‹ Clément Marot et le psautier huguenot (volume 3)Chapitre 11 sur 178 · A. FR. PALADIN · texte numérisé non relu

A. FR. PALADIN

Musicien inconnu à MM. Fétis, Haag et Bovet; on lui doit une Tabulalure de luth où sont contenus plusieurs psahnes et chansons spirituelles. Lyon, Simon Gorlier, i 56 2, in-/t° [Die Tonwerke).

Rien n'indique qu'il ait lui-même harmonisé ces morceaux, dont il n'a fait peut-être qu'arranger la partition pour le luth.

RICHARD CRASSOT.

Le nom de cet harmoniste, qui, selon M. Fétis, paraît être né à Lyon vers i53o, n'est venu jusqu'à nous que grâce a l'ouvrage dont voici le titre : Les Pseaumes mis en rime francoise par Clément Marot et Théodore de Besze, et nouuellement mis en musique à quatre parties par Richard Crassot, excellent musicien. Le tout en vn volume. A Lion, par Thomas Straton, avec privilège du roy (quant à la musique) pour dix ans, i56/i, in-3^. Nous n'en connaissons que deux exemplaires, celui de M. Bogouleff (indiqué

{,) L'usage du § pour désigner celle sorte de mesure, qui n'existait sans cloute pas au milieu du xvie siècle, est aussi bien étrange.

par M. Bovet), qui a quitté Paris pour une destination inconnue, et celui de la bibliothèque de Douai, que nous avons pu consulter sur les lieux, grâce à l'obligeance du maire de la ville, M. Merlin.

C. F. Becker en mentionne une autre édition dans Die Tonwerkc, etc. : Les cl Pseaumes de Dauid à quatre parties auec la lettre au long, Geneue 1569, in-i 6.

L'édition de i564, dont la pagination n'est pas chiffrée, contient un avertissement, un calendrier, une table, les cent cinquante psaumes, le cantique de Siméon, le Décalogue, les prières avant et après le repas, à quatre parties en regard et en harmonie consonante , musique au premier verset, la prière avant le repas à deux parties par A. Hauville, les Dix commandements en prose, la forme des prières ecclésiastiques, d'administrer le baptême, etc.

Vaduertissement aux lecteurs, non signé et très-court, semble être plutôt de l'éditeur que du compositeur, et mérite à peine d'être mentionné, sauf les lignes suivantes, qui prouvent que Crassot appartenait à l'Eglise réformée :

Vous serez aduerliz (bénins lecteurs) que la partie que Ton chante en l'église demeure purement en son entier et en son lieu; car quand elle ha nature de taille, elle fait la taille, et quand elle ha nature de dessus vous la trouuerez au dessus...

Au reste, qui voudra gouster la douceur des accords de ceste musique, il aura occasion de louer Dieu des grâces qu'il a faites à Tautheur d'icelle. El pour recognoissance de tant de grâces que le Seigneur nous fait de iour en iour,

Ceux qu'il a rachetez, Qu'ils chantent sa hautesse, Et ceux qu'il a iellez Hors de la main d'oppressé.

On trouvera plus loin les psaumes \xv et li de Crassot; ils donneront une idée suffisante de sa manière, fort voisine de celle de Goudimel.

Page 1