ET LES CONTINUATEURS DE MAROT
dant ce recueil avec celui de Bèze et de Marot qu'on a pu avancer (Bulletin, I, 95) que notre Psautier était achevé dès 1657.
Enfin, en 1 5 58 , parurent Les cent cinquante pseaumes . . . mis en rithme francoise par Clément Marot et plusieurs autres bons autheurs.. , . Lyon, Jacques Crozet. In- 18 (Collection de M. Gaijfe.) Les psaumes de Marot y sont seuls marqués d'initiales à partir du vin; en revanche, sept autres qu'il n'a pas traduits (xvi, xxviii, xxxi, xxxiv, xlii, lui, xcv) lui sont attribués; les lxxxvi et cxxxvn, qui sont bien de lui, manquent d'initiales. Les xxxiv et lxii sont de Le Maistre; le lui, de Bèze; le lxii, d'Etienne Pasquier; quinze seulement (xvi, xvu, xxvn, xxvm, xxix, xli, liv, lxv, lxxxiv, lxxxviii, xcv, cxxix, cxxxi , cxlvi, cxlvii) sont l'œuvre de traducteurs inconnus et médiocres; le reste, c'est-à-dire quatre-vingtdeux psaumes, est emprunté à Poitevin ^2). Le psaume exix a été retouché ; nous en donnons la dédicace , qui ne se trouve pas dans l'édition de Poitevin:
A TRES1LLVSTRE , HAVTE ET PV1SSANTE DAME LA ROYNE DE NAVARRE.
le ne saij pas, Princesse débonnaire, Que présenter à Vostre Maies té ; Mais ie saij bien que n'y puis satisfaire, Car de long temps ie vous suis cndebté. Si ie vous offre un Pscaume translaté, Vous plaira-il , Pioyne , le receuoir ?
le croy quoi) : chose saincte aymez voir. Si le prenez , double bien ie recoy :
L acquit heureux qui accroît tel deuoir, Et l'ornement de ma peine et de moy.
Parmi les nombreux appendices, la traduction du premier chapitre des Lamentations de Jércmie par Guill. Guéroult mérite d'être citée. En voici le début :
Comment par aduersité
La cité Jadis heureuse et peuplée
(|) Ouvrage mentionne inexactement par la proviennent de la même source, mais nous Frottée littéraire de Quérard. , n'avons pu nous en assurer, parce qu'ils man-
lNous supposons que les trois derniers quent à l'édition de Poitevin de la Mazarine
Sied seulette sans appuy, Et d'ennuy Mortel est en son cœur troublée ?
Aux traductions de Cl. Grolier, D., C. D., Del., Adel., Cl. L'Esc, f\., A., L Faure (Psautier d'Anvers i 5 4 1 ) , de Pierre Gringoire, des Lyonnais Cl. Le Maistre, Maurice, Claudine et Sibylle Sève, d'Etienne Pasquier, de Gilles d'Aurigny, de Robert Brincel, de C. R., de Cl. B., de Poitevin, il faut en ajouter encore une, qui est l'œuvre de Louis des Masures, né à Tournay.
Ce traducteur de YEnéide, que Rabelais range parmi les meilleurs poètes de son temps, fut secrétaire du cardinal Jean de Lorraine, commensal de Du Bellay à Rome, prit parti pour Calvin contre l'auteur de
Pantagruel, et contribua grandement (1 5 5 1) à l'établissement des Eglises réformées de Nancy et de Saint-Nicolas. Il fut plus tard pasteur à Metz, puis à Sainte-Marie-de-l'Hermitage et à Strasbourg. On trouve, à la lin de ses OEaures poétiques (Lyon, Jean de Tournes, î 5 5 7, petit in-/r°), les psaumes xvi, xlix, lxxxi, lxxxii, lxxxiii, lxxxiv, lxxxvi (c'est le lxxxv),
LXXXVII, LXXXVIII, LXXXIX, XC , XCII , XCIII , XCIV, xcv, xcvi , xcvn , cvi, cxvn et
cxxxix, publiés à part, la même année, et dans le même format, sous ce titre : Vingt pseaumes de Dauid, traduits selon la vérité hébraïque, et mis en rime francoise par Louis des Masures, Tournisien^\ Lion, Jan de Tournes et Guil. Gazeau. [Bibliothèque de l'Arsenal, T. 1 153.) En les dédiant à l'évêque de Toul, il parle ainsi de son ancien maître le cardinal : Je crois que Dieu poussa le bon prince lorrain
A me donner la charge de traduire En vers francois , et rendre tout entier- Ce qui restoit de Vœuure du Psautier.
11 veut dire évidemment ce qui restait à traduire après les cinquante de Marot.
Voici le plus court de ses psaumes et le seul auquel il ait ajouté une doxologie :
(l) Sonl-ce les mêmes psaumes qui ont re- L. Masures, et sous le titre : Cantiques à quatre paru à Lyon, en *56&, in-ft°, avec le nom de parties?