‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 15 sur 135 · AV ROY, POVR ESTRE REMIZ EN SON ESTAT · texte numérisé non relu

AV ROY, POVR ESTRE REMIZ EN SON ESTAT

Si le Roy seul, sans aulcung y commettre,

Met tout testât de sa maison à poinct,

Le cueur me dict que luy, qui m'y Je il mettre.

M'y remettra et ne m'ostera point :

Crainte d'oubly pourtant au cueur me poind ,

Combien qu'il ail la mémoire excellente,

Et n'ay pas tort ; car, si ie perds ce poinct ,

Adieu comment le plus beau de ma rente.

Or doncques soit Sa Maiesté contente

De m'y laisser en mon premier asroy,

Soit de sa chambre, ou sa loge, ou sa tente.

Ce m'est tout vng, mais que ie sois au Roy.

Quand il accompagna, en octobre. François I,r, qui partait pour la guerre, il laissa aux clames un spirituel , joyeux et malin Adieu :

Adieu la court, adieu les dames.

Adieu les filles et les j 'cm mes.

f) Ms.FR. 7853,in-foi Bibl. nat.

Adieu vous dy pour quelque temps; Adieu vos plaisans passetemps , Adieu le bal, adieu la dance , Adieu mesure, adieu cadence, Tabourins, haubois, violons, Puis qu'à la guerre nous allons. . .

le vous pry me rendre à présent Le cueur dont ie vous fis présent, Pour en la guerre, où il fault estre, En faire seruice à mon maistre. . .

Il avait aussi à se réconcilier avec Paris, qu'il avait offensé dans quelque pièce qui n'est pas venue jusqu'à nous, et à laquelle un de ses contemporains, l'impartial auteur du Biffèrent de CL Marot et de François Sagon, nous paraît faire allusion dans ces vers :

On dit quen son exil lointain, A fait mainct dixain et huitain Malsonnant et non salutaire, Quand il estoit temps de se taire. . .

Marot a eu la voix trop haulte.

Pour dire chose reprouuée.

Marot fit à la première ville du royaume la plus gaie des amendes honorables; c'est Y Epigramme xlv , A la ville de Paris ( 1 5 3 7 ) :

Paris, tu mas faict maints alarmes lusque à me poursuyure à la mort; le nay que blasonné tes armes :

Vng ver, quand on le presse , il mord; Encor la coulpe ni en remord.

\r scay de toy comment sera; Mais de nous deux le diable emporl Celutf qui recommencera.

Il est probable que ce fut aussi alors qu'il traduisit deux Colloques d'Erasme, qui figurent au nombre de ses meilleures pièces, L'abbé et la femme sauante, et La vierge mesprisant mariage.

MâROT À LA GO UH.

Le premier oppose à l'ignorance et aux débauches des moines les bienfaits d'une instruction supérieure :

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