LIVRE IV
• philosophie. Car, de fait, presque tous sans avoir suivi le « cours des études libérales, sans la philosophie grecque,
• quelques-uns même sans la connaissance des lettres, € mûs seulement par la philosophie barbare et divine,
• nous avons reçu efficacement, au moyen de la foi, ladoc- « trinc enseignée de Dieu, instruits par la sagesse qui
• opère d’clle-mème *. •
De ces textes réunis et comparés il résulte évidemment que la gnose n’est pas de même nature que la science proprement dite ; que, contrairement à, la science humaine, elle e.st, aussi bien que la perfection de la vertu, accessible à tous, et qu’entin elle peut s’acquérir sans le concours de la philosophie et même sans le secouis d’une instruction élémentaire.
Dès lors, en admettant (ju’il identifie la vertu parfaite avec la gnose , Clément ne la confond pas pour cela avec la science. Il emprunte le langage des stoïciens sans en adopter la doctrine, et son gnostique diffère essentiellement du sage du Portique.
La gnose est la perfection théorique et pratique de la foi. Clément en conclut qu’elle doit être et qu’elle est en effet la condition de la vertu parfaite. 11 met entre les œuvres du gnostique et celle du fidèle la même dilTércncc qu’il établit entre la gnose et la foi. Cette différence n’est point une différence de nature, mais de degré. Les couvres du fidèle sont do vraies vertus, des œuvres saintes, puisqu’elles procurent le salut. « Comment , dit le maître
• d’Alexandrie, l’obéi.ssance au Verbe ou k la raison, que
• nous appelons la foi, ne produirait-elle pas le devoir?...
« Le devoir, en effet, suivant la définition des stoïciens.
' S/mm. i(i p.
CLEMENT n ALEXANDRIE.
« est l'acte parlait (y.3C7o,o&o-J/jievov) (jui procède de rubèir » sauce cl la raison »
Les œuvres qui ont la loi pour priïicipc sont donc boiir;i> et saintes parce qu'elles sont une obéissance au Verbe.
.Mais cette obéissance, en quoi consiste la vertu, elk peut être plus ou moins entière et parfaite. Sa perfection foi’mcile déiiend de deux condilions : d'une part la ronnaLsauce de l’îigent, de l’autre l'intention qu’il se propose ou le motif qui le fait agir. Il ne suffit pas, en effet, comnit k remarque Clément, que l’œuvre soit bonne en elle-mêair. qu'il y ait obéi.ssance matérielle au Verbe, pour qu’il y ait vertu ; il faut que l’œuvre soit voulue en tant que bc>nne. en un mot, qu’il y ait obéissance formelle. Or, c’est le motif qui détermine principalement ce dernier caractère, et k motif dépend lui-méme de la connaissance et de la volonté. Tels .sont les principes sur lesquels Clément fonde la diScrence qu’il met entre les œuvres de la foi et les œuvres de la gnose. L’œuvre gnostiqiie réali.se ;i son plus haut degré l’idée môme de la vertu parce qu'elle renferme toutes les conditions d’une obéissance parfaite au Verbe. Non -seulement le gnostiijue fait ce que veut le Verbe, mais il le fait avec pleine connaissance et par amour. Son obéissance ed pure de tout mélange de passion ou d’intérêt pcr.sonnel, ce qui est le caractère propre de la parfaite vertu
La même perfection ne se rencontre pas dans l’œuvre de la simple foi. Le fidèle, en tant que fidèle, n’agit ni avec la même perfection de connaissance, ni surtout avec la
• ï*sà. I, 13, p. : Tô 3i i^rrauoinçv r/ss#r-
Dans ce passage, Cléoieni ne tient aucun compte de ia distinction qu'il observe ailleurs entre le 1<* des stoïciens, preuve évidente qu'il n’y attachait pas le seo.«
rigoureux ni la mémo importance que ces pnilosophes.
* Strom. Kl/, lî, p. K71 : î!‘ ^c’ at/r»;/ xl^rrf,, «i* **>5 r?