MODIFICATION DES INTONATIONS
Les innovations de ce genre ont été moins nombreuses que les autres. On sentait généralement qu'il n'était pas permis de toucher aux intona-
404 LES INNOVATIONS AU XVIIl' SIECLE ET AU XIX'.
tions; qu'on ne pourrait le faire sans changer le caractère fondamental des m(51odies ; qu'il fallait abandonner celles qui dt'qjlaisaient et conserver les autres telles quelles. Qui donc oserait modifier la Marseillaise? A plus forte raison fallait-il respecter ces airs que tant de générations ont chantés avec amour, dont elles ont vécu , auxquels se rattachent de si émouvants et si glorieux souvenirs , et dont quelques-uns sont véritablement classiques.
Toutefois Johann-Michael Millier (1736) y a ajouté des notes de passage, des fioritures dans la mauvais goût de son temps. (Voir chap. xxni, p. 987.)
Les pasteurs de l'Eglise française de Bâle, Abr. Ch. Badlif et J. H. Ebray, allèrent plus loin; non seulement ils y firent des enjolivements, mais ils ne reculèrent pas même devant la mutilation. Trente-neuf morceaux de leur Recueil de psaumes et de cantiques à quatre parties , Bàle,Guill. Haas , 1 8 1 5 , m-S° {Collect. de M. Bovet), ont nos mélodies, dont quelquesunes sont gravement modifiées, notamment celles des xxv, xxxvi, lxxxiv. On a vu plus haut le xxv avec une harmonie entièrement nouvelle; nous ne donnons ici que le lxxxiv.
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PSAUME LXXXIV
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Bourril a suivi le même système, en l'exagérant; cependant ses modifications les plus graves n'ont porté que sur les finales. Il faut un effort pour reconnaître dans l'air suivant notre magnifique psaume li.