PS. XL
Au jour fatal, quand ils verront S'ouvrir pour eux la fosse ardente W.
(Ps. XXXI.)
Epouvantable est la mort du pécheur. . . . Mais Dieu rachètera du supplice vengeur W L'homme enrôlé sous sa loi sainte.
(Ps. XXXIV.)
Le même traducteur s'est permis des additions comme la suivante :
0 roi des nations , formidable Messie ,
Malheur à ceux dont l'altiere ineptie A porté ses fureurs jusqu'à t'oser haïr !
(Ps. XXI.)
(l) Si l'expression fosse ardente ne ren- ('2) Ce supplice vengeur qui suit la mort, ce
ferme pas une allusion aux flammes de l'enfer, sont évidemment les peines éternelles, transdont les Hébreux n'avaient pas la moindre portées chez un peuple qui ignorait la vie idée, que peut-elle bien signifier? future.
et des notes comme celle-ci, relative à la septuple répétition des mots voix du Seigneur dans la description de l'orage du psaume xxxix :
De doctes et pieux interprètes ont cru voir dans ce psaume une ligure des sept sacrements. . . :
Voix du Seigneur sur les eaux , voix tonnante qui les rend fécondes; c'est le Baptême. Voix du Seigneur qui donne la force; c'est la Confirmation. Voix du Seigneur pleine de magnificence; c'est l'adorable Eucharistie. Voix du Seigneur qui brise les cèdres du Liban; c'est la Pénitence , qui brise les cœurs les plus orgueilleux.
Voix du Seigneur qui répand la flamme divisée en rayons; c'est 1' Ordre avec ses degrés ou divisions.
Voix du Seigneur qui frappe les déserts et les rend fertiles; c'est le Mariage et sa fécondité.
Voix du Seigneur qui prépare les cerfs à la course; c'est 1' Extrême-Onction préparant les chrétiens au passage de l'éternité.
M. de la Jugie, qui se plaint à bon droit qu'on ait «trop peu tenu compte de la couleur hébraïque , de la physionomie des temps et des personnages, » s'est parfois aussi laissé entraîner en dehors du judaïsme, témoin ces vers :
Dans F ivresse d'un saint délire , Je célébrerai sur la lyre, Jéhovah, ton nom triomphant.
(Ps. IX.)
Mais je t'ai fait Vaveu de ma coupable ivresse.
(Ps. XXXII.)
U éclat de ta face , Seigneur, Tes saintes voluptés in inondent.
(Ps. IV.)
L'hâte de la nuit infernale.
(Ps. VI.)
Voilà V homme à qui tu promets La paix et la gloire éternelle.
(Ps. XV.)
Songeant que V homme est chair, que sa vie ici-bas Est un souffle qui passe et qui ne revient pas.
(Ps. LXXVIII.)
Ici-bas n'est pas dans le texte, et le traducteur sait bien que la loi ancienne avait laissé clans l'ombre le dogme de la vie future (préface, p. 3â); néanmoins, comme ce dogme lui paraît clairement exprimé dans quelques psaumes , il s'est cru permis de l'introduire dans quelques autres, et notamment dans le lxxxvi, dont ces deux vers n'ont d'autre raison d'être que les exigences de la rime :
A célébrer ton nom j ai consacré, Seigneur, Ce soujjle immortel qui ni anime.
Induit en erreur, aussi bien que M. G. de Durnast, par la doctrine officielle, M. de la Jugie voit, dans le Psautier, à côté de l'épopée de David,
«celle du peuple choisi, celle du Christ et de son Eglise,» et nous montre le fils de Jessé «faisant résonner sur sa lyre le nom de Christ.» Abusant, comme MM. de Dumast, Dargaud et tutti quanti, du mot hébreu machiach, oint, en grec Xp*<r7os, il le traduit par Christ, avec ou sans initiale majuscule, et invente ainsi des types et des prophéties qui n'ont qu'une valeur imaginaire :
Les rois se sont ligués; les princes frémissants , Au Seigneur, à son Christ ont déclaré la guerre.
(Ps. XXI.)
Le Seigneur à son Christ donnera la victoire.
(Ps. XX.)
Oui, mes hymnes te rendant grâce, Pour David, ton Christ, et sa race, Diront tes bienfaits éternels.
(Ps. XVIII.)
Ailleurs il introduit le jour du jugement (ps. i) et le Dieu des combats (ps. ltx), bien qu'il ait dit dans sa préface que le mot tscbaolh (Jéhovahtsebaoth) «désignait les armées célestes, soit les anges, soit les étoiles, que Débora, dans son cantique, nous représente rangées en bataille et combattant pour Israël. »
Pour M. de Sapinaud il n'y a, paraît-il, aucune différence entre l'ancienne alliance et la nouvelle (1) : il trouve, c'est-à-dire il met dans les
(1) Pour M. Guiilemin , non plus; car dans Et par celle du pauvre, et par celle des rois.
son prélude il dit des psaumes : lls disent à 1(1 tcrrc et la morl ct 1(1 vie>