‹ Clément Marot et le Psautier Huguenot (volume 2)Chapitre 93 sur 177 · ZEI · texte numérisé non relu

ZEI

PSAUMEXLIL

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Que lues yeux ver - ront ta fa - ce. PSAUME XLVL

Dès qu'un mal cru-ei nous ac - ca - ble.

PSAUME LXVL

Des lou-an - ges à i'É - ter - ne).

'" Quand on esl sur une pente , il est bien rare que des règles ou des règlements empêchent de la descendre. Le comité biblique avait aussi imposé une règle aux reviseurs du texte d'Oslcrvald, qui la violèrent clandestinement aussi, mais en obéissant à un esprit contraire à celui du consistoire. L'un voulait innover pour moderniser, l'aulre pour re-

culer en arrière. Les correcteurs bibliques voulaient faire un Ostervald, non plus élégant ou plus exact, mais plus orthodoxe, et voilà pourquoi ils donnèrent une édition qui n'a guère d'Ostervald que le nom, et pourrait rivaliser pour l'inexactilude avec le Psautier de Poltier. {y oiv V Uislom de la Soc. bibl. prolcst. de Paris.)

Ml

PSAUME LXIX

Éilit. originale.

Edit. Wilbem.

4 ,.,lJ''„jj,lJ.^.^^f fnffif^

Jepertls ba-leineù for-ce de me plaindre.

Rien à nos yeux ne peut excuser ces changements inutiles et nuisibles, qui n'ont pas de raison d'être. Il en est d'autres que nous comprenons mieux, sans les approuver davantage: ce sont ceux qui ont pour but de ramener à la tonique les finales qui se terminent sur la dominante (xxx,

XXXI, XLI, LI, LXXXV, XCV, G, GUI, CXVII , GXXI , CXXVII, GXXXIx), SUT la SOUS-

dominante (xxxix, Lvn, gxxxii, cxlvi ) et même sur la médiante (xix, lxx, cxLi, cxLvn), et de mettre les notes initiales mieux en rapport avec les principes de la tonalité moderne (xvii, lxiii, eu, ix). Quelques-uns de nos plus beaux psaumes ont frayé la route à la révolution musicale qui s'accomplit à la lin du xvi° siècle : ce sont ceux qui sont écrits dans la tonalité populaire, devenue la tonalité moderne. Mais d'autres sont écrits dans la tonalité savante ou ecclésiastique et ne peuvent, quoi qu'on fasse, se plier aux règles de la composition actuelle. Ils ne nous paraissent défectueux que parce qu'ils appartiennent à un système musical tout différent du nôtre. Par exemple , le psaume xxx finit sur sa tonique , si l'on remarque qu'il est écrit dans le septième ton ecclésiastique ; mais il finit sur la quinte, si on lui applique la tonalité moderne. Il en est de même du psaume li , écrit dans le troisième ton. Montrons par quelques exemples comment on a essayé de remédier à ces imperfections, créées par le changement de la tonalité.

PS.iUMEXVII,

début et fin.

Êdil. oriîfinaie.

Edit. 'Wilhem.

Sei-gneur, é- cou-le Dion bon droit.

I §' nrnr^i^^ig

Sur ia jus - ti-ce de ma eau - se.

hOS

LES INNOVATIONS AU Wlil" SIÈCLE Eï AU XIX'.

PSAUME eu,

début.

Kdit. originale

Edit. Wilhem.

Sei-gneur, eu- tends ma pri - k - re.

PSAUME XXX

début et fin.

É - ter-ncl, tu lu'as dé-ga - gé. .

Le bien-fait de ta mainpuis-saii- te.

Wilhem ne s'est pas borné à des modifications de ce genre très nombreuses (XXX, ,\.XXI, .XXXV, X.XXIX, XLIV, L, LI, LVH , LVIU , LXIII, LXIX, LXX, LXXI , LXXVI, LX.XX1II, LXXXV, LXX.VVII, .XCUI , C, ClII, CXIII, CXVH , CXXVI , CXXVH ,

cxxix, cxxxi, cx.x.\ii, cx.\xvi, cxxxix, cxLi, cxLii, cxLVi, cxLvii); il a changé le caractère de certaines mélodies en y ajoutant des dièzes accidentels (xvi, eu), et en a bouleversé d'autres, comme le xxvi. 11 n'y a guère que la finale suspensive du xix qu'il n'ait pas modifiée. Les xvii, xxti et eu, que nous croyons écrits dans le troisième ton ecclésiastique, se sont montrés rebelles à toutes les modifications et n'offrent pas à l'oreille, accoutumée à la musique moderne, une tonalité précise et déterminée. Dès lors à quoi bon les corriger? S'ils ne sont plus supportables aujourd'hui, il n'y a quà les abandonner; les transformer ou les n^falre est impossible.

Édit. originale.

PSAUME XXVL

dt

Édit. Wilhem, i84o.

Fais

moi jus - tice.

Dieu,

Toi qui vois qu'en tout iicu

LES INNOVATIONS AU XVIII' SIÈCLE ET AU XIX'. h09

Je mar-che sans dé - (;ui-se- ment;

=JfF

Quel - que choc que j'en - du - re,

Sur mon Dieu je m'as - su - rc;

OT » ' ' ■-' u u

Je ue lom-be-rai nul -le -nient.

On ne devinerait pas, en lisant la préface de Wilhem, qu'il a modifié et dénaturé un si grand nombre de morceaux :

Quelques-unes des mélodies , qui commençaient dans un ton et se terminaient sur sa dominante, ont ëté ramenées, en peu de notes, à leur flnale naturelle, la tonique ; telle est celle du psaume ciu . . . Certains passages mélodiques paraîtront durs ou fautifs : tel est l'emploi du la naturel (Ps. xxii, troisième mesure), qui pourrait être et serait mieux un la dihzc. S'il y a ih une sorte de dureté pour nos oreilles , habituées au la dièze dans tous les cas semblables , on peut aussi y trouver un caractère mélodique que nous n'avons pas dû prendre sur nous d'effacer.

Gruppi s'est montré sous ce rapport bien plus conservateur que Wilbem :

J'ai cru devoir respecter la finale de quelques psaimies, qui se fait tantôt sur le ton de la dominante ou cinquième note, tantôt sur celui de la sous-dominante ou de la quatrième note, et celle de quelques autres, dont la partie chantante ou mélodie primitive se termine sur la médiante ou troisième note. Néanmoins , j'ai ajouté à ces psaumes un bis du dernier vers , que l'on pourra dire comme finale du dernier verset, dans les localités où le choral n'est pas harmonisé et dans lesquelles on chante à l'unisson la mélodie primitive sans orgue. Quant aux assemblées qui chantent en chœur, elles pourront sans inconvénient faire usage du bis a chaque verset et le prendre en habitude, pour épargner les embarras qu'une distraction pourrait occasionner.

Le but de l'auteur de ces chants fut sans doute de terminer sur la note par laquelle il avait commencé sa mélodie , afin que les masses peu exercées à la musique eussent moins de peine à prendre le ton au commencement de chaque verset. Mais le sentiment de la tonalité règne souverainement de nos jours , et j'ai pensé que les personnes aux

yeux de qui la musique est peu de chose dans l'histoire pourraient bien avoir les sens blessés de ces diverses terminaisons '"'.

Il n'a cependant mis de double finale qu'à dL\ psaumes (xix, u, ixiu,

XCIII, C, CXIII, CXVII, CXXVII, CXLI etCXLVl).

Pottier, au contraire, a déployé ici, comme toujours, son insatiable ardeur d'innovation. Les cinquante-sept mélodies anciennes qu'il a conservées sont toutes, sauf trois, modifiées, soit dans leurs finales, soit dans d'autres phrases. Nous n'en donnerons que quelques exemples :

PSAUME XXIV

Edit. originale.

Edit. de Poltier, i865.

p J ^H j\^-hu^

La terre au Sei-gncurap-par- ticDl,

TO o

if ^

A-vectout ce qu'el-ie con- lient,

F=Ft^

Dans sa ma - gni-fî- que slruc-tu - re.

Sa main sur les mers la po - sa.

PO p—cr

Jl^J^MJI.l

4> °f7-ijf r^ ^^

11 l'en-ri - chit et i'ar - ro - sa.

Pour le bien de sa cré - a - tu - re.

PSAUME. XXV

3' et i' phrases.

tt

(lue l'en -ne - mi qui me pics -se

"' Inutile (l'ajouter que ces réflexioas n'indiquent qu'une médiocre connaissance des mystères de la musique ancienne.

Édit. originale. Édit. de PoUier, i845.

ti o

ji} , r -0 — ■■ — y~—T-

Ne tri - om-phe pas de moi.

PSAUME CXVI

i" phrase.

SI

rtzz

^,V àf^i

J'aime mon Dieu, car son puis-sant se-cours. . .

-rr-

lEn

PSAUME CXXXVIII

6' phrase.

J'i-rait'a - do-rer, ô mon Dieu...

Le recueil luthérien de Paris, i85/i , est infiniment plus sobre de corrections; il a respecté les finales des quarante-deux mélodies qu'il emprunte au Psautier, et ne s'est permis qu'un très petit nombre de modifications (lxvi, lxxii, cl et c.xxvi), dont la dernière équivaut à peu près à une refonte totale.

PSAUME LXVI

h' phrase.

Édit. originale.

Recueil iulhérien de iS54.

^^ 4^r ifr^r ir^

Par un can - ti - que so - ien-nei .

PSAUME LXXII

5° phrase.

Qu'à ton pcu-ple il ren-dc jus - li - ce.

/il2 LES INNOVATIONS AU XVIIl' SIÈCLE ET AU XIX'.

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