‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 45 sur 135 · ET LES C0NT1NUATEUKS DE M A 1*0 T · texte numérisé non relu

ET LES C0NT1NUATEUKS DE M A 1*0 T

Après le Cantique de Siméon , qui était en tête des appendices, un lisait : Fin des cinquante pseaulmes traduits par Clément Marot comprins le Cantique de Simeon. L'éditeur s'est trompé en parlant de cinquante psaumes, puisqu'il n'en donnait que quarante-neuf, y compris le Cantique de Siméon; il s'est trompé plus gravement encore en attribuant tous ces psaumes au même traducteur. Venaient ensuite diverses oraisons, puis les liturgies du baptême, de la cène, du mariage, et Y errata.

Tous les psaumes et les cantiques de ce recueil étaient accompagnés de mélodies, dont M. Riggenbach nous a fort heureusement conservé quelques-unes, qu'on trouvera plus loin. Selon feu M. Friedel, Strasbourgeois et amateur distingué, dont nous avons les notes sous les yeux quatorze mélodies, celles des psaumes i, n, xxhi, xxxvi, l, lxxii, lxyix, lxxxvi, cm, civ, cxxvin, cxxx, cxxxvn et cxliii, étaient à peu près semblables à celles des Psautiers complets de Genève et de Lyon ; les trente-quatre autres et celles des appendices étaient différentes. Ces renseignements nie concordent pas entièrement avec les résultats de la patiente et minutieuse étude à laquelle M. Riggenbach a soumis la musique de ce Psautier. Selon lui, six mélodies de plus : xv, xxxiii, ci, ex (ces deux dernières remplacées en 156a), exiv et cxvin, ressemblaient beaucoup à celles de Genève, ce qui ne porterait qu'à vingt-huit le nombre de celles où les Psautiers de Genève et de Strasbourg i 545 n'avaient absolument rien de commun

Nous ne connaissons pas d'édition de l'année suivante, c'est-à-dire i546.

En î 5 A , Louis Bourgeois en fit paraître deux avec musique à plusieurs parties: l'une contenant vingt-quatre psaumes, et l'autre cinquante.

(1) Communiquées par M. le professeur Baum.

('2) De Pours (p. o^o) décrit ainsi le Psautier strasbourgeois de 1 565 : r.La musique n'y est pas partout pareille à celle qui a suivi, et dont on s'est servi après (à Genève). La poésie aussi y est en plusieurs lieux différente de celle qui est en ces vieilles éditions. Le premier psaume y finit ainsi :

Car le chemin des bons est approuiw

Du Seigneur Dieu , qui tousioure l'a trouué

Droict et vni , car on ne s'y fouruoye.

Les psaumes y sont tout entiers sans pauses, et sans les distinguer. Le Symbole des apôtres et quelques autres cantiques y sont aussi en musique, et, par-dessus le Décalofjue de la composition ordinaire, il y en a aussi un autre :

Oyons la loi que de sa voix Nous a donné le Créateur, De tous hommes législateur, Nostre Dieu souucrain roy ; kyrie, eleison,

qui est là répété à la fin de tous les versets du Décalogue.»

45/i LES EDITIONS DES CINQUANTE PSAUMES

Il en parut encore quatre autres la même année : l'une à Genève, chez Jean Girard, in-16, sans musique (exemplaire brûlé à Strasbourg avec le Psautier de i545), qui ne contenait que les quarante-neuf psaumes, sans le Cantique de Siméon, mais avec l'Oraison dominicale, le Credo et le Décalogue (1) ; une autre à Lyon, chez Guill. Roville, in-16, et deux à Paris, du même format in-iG, une chez Guill. Le Bret et l'autre chez Charles Langelier, sous le titre de Cinquante-deux pseaumes, etc.

L'apparition de toutes ces éditions du livre détesté par excellence était peu propre à calmer la colère des persécuteurs; aussi parut-il, en 16/17, un arrêt portant «qu'aucuns imprimeurs ni libraires n'aient, sous peine de confiscation de corps et de biens, à imprimer, ne vendre et publier aucuns liures concernant la saincte Escripture, et mesmement ceux qui sont apportés de Geneue, Allemagne ou autres lieux estrangers, que premièrement ils n'aient esté veus, visités et examinés de la faculté de théologie de Paris (2),» arrêt qui explique peut-être, du moins en ce qui concerne la France, pourquoi nous n'avons pas trouvé de Psautier daté de i548.

11 en parut pourtant un en 16/19, ^ Lyon, chez les Beringen, in-16. Nous connaissons six éditions de l'année suivante : une de Genève, Jean Girard, in-12, qui ne contient que quarante-huit psaumes, c'est-à-dire

ceux de Marot moins le cxiv ; trois de Paris : Etienne Groulleau , petit in-8°; Guill. Merlin, in-16, et Ve Maurice de la Porte, in-18, sous le titre de Cinquante-deux pseaumes ; une de Lyon, Claude Marchant, in-16, renfermant dix psaumes qui ne sont ni de Marot ni de Bèze : les xxxiv, xlti et lxii, dont nous avons parlé plus haut, les xcv, xxvm, xxvi, lxxxiv, cxvii, cxxxiv, cxliii, et diverses autres pièces; enfin, une de Paris, sans nom d'imprimeur, contenant les cl Psalmes. . . de Marot et autres autheurs^K

L'exemple donné par Marot avait donc été suivi, et il eut assez d'imitateurs pour que le Psautier fût mis en vers dès 1 55o , c'est-à-dire avant que Bèze eût encore rien publié de sa traduction. A partir de cette date, nous n'avons plus rencontré que deux éditions de celle de Marot publiées sans

(1) Voir' les prolégomènes du tome VI dos Opéra Calvini.

(2) Drion, Histoire chronologique de V Eglise protestante, 1 , 3 9.

w C'est par suite d'un lapsus calami qu'ira

Psautier de Marot et Bèze, avec une nouvelle méthode de chant par Pierre Davan tes, figure, à la date de i55o, dans le catalogue de la bibliothèque de Genève dressé par M. Louis Vaucher.

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