‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 90 sur 145 · I.IVHK IV · texte numérisé non relu

I.IVHK IV

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même porl'eetion de motif. « Il en est paiini les fidèles,

• dit C lément, qui pratiquent la vertu en vue de la récom- « pense ou par crainte de Dieu. Une telle \ ertu est le fon-

• dement de la gnose, un acheminement vers ce qui est

• meilleur, une impulsion vers ce qui est parfait. Car,

1 est il écrit, la cminle de Dieu est le commencement de la « sagesse. Celui (jui est parfait, au contraire, sonU’re tout,

« supporte tout par charité, non pour plaire aux hommes,

« mais à Dieu '. La parfaite vertu, dit-il encore, ne se

• propose d’autre but que do plaire k Dieu, sans regard à « la récompense... Il en e.'t, au contraire, qui se font vio-

• lence en vue des jouissances et du bonheur qui les « altendent après la vie ; ils sont heureux, sans doute, mais t ils ne sont pas encore parvenus, comme le guostique, à « la plcnilude de l’àgc mûr rpie donne la charité envers « Dieu. Car il y a, dans l’I’.glisc comme dans les jeux « olympiques, des couronnes proposées aux hommes et

• aux enfants -. »

En dernière analyse, la charité ou l’amour pur de Dieu est le caractère es.sentiel qui distingue, selon Clément, la vertu parfaite de la \ crlu moyenne. J.a vertu est parfaite lorsqu’elle est déiiouillée de tout motif intéres.sé, (|uel que soit d’ailleurs ce motif; elle n’a (lu’une perfection relative lorsque son principal motif, bien (juc bon en lui-même, n’est pas le motif propre à la vertu parfaite, c’est-à-dire l’amour de Dieu pour lui-même. Car, remar([ue notre saint docteur, pratiquer la justice par crainte de la punition ou par espoir de la récompense, ce n’est pas être juste de son propre mouvement ou par amour de la justice. Inaction vertueu.se perd donc de sa perfection, et, par suite, de son

' Slroin. VU, li, p. S74.

* Ikid. VU, II, p. H7I-H72

CLKMENT U ALEXAXDKIE.

mérite, suivant que l’intérêt personnel de l’agent y a plu; de part. Elle cesserait même d’être formellement vertueu» si, implicitement du moins, un motif plus pur ne -se roê'ii' à celui de l’intérêt. « Dans ce cas, c’est la crainte oul’er « poir qui rend juste ou plutôt qui donne les apparence- « de lajustice*.» Au contraire, l’action vertueuse est d’autant plus parfaite qu’elle procède d’un motif plus désintéressé, et elle n’atteint sa dernière perfection que lorsqu* l’agent l’accomplit , .sans aucun retour sur lui-même, par amour pur de lajustice ou de Dieu, source de toute justio.

Or, (’lément appelle vertu gnostique celle qui est fait* par amour pur de Dieu ou pour plaire uniquement à Diet . et vertu de foi celle dont la crainte de Dieu ou l’espoir A ses récompenses est le principal mobile. Voilà pourquoi D attribue la perfection à la première et n’accorde à la seconde qu’une bonté relative. « La même action a un cara - « tère c’ilférent, suivant qu’elle est faite par un motif de s crainte ou accomplie par un motif de charité, ou, en « d’autres termes, suivant qu’elle procède de la foi ou de « la gnose *. »

Ce n’e.<t donc pas précisément la connaissance et encor* moins la science, mais la charité qui distingue la vertu du gnostique de celle du fidèle. Si la connaissance est nécessaire jrour l’accomplissement parfait du devoir, pour l’obéissance parfaite au Verbe, ce n’est qu’autant qu’ellf est une condition indispen.sable de la charité. Celui-là est gnostique qui connaît Dieu, sa bonté et son amabilité infinies, de façon à le préférer à tout et à faire ce qu’il veut uniquement parce que sa volonté est bonne et sainte, ou.

i Siror». IV, 92, p.

* Ihid. IV, 17, p. t$l5 : J ® hytt, r, '

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