PUISSANCE ROYALE DE LA SAINTE VIERGE
La terre et tout ce qu'elle contient est au Seigneur : et vous, ô très-sain le Mère de Dieu ! vous régnez éternellement avec lui. Vous êtes revéLie de gloire et de beauté. . . .
(1) Citons encore le Psaullier de la Vierge Marie, curions engravingë , vellum, Paris, iGo5. (Catalogue de la bibliothèque Perkins, juin 1873, chez Gadsden, Ellis et C°, Londqn.)
(2) Bossuet écrivait, le 3 décembre 1G89,
à la sœur Cornuau : «Le Psautier que Ton attribue à saint Bonaventure n'est pas approuvé par les gens savans, ni tenu pour être de ce saint; ainsi vous ne devez plus le dire: vous pouvez mettre à la place quelque autre dévotion à la sainte Vierge. »
PSAUME XLI (notre xlii ).
L'ÂME SOUPIRE APRÈS L'AMOUR DE LA SAliVTE VIERGE.
Comme le cerf altéré cherche avec ardeur les eaux des fontaines, de même je soupire après votre amour, ô Vierge sainte!. . .
Signalons encore deux plaquettes rares qui se trouvent à la Bibliothèque du protestantisme français : Antienne des spalmes (sic) penitentiaux . Des Jîdelles de la Rochelle et de Montauban pénitents. Ensemble la responce de Sa Maicsté à ces bons reformez, 1622, in-i 2 ; et le Confiteor aux huguenots rebelles de ce temps, Paris, 1622, in-12. Le Confiteor et les psaumes pénitentiels y sont para- . phrasés en vers dans l'esprit d'Artus Désiré, mais avec moins de verve et de méchanceté.
Nous ne citerons que ce passage du Confiteor :
SANCTOS APOSTOLOS.
Parmy vous Von faict tant de cas De Rabelais, et tant d'estime De Marot auecques sa rime, Qu'auprès d'eux Von ne cognoist pas.
Jeunesse de Th. de Bèze. — Sa conversion. Son arrivée à Genève. — Lettre de Calvin à Viret, relative à la traduction des psaumes. — Le psaume xvi de Bèze. — Préface de sa tragédie Abraham sacrifiant. — Les trente-quatre psaumes de Bèze, i55i. — Th. de Besze à l'Eglise de nostre Seigneur. — Sept nouveaux psaumes, i55/i. — Diverses éditions des psaumes de Marot et Bèze. — Achèvement du Psautier. Dates inexactes. — Vingt-cinq éditions en i5Gs. — Les privilèges accordés par Charles IX et Philippe IL — Prohibition des psaumes aux Pays-Bas. Retraite de Granvelle. La révolution. — Politique de bascule de Catherine de Médicis. — Triomphe momentané du protestantisme.
L'homme remarquable qui devait succéder à Calvin dans le gouverne-
ment des Eglises réformées de France naquit à Vézelay en Bourgogne, le 2 h juin 1 5 1 9 , environ un quart de siècle après Marot. Confié de trèsbonne heure aux soins du célèbre humaniste Melchior Wolmar, il reçut, dans l'intimité de ce partisan dévoué de la Réforme, de pieuses impressions, qui devaient survivre à une jeunesse orageuse et décider de son avenir. Devenu recteur de l'académie de Genève, le disciple reconnaissant écrivait à Wolmar w :
Il n'est pas vne seule des bonnes estudes, sans en excepter la jurisprudence, dont ie naie appris les éléments auec toi, pas vn auteur grec ou latin dont ie n'aie goûté; mais le plus grand de tes bienfaits (et s'il ne m'en souuenoit éternellement pour te vénérer et te chérir comme vn pere, ie serois le plus ingrat des hommes), c'est que tu as fait iaillir de la vraie source pour m'en abreuuer la connoissanec du vrai Dieu.
Wolmar, rappelé en Allemagne par son beau-père, que les bûchers effrayaient sans doute (î 535), ne put obtenir d'emmener avec lui son élève, déjà brillant et distingué. Ainsi que Calvin et Marot, Bèze fut condamné par son père à l'étude du droit. Il n'y prit pas plus goût que le dernier, et, comme lui, négligea les Pandectes pour traduire et imiter
A. Savons, Eludes littéraires sur les écrivains français de la Réforme, a0 édit., I, ikà.
Catulle et Ovide. Dès l'âge de vingt ans, il s'était fait une renommée (î), et; cavalier de belle mine, encensé, recherché de tous, il se lança dans le tourbillon d'un monde dont la plume peu chaste de Brantôme nous a révélé les déplorables mœurs. Le prieuré de Longjumeau et un autre bénéfice qu'il devait à la tendresse de son oncle, abbé de Froidmont, mettaient le jeune homme à même de mener joyeuse vie et de se plonger dans la dissipation. Il finit par contracter un mariage de conscience avec une jeune fille de condition inférieure à la sienne; mais il ne pouvait se résoudre à en demander la consécration officielle. Une maladie qui le mit au bord de la tombe le transforma (i 548), comme l'avait été Luther par le coup de foudre qui tua son ami. Bèze avait alors vingt-neuf ans. ïl prit une énergique résolution, celle d'abandonner tout à la fois ses bénéfices, le catholicisme et la France, pour embrasser la foi persécutée.
A peine, dit-il (2), me fut-il permis de quitter le lit, que, rompant toutes chaînes et faisant mes petits paquets, ie quittai tout à la fois ma patrie, mes parents, mes amis» pour suiure Christ; ie m'exilai volontairement, et me retirai à Geneue auec mon espouse. C'est ainsi qu'abandonnant l'Egypte... i'entraidans cette ville, où ie trouuai ce que ie u'auois pu seulement deuiner, bien que i'eusse appris qu'elle estoit en grande considération auprès des gens de piété, l'y établis mon domicile.
Son premier soin en arrivant dans la capitale du protestantisme (2/1 octobre i548) fut la célébration de son mariage avec Claudine Denosse. Ce devoir accompli, il fallait vivre. Bèze et son ami Jean Crespin, qui l'avait suivi à Genève, songèrent à s'associer pour établir une imprimerie, que Crespin fonda seul, parce que, cédant aux sollicitations de Calvin, Bèze accepta la chaire de grec que lui offrait l'université de Lausanne (i5/icj). Le docte néophyte devint le collègue de Jean-Raimond Merlin (3), de Fran-
(l) «Il faisait partie, dit Pasquicr, de cette grande compagnie qui mit la main à la plume sous le roi Henri II. Sève, Pelletier et lui composaient l'avant-garde de cette guerre que l'on entreprit cou Ire l'ignorance, et furent les avantcoureurs de Ronsard et des autres poètes.»
(i) Epist. ad Melch. Wolmar, apud Savons, op. ciU9 1,2/17.
M Pasteur sorti de France pour cause de religion, professeur d'hébreu à Lausanne, envoyé en France en 1 56 1 , à la requête de Coligny, qui avait demandé un « homme propre pour édifier en cour.» C'est son fds, Pierre, qui assista de ses prières l'amiral au moment de la Saint-Barfhélemy.
çois Hottmann de Mathurin Cordier et entra dans les plus étroites relations avec le réformateur Pierre Viret. C'est là que, tout en faisant son éducation théologique, Th. de Bèze commença de jouer un rôle important dans la conduite des alfaires protestantes, et devint le lieutenant de Calvin, son ambassadeur auprès des têtes couronnées, en attendant qu'il lui fût donné pour second à Genève. Nous ne poursuivrons pas plus loin cette biographie ; la longue et brillante carrière de l'aumônier huguenot qui assistait à la bataille de Dreux, de l'éloquent pasteur, du savant professeur, du défenseur de ses frères opprimés, qui, malgré sa farouche intolérance (3), rendit de si éclatants services au protestantisme, est mieux connue, moins accidentée que celle de Marot, et de plus elle a été moins défigurée par la calomnie.
Plus heureux à tous égards que son devancier, Bèze n'a nul besoin d'une tardive réhabilitation. En butte à son tour aux mensongères attaques des ennemis de la Réforme, il fut défendu par tout le parti protestant, et la pureté de sa vie est aujourd'hui au-dessus de toute contestation; tandis que la mémoire de Marot, presque aussi maltraité des protestants que des catholiques, n'a point encore été vengée, et que l'opinion commune, cette injuste et aveugle regîna del mondo, persiste à tracer de lui des portraits sans ressemblance, pour ne pas dire de haute fantaisie.
Lorsque Calvin apprit que Marot révolté fuyait Y enfer de Genève, son premier mouvement dut être celui de la colère : il ne se possédait plus dès qu'on lui refusait obéissance; son second, celui du regret : le Psautier si
(1) Savant jurisconsulte, aussi réfugié en Suisse pour cause de religion, professeur de belles-lettres à Lausanne, auteur de VEpistre nu tigre de France (le cardinal de Lorraine) et du Franco- G allia.
(2> Il avait quitté le collège de Neuchàtel pour celui de Lausanne. (Voir Bulletin, 2e série, I, h\k, et III, A/19.)
(3) En voici un échantillon : «Caluin s'opposa sur-le-champ à ce loup desguisé (Bolsec), et lui respondit tellement de bouche eu public et en particidier, et puis aussi par escrit, que rien ne demeura à l'aduersairede vérité, qu'vne seule impudence monacale,' qui Ta rendu et Irrend encore aujourd'hui puant à lout homme qui a quelque bon sentiment. » (Discours do
Th. de Bèze contenant en bref la vie de Caluin.)
cMichel Seruet, Espagnol, de maudite mémoire, suruint, non pas homme, mais plulost vn monstre horrible, composé de toutes les hérésies anciennes et nouuelles, et surtout exécrable blasphémateur contre la Trinité. . . . Cettui-ci, estant arriué en cette ville, et saisi par le magistrat à cause de ses blasphèmes, y lut tellement et si viuement combattu, que, pour toute défense, il ne lui demeura qu'vne opiniâtreté indomptable, à raison de laquelle, par iuste ingeinent de Dieu et des hommes, il fina par le supplice sa malheureuse vie et ses blasphèmes qu'il auoit dégorgés de bouche et par escrit par l'espace de trente SUS et plus." {Ibidem. )
précieux aux Eglises de la Réforme serait-il jamais achevé? Mais ce vague sentiment de crainte et d'inquiétude ne pouvait durer; grâce à la féconde impulsion donnée par Marot, on s'essayait partout a mettre les psaumes en vers, et si le fuyard ne complétait pas son œuvre, il y avait lieu de penser que quelque autre s'en chargerait. Du reste, aux yeux de l'ardent prédestination, qu'était-ce qu'un homme, même le plus nécessaire, le plus indispensable, même un homme de génie? — Rien qu'un serviteur inutile, selon l'expression de l'Evangile; rien qu'un instrument dont Dieu voulait bien se servir un instant, pour le briser ensuite, et le remplacer par un autre de son choix quand le moment serait arrivé. Calvin n'eut pas un instant la pensée que Marot pût revenir; il le connaissait trop pour cela; s'il le savait gracieux, facile, aimable, il le savait aussi fier, impatient du joug, homme à ne jamais reculer quand une fois il avait entrepris la lutte, et capable de tenir tête au plus altier des réformateurs aussi bien qu'à la Sorbonne, au Parlement et au roi de France. Sans doute la mort imprévue et si prompte du poëte (environ huit mois après son départ) ne parut à l'impitoyable théologien qu'un châtiment trop mérité, qui ne s'était pas fait attendre.
En réponse à une lettre par laquelle Viret demandait l'autorisation de faire faire à Genève, chez Girard, une nouvelle édition des psaumes, Calvin écrivit à son collègue, le 1 5 mars 1 545 : «Je n'ai pas encore parlé à Girard. S'ils (Girard et quel autre?) transigent entre eux, il n'y aura aucun retard de notre part, bien que j'eusse certainement préféré qu'il s'occupât des psaumes qui restent à traduire que de ceux qui ont déjà été traduits par Marot. Outre les livres qu'il m'a montrés, il m'a dit qu'il avait encore plusieurs chansons, au sujet desquelles il m'a demandé que je t'accordasse le même droit Il s'agit là, paraît-il, non de psaumes manuscrits, mais imprimés, et en outre d'une nouvelle traduction de certains psaumes déjà mis en vers par Marot. Sont-ce ceux du Psautier d'Anvers 1 54 1 , ou les sept psaumes pénitentiels de Pierre Gringoire imprimés la même année (2), ou quelque autre essai de traduction plus récent? — Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, cette tentative de Viret put confirmer Calvin dans l'espérance que le Psautier ne resterait pas incomplet.
(l) Précieux renseignement extrait de la correspondance latine du réformateur, et communiqué par M. Jules Bonnet.
(2) Ce sont les vi , xxxn , xxxvm , li , en , cxxx et cxliii, que Marot avait tous traduits, sauf le en.
Toutefois, les années s'écoutaient sans qu'on vît paraître l'œuvre si vivement désirée et sans doute réclamée de toutes parts. Un jour, dit M. Bovet (]), que Calvin était allé voir Bèze, qui n'était point encore parti pour Lausanne, il ne le trouva pas chez lui; mais il «aperçut sur sa table à écrire un brouillon contenant des vers français : c'était une traduction du psaume xvi : Sois moy, Seigneur, ma garde et mon appuy. 11 emporta cette feuille, à l'insu de l'auteur, et la fit lire à ses collègues. Les vers de Bèze leur plurent si fort, que l'on engagea celui-ci à ne pas tarder de traduire les autres psaumes restants (2). »
Bèze y consentit, mais ne se mit sérieusement à l'œuvre qu'après son arrivée à Lausanne, et se laissa gagner de vitesse par les catholiques, qui avaient déjà, en i55o, deux traductions différentes des psaumes que n'avait pas traduits Marot (3). C'est à Genève, où il revint en 1 5 5 8 , qu'il acheva ce travail. Il dit dans la préface de sa tragédie (Y Abraham sacrifiant. datée du ipr octobre i55o:
.... le confesse que de mon naturel i'ay tousiours pris plaisir à la poésie, et no m'en puis encore repentir; mais bien ay-ie regret d'auoir employé ce peu de grâce que Dieu m'a donné en cest endroit, en choses desquelles la seule souuenance me fait maintenant rougir. le me suis donques adonné à telles matières plus sainctes, espérant de continuer ci-apres, mesmement en la translation des Psaumes que i'ay maintenant en main. Que pîeust à Dieu que tant de bons esprits que ie cognoy en France, en lieu de s'amuser à ces malheureuses inuentions ou imitations de fanlasies vaines et deshonnesles (si on veut iuger à la vérité), regardassent plustost à magnifier la bonté de ce grand Dieu, duquel ils ont receu tant de grâces, qu'à flatter leurs idoles, c'est-à-dire leurs seigneurs ou leurs dames, qu'ils entretiennent en leurs vices par leurs fictions et flatteries. A la vérité il leur seroit mieux séant de chanter vn cantique à Dieu , que de petrarquiser vn sonnet, et faire l'amoureux transi, digne d'auoir vn chaperon à sonnettes, . . .
W Histoire du Psautier, p. 20.
(2) Bèze dit dans la dédicace do ses psaumes latins publiés avec ceux de Buchanan , à Mortes, chez Jean le Preux, 1 58 1 , in-8°: Aliorum igitur maximorum virorum ego vestigiis imistens, primum quidem insligante nv> magno Mo D. Ifhanne Calvino, Psalmoriun versionem gallicis rithmis , a Clémente Marot o, Gallorum mi ternporis poelarum facile principe , fjiio commodius m Ecclesiis galliris caniari passent, inchoatam. abêûUri.
On lit aussi dans les Vies de Calvin et de Th. de Bèze mises en françois (par Teissier), Genève, chez Jean Herman Widerhold , 1681, in- 16, p. 20a : «Comme Calvin exhortoit continuellement Bèze d'employer à la gloire do Dieu et à l'édification de son Eglise les talons qu'il avoit receus du ciel, il s'attacha suivant son désir à achever de mellre on vers franoois les pseaumes.r>
W Ils on eurent uno troisième on Voir ci-dessus , p. A58.
choses qui font confesser au lecteur que les auteurs (Ficelles n'ont pas seulement monte' en leur mont de Parnasse, mais sont paruenus iusques au cercle de la Lune.
On lit dans les Registres du Conseil de Genève , a la date du 2 k mars 1 5 5 1 :
Le seigneur de Besse a présente' vne supplication requérant par icelle luy permettre faire imprimer le reste des Seaulmes de Dauid, et les a faict mettre en noctes de musique; aussi que nulz en puissent vendre que luy .... Arresté que luy soit oultroyée sa dicte requeste pour le terme de troys ans prochains dès auiourduy
Le travail n'avançant pas au gré de son impatience, peut-être aiguillonnée de nouveau par l'apparition des cent cinquante psaumes de Marot et autres auteurs en 1 5 5 1 , Calvin écrivit à Viret, le juin de la même année : «Si quelques psaumes sont prêts, il n'est pas nécessaire qu'ils attendent des camarades. Prie donc Bèze d'en envoyer quelques-uns par le prochain messager (2). » Bèze répondit à ce vœu, et dans le cours de l'année i55i parurent les Trente-quatre pseaumes de Dauid, nouuellement mis en rime francoise au plus près de l'hébreu , par Th. de Besze de Vezelay en Bourgogne y Geneue, lehan Crespin, in-3o. (Brunet.) Ils portent les numéros suivants : xvi, xvn, xx, xxi, xxvi, xxvn, xxvni, xxix, xxx, xxxi,
XXXIV, XXXV, XXXIX, XL, XLI, XLII , XLIV, XLVII, LXXIII , XC, CXIX, CXX, CXX1 , CXXII, CXXIII, CXXIV, CXXV, CXXVI, ÇXXVII, CXXIX, CXXXI, CXXXII, cxxxm et CXXXIV (3).
Moins avare de louange envers son disciple docile et bien-aimé qu'a l'égard de Marot, Calvin recommandait Bèze à Mme de Cany(4), comme une perle, un vrai trésor, et lui écrivait au commencement de l'année i55â, en lui envoyant les nouveaux psaumes : « Vous pourrez auoir quelque goust de son esprit par quelques passages qu'il a translatez, combien qu'il a d'aultres dons qui surmontent et sont beaucoup plus à priser (5). »
Marot avait dédié ses psaumes à son protecteur François Ier, qu'il com-
(1) Communication de M. Herminjard.
(2) Manuscrit de la collection Simler, apud Baum, Tkeod. Beza, I, 186.
(3) Si M. Bungener ( Vie de Calvin, p. 286) place l'apparition des premiers psaumes de Bèze en i5û8, c'est-à-dire trois ans trop tôt, en revanche la France protestante la place en i553, c'est-à-dire deux ans trop tard, et le Musée des protestants célèbres (fV, 2P parlie,
ît et 12) en i56i. M. Sayous (op. cit., I, 291) a commis une double erreur en parlant des trente psaumes de Bèze parus, selon lui, seulement en i556. Picot avait cependant déjà mentionné l'édition de 1 55 1 , dans son Histoire de Genève, II, 7.
^ Voir chapitre iv, p. 1 68 , et l'article Pisseleu de la France protestante.
te) J. Bonnet, Lettres fr. de Calvin, I, 3/io.
parait et égalait à David; avec une grâce charmante, il avait invite les dames de France à donner l'exemple du chant des saints cantiques. Bèze, au contraire, dédie les siens à l'Eglise persécutée et aux rois (puisque alors on ne s'en pouvait passer nulle part), aux rois qui la protègent. Du reste, le sujet traité est le même des deux côtés, savoir l'inspiration, l'excellence du Psautier. Bèze a imité les beaux endroits de la dédicace de Marot, en laissant de côté la mythologie qui la dépare; l'imitation l'emporte de beaucoup sur l'original, et pour trouver chez Marot d'aussi sublimes accents, il faut se reporter à l'épître au roi de 1 53 5 , que Bèze avait peut-être sous les yeux en écrivant. Voici, en grande partie, ce morceau , qui est le chef-d'œuvre du poète :