EUSTORG DE BEAULIEU ET LES PSAUMES
Depuis limpiGssion de la première parlie de cel ouvrage, M. Henri Bordier a fait paraître dans la France prolestanle, qu'il revise a\ec tant de soin et une e'rudition si e'iendue, une très remarquable étude sur Eustorg de Beaui.ieu, dans laquelle nous trouvons un renseignement qui nous oblige à substituer la page suivante au second alinéa de la page 55o de notre premier volume :
Le 1 1 mars 1 5 i5,Viret écrivait de Lausanne à Calvin : tt Hector [ou Eustorg], dont tu as, je pense, entendu parler d'ailleurs, devant partir pour Genève, m"a prié de t'écrire en sa faveur ; ce que je n'ai pu lui refuser. Je n'exposerai pas longuement l'affaire, car il la récitera assez prolixement lui-même quand il sera là. 11 :i travaillé plusieurs années à traduire quelques psaumes et les épiires de saint Paul en vers français. J'en ai parfois lu en passant des morceaux qui ne me paraissent nullement à dédaigner. Il en est venu à vouloir demander à Girard si peutêtre il ne voudrait pas l'imprimer. Mais il trouvera, je crois, la réponse que je lui ai faite à l'avance, c'est que, voulant faire imprimer aussi la musique qu'il a jointe au texte, Girard ne le pourra pas, quand même il serait prêt à lui prendre le livre. C'est tout ce qu'il veut obtenir de toi, et, de plus, il m'a instamment sollicite pour que je te piie d'avoir la bonté d'examiner son ouvrage. Il sait qu'on n'imprime rien là-bas qui n'ait été d'abord examiné par vous. J'ai allégué tes occupations et lui ai dit que lu avais trop d'alTnires pour t'occuper à lire les livres qui s'impriment là-bas. Pour que tu saches bien ce qu'il veut, il te prie, soit que tu le lises ou que ce soin soit confié à tes collègues, de l'expédier le plus proraptement possible, et il désire aussi être présent, aûn de lire lui-même aux examinateurs, d'abord pour leur diminuer l'ennui, puis parce qu'il tient à ne pas abandonner son manuscrit tant qu'il ne sera pas imprimé. Si cela ne se peut ainsi, j'aimerais qu on s'en rapportât à moi; mais
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j'ignore si c'est bien convenable. Tâche qu'il comprenne que je t'ai sérieusenienl écrit sur ce sujet; car, si Girard ne veut pas inqirinier, loule cette peine sera inutile, i
Presque en même temps que cette lettre, Calvin reçut la visite de Beaulieu, et répondit, le i.'j, à Viret : tt Hector a obtenu de moi, sans nulle dilficultë, que nous nous on rapportions à toi pour l'examen de ses œuvres. Tu me pardonneras de l'inipo.ser ce fardeau, mais je n'avais pas d'autre moyen de vous être agréable à tous deux... Je n'ai pas encore parlé à Girard, mais si Hector et lui s'entendent sur les conditions de la publication, aucun relard n'est à craindre de notre part, bien que j'eusse prél'én? qu'Herlor s'occupât des psaumes qui restent à traduire que de ceux qui ont déjà été traduits par Marot; toutefois, ceci iie sera pas un obstacle à l'impression. Outre le manuscrit qu'il m'a moniré, il m'a dit qu'il avait encore plusieurs chansons, au sujet desquelles il désirait que je t'accordasse le même droit d'examen.-" elc. L'ouvrage parut l'année suivante, sous le litre de Ckrcstienne resiouissance , et contribua certainement à confirmer Calvin dans l'espérance que le Psautier ne resterait pas incomplet. (Voir lonie 1, p. 70/1.)