‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 114 sur 135 · CHANSONS. NOELS DK DAN] EL · texte numérisé non relu

CHANSONS. NOELS DK DAN] EL

Annj, souffrez que ie vous aime, etc. Pécheurs, souffre: que Dieu vous aime, etc.

Dictrs-motj , belle, vos pensées , etc. Vierge, dictes vostre pensée, etc.

En contemplant la beaulté de ma mye, etc. En contemplant la beaulté de Marie, elr.

ORIGINES DES MELODIES DU PSAUTIER. 693 Le noël sur l'air :

Ma Jeanneton, tout de bon, Je me meurs,

applique à Jésus-Christ ce refrain :

Je me meurs, si je ne le voy.

lie noIl sur l'air :

Que vous sert-il d'eslre belle, Quel est donc vostre désir ?

remmenée ainsi :

Que vous sert-il d estre belle Si Dieu n'est vostre désir?

Le isoël sur cet air de cour

commence ainsi

Passerons-nous sans amours . Nos plus beaux jours?

Passerons-nous ce saint jour,

Digne d'amour, Sans venser à Jésus ?

Le ,\oia sur cet air agréable de ballet :

Tirsis , auprès d'une fontaine , Me trouva lors que je dorinois ,

commence ainsi :

Assis auprès d'une fontaine (jhez le peuple samaritain , Jésus vit la Samaritaine.

Sur celle pente de l'imitation soi-disant religieuse M, Colleté! ne sut pas même s'arrêter devant le grotesque et le trivial . et tomba dans ces jeux puérils, indignes de toute musc, même mondaine (jui a souci de sa dignité.

W Pénelon lui-même ;i fait plusieurs cantiques pour les opposer à de mauvaises chansons en vogue. (Le Semeur :i 837, j>. 307.)

69/î ORIGINES i)ES MÉLODIES DU PSAUTIER.

Le noël sur le vaudeville :

A V ombre d'un ckesne , festois F autre jour,

débute ainsi :

Pasteur, je te prie ,

Ne soupire plus ;

La Vierge Marie Enfante un , sans nulle peine , Enfante un, la Souveraine,

Enfante un Jésus.

Le iNoël sur l'air ancien et joyeux :

Des poupons , comme les , Comme les autres,

commence ainsi :

Pasteurs, ce n est point une fable, Jésus-Christ est né tout de bon,

Courons tous à Vestable,

Comme les, comme les autres,

Pour y voir ce poupon ,

Comme les, comme les autres.

Pour y voir ce poupon ,

Comme les autres fon (sic).

Enfin et pour terminer, chaque couplet du aoël sur le chant divertissant :

Quand la mer Rouge apparut A la troupe noire,

renferme un enfantillage comme celui-ci :

// nestoit petit ni grand Qui 71 apporta son présent ,

Et 7io, no, no, no,

Et ne frit, frit, frit,

Et no, no , et ne frit ,

Et n offrit sans cesse

Toute sa richesse.

L'incompréhensible succès qu'eurent, à la fin de notre grand siècle

littéraire, ces cantiques de dévotion aisée tenta le célèbre abbé Pellegrin(2), protégé de Mme de Maintenon, qui marcha sur les traces de Colletet.

Son cantique qui traite de la fin pour laquelle nous avons été créés, et un autre qui développe ces paroles de saint Matthieu : N'affectez point de faire vos bonnes œuvres devant les hommes , se chantent sur :

Tout cela ni est indifférent.

Celui qui a pour titre : Que nous devons recourir à Dieu dans toutes nos affichons, est ajusté sur l'air :

Un inconnu pour vos beaux yeux soupire.

Celui qui roule sur cette sentence de saint Jean : Qui fait le péché est esclave du péché, se chante sur l'air :

Un tendre engagement va plus loin qu'on ne pense.

Ceux en tete desquels on lit : En quoi consiste la véritable dévotion, et : Sur la vie mortelle de Jésus-Christ, ont pour timbre :

Piéreillez-vous , belle endormie.

(l) Celte dévotion s'exprimait ainsi dans ia prélace de Judith, pièce de l'abbé Boxer, qui eut du succès au théâtre : crll faut que, sous le règne de Louis le Grand, après avoir vu l'hérésie exterminée, on voie la pieté florissante au milieu des plaisirs, les spectacles consacrés, le théâtre sanctifié. r> (Eug. Despois, Le théâtre français sous Louis XIV, Paris, Hachette, 187/1, in-i 2 , p. 907.)

W C'est de lui que Rémi a tracé ee spirituel et trop fidèle portrait :

Le matin catholique et le soir idolâtre , Il dinait de l'autel et soupait du théâtre.

Voici les titres de quelques-uns de ses ouvrages :

Les pseaames de David et les Cantiques français de l'Ancien et du Nouveau Testament , mis en vers sur les plus beaux airs des meilleurs autlieurs, tant ancien» que modernes, notez pour en faciliter le chant , dédiez au Roy, Paris, 1 7 o5, in-8". (Bibliothèque de la Société biblique.)

Cantiques spirituels sur les points les plus importuns de la religion et de la morale chrétienne... sur des airs d'opéras, vaudevilles choisis, etc. 2 e édit. Paris, Nie. Le Clerc, 1706, in-8° (Collection de M. Weckerlin), réimpriméspo»r les dames de Saint-Cyr. Paris, 1716, in-8°.

Noéîs nouveaux, chansons et cantiques spirituels sur divers passages de l'Evangile , des

pseaumes composez sur lus plus beaux chants

des Noéls anciens, sur des airs d'opéra et vaudevilles choisis, etc. Paris, Nie. Le Clerc. Six recueils parus de 1707 à 1711, in-8°. (Ibid.)

Cantiques spirituels sur plusieurs points importuns de la religion et, de la morale chrétienne , sur les plus beaux airs anciens et nouveaux, par M. l'abbé Pellegrin et. autres auteurs. Paris, Nie. Le Clerc, 171 h , in-l 2.

Imitation de Jcsus-Christ en cantiques , sur de

airs d'opéras et de vaudevilles. Paris,, 1 "7**7» in-S".

696 OiilGlNES DES MÉLODIES DU PSAUTIER.

Enfin le cantique : Pour l'entrée des écoles après les vacances, se chante sur l'air :

Petite la Valière.

Tous les airs de ses psaumes sont empruntés à des vaudevilles et à Lully, Campra, Lambert et Gautier.

Le cxxxvm se chante sur :

Ah! Phaéton, est-il possible?

le cxxxix sur :

Ah! quel tourment de garder en aimant!

le cviu sur :

Amants qui vous plaignez , vous êtes trop heureux; le lxvj sur :

C'est le Dieu des eaux qui va paraître;

le cxx sur :

Dans nos vaisseaux que de beautés ensemble ;

le xxiv et le lxiv sur :

Goûtons bien les plaisirs, bergère;

le cxxxvi sur :

// est vray, Philis, que je vous aime;

le cxxxiii sur :

Loin de vos yeux, belle Sylvie;

le liv sur :

Qu'il est doux d'être amant, d'une bergère aimable! le L ( notre li) sur :

L'amour, le seul amour est cause.

Les voici tous deux :

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