CHAPITRE V
t« eoo0« ei 1« Stoïcisme. Trftitf 4e ressemblesce.
A la perfection de la connaissance s’unit et con’espoitd. dans le vi ai gnostique, la perfection de la vertu. Aussi bifo (jue la connaissance, la vertu chrétienne a son fondemeti j et son point de départ dans la foi. La foi n’est pas mie- 1 ment une opération de l’intelligence, c’est aussi un actedc la volonté, le premier acte d’obéissance. De même que l’intelligence, la volonté se dépouille d’elle-même, d’abord j en faisant pénitence par la crcainte ; puis, portant des fruits dans la charité, elle prend la forme de la volonté divine; la vie devient l’expression de la connaissance qui en inspire ; et en règle tous les actes, et le vrai gnostique s’établit ainsi dans la souveraine perfection, qui consiste à repro- j duire en lui la vérité théorique et pratique de Jésus-Clirifl. Cette vertu ne .se borne pas à tel ou tel acte en prliculier ; elle est habituelle au gnostique (sv fçse) ; de Idie | façon, dit Mo'hler L que tout l’ensemble de ses actions devient un développement suivi et non interrompu du prin- I cipe .spirituel, et s’élève jusqu’à une pureté vraiment di- '] vine, qui lui fait faire le bien, non plus par crainte ni P'' l’espoir des récomircnses, mais, comme Dieu lui-mèinc- |)ar le seul amour du bien *.
' Vnlr., t. I. [I. (JI.
-• .S(rom. Vil, 3, |>. H37.
UVKE IV. -ilîT
Telle est l’idée générale que nous donne Clément de la vertu fçiioslique. 8a théorie, sur ce point, irétani pas sans analogie avec la morale stoïcienne, il importe d’examiner ici les rapports qui les unissent et les dilTérences qui les séparent.
I..a philosophie stoïcienne se distingue surtout par sa morale, et sa morale roule tout entière sur la délinition de la vertu. Pour les stoïciens, la vertu est le seul bien qui doit et re recherché pour lui-mème; seule, elle suffit au bonheur, et tous les autres biens, également fau.\ et trompeurs, doivent être égalemént méprisés. Puisqu’il n’y a d’autre l)ien que la vertu, il ne peut rien arriver au sage que de bon et d heureux; car la vei'tu, ou le souverain bien (|ii'il po.ssède, change on bien pour lui ce (|ui semble être un mal aux antres. D’un autre côté, le souverain bien, ou plutôt le bien unique, n’étant susceptible ni d’augmentation ni de diminution, suivant la rigueur des principes stoïciens, on ne peut donner le nom de bien, même d’une manière secondaire, à tout ce qui n’est pas la vertu. Entre la vertu, qui n’est susceptible ni de plus, ni de moins, et le vice, qui est le mal souverain, il n’y a place que pour les choses indifférentes (tx x'îtxzaax). Quant à la vertu elle-même, elle «’est autre chose que la t/roitfi rnison, libre de toute perturbation et de toute passion de l’àme, ou plutôt, devenant droite et libre, non pas seulement par la .soumission, mais par l’extirpation comph’de des passions. I.es stoïciens la définis-saient encoi'e la science de vivre conformément à la nature, et l’exercice de la vie conforme à celle science.
Il est facile de se rendre compte des conséquences extrêmes auxquelles aboutis.saient ces principes de la morale doïcieniie. Puis(|ue, d'une part, un acte n’était bon qu’au- 'ant ([u’il était produit |>ar la vertu, reul bien véritable, et
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