PIERRE ALEXANDRE
ttonl 6ié saisis et retenus aux portes de cette ville par ordre des consuls, printccipalement parce que le typo[jraphe avait mis à la fia de l'opuscule {vs tr vnhesoiiener ircwarsamkeit , . . . us vnberatlienem ùberigen vleis, comme il dit tt lui-même) : Imprimé à Rome avec privilège du pape. Il demande ensuite au rrmajfistrat strasbourgeois d'intervenir auprès des autorit(!S messines, afin que «les volumes soient remis à ceux auxquels ils avaient été adressés dans un trbut excellent et en vue du progrès de la cause évangélique. i
(fBien que MM. Baum, Cunitz et Reuss paraissent dire ici que Pierre Alexandre était pasteur de l'Eglise française en i542 , c'est Pierre Brully qu'ils désignent plus loin (XI, O29) comme le successeur de Calvin; mais leur opinion a pu se modifier depuis la publication de notre premier volume, où se trouve décrit le Psautier pseudo-romain, qu'ils croyaient à jamais disparu.
frOuoi qu'il en soit, essayons de nous représentefr ce qui a dû se passer à la lin de l'année i54i : les trois premières éditions du Psautier calviniste à peine ébaucbé sont épuisées, et l'on continue à en demander des exemplaires de divers côtés. La publication d'une édition nouvelle est indispensable. Qui en prendra l'inilialive? — Évidennnent le pasteur français, le successeur de Calvin qui vient de retourner à Genève; c'est lui que concerne ce soin, c'est à lui de répondre aux besoins de son Eglise et aux besoins des Eglises qui parlent la même langue. On ne peut soupçonner l'imprimeur Jehan Knobloch d'avoir, de son propre chef et sans consulter personne, mis le nouveau Psautier sous presse; car ce Psautier ne reproduit pas purement et simplement le texte et la musique des éditions précédentes. Tandis que celles-ci ne renfermaient que dix-huit psaumes et trois «antiques, l'édition de i5Ù9 en renferme plus du double et huit mélodies nouvelles; douze psaumes seulement y restent sans musique, parce que le temps avait manqué pour trouver ou composer des chants qui pussent s'y adapter.
«Des additions si considérables nécessitaient le consentement des chefs de l'Eglise et, avant tout, celui du pasteur, ou, pour mieux dire, comme le premier recueil (i53()) avait été formé par Calvin lui-même, et comme le troisième recueil (i5i5 "') fut formé par l'un de ses successeurs, Jean Garnier, le second recueil doit aussi avoir été l'oeuvre du pasteur français, surtout si celui-ci était à la fois poète et musicien, comme nous savons que l'était Pierre Alexandre. Voilà fidée la plus naturelle qui s'offre d'abord à l'esprit. A tout le moins faut-il reconnaître que le pasteur français n'a pu rester étranger à des changements dont la responsabilité retombait directement sur lui, et que, s'il
'" Auquel, d'après une noie des Ojiera Cahim{\l, 71 3), le pastour Poullain, prédécesseur de Garnier, pourrait bien avoir pris quelque part.
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ne les a pas faits lui-inèiiic, ils ont été réalise's par son ordre ou avec son autorisation.
(t Admettons que Pierre Brully, succe'dant à Calvin, ait vu arriver, encore tout plein de son sujet, l'auteur poursuivi du Psautier d'Anvers (i5ii); admettons qu'il ait vécu en bonne harmonie avec Pierre Alexandre, et que celui-ci l'ait entretenu de la uécessilé d'accroître le Psautier, comme Poullain l'a probablement lait plus tard; admettons que Brully ait partagé les idées de Pierre Alexandre et lui ait laissé carte blanche pour la musique aussi bien que pour les paroles, qu'il l'ait, en un mot, chargé de toute la besogne, y compris la correction dos épreuves; mais alors ne paraitra-t-il pas étrange que Pierre Alexandre ne prononce j)as le nom de Brully dans sa lettre, et qu'il ne dise pas : Nous avons fait, ou bien : J'ai été chargé défaire, mais : J'ai fait une édition? — Si donc l'hypothèse d'après laquelle Pierre Alexandre aurait succédé à Calvin ne soulève jusqu'ici par elle-même aucune difficulté, il eu est autrement de celle qui attribue le même rôle à Pierre Brully. Mais poursuivons.
tr L'Église de Metz, qui n'avait encore que très peu de Psautiers, demande un grand nombre d'exemplaires de la nouvelle édition. A qui les demandel-elle? A l'imprimeur? — Non; à Pierre Alexandre. Et pourquoi les lui auraitelle demandés, s'il u'était pas le pasteur français? Comment aurait-elle été en rapport avec lui, comment même eût-elle su son nom, s'il n'avait été qu'un simple réfugié parmi tant d'autres? Si Pierre Alexandre avait reçu du pasteur la mission de faire imprimer le Psautier, il devait s'effacer et disparaître, une fois sa tâche remplie, c'est-à-dire une fois l'édition achevée. Cependant il continue de s'en occuper. Dira-t-on qu'il était aussi chargé de l'expédition? — Impossible; car, dans ce cas, il eût expédié les exemplaires au nom de Brully, tandis que, loin de parler en subordonné, il dit nettement : J'ai envoyé six cents exemplaires à Metz, comme il disait plus haut : J'ai fait imprimer une nouvelle édition. Voilà bien des difficultés qui surgissent, si Pierre Alexandre n'était pas le pasteur français, et qui s'évanouissent, s'il l'était. Nous ne sommes pas au bout.
tfEn sortant de Strasbourg, ces exemplaires deviennent une marchandise prohibée qui sent le fagot, aussi bien que l'expéditeur et le destinataire. On saisit le ballot aux portes de Metz. Qui va le réclamer? L'imprimeur? — Non. — L'ami du pasteur français, son délégué, son factotum? — Nul ne croira que, en pareille circonstance, un personnage connu, officiel, un pasteur, qui n'avait qu'à paraître pour être écouté, ait abandonné à l'un de ses inférieurs, peut-être inconnu du magistrat strasbourgeois, le soin d'écrire à celui-ci pour le prier de s'entremettre obligeamment dans une affaire grave et délicate. Ici, nous touchons à l'absurde. Pierre Brully aurait manqué au plus élémen-