‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 44 sur 135 · ET LES CONTINUATEURS DE MA ROT · texte numérisé non relu

ET LES CONTINUATEURS DE MA ROT

Mais bientôt nous rencontrons un véritable logogriphe:

Mon atne en soy respond quelle est troublée De ses désirs. Pourquoi/ me souuîendra Du mont Hermon, aussi de rassemble»

Des eaux Iourdain , ktsques le temps viendra . Quà Vhaulte voix W de ces catharacteres , Que Von verra en ton corps hault pendu, De ta pitié Vabysme $\ des misères Appellera Vabysme confondu.

Le lxii d'Etienne Pasquier n'est pas non plus sans reproche :

. . . Quant à mon ame, il faut qu'elle regarde Au seul Seigneur, tant que muant scray ; Cest mon rocher et seure sauuegarde , Dont un fault pas seulement ne feray.

Cest luy, cest luy qui tout seul est ma gloire Cest le rempart dont despend mon pouoir ; Cest luy, cest luy par qui iciuray victoire , Car en luy seid ïay fondé mon espoir.

Ayez en luy, o peuple, espérance, Et vostre cucur deuant luy deschargez ; Allez à luy en certaine asseurance , Et vous serez de luy tost soulagez. . . .

Enfin, voici le titre de la troisième édition : La forme des prières cl chantz ecclésiastiques. Aucc la manière d'administrer les sacremens et consacrer le mariage, selon la coustume de l'Eglise ancienne. Imprimé à Strasbourg lan i5â5. în-8°. A la fin : Imprimé à Strasbourg en l'imprimerie de Iehan Knobloch. Lan i5â5. L'unique exemplaire connu de cette édition, publiée sans doute par Jean Garnier (3), appartenait à la bibliothèque de Strasbourg, entièrement détruite, le 2/1 août 1870, par les obus du général Werder. Si ce précieux volume, que j'avais demandé peu avant l'investie

Cl) Le mot voix manque dans l'édition de Paris 1 55o , in-18.

W L'absence de celte virgule dans l'édition de i55o et dans relie de Lyon l558, in-18, rend tout sens impossible.

Jean Garnier, d'Avignon, succéda, dans les fonctions de ministre de L'Église française de Strasbourg, à Pierre Bruly, brûlé vif à Tournay, le 19 février i5'i5. Garnier, d'abord adversaire véhément de la lîéJ'ortne, élait de-

m LES EDITIONS DES CINQUANTE PSAUMES

sèment de la ville, m'avait été prêté, il eût seul échappé à cet immense désastre

Outre la préface, la liturgie et les trente-huit psaumes de l'édition pseudo-romaine, il contenait dix des vingt nouveaux psaumes de Marot, savoir : les mn, xxxtii, l, lxxii, lxxix, lxxxvi, ci, cx, cxviii, cxxviii, et, en sus des cantiques de la même édition pseudo-romaine, le Decalogue de Marot et la Salutation à lesus Christ, dont voici les premiers vers :

le te salue, mon certain Bedempteur, ' Ma vraye fianc* et mon seul saïuatenr, Qui tant de labeur, D'ennuys et de douleur, As enduré pour moy ; Oste de noz cueurs Toutes vaines langueurs, Fol soucy et esmoy.

Ce morceau n'est point, on le voit, une traduction de la Bible, mais une composition libre qui ne rentre pas dans la manière de Calvin, et dont Garnier est peut-être Fauteur.

venu un de ses plus zélés défenseurs; savant et pieux, il était estimé de Bucer, de Bullinger, de Calvin, de Farel. Il quitta Strasbourg en 1 5 A 9 , par suite de l'introduction de Y Intérim, et y revint en i55a, quand l'Eglise fut redevenue libre. Les tracasseries des théologiens luthériens et la sévérité de la discipline qu'il voulait maintenir l'obligèrent à quitter Strasbourg une seconde fois, en 1 555. 11 y revint en 1 56g, quand la célébration du culte réformé fut autorisée dans une maison particulière. (Bulletin, VI, 178, et la France protestante.)

(|) «Quelle gloire pour l'Allemagne savante et lettrée, qui affirme hardiment que, depuis Sadowa, c'est elle qui marche a la tête de la civilisation, avec le brillant cortège de la littérature, de la science et des arts, quelle gloire que d'éclairer sa marche en incendiant des bibliothèques !

«Ah ! ils oublient qu'il y a douze cents ans, un Arabe musulman s'est acquis une honte qui

dure encore, parce qu'on l'accuse, peut-être sans raison, d'avoir incendié la bibliothèque d'Alexandrie, et certes il ne savait pas, lui, ce qu'il détruisait; mais les Allemands le savent, et ils en ont pour plus de douze cents ans de honte, d'une honte qui durera tant qu'on pourra leur jeter à la face qu'ils ont anéanti ce qui était nécessaire pour la nourriture intellectuelle d'une partie de leurs semblables, tant qu'on pourra écrire au bas des pages d'un livre , en citant quelque manuscrit précieux, quelque document nécessaire à l'histoire : «Anéanti à « Strasbourg par le vandalisme prussien. » (Libres paroles d'un assiégé , par A. Coquerel fils, Paris, Cherbuliez, 1871, in-8°, p. 39.)

Je pensais à ce Psautier unique, le 16 octobre 1870, au théâtre de la Porte-Saint- Martin, lorsque mon éloquent ami prononçait ces paroles, et je les applaudissais, on le croira aisément, avec plus de fureur que personne.

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