‹ Clément Marot et le Psautier Huguenot (volume 2)Chapitre 90 sur 177 · II. uti · texte numérisé non relu

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celle commission fui de s'occuper des harmonies de nos psaumes. Après avoir examijié les recueils déjà connus et consulté des experts sur leur valeur musicale, elle décida de faire composer de nouvelles harmonies, et s'adressa, dans ce but, à M. Wehrsledt, que ses connaissances et son expérience dans ce genre spécial de musique désiijnaient d'avance à son choix. C'est le travail de ce compositeur distingué qu'elle publie aujourd'hui.

«L'auteur, ajoute la préface, avait réussi à éviter la moiwlonie delà plupart des travaux analogues, et à donner à ces chants le style noble, sévère et animé qui convient aux paroles et aux émotions du psalmiste. . . Nous avons adopté pour la notation l'emploi des blanches, des noires et des croches. Ce système e.st nécessité par le rhvthme, qui, soigneusement observé, conserve au chant de nos psaumes un caractère d'originalité et de vie dont il est totalement dépourvu avec l'usage, comparativement récent, des notes égales.»

Qu'on se rassure; les croches n'apparais.scnt que de loin en loin, dans les parties d'accompagnement, et jamais dans la mélodie. Mais, d'un autre côté, le rhythmo qu'il s'agit ici d'observer, et qui fait l'originalité et la vie des psaumes, n'a rien absolument de commun avec celui de l'original. Il est si peu marqué, si uniforme, qu'il rentre pour ainsi dire dans le système du chant à notes égales. A l'exception de la dernière note et parfois de l'avant-dernière de chaque phrase, qui sont longues, toutes les autres n'ont qu'une durée d'un temps et sont exprimées par des noires. Les pauses, les syncopes et tout ce qui constitue le rhythme ont disparu. A part l'harmonie, que nous ne jugeons point, faute de connaissances techniques, et dont on a vu ci-dessus un exemple (p. 3o3), cette publication est inférieure à celle de Wilhem, qui s'éloignait au moins de la litanie à notes égales. Heureusement, la tradition et le bon goût n'étaient pas assez oblitérés pour que ce système triomphât : le recueil de Wehrstedt n'eut qu'une existence éphémère.

Deux ans plus tard, il en parut un autre, conçu d'après des principes tout différents, savoir le Choix des cantiques et des psaumes rhythmés arrangés pour (juatre voix mêlées, par Kurz, Neuchàtel, 1867, in-8°, autographié, que M. Bovet nous a obligeamment communiqué.

Nous lisons dans la note qui termine l'opuscule :

Entrant dans les vues de la Commission (du chant sacré), j'ai voulu, non pas faire une œuvre nouvelle, mais conserver et restaurer autant que possible notre vieille

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musique d'église , en maintenant son caractère propre et en no In modifiant que là où le besoin l'exig-eait absolument. Un des caractères de nos psaumes est leur rhythme ou l'inégale valeur des notes, et c'est par là qu'ils se distinguent du choral. Cette distinction est trop souvent tombée de fait, et nos psaumes, composés primitivement avec rhythme, ont peu à peu perdu ce mouvement, en prenant ainsi la forme du choral.

Fallait-il faire revivre ce trait dis(inctif du psaume? Telle est la question qui s'est agitée dans la Commission , et sur laquelle moi-même je n'avais pas d'abord un avis très arrêté. Mais plus j'ai étudié la chose, plus j'ai senti que le rhythme est dans l'essence du psaume, qu'il en fait la vie et le plus souvent la beauté. Déjà même l'expérience est venue me prouver que, loin d'ajouter au chant une difficulté nouvelle, la diversité de la mesure donne au psaume un caractère qui l'a bientôt gravé dans la mémoire.

J'ai donc conservé le rhythme primitif, en me permettant seulement quelques modifications qui me paraissaient indispensables. . . Quant à l'harmonie, je me suis appliqué à conserver autant que possible celle que nous avons, et, oii j'ai cru devoir la modifier, j'ai cherché surtout ce qui serait facile et exécutable jiour une assemblée nombreuse.

Le musicien qui faisait entendre un langage si sensé a tenu parole et n'a que très peu modifié le rhythme primitif de nos airs (voir cependant, au chapitre des harmonistes, le psaume xmi, plus modifié que les autres); toutefois il n'a pas suffisamment respecté les silences de la fin des vers, et a eu le tort : i° de ne pas conserver partout la mesure à 2 temps , d'employer celle à 3/2 dans sept psaumes (ni, lxvii, lxxxi, xcvii, xcix, ci, cxxx), celle à 3/4 dans deux (xlii et cxli); et 2° d'introduire diverses sortes de mesure dans un même morceau : complication inutile, et nuisible pour des chanteurs peu exercés. Il eût beaucoup mieux valu employer la syncope, qui se trouve dans l'édition originale.

Au reste, ces défauts ont disparu des plus récentes éditions suisses.

Des soixante et un airs du recueil de Genève (1866), quarante-cinq sont peu ou point modifiés dans le rhythme, et onze seulement des cinquante du recueil de l'Eglise libre de Lausanne, 1872, ont subi sous ce rapport des modifications, dont qunlques-unes sont peu importantes,

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