ Or, remarqii
• c'est la charité dont saint Paul a dit qu’elle
• jamais parce qu’au lieu que la foi et l’esix
• vanouissent dans la claire vue, la charité ne f € affermir » Ces raisons générales suffiraient quer et justifier les passagesoùle docteur alexand attribuer à la gnose des propriétés qui n’appartie la vue face à face. Mais l’examen des textes e prouve, dans le détail, qu’il n’a pas fait ce sinn.
En effet, selon Clément, la contemplation f gnose, même la plus parfaite, n’exclut pas, coi sion b«*alifique, le raisonnement. Clément définit t Une ferme conqiréhension de la vérité, laquel « raisons certaines et invariables, nous mène
• naissance de la cause » Or, cet état, où l’c par les vraies raisons à la connaissance de la c;
1 Corinth. XIII, 8.
• Tradifiori det noupdaiLr vi.
» SJrom. VI, Ift, p. m.
)osn c‘\ idommcMl l’iisagc du raisonnomonl. Aussi Clt^inonl lit-il ailleurs ; t Lcgiiostique use Irès-hien de la science ; > 3t après avoir montré ruiilité qu’il peut tirer de l’élude de a musique, de l’arithmétique, do la géométrie, de l’astrolomie, de la dialectique, il conclut qu’il faut obéir au prodiète qui parle ainsi : o Cherchez Dieu et affermissez-
• vous dans la t'énlé ; cherchez sa face en foules manières; . car Dieu ayant parlé en tant de sortes, on ne le connaît
• pas par une seule voie. Le gnostique ne regarde donc r pas les sciences comme des vertus et ce n’est pas pour « cela qu’il en apprend plusieurs; mais, s’en servant
■ comme de secours pour faire la distinction des choses . communes et des propres, il lesemploieîi la connaissance
■ de la vérité L »
Lu general, le docteur alexandrin ne sépare jamais a contemplation des efforts et de l’exercice actif de l’inelligence et en particulier de la méditation {iiû.triv) ,
■t du raisonnement (Aoyt/dv). Ces efforts sont nécessaires nème au gnostique qui est arrivé à l’état habituel de la ■onlernplation. •Celui, dit Clément, qui, de bon el fidèle
> serviteur, est parvenu à être ami par la charité cause
• de la perfection de l’habitude qu’il a acquise jiar la disci-
• pline et par un grand exercice, fait de grands efforts pour
• parvenir h la souveraine perfection de la connaissance,
• orné dans ses mœurs, établi dans l'habitude, ayant toutes
> les richesses du véritable gnostique^.. Comment Icgnostipie peut s’appliquer à posséder ce qu'il a, il est facile de 'entendre. C’est d’abord qu’il n’est jamais si absolument Kissesseur de l’état de contemjilation qu’il n’ait toujours )esoin de s’y affermir de plus en plus; c’est en second lieu
' Strom. rr. 10. p. 779-782. - Cf. Psnhn. CT', .1. I.
* VII, 1!, p. H08, Küf».