CLÉMENT JANNEQUIN
L'un des plus féconds et le plus original des compositeurs de la première moitié du xvi° siècle, Clément Jannequin, né vers la fin du siècle précédent, fut probablement maître de musique de quelque église, peutêtre à Lyon, où quelques-uns de ses ouvrages ont été imprimés.
^ Il est vraisemblable, dit M. Fétis, qu'après avoir été, comme Goudimel, élevé dans la religion catholique, il embrassa plus tard comme lui les opinions des réformés; car ses premiers ouvrages sont des messes et des motets, et les autres, des chansons françaises et des psaumes de Marot. » Cependant la France protestante ne l'a pas mentionné.
N'ayant presque aucun détail à ajouter à l'article de la Biographie des musiciens, et n'ayant point réussi a voir ceux de ses ouvrages qui pourraient prouver que Jannequin devint réellement protestant, nous nous bornons à indiquer les deux suivants , qui appuient fortement l'hypothèse de M. Fétis : Prouerbes de Salomon mis en cantique et rime francoise selon la venté hébraïque , nouuellement composés en musique à quatre parties par M. Clément lannequin,
imprimes en quatre volumes, Paris, Adr. Le Roy et Rob. Ballard , 1 5 5 8 , in-8° obi. — Octante~deux pseaumes de Dauid, tradurtz enrhythme francoispar Clément Marot et autres, auec plusieurs cantiques nouuellement composés en musique à quatre parties par M. Clément îannequin, Paris, Adr. Le Roy et Rob. Ballard, i55(j, in 8° obi., ouvrage dédié à la reine de France, et dont la dédicace se termine par ces vers :
Donca' en gré ce présent , ires illustre Princesse, Prends de ton Iancquin , qui en poure vieillesse Viuant, rien ne luy plais t fors que de (honorer Par son art de musique , et ton los décorer.
Nous n'avons pu nous procurer de ce musicien qu'un seul morceau, une chanson protestante, dont l'air est expressif et gracieux. M. Henri Bordier ne l'a trouvée que dans un recueil de i56o, (Chansonnier huguenot , p. £66), mais elle est de beaucoup antérieure, puisqu'elle figure déjà dans le Sixiesme hure contenant xxix chansons nouuelles à quatre parties... imprimées par Pierre Attaingnant, Paris, i5£5. (Bibliothèque de Munich.) Nous la donnons plus loin.
THOMAS CHAMPION, dit MITHOU.
Il n'a point d'article dans la France protestante ni dans la Biographie des musiciens, qui ne mentionne qu'Antoine Champion, organiste célèbre sous le règne de Henri IV, dont il existe, dit M. Fétis, une messe à cinq voix parmi les manuscrits de la bibliothèque royale de Munich. Cette messe, nous écrit M. Maier, conservateur de la partie musicale de cette bibliothèque, est de Nicolaus Champion. S'appelait-il à la fois Antoine et Nicolas ?
Thomas figure parmi les auteurs du Tomus tertius psalmorum selectorum iv et v vocum, en latin, Nurenberg, Jean Petreius, i 5 â 2 (C. F. Becker, Die Tonwerkey
Nous avons aussi trouvé deux de ses chansons (// a bruslé la hotte et Oyez tous amoureux^ dans le Second hure de chansons, etc., imprimées en quatre volumes par Adr. Le Roy et Rob. Ballard, en i55£.
Enfin il a publié le recueil suivant, dont nous ne connaissons que la partie do contra-lenor : Premier hure contenant soixante pseaumes de Dauid,
mis en musique par Thomas Champion, dit Mithou, organiste de la chambre du Roy. Paris, François Trepeau, 1 56 1 . Petit in-8°obl. de 88 ff. (Collect. de M. G. Becker, de Lancy. ) L'ouvrage n'a pas de préface, mais une dédicace, que voici :