‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 56 sur 135 · PS. L · texte numérisé non relu

PS. L

A peine a-t-il changé quelques mots à la prose (lj pour en faire des vers, dont deux sont très-beaux : A Y Eternel, etc.

Ce respect de l'original, qui ne va point jusqu'à un littéralisme puéril, ne se borne pas aux mots, il s'étend aux idées et aux images qui, nous le verrons tout à l'heure, ont été singulièrement défigurées par presque tous les autres traducteurs.

L'auteur de ces strophes n'a point, comme on l'en accuse, perdu sa simplicité naïve en abordant les psaumes :

Vay crié de ma voix

Au Seigneur maintes fois,

Lui) faisant ma complaincte ;

Et ne nia repoidsé,

Mais tousiours exaulcê,

De sa monlaigne saincte.

(Ps. iir.)

Mon cueur, pourquoi/ fesbahis ores ?

Pourquoy te debatz dedans moy ?

Attens le Dieu que tu adores; Car grâces luij rendray encores , Dont il m aura mis hors d'esmoy, Comme mon Dieu et roy.

(Ps. XL11I. )

Voici maintenant des exemples de naturel, de grâce et de facilité qui ne sentent point la traduction :

Ne veuilles pas , o Sire .

Me reprendre en ton ire , Moy, qui ùiy irrité, Yen ta fureur terrible Me punir de V horrible Tourment qiiay mérité. . . .

(Ps. VI.)

M Voici la traduction littérale : puis invoque-moi au jour de l'angoisse,

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