‹ Clément Marot et le psautier huguenot (volume 3)Chapitre 161 sur 178 · DE CALVIN · texte numérisé non relu

DE CALVIN

«Le maistre. De quelles parolles vse Ion en donnant le Baptesme? à Lenfant. De celles cy : le te baptise au nom du Pere et du filz et du sainct Espri t.

«Le maistre. Mais quel est le sens de ces parolles?

« Lenfant. 11 est tel : le te laue, affin que tu soys faict filz de Dieu, par le commandement et volunté de Dieu le Pere, filz et sainct Esprit. «Le maistre. Quel fruict recoys tu de cecy?

tr Lenfant. Tresgrand, car ce nest pas petite chose si ie impetre remission de mes péchez, si ie acquiers auec mon sauueur Christ vne vie nouuelle et éternelle, si ie m'abstiens de tout vice, et aussi si ie madonne de plus en plus à vne vie nouuelle et céleste.»

CATECHISME DE L'EGLISE DE GENEVE (l545).

«L'eîsfant. Le Baptesme nous est comme vne entrée en l'Eglise de Dieu. Car il nous testifie que Dieu, au lieu que nous estions estrangiers de luy, nous receoit pour ses domestiques. . .

«Le ministre. Premièrement, quelle est la signification du Baptesme?

ce L'enfant. Elle a deux parties. Car le Seigneur nous y représente la remission de noz péchez, et puis nostre régénération ou renouuellement spirituel. (Eph. v, 26; Pwm. vi, U.)

«Le ministre. Quelle similitude a feaue auec ces choses pour les représenter?

«L'enfant. Pource que la rémission des péchez est vne espèce de lauement par lequel noz âmes sont purgées de leurs macules, ainsi que les ordures du .corps sont nettoyées par l'eaue.

«Le ministre. Touchant l'autre partie?

«L'enfant. Pource que le commancement de nostre régénération est que nostre nature est mortifiée : l'issue, que nous soyons nouuelles créatures par l'Esprit de Dieu. L'eaue donc nous est mise sur la teste en signe de mort : toutesfois en telle sorte, que la résurrection nous est semblablement figurée, en ce que cela se fait seulement pour vne minute de temps, et non pas pour nous nover en l'eaue.

«Le ministre. Tu n'entens pas que l'eaue soit le lauement de noz ames.

«L'enfant. Non pas. Car cela appartient au sang de Iesus Christ seulemenl , qui a esté espandu pour effacer toutes noz souiHeures, et nous rendre purs et impolluz douant Dieu. (1 Pierre, 1, 19; l Jehan, 1, 7.) Ce qui est accomply en nous, quand noz consciences en sont arrosées pat le sainct Esprit. Mais par le Sacrement cela nous est certifié.

tLe ministre^ Entens tu que l'eaue nous en soit seulement vue figure?

tr L'enfant. C'est tellement figure, que la vérité est conioincte auec. Car Dieu ne nous promet rien en vain : parquoy il est certain qu'au Baptesme la remission des péchez nous est offerte, et nous la receuons.

"Le ministre. Ceste grâce est elle accomplie indifféremment en tous?

"L'enfant. Non. Car plusieurs l'anéantissent par leur peruersité. Neantmoins si ne laisse pas le Sacrement d'auoir telle nature, combien qu'il n'y ait que les fidèles qui en sentent l'efficace, etc. u

WSTITVTION PVERILE DE LA DOCTRINE CIIRESTIENINE FAICTE PAR MANIERE DE DYALOGVE.

Le maistre. Mon filz, es tu chrestien de faict comme tu es de nom?

Lenfant. Ouy, mon pere.

Le maistre. Comment le scais tu?

Lenfant. Car ie suis baptisé au nom du Pere et du lilz et du sainct Esprit. Le maistre. Quelle foy et congnoissance as tu du Pere, du lilz et du sainct Esprit?

Lenfant. Je lay telle que les principaux articles de nostœ religion nous enseignent, desqueux nous faisons profession auecques singulière confession. Le maistre. Quelle est ceste confession? Lenfant. le croy en Dieu le Pere tout puyssant, créateur, etc. Le maistre. En combien de parties sont diuisez ces articles? Lenfant. En trois.

Le maistre. Quelle est la première partie?

Lenfant. De Dieu le Pere.

Le maistre. Laultre?

Lenfant. De Dieu le filz.

Le maistre. La troisiesme?

Lenfant. De Dieu qui est sainct Esprit.

Le maistre. Piecite la première partie.

Lenfant. le croy en Dieu le Pere tout puissant, créateur du ciel

et de la terre.

Le maistre. Que confesses tu par ces parolles?

Lenfant. Que Dieu est le souuerain et perpétuel bien, quil a créé toutes choses, que sa puissance et son action sont espandues en tous lieux. Le maistre. Mais quel proffit apporte ceste foy laquelle tu as de Dieu? Lenfant. Elle menseigne que ie doibs prendre toute consolation en Dieu,

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