JEAN SERVIN
Inconnu à la France protestante, ce musicien, qui mit le premier nos psaumes à trois parties, appartenait certainement à la Réforme; peut-être était-il de la même famille que le contrôleur Servin de Tours, que nous voyons compromis, sous François II, dans l'affaire de Le Camus, qui, après la conspiration d'Amboise, avait présenté au roi une remontrance des protestants contre le despotisme des Guise
Il naquit à Orléans vers i53o, dit M. Fétis, s'établit à Lyon en iB^q et y passa le reste de sa vie.
On ne connaît de lui que les ouvrages suivants : Les cl Pseaumes de Dauid, composez à trois parties, dont Yvne est le chant commun, séparez par cinquantaines, à la fin desquels y a prières deuant et après le repas, imprime: en trois volumes et mis en musique par I. Seruyn , pour seruir à la gloire de Dieu. Orléans, Loys Rabier, t 565, in-/i0obl. (Collection de M. Lutteroth; — trois cahiers reliés ensemble : le premier contient le chant commun; le second, le dessus de cinquante psaumes, qui ne se suivent pas selon l'ordre du Psautier; le troisième, le dessus de cinquante autres psaumes; avec privilège du 2 5 février 1 565.)
Chansons à iv , v, vi et vi 11 parties, Hures I et II, Lyon, Charles Posnol, 1 578, in-/t° obi. * • ^
Psalmi Dauidis a G. Buchanano versihus expressi, nunc primum modulis iv, v, vi, vu et vm vocum a I. Seruino decantati, Lugduni, apud Carolum Posnot, 1 5 79, in-/i° obi. (Biblioth. de Munich, comm. de M. Meier). — Les psaumes y sont en musique d'un bout à l'autre et en forme de motels.
Pseaumes à iv, v, vi et vin parties, Lyon, i58o, in-/i° (C. F. Becker, Die T&nwerke)*
') Régnier de la Planche, tKst. de l'Estal de France... sous François II, p. 355.
Nous n'avons vu que le premier de ces ouvrages, auquel nous empruntons ces deux pièces liminaires :
A TRES HAVT ET PVISSANT SEIGNEVR , MESSIRE ODET , CARDINAL DE CIIATILLON, COMTE DE BEAVVAIS ET PAIR DE FRANCE.
Monseigneur,
. Ce n'est sans cause que i'ay prins la hardiesse de faire sortir en lumière ce mien petit labeur sous la protection de vostre tant illustre maison, laquelle estant vn vray domicile des louanges de Dieu, et vn des plus grands instrurnens desquels il s'est serui pour faire resonner ses bontez en ce Royaume, il m'a semblé que vous prendriez en gré ce petit ouurage, auquel combien que plusieurs ayent trauaillé, toutesfois le champ estant commun et les auis diuers, ie n'ay pas craint de m'efforcer à le mettre en vne musique claire et familière à trois parties seulement, qui sont vn concordant et deux dessus, l'vn desquels tient le chant vulgaire de nostre Eglise, sans y auoir adiousté ni osté chose que ce soit, le prie le Seigneur, vray auteur de tous bons accords, que tout ce Royaume, à vostre exemple, s'accorde à chanter les louanges de celuy qui nous a tous créez à son honneur et gloire, et qu'il vous maintienne, Monseigneur, en bonne et longue prospérité.
D'Orléans, ce 8e jour d'aoust 1 565.
IEAN SERVIN, compositeur de musique.
ADVERTISSEMENT AVX LECTEVRS AMATEVRS DES LOVANGES DE DIEV.
La sentence de l'Ecclesiaste est bien vraye, qu'à faire plusieurs liures il n'y a fin aucune. Mais d'autant qu'en ce nostre labeur nous ne mettons en auant aucun liure nouueau, ains seulement rendons la musique des pseaumes vn peu plus claire en trois voix, assauoir vn concordant et deux dessus, l'vn desquels est le chant vulgaire de nostre Eglise, i'espere que le tout sera bien pris des débonnaires lecteurs, n'estant point pour desrober la gloire à tant de bons personnages, qui s'y sont employez auec honneur, comme entre autres M. Claude Goudimel, qui en plusieurs manières de composition a fait la musique des pseaumes. Au reste, nous partissons les nostres en trois parties, qui contiennent chacune cinquante pseaumes; lesquels on sera aduerti de chanter posément, pour leur donner plus de grauité. Et afin qu'il ne fust ennuyeux de changer souuent de voix, i'en ay mis quatre, cinq ou six ensemble du mesme ton, donnant à chascun liure son aduertissement, d'autant qu'en chascun desdits volumes les cinquante se trouuent.
Les premier et second cahiers sont dédiés au cardinal de Châtillon; le troisième, à François de Goulligny, seigneur d'Andelot. »
On trouvera plus loin un psaume de ce compositeur, sans la basse malheureusement.