‹ Clément Marot et le psautier huguenot (volume 3)Chapitre 4 sur 178 · JEAN LOUIS · texte numérisé non relu

JEAN LOUIS

Ce musicien, dont la Biographie de Fétis ne dit mot, appartient à l'école flamande, à en juger par la dédicace que nous allons reproduire et qui ne porte point le cachet protestant; il paraît avoir été maître de chapelle des empereurs Ferdinand (i556-i564) et Maximilien II ( 1 5 6 ^-i 5^6) (3). Il a harmonisé un tiers des mélodies de nos psaumes, nous dirions avec un remarquable talent, si nous n'étions incompétent en matière de contrepoint : Pseaulmes cinquante de Dauid composez musicalement ensuyuant le chant vulgaire à cincq parties par maistre Jean Louys. Anuers, Hubert Waelrant et lean Lœt, i555, pet. in-/i° obi. (Bibliothèque de Munich.) C'est par erreur que M. Bovet (p. 2 58) attribue cet ouvrage à Bourgeois.

Voici la dédicace du second livre :

A HONORABLE ET PRVDENT SEIGNEVR 1EAN COGQVIEL , MARCHANT EN LA VILLE DANVERS, IEANLOVYS, SON SERV1TEVR ET AMY, SALVT ET PROSPERITE.

le suis certain (mon bien aymé seigneur) que le plaisir que vous receutes quant du commencement vous feis présent de certains Pseaulmes de Dauid, quay mis en musique, na heu tant de continuation, comme le regret et malueillance quauez en moy, que

(l) C'est en 1557 qu'il place le fait, et il (3) Voir La -musique en Suisse , par M. G.

fait chan 1er, au lieu des chœurs de Bourgeois, Becker, dans la Pairie de Genève, sp, juin

ceux de Goudimel, qui neparurent qu'en 1 56s. 1873. Ces articles ont été réunis en un vo-

Voir la Tonwerhe de C. F. Becker. lumein-12.

mayant renduz iceulx pour corriger aulcunes fautes faicles par lescriuain, nay peu satisfaire à les vous rendre, par ce que furtiuement me furent emblez, et ne les ay peu recouurer de long temps après. Dont vous prie imputer le deffault (en ce) au larron et non à moy, qui en tous endroitz vous vouldroie faire seruice, et amytié. Si est que par temps veuillant auerer et croire le conseil d'aulcuns mes bons amys, ma esté persuadé faire imprimer iceulx Pseaulmes, ce que iay faict, et dont sont faictz trois îiures. Desquelz (mon bon seigneur) ie vous desdie et faictz présent du second. Ce que vous prie accepter de bonne part et pardonner le mefTaict commis par altruy. Nayantesgardt aussi que cest encoires cas iuuenil et de petit poix, espérant à laduenir, par labeur et diligent traueil, icelluy augmenter et lousiours vous en faire participant (comme scauant et amateur de lart musical, et que par droicte raison le méritez). Sur ce (mon bien aymé seigneur) le Créateur vous maintienge en felices désirs, et doint bonne vie et longue.

Nous donnerons plus loin son psaume xxv, dont nous devons une copie à l'obligeance de M. J. J. Maier, l'un des conservateurs de la Bibliothèque de Munich. La mélodie, placée au ténor, est celle du Psautier de Bourgeois 15/19, remplacée depuis par une autre non moins belle et plus en harmonie avec les paroles.

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