‹ Clément Marot et le psautier huguenot (volume 3)Chapitre 2 sur 178 · PIERRE CERTON · texte numérisé non relu

PIERRE CERTON

«Pierre Gerton, maître des enfants de chœur de la Sainte-Chapelle, tient, dit M. Fétis, une place distinguée parmi les compositeurs français de la première moitié du xvie siècle. Rabelais l'a placé dans la liste des musiciens célèbres de son temps. Un recueil de trente et un psaumes à ([tiatre parties, dont il a composé la musique, a paru à Paris en i5/t6. Un autre recueil de chansons françaises de ce musicien a été publié par Nicolas du Chemin, Paris, 1 553. 55 — Peut-être M. Fétis s'est-il trompé en écrivant le nom de l'imprimeur.

Il existe, en effet, à la Bibliothèque nationale (ténor, superius et bassus) , un Premier hure de chansons en quatre volumes, nouuellement composées en musique à quatre parties par M. Pierre Certon, maistre des en fans de la Sainte-Chapelle du palays à Paris, Paris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1 55s, in-8° obi., contenant seize morceaux. Aurait-il paru la même année chez Du Chemin un autre recueil du même auteur? H y a encore seize autres chansons de Certon dans les recueils de Le Roy et Ballard publiés de 1 5 5 3 à 1 5 5 6, et deux dans le Second Trophée de musique, composé des plus harmonieuses et excellentes chansons choisies entre la fleur et compositions des us fameux et excellens musiciens, tant anciens que modernes, le tout à quatre parties , en quatre volumes, Lyon, Robert Granion, i55q (Biblioth. nation.).

La Tonwerke de C. F. Becker mentionne une messe (Sur lepont d'Avignon) du même compositeur, imprimée à Paris par Adr. Le Roy et Rob. Ballard, en 1 558. Fétis en cite une autre de la même date (Le temps qui court).

Quel était le texte des trente et un psaumes mis en musique à quatre parties par Certon, et publiés dès i5/i6? — M. Bovet n'a pas l'air de

douter que ce ne fût la traduction de Marot, puisqu'il les range (p. 2 56) parmi les éditions du Psautier des Eglises réformées, ainsi que la tabulature de luth qu'en lit imprimer Gui.ll. Morlaye, en 1 55 /i, in-8° obi. , chez Michel Fézendat, à Paris. Dans un travail récent sur la Musique de chambre au xvf siècle M. Lavoix fils, qui n'a pas vu l'ouvrage, a aussi émis l'idée que «Certon s'était servi de la traduction de Cl. Marot. » Fétis, Choron, Delaborde, Brunet, gardent le silence sur ce point, et Burney ('2) dit positivement qu'il ignore si Certon a travaillé sur le latin ou sur la version de Marot.

Il nous semblait impossible d'admettre que, sitôt après l'arrêt rendu contre cette version, un catholique, et surtout un chantre de la Sainte- Chapelle, l'eût mise en musique pour ainsi dire sous les yeux de la Sorbonne; mais le législateur du Parnasse l'a dit :

Le vrai peut quelquefois ri être pas vraisemblable.

Deux de ces psaumes (3), qui nous ont été envoyés de Munich et qu'on a vus plus haut, ne laissent aucun doute à cet égard : c'est bien sur le texte de Marot que le compositeur a travaillé. Ses mélodies n'ont, du reste, aucun rapport avec celles de notre Psautier.

Comme Certon était encore à la Sainte-Chapelle en i 55s, il n'y a pas lieu de supposer qu'il eût embrassé la Réforme en i 546; nous pensons donc qu'il n'appartient pas à l'histoire de l'harmonie protestante, et que l'apparition de son ouvrage ne fit que redoubler l'envie qu'avait Bourgeois de publier le travail harmonique qu'il avait sans doute préparé depuis plusieurs années.

Les psaumes de Marot étaient chantés depuis huit ans, quand parurent les Cinquante Pseaulmes de Dauid rby et prophète, traduictz en vers français par CL Marot et mis. en musique par Loys Bourgeoys, à quatre parties, à voix de contrepoinct égal consonnante au verbe. Tousiours mord enuie. Lyon, Godefroy et Marcelin Beringen, 1 5 Ay, in-/t° obi. avec la dédicace suivante, dont

(1) Voir la Revue et Gazette musicale de Paris seignement dû à l'obligeance de M. Lavoix fils. ) du 5 octobre 187.3. (3) Empruntés au recueil de Morlaye.

fî* A gênerai hiatory qf mûrie , III , 2 6 1 . ( Ren- (4! Voir les cbapilres xxi et xxu.

h LES HARMONISTES DU PSAUTIER.

nous devons une copie à M. le docteur Birk, conservateur de la Bibh'otlicca augustma palatina de Vienne :

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