BÈZE TU A DUC TE U H
Le Seigneur est Vappuy qui me redresse, Où est celuij qui peut m 'espouua?iter ? Quand les malins in ont dressé leurs combats, Pour me cuider M manger à belles dents, Tous ces haineux, ces ennemis mordens Vay veu broncher et trébucher en bas.
(Ps. XXVII.)
0 Seigneur, sous lequel toute force est ployabfe , 0 puissant Eternel, qui est à toy semblable? Ta maiesté, Seigneur, de toutes pars est ceinte De ferme loyauté et constance sans feinte.
Cest toy qui as pouuoir sur les flots de la mer.
Et qui peux Vabbaisser, s' elle veut escumer.
.Ta as vaincu l'Egypte ainsi qu'à coups tfespée,
Et de tes ennemis la force dissipée.
Les hauts lieux sont à toy, tienne est toute la terre ,
Tu as fondé le monde et tout ce quil enserre.
Tu as faict le Midi et le Septentrion; Hermon avec Thabor sesgayent de ton nom.
(Ps. LXXX1X.)
Quelques strophes du psaume lxviii ne sont pas dépourvues de mouvement, d'élan lyrique; toutefois, après la première, on n'en peut citer plus de cinq ou six vers à la file sans être arrêté par les défauts particuliers au traducteur (2) :
Que Dieu se monstre seulement, Et on verra soudainement
Abandonner la place ; Le camp des ennemis espars, ♦ Et ses haineux de toutes pars
Fuir douant sa face;
O Penser. Que Dieu se montre seulement , etc.
('2) .Nous ne partageons pas entièrement -in'
r ° r Dans ces vers rapides et enflammes, on sent
l'avis de M. Dardier, qui a écrit ces lignes , m \ ... . , ,
1 ° le souille de 1 inspiration , mieux (pie cela, le
(Le chant sacré, p. 11): «Il estlel psaume de m . . e . , . . r , ,.
17 r souille de la loi et la sainte lerveur de 1 en-
lȏze qui, sous le rapport du lyrisme et de la . , ,..
1 *' J Ihousiasme chrétien.»
langue, est un véritable chef-d'œuvre. . . .
58/i BEZE TRADUCTEUR. *
Dieu les fera tous s'enfuir, Ainsi qu'on%oit s'esuanouir
Vn amas de fumée.
Comme la cire auprès du feu, Ainsi des meschans deuant Dieu
La force est consumée.
. . . Chantez du Seigneur le renom?
Psalmodiez, louez son nom . Et sa gloire immortelle ; Car sur les nues il est porté, Et d'un nom plein de maiesté, L'Eternel il s'appelle.
Après ces beaux vers, il en vient de médiocres et peu gracieux comme celui-ci :
Les deux fondirent en sueur;
et de ridicules comme les suivants :
C'est Dieu, et non autre, qui rompt A grans coups la teste et le front
De la troupe ennemie, Frappant la perruque de ceux Qui ne sont iamais paresseux
En leur meschante vie.
Parfois, comme dans le psaume xcviii, une strophe majestueuse se termine d'une façon presque burlesque :
Deuant sa face glorieuse
Cors et clairons soyent esclattans.
Tonne la grand' mer spacieuse,
Et le monde et ses habitans.
Que deuant Dieu les fleuucs mesme
Frapent des mains tous esiouis,
Voire cryer de ioye extrême
Les plus durs rochers soyent ouis.
Les cinq premières strophes du psaume cxliv donneront une idée assez exacte des inégalités de la traduction de Bèze, même aux bons endroits :
Loué soit Dieu , ma force en tous alarmes , Qui duit nos mains à manier les armes, Et rend mes doigts habiles aux combats ; Sa grand' bonté est sur mot/ haut et bas. Cest mon chasteau, mon roc, ma deliurance, Cest mon bouclier, cest ma seule espérance ; Cest luy qui a , malgré tous ennemis , Ce peuple mien à mon pouuoir submis.
Qu'est-ce de l'homme, o Dieu, et de son estre, Que ta bonté le daigne recognoistre ?
* Qu est-ce de F homme et de sa race aussi.
Pour l'estimer digne de ton souci?
Tout bien conté, l'homme est si périssable, Qu'il n'est à rien qu'à vn rien comparable, Et ses beaux tours, tous apparens qu'ils sont. Soudain, et tost comme vue ombre s'en vont.
Baisse , Seigneur, tes hauts deux pour descendre , Frappe les monts , fay-les fumer et fendre , Lance l'esclair, dissipe ces peruèrs, Lasche tes traicts, romps-les tout au trauers. Tends-moi d'en haut ta main qui me deliure, De ces grand' s eaux rends-moy- sain et deliure, "D'entre les mains et terribles dangers De ces enfans bastars et estrangers.
Car de leur bouche ils ont dit mcnterie, Et leur main est la main de tromperie. Chanson nouuelle, o Dieu, ie te dira y. Sur harpe et lue ton los i entonner ay. C'est toy, o Dieu , qui saunes et qui gardes Les rois puissans; c'est toy qui contregardes Dauid, ton serf, de ces glaiues trenchans . Qu'auoyent sur luy desgainé les meschans.
Deliure-moy, et de ces mains me garde , De cesie race estrangere et baëtarde;
Car de sa bouche elle a dit fausseté,
Et sa main est la main de lascheté.
Nos fils , Seigneur, soyent ainsi que les plantes
Dès leur tendreur robustes et puissantes ;
Nos filles sotjent des pilliers hauts et droits ,
Tels qu'on peut voir aux maisons des gratis rois.
Pour juger de l'infériorité, de Bèze, il ne faut que comparer sa traduction du refrain du psaume xlii avec celle du même morceau, qui se trouve dans le psaume xliii de Marot. Voici cette belle élégie, qu'on a eu le tort impardonnable de couper en deux, et qui est à la fois la plus touchante et l'une des plus religieuses du Psautier :