ET LES CONTINUATEURS DE MAROT
uersité de Paris, députez par icelle, étaient dédiés en ces ternies au cardinal de Lorraine :
Considérant, Monseigneur, en quelle faueur ont esté receus les cinquante pseaumes de Dauid traduictz en nostre vulgaire par Cl. Marot, i'ay bien voulu paracheuer le reste du Pseautier, non pour me mesurer à poète si excellent, mais h fin que, continuant l'entreprise laquelle, preuenu de mort, il n'auoit entièrement exécutée, iepeusse faire quelque fruict au contentement des amateurs de l'Escripture saincte; et en cela me deslîant du peu de mon iugernent, i'ay suivi les anciens interprètes hebrieux, grecz et latins, de saine et approuuée opinion, etc.
Ils furent réimprimés : en i55i, par Pelletier, in-12, sans musique {bibliothèque de l'Arsenal); en i55/i, à Rouen, chez Jean Malard et Robert du Gord, in- 16 (Du Verdier, et Bovet, p. 2 56); et à Anvers, in-32, pour lehan Monsieur (Collection de M. Alf. André). En i555, Michel Dubois, imprimeur à Lyon, les réunit aux cinquante de Marot dans une édition in- 16. (Brunet. ) En 1 5 5 7 , les deux traductions reparurent ensemble, à Paris, chez Jean Ruelle, in-16, avec figures sur bois. (Brunet.)
Voici quelques extraits de l'œuvre de Poitevin, qui eut au moins neuf éditions en dix ans :
Comme le cerf qu'on a mis hors d'alaine S'en va bramant à la claire fontaine, Mon ame ainsi pressée ha son recours A toi), mon Dieu, et te crie au secours.
Mon ame ha soif et ardemment désire Le Dieu viuant, et parce ie puis dire : Quand me fera le Seigneur celle grâce Que le verrai) quelque iour face à face?
(Psaume xlu.)
Respons pourquoij, mon Dieu, tu nous délaisses? Et ton courroux sur ton trouppeau ne cesses? Est-ce à iamais que tiendras ton courroux Encontre nous ?
(Psaume xlvii.)
Que Dieu tout puissant sorte en place . Ses ennemis iront espars,
Et au seul regard de sa face, Sans faire plus grande menace , Hz s en iront de toutes pars Soubdain comme couhars.
Comme est la fumée espanduc Du vent , ainsi les cspandra , Et comme est la cire fondue Par le feu, et toute esperdue, Ainsi quand le Seigneur viendra, Tous péris les rendra.
(Psaume lxvih.)
Tay aymé Dieu, ie l'ayme et Vaymeray, Car ie suys seur au il oyra ma requeste, Et entendra ma voix, quand le priray,
Tousiours il ha sa saincte oreille preste Pour mescouter, et point ne niesconduil , le le priray que son secours me preste.
Les rctz de mort si mauoient circuyt, Quen dangier feuz de gésir soubz la lame, Pour les torrens que ïay euz iour et nuict.
En mes ennuys le Seigneur ie réclame, Et inuocquant son nom tant précieux , le dys : Seigneur, deliure ma poure ame.
Deliure-moy, Dieu puissant , roy des deux , Tu es bening, et autre ne puys estre, lus te sur tout, et Seigneur gracieux.
(Psaume cxvi.)
En 1 5 5 7 parut une troisième version complète : Les cl pseaumes . . . eu rithme francoise, par Clément Marot, lean Poictevin, Seve et autres, Lyon, Gabriel Cotier, in-12. (Catalogue de la bibliothèque de Stullgard, et Bovet, p. a58.) Huit psaumes de l'édition de ihhk de Poitevin sont, d'après M. Bovet (p. 2 58), remplacés dans celle-ci par des traductions nouvelles signées des initiales M. S. C. R. (1) Sève et D. C'est sans doute en confon-
(l) Nous lisons ainsi les trois premières ini- connaissons pas R., qui paraît êlre un quatiales : Maurice, Sibylle , Claudine ; nous ne Irièmc membre de la famille.