LE CONTINUATEUR DE BOURGEOIS
La lumière finira par se l'aire complète sur ce point. On a vu plus haut que l'auteur des mélodies des derniers psaumes de Bèze n'avait trouvé pour soixante-deux psaumes que quarante mélodies, bien- inférieures, pour la plupart, à celles de son devancier. Quel était ce musicien médiocre? Guillaume Fabri exerçait-il encore, en i56i, les fonctions de chantre à Genève? Éfait-il chantre secondaire ou principal? Comment s'appelait celui dont la Compagnie des pasteurs se plaignait, le 3o octobre de la même année, blâmant sa négligence à instruire les enfants et déclarant sa voix insuffisante pour Saint-Pierre, et bonne tout au plus pour la Madeleine ou Saint-Gervais? Nous l'ignorions absolument. Puis, M. Henri Bordier découvrit, dans les Comptes des recettes et dépenses pour les pauvres, qu'en juin et juillet i56i, maistre Pierre le chantre avait touché une faible somme d'argent pour avoir mis les psalmes en musique. Maintenant, M. Georg Becker, de Lancy, à qui nous devons déjà des communications du plus haut intérêt, nous écrit : «Votre maître Pierre ne serait-il pas Pierre Dubuisson, qui ligure à la page 58 de mon livre sur La musique en Suisse?y> Or, à la page indiquée, nous trouvons : i565, 6 décembre. Pierre Dubuisson, chantre, reçoit la bourgeoisie gratis à Genève. Il est donc possible que le continuateur de Bourgeois s'appelât Pierre Dubuisson; l'hypothèse est même probable; mais la preuve positive fait encore défaut, et cette preuve est d'autant plus nécessaire que, à la date du 3o juin i568, un autre chantre du nom de Pierre, Pierre Dagues, de Monlheroux,en Quercy, recevait également la bourgeoisie. Les Pierre étaient alors si nombreux qu'il a pu y en avoir plusieurs à la fois dans les diverses églises de Genève, et les changements étaient assez fréquents pour que le Pierre de i565 ne soit pas nécessairement le même que celui de i5Ci. Toutefois, il faut le reconnaître, la queslion a l'ail un nouveau pas, qui n'est maliieureusement pas encore le dernier.
APPEJNDICE IV.
( Voir ri-(lossus (oiiio 11, pages i-], 3t). Un.)
MELISSUS.
Aux harmonistes qui ont travaillé sur les mélodies du Psautier huguenot il faut ajouter Paulus Melissus Schedius, Frannis Germanus, cornes palatinus, eques auratus et civis Bomanus , ainsi que l'appelle Boissard,el dont M. G. Becker, de Laucy, nous envoie le psaume cxxvni, qu'il a trouvé dans un opuscule iulituié : In nuptias Pliilippi Stcphani Sprmgeri et Burharœ Hugelue , cclebratas IX decemh. anno Christi i5ja. Eleipa Joan. Posthi't, m. Plaquette in-Zi" de 8 pajjes, dont le titre prend la première, Tépilhalame la seconde et la troisième, le ])siiunie harmonisé par .Melissus la quatrième et la cinquième, le même psaume harmonisé par Goudimel la sixième et la septième, et le texte du psaume la huitième.
Le poète auquel ses vers latins avaient valu le surnom de Pindare de l'AUemajjne était donc aussi musicien. Fils de Balthazar Schedius et d'Attilia Melissa, il était né le 20 décemhre i53c), à Melrichstadt, en Fraucouie, et avait pris de sa mère le nom de Melissus, qu'il illustra de bonne heure. A la demande de l'électeur palatin Frédéric III, grand admirateur des mélodies du Psautier huguenot, il traduisit en allemand cinquante de nos psaumes (Bovet, p. yi et 'JqS), qui furent imprimés à Heidelberg, en 1572, sous le titre suivant : Di Psalmen Davids in Teulische gesangreymen , nacli Franzosischer mclodeien uni sylben art , mit sônderlichcmjleise gebracht von Melisso. Saint dein Biblischoi texte : aucli iglichcr psalmen kurtzoï hihalte und gcbàtlin. La ynuvelle Biographie générale (Didot) lui attribue : Die vierzig ersien Psalmen verdeutscket , lôja. INi ce titre, ni le nombre quarante qu'il indique ne répondent au titre et au nombre donnés par M. Bovct, évidemmeut plus exact. Quand Lobwasser eut, à son tour, traduit noire Psautier, une lutte assez vive éclata entre les deux traducteurs. Nous en avons dit un mot plus haut, aussi bien que de l'amitié qui unissait Melissus à Goudimel, lequel a uns en musique au moins une de ses pièces (lôyo). Pendant ses voyages en France, Melissus s'était égalenienl
MKLISSUS.
lié avec Ramus, Bèze, Bail', Dorai, Lainlilin, elc. Il parait aussi (iiic c'esl à lorl qu'il a été accusé par Scaligcr do ne laisser pénétrer personne dans la bibliothèque d'Heidelberg, dont la garde lui était confiée. Il mourut dans cette ville, le 3 février i(Jo-2, ft laissant en manuscrit, dit la Biographie des nmsicietis (art. ScnEDiLs), beaucoup de compositions pour féjjlise, dont on faisait encore usage en i05(j, suivant la cbroaique de Zwickau. Gerber cite, sous son nom, d'après la Dibliolheca classica de Draudius (p. iGi3), un recueil de motets, sous le litre de Cantiones musicœ miscellancœ quatuor et quinque vocum. Wittenbcrg, i566, in-i''.n
On trouve, à la Bibliolbèque nationale (Y -{- 3o8i C) et à la Bibliothèque du protestantisme français, les Melissi Schediasmala poelica. Paris, Aruoldus Sitlartus, i586, in-12; mais nous n'avons pu mettre la main sur le volume dans lequel les frères Haag ont vu les deux leltresde Goudimel à Melissus.
Stiperius.
Allas.
Ténor.
liilSSUS.
l'SAUMK CXXVIII.
(Mélodie an ténor.)
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