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De Pellegrin.
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Sei - gncùr, loin de pu - nir mon cri -me, Pre - nez pi-tié de mon malheur, A vos go-noux j'expire de douleur, Euten-dez gémir la vic-ti - me, Soi-
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nie. Ah! vous a-vez plus de bonlé Que je n'ay d'iniqui - té; Vo - tre courroux rendra les
ar - - mes, Quand vous ver - rez couler mes lar - - mes. -mes.
Huguenot.
Mi -sé-ricorde et grâce, ô Dieu des cieux, Vn grand pécheur implore ta clémence,
Vse à ce jour de ta douceur immen-se. Pour a-bo-lir mes crimes o-di-eux;
(À m J ri
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0 Seigneur, fane et re-laue a-uec soin De mou péché la ta-che si profonde,
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Et fais -moi grâce en ce pressant be-soin; Sur ta boute tout mon espoir se fonde.
Lorsque l'intrigante dévote qui subjugua la vieillesse de Louis XIV honorait de sa protection les chants inconvenants de Pellegrin, les galères étaient peuplées de huguenots, qu'on y (rainait en foule pour le seul fait d'avoir chanté les mêmes psaumes de David, et dont le crime consistai! uniquement à préférer la traduction de Marot ou celle de l'évéque Godeau à celle du favori de M"1 de Maintenon, ef des mélodies austères à des airs d'opéra.
La délicatesse du goût, le sentiment de la dignité de l'art et de la religion, la véritable poésie et la véritable musique étaient du côté des martyrs du droit et de la liberté de conscience. Des catholiques dont la piété sérieuse ne pouvait se pliera la dévotion de cour semblent l'avoir reconnu comme nous.
Pellegrin s'exprime ainsi dans la préface de ses Psaumes :
Quelques personnes d une piété délicate, m'ayanl f.tit connoitre <jn il seroii à sou
haiter qu'un ouvrage aussi saint et aussi respectable que celui-cy ne lut pas profane par des chants qui ont déjà servi à des paroles purement mondaines , je me crois d'obligation de leur répondre que j'aurois profité de leurs avis, s'il m'eût été possible de trouver des airs qu'on n'eût jamais employez qu'à des usages pieux; mais qu'il n'en est point venu à ma connoissance qui n'ayent été infectez du poison du siècle , et que les Hymnes sacrez que l'Eglise chante ne sont pas même à couvert d'une contagion si générale.
J'avoue que j'aurois pu éviter cet inconvénient, en faisant des chants nouveaux sur chaque pseaume; mais comme peu de personnes scavent la musique, l'utilité de mon ouvrage auroit été bornée à un trop petit nombre. Je pourrais ajouter pour justifier ma conduite que les airs sont indifférents tY euœ -mêmes , et que ce ne sont que les paroles qui les déterminent au bien ou au mal.
Les scrupules « d'une piété délicate » , auxquels Pellegrin n'avait répondu que par un présomptueux faux-fuyant, persistèrent; on en retrouve la trace dans l'avis placé en tête des Cantiques spirituels sur divers sujets de la doctrine et de la morale chrétienne, sur les plus beaux airs anciens et nouveaux, notez pour en faciliter le chant, sans nom d'auteur. Paris, chez Pli. Nie. Lottin, 1728, 3 vol. in-12 (Collection d'O. Douen).
On lit en tête de cet ouvrage :
•* „ * Pour nous conformer aux avis de plusieurs personnes très-éclairées, nous nous sommes servis des premiers mots des Noëls anciens et autres airs consacrés à la pieté, pour faire connoître les chants sur lesquels sont composés la plupart des cantiques de ces recueils; mais, pour les autres, au lieu d'employer les premières paroles des chansons profanes, dont on se sert ordinairement pour en indiquer les chants, nous leur avons substitué les premiers mots des cantiques les plus connus de M. Pellegrin et autres poètes chrétiens, composés sur les mêmes chants.
Ce n'était là qu'une concession de pure forme et un peu jésuitique, qui fait un contraste choquant avec les paroles du premier air noté qui se trouve à la fin des trois recueils :
Loin de mes vers ces tendres sons
Que la vertu condamne; Je, ne veux plus dans mes chansons
Mêler rien de profane.
Fvscobar lui-même eût été en peine de montrer qu'il n'y a plus rien de
profane dans les cantiques dont la musique est en grande partie empruntée à des vaudevilles et à des opéras. Un tel début est bien singulier de la part de l'auteur inconnu qui fait chanter La gloire de Jésus- Christ (t. II, p. 69) et le Symbole des apôtres (t. III, p. 6) sur Les folies d'Espagne; L'Ascension (t. I, p. 70) sur La marche des fanatiques; La résurrection de Jésus- Christ (t. II, p. 1/12) sur Quoi! ma voisine, es -tu fâchée? les Désordres du carnaval (t. III, p. U"j) et les Dispositions qu'il faut apporter à la communion (t. III, p. 81) sur La Musette du Marais; ['Exhortation à nous préparer à la mort (t. III, p. 86) sur l'air : Objet de ma nouvelle flàme, et la célèbre ode deuxième de J. B. Rousseau sur la mélodie suivante, qui n'a pas le moindre rapport avec la majesté du sujet (1) :