SVR LES PSEAVMES EN CONTREPOINT DE MONSIEVR LE JEVNE
Les hommes bien viuans , les oy seaux bigarrés ,
Les esprits des bien morts , les sainctes troupes d'anges ,
Les astres Jlamboyaus , les hauts deux azurés,
Chantent à qui mieux mieux du grand Dieu les louanges
Du Jeune seul le chant rauit mélodieux
Hommes , oy seaux , esprits , anges , astres et deux.
SONNKT.
le ne m'estonne pas que mon ame rauie Aux sons de ces accords s'enuole dans les deux, Car ces accords du ciel vont aux célestes lieux, Où mon ame les suit, ioincte à leur mélodie;
Puis ce sacré subicct , ame de F harmonie ,
Me tuant à moy-mesme , et au monde ennuyeux,
Me tire dans le ciel d'un chaînon gracieux, Pour y trouuer mon ame et ma parfaicte vie ;
Mais ie mesbahy fort quvn tel œuure immortel Ait feu sortir (Claudin) de vous, homme mortel; Mortel? Non, car pour vray celle œuvre immortalise,
Et cest bien la raison que, puis quil donne à tous , Puis qii il prend sa durée et sa forme de vous, Vous ayez part au bien , lequel de vous il puise.
J. Boisseul.
Premier hure, contenant cinquante pseaumes de Dauid (nos i à l) mis en musique en trois parties par Claud. Le Jeune, natif de Valentienne, compositeur en musique de la chambre du Roy, Paris, veufue R. Ballard et son fils Pierre Ballard, 1602, vol. trois obi., avec priuilege du 29 novembre 1698 (Biblioth. nation., moyenne et haute), édition inconnue à M. Fétis et à la France protestante, ainsi qu'à la Tonwerhe de G. F. Becker et à M. Bovet; — réimprimée en 1607 'd ^aris Par Pierre Ballard, en trois vol. pet. in- 4° obi.
Cet ouvrage est dédié par Cécile Le Jeune à Louise de Nassau, électrice palatine du Rhin nous y avons remarqué les pièces suivantes :
SVR LES PSEAVMES A TROIS DE CLAVDIN LE JEVNE.
Claudin nous donne en ces pseaumes à trois Plus d'harmonie es consonnances nues , Que maint et maint qui les auroit vestues Du riche habit de cinq et de six voix.
SVK LA NOVVELLE EDITION DES PSEAVMES A TROIS PARTIES DE CLAVDIN LE JEVNE.
Tu ne pouuois, Le Jeune, au poinct de ta naissance, Du los qui suit ta vie auoir plus digne nom , Puisque tes chants nouueaux font par toute la France Baieunir ta mémoire et fleurir ton renom.
Le Deuxième liure, contenant cinquante pseaumes (nos li à c), parut à Paris
(1) Louise (Julienne) de Nassau, fille de Guillaume, prince d'Orange, belle-fille de Louise, de Coligny, et femme de Frédéric de Bavière, électeur palatin (Bulletin, ye série, t. V et VI, p. Û76).
en 1608, chez Pierre Ballard, en trois vol. obi., avec un privilège du 2 5 mars 1607 (Biblioth. nation., haute, moyenne et basse).
Le Troisième hure, contenant cinquante pseaumes (nos ci à cl), parut la même année, chez le même éditeur et dans le même format, d'après la France protestante . Il fut réimprimé en 1610 par Pierre Ballard. La Bibliothèque nationale ne possède que la moyenne et la haute de cette réimpression.
M. Fétis ne connaissait de ces trois livres que l'édition de 1607-1608, circonstance qui lui permettait de dire : « De tous les ouvrages de Le Jeune, c'est celui qui me paraît avoir eu le moindre succès, v
Le Printemps de Claud. Le Jeune, natif de Valenciennes , compositeur de la musique de la chambre du Roy , à deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit parties, Paris, veufue R. Ballard et son fils Pierre Ballard, i6o3, six vol. pet. in-/r° obi. (complet à la Bibliothèque Sainte-Geneviève). — Le texte en est emprunté aux vers mesurés de Baïf. L'éditeur promettait une suite; mais il ne paraît pas qu'il ait tenu sa promesse. Un ami de l'auteur, Thomas d'Embry, s'exprime ainsi dans une ode composée en l'honneur de cet ouvrage :
Le Jeune a faict , en sa vieillesse , Ce quvne bien gaye ieunesse Yoseroit auoir entrepris.
Pseaumes en vers mesurés, mis en musique à deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit parties , par Claud. Le Jeune, natif de Valenciennes, compositeur de la chambre du Roy, Paris, Pierre Ballard, 1606, in-/i° obi. de 06 pages et 27 morceaux (complets à la Bibliothèque Sainte-Geneviève), dédiés par la sœur de l'auteur à Odet de la Noue, à qui elle dit dans sa dédicace : ccL'eniiie du siècle, qui méprise vn chacun et ne fauorise qu'à soy, n'aura pas le pouuoir d'empescher que la vertu du defïunt, bien qu'esloigné de la veue, ne soit encore respectée comme présente, quand ces accords qu'elle a produits s'approcheront des aurcillcs capables de les gouster, el qu'ils seront cognus estre tellement approuuez de vous qu'ils ayent esté iugés dignes de receuoir vostre bénédiction. . . » Opuscule inconnu à M. Fétis. France pro t.)
L'exemplaire qui a appartenu à Agrippa d'Aubigné contient l'autographe suivant de la main du vaillant capitaine, poète ei historien :
Par ces vers mesurez de Claudin il appert Que, si par vu doc le art la musique harmonique Compassé les accords au pied de la métrique , Il réussit des deux vn tr es-parfait accord.
[Bulletin, I, 208.)
Odet de la Noue, fils de Bras-de-Fer, a fait pour cet ouvrage le douzain suivant :
Par ces pseaumes mesurés Les esprits sont attirés D'vne si forte puissance , Que soit docte ou ignorant (S'il rC est tout plein d'impudence Ou du tout sans iugement) Doit auouer sans réplique Parfaicte nostre musique; El que Le Jeune est celuy Qui la rendit si exquise , Et qui, si haut V ayant mise, Tira F échelle après lui.
Missa ad placitum, auctore Claud. Le Jeune, cum quinque et sex vocibus, Paris. Pet. Ballard, 1607, in-fol. — Messe trouvée dans les papiers de Le Jeune; le Kyrie, le Gloria et le Sanctus sont à cinq voix; le Credo et YAgnus, à six. Cet ouvrage a fait dire à M. Fétis : «Il est vraisemblable que Le Jeune n'appartint pas toujours à la religion réformée, v Nous n'en savons absolument rien, mais le fait d'avoir composé une messe, un Magnificat, un Veni sancte Spiritus et autres morceaux latins, ne nous semble pas prouver, vu l'époque où ils furent écrits, que Claudin ait jamais été catholique. A l'époque de l'édit de Nantes , un musicien huguenot a fort bien pu se passer la fantaisie de composer des morceaux catholiques, d'autant plus qu'il avait épuisé sous toutes ses formes la matière du Psautier protestant.
Airs à trois, quatre, cinq et six parties par Claudin Le Jeune, compositeur de la musique du Roy, Paris, Pierre Ballard, 1608, in-8° obi. (Biblioth. nation., haute-contre, taille, basse-contre et sixième; il y a aussi quelques parties à la bibliothèque Sainte-Geneviève); ouvrage inconnu aux bibliographes et dédié «à M. d'Aubigné, gouverneur pour le Roy ès islcs et
chasteau de Mailïezais , » par Cécile Le Jeune, dont le frère, «ayant receu tant de bien et de faueur de d'Aubigné, ne pouuoit moins aussi que de lui en faire quelque reconnoissance. m — Ce sont des chansons presque toutes d'amour, mais assez pudiques pour qu'une huguenote comme Cécile ait pu les publier.
Le second livre des Airs, etc. parut la même année et fut dédié <xà M. Maistre Gabriel l'Alleman, conseiller du Roy et lieutenant criminel de la ville, prevosté et vicomté de Paris. » — Le premier livre contient soixante-six morceaux écrits dans les six premiers modes; et le second, cinquante-sept dans les six autres modes ; ils étaient composés depuis longtemps et n'avaient point encore été imprimés.
Octonaires de la vanité et inconstance du inonde , mis en musique à trois et quatre parties , par Claud. Le Jeune, etc., Paris , Pierre Ballard , 1 6 1 o et 1 6 1 1 , quatre vol. pet. in-A° obi.; — réimprimés par le même en i6/u, dans le même format. L'édition de î G 4 1 (Biblioth. nation., dessus, haute-contre, taille et basse) est dédiée par P. Ballard au chancelier Séguier, avec une épigramme de Colletet en l'honneur de ce magistrat. Le recueil contient trente-six morceaux, c'est-à-dire douze de trois strophes, écrits dans chacun des douze modes.
Second hure des Meslanges de Claud. Le Jeune, compositeur de la musique de la chambre du Roy , Paris, Pierre Ballard, 1612, six vol. m-k° obi. (complet à la Bibliothèque Sainte-Geneviève), dédié à M. de la Planche, seigneur de Mortier es, aduocat en la cour de parlement, par sa tres-humble semante Judic Mardo, nièce de l'auteur (1),qui de son vivant était honoré de la même bienveillance que ledit sieur a bien voulu reporter sur Judic et sa sœur. Ouvrage réimprimé à Anvers en 1617. On y trouve quinze chansons françaises à quatre voix, sept madrigaux italiens à quatre, treize chansons françaises à cinq(2), sept à six, un psaume à cinq (le civ), un à six en forme de canon (le cxvn), deux motets latins : Benedicile Dominum, omnes ange, et Trtstitia obsedit me; un Magnificat à quatre, cinq et sept voix; un motet latin à dix : O Domine qui ego sum; deux fantaisies à quatre, sans paroles; une à cinq sans paroles, ad imitalionem moduli: Benedicla est cœlorum regina .
Les Meslanges de Claudin ont été arrangés en tabulalure de luth; nous ne connaissons pas l'édition imprimée ; mais M. Henri Bordier nous en a
(,) La France protestante en lait un neveu, M Entre autres celle qui commence par:
qu'elle appelle Louis. Uelas, mon Dieu, ton ire s'est tournée, etc.
offert une belle copie manuscrite, suivie du Dodécacorde arrangé de la même façon cl de la Première Fcstinc : D'vn triste hyver.