I.IVRK IV
1 d’autres lernios. de laron ?i l’aimer pour liii-mAinn, Celi-là accomplit une reiivre gnoslique ou parfaite, fùl-il ne femme, un enfant, un esclave, « qui ne considère pas s’il en retirera quelque avantage ou (|uelque jouissance, mais sert Dieu pieusement, porté à la pratique du tlevoir par l’amour de la bonté vraiment aimable »
Agir par amour de Dieu, c’est avoir la parfaite science U devoir, la vraie philosopliie. « Nous ne pouvons tous
< philosoplier, dites-vous... Comment alors avez-vous cru?
< Comment aimez-vous Dieu et le prochain, si vous n’ètes ■ philosophe?... Je ne sais pas lire, continuez-vous. Vous
• savez du moins entendre, car l’ouïe ne s’apprend pas...
• La sagesse de la foi j)eut se passer des lettres. Son ’ livre, à la fois divin et accessible à l’ignorance (ri idiM- « uAov iu.x y.xi Ocîo'j), c’est la charité qui s’imprime dans
• l’àme *. 3
La distinction établie par Clément entre les o’uvres de la gnose et celles de la foi n’a donc rien d’injurieu.x ni de contraire à cette dernière. Clément n’a fait que commenter l'admirable épître de saint Paul au.\ Corinthiens '*. Comme I Apôtre des nations, il en.seigne que les œuvres, même Iwnnes dans leur objet, n’ont de mérite dans l’ordre du salut que par la charité, et que la charité e.st la me.'ure do leur perfection formelle L 11 y a loin de cette théorie mobile h. celle des stoïciens.
La charité est donc une condition e.ssentielle au mérite des bonnes œuvres dans l’ordre du salut. Alais, d’autre part, la charité qui a sa perfection dans la gnose a son principe
j .SIrom. IV, a, p. «30 Ptdag. IIJ. 11, p. 2ii9.
, I Cor. xnt.
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dans la foi. Clément en conclut que les actions des inlidèb sont des péchés. « Ceux qui n’ont pas la science de la foi « (jiT, yvw!XTi/ol), dit-il, jiroduisent quelquefois des acte « bons en eux-mêmes, mais non d'une manière conforme « au Verbe (où zarà Aoyov)... Ils n’agissent ni pour le » même motif ni avec la même intention que le gnoslique,
• quand ils livreraient leur corps au martyre. Car, comme « le dit l’Apôtre , ils n'ont pas la charité qui procède de la « gnose. Ainsi toute action faite avec science (èrcîTr-iw;) est « bonne ; toute action produite sans science est mauvais.'.
• quels que soient le courage et la persévérance de l’agent « à l’accomplir. Car son courage n’est pas formellement « raisonnable, et son acte courageux n’a pas pour fin l’un K des moyens qui mènent à la vertu et des biens qui en « sont le fruit. 11 en est de même des autres vertus morales « et des vertus qui ont la religion pour objet'. Toute ac- « tion d’un infidèle, dit plus explicitement encore le doc- « leur alexandrin, est péché. Car les Écritures enseignent « qu’il ne sufiTit pas de faire le bien en soi, mais qu’il est « néces.saire de se proposer une fin de ses actions et de « tes accomplir d’une manière raisonnable*. »
(Jucl est le sens précis de ces paroles ? Faut-il les entendre d’une manière absolue et croire que le docteur alexandrin enseigne que les infidèles sont dans l’impuissance de produire un acte moralement bon? Cette interprétation ne nous parait pas conforme à sa pensée.
Observons d’abord que les expressions employées par Clément ne lui sont pas particulières : il les avait empruntées à saint Paul, et il est remarquable que saint Augustin.
t Strom. VU, 10, p. 807.
^ Ibid, VI, 13, p. 790 : llavri^ Cs i'vTjsùtv Afatirt,-
Tünq.