‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 13 sur 24 · CL. M A R · texte numérisé non relu

CL. M A R

sais pas que , sans monsieur, tu serais encore à Ferrare^ toi ?

Du diable si je m'en étais douté !

RABELAIS

Oïl ! c'est un homme extraordinairement obligeant ; il ne vit que pour rendre service.

Je lui en trouve l'air. Pourrais-je savoir, monsieur , ce qui me procure votre agréable visite ? BOUCHARD.

J'étais venu vous féliciter , et. . . . .

RABELAIS^ V interrompant.

Te donner quelques nouvelles marques de soii amitié.

TaiS'îoi.

BOUCHARD

Vous engager à venir chez moi, célébrer^ le verre à la main 5 votre heureux retour. Puis-jc me flatter. , . .

RABELAIS

H n'ira pas* Je Temmène à Meudon, Ma gourde l'attend y et nous la vuiderons ensemble.

J'en suis désespéré; mais vous voyez que je ne puis nie rendre à votre obligeante invitation.

BOUCHARD, à part.

Quel contre-tems ! ( A Marot ; ) Je croyais pourtant

que mon zèle

MAROT

A I R : Ce fut par la faute du sort.

Je connais trop , docte Boucha^rd; Ce que je dois à votre z^èle*.

RABELAIS

C'est un empressement sans fard ^ Qui chaque jour se renouvelle,

J en suis confus ^ en vérité ^ Mais recevez-en l'assurance ^ Autant vous avez de bonté , Autant j'ai de reconnaissance.

Même Air»

Maïs dites-moi la vérité :

Puisqu'à présent on me pardonne^ Comment avais-je mérité Les censures de la Sorbonne ?

BOUCHARD

jPour les pseaumes mis en français»

RABELAIS

^' %Li Jj.^ ^'[J^

C'était de quoi le faire pendre j

Il est cause que désormais

Tout le monde va les comprendre.

( Marot et Rabelais rient au nei^ de Bouchard.)

BOUCHARD, â part.

Ces messieurs me raillent : mon tour viendra.

MAROT, â Rabelais.

Parbleu, mon cher, il faut que je te lise une ballade ' que j'ai composée ce matin.

RABELAIS

Voyons ça.

^ A R O T, lisant ^ et regardant Bouchard,^

Ballade.

y) Pour courir en poste à la vîlle ,

3) Vingt fois, cent fois ^ ne sais combien,

3) Pour faire quelque chose vile ^

3) Frère Lubin le fera bien ^

)> Mais f 9 9 , . f

Messieurs, je vous laissa à vos occupations , et je ma retire.

Comment ! voi'S riors ( uiitez déjà, M. Bouchard; mais c'est très-mal , en vérité , très-mal.

Au revoir, docteur.

BOUCHARD, à part , en sortant.

Je vais bien -t'empêcher, moi , d'aller à Meudon«

{Il sort.)

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