SONNET
A Monseigneur Monsieur d'Ausance,
cheualierde Tordre et lieutenant gênerai du roy à Mets,
Claude Goudimel <''.
Sii'auois appris l'art d'vn Lysippc ou Apclle, Pour animer tableaus auccqucs le pinceau, Ou pour tailler en cuiure auecques le cizeau , D'vne scauante main , quelque image immortelle.
Tu receurois de motj la pièce la plus belle Quifeust en ma boutique, et Vouurage plus beau, Qui semblerait parler, et qui , franc du tombeau , Rendrait de tes beaux faits la mémoire éternelle.
Mais le ciel en naissant ne ni ha donné ccst heur De pouuoir autre don offrir à la grandexir, Que cest œuure qui prend le surnom de la Muse.
Il n^cst pas aussi grand comme est la voulonic : Imite toutefois la diuine bonté , Qui le petit présent du panure ne refuse.
ODE A mon dict Seigneur d'Ausance.
ladis le Uoyal prophète , Fameux hjrique poète.
''' (! Jacques de Moniberon d'Auzance, réformés, dont le nombre s'accrut prodigieusehomme de grande naissance et de beaucoup ment. Poussés à bout par les persécutions du de valeur; il avait été ambassadeur en Espagno clergé, ceux-ci s'enlcndirenl avec le gouveren i56i.-î {Mcm. de Coudé, VI, i ai.) Nommé neur pour s'emparer de la ville; mais le projet gouverneur de Metz, il se montra, dit la échoua, et la persécution continua plus que France profesfanle (art. C'ofog'ne) plus favorable jamais jusqu'en i5tig, époque à laquelle lo encore que Vielleville, son prédécesseur, aux temple fut rasé.
ClianUi m hiugatgr hehvim , Dessus sa linrpc d'ittoiro.
Et la (grandeur et la gloire Des grandes merneilles de Dieu.
/*/)/«"' d'vne voix imiiilirliijue , Souhs 1rs lol.r de la musique , Prediel comme le Sauueur De ce monde viendrait naislre.
Lequel nous feroil congnoislrr Sa Imité et sa grandeur.
Ce sainct don de prophétie Et ce beau don de poésie, Quil amit du Créateur, loinct à la doulce jn-atique De ce bel art de musiipie , C'cstoit vu rare bon-hew.
Cesloient trois grâces en-^emble, Que le ciel bien peu assemble , Et qui de diuinité Son orne nuoient esclianjfée .
Plus que la muse d (hjihve , Eslougné de vérité.
De l'vnc et de l'aultre grâce La Fraiwe a suyui la trace.
Bestoit la troisiesme.sœur, La fille du ciel, mu.iique.
Que doibt auoir vn cantique Confit en telle douceur.
Le ciel, pour tout lierilaigc.
M'a donné pour mon partaige Geste grâce d^ entonner Vnc voix harmonieuse , Faisant la harpe fameuse D'vn tel fini/ refredonner.
Cl II nous seniljle ipril laul liio ; Puis.
AyanI leceu faueur telle Dp la puissance immortelle.
Que doih:-ic faire, sinon Le Royal proplwte ensutjure.
Faisant la harpe reuiurc Soubz In faueur de ton nom?
Suit une seconde ode, dont la dernière strophe nous peint Goudimel devançant tous les musiciens, r comme la vertu de son grand D'Ausance» surpasse toutes les vertus.
Voici la dédicace du Psautier de i58o, que nous appelons le second, parce qu'il tient le milieu entre celui qui contient des motets et celui dont riiai'monie est généralement consonante :