‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 14 sur 24 · M A R O T , RABELAIS · texte numérisé non relu

M A R O T , RABELAIS

RABELAIS

JjjNFTN le voilà parti C'est le moment de t'avertiï du nouveau danger qui te menace.

Que veux tu dire?

RABELAIS

Que ce méchant homme, qui sort d'ici , trame contre ^ toi-de nouvelles perfidies; j'en ai la certitude.

D'où peux-tu l'avoir acquise ?

RABELAIS

De la bouche même de monseigneur , qui n'a point voulu me donner de plus amples éclaircisseinens , mais

qui cependant m'a permis de l'avenir de prendre les précautions que la prudence te dictera. Maintenant, je t offre tout ce qui dépendra de moi pour éviter cette nouvelle disgrâce.

Ami généreux , je reconnais bien là ton excellent ccfcur. Mais je t'avoue que je suis loin de ni'eiirayer : revenu d'hier à Paris , avec promesse d'oubli pour le passé , je ne crois avoir rien fait , depuis mon retour , qui m'attire de nouveau les censures scrboniques. Ainsi, bannissons l'inquiétude, et ne songeons qu'à la joie de nous voir réunis.

RABELAIS

Il serait pourtant assez fâcheux qu'un nouvel exil

Qu'importe ? en voyageant , on n'a pas toujours les mêmes objets sous les yeux; on voit du nouveau : cela désennuie.

RABELAIS

Air: Pour bien emplq/er ses loisirs. \

Mais tu peux sans quît-ter Pa-ris, Jouir des mê-ines a van - ta - ges , Mœurs ncuve!~les , nouveaux habits , Nouvelles

liiiiil^iliiiiiiiiEliiii

lois, noii-veaux ' u - -sa ges Or, tu vois , mon a ~ mi ,

Que tu p^xxx bien aus - si Sur les mê - mc) il - va - - ges , Ai-

sc-ment chas-ser ton en - cui, Saus faire de voy-a--ges,

Sans fai-re de voy - a — ges.

D'ailleurs, il te faudrait quitter encore la belle Marguerite^ et tu n'aimes pas à en être séparé. . . .Tu ris.

Le moyen de te cacher mon secret ^ quand tu le devines. Eh bien , mon cher, félicite-moi donc. . . .

RABELAIS

Je n'ose.

Comment , la femme la plus aimable ^ la plus spirituelle de la France !

RABELAIS

C'est précisément pour cela. Ton bonheur te suscitera des jaloux , et si cela parvient aux oreilles du maître.... M A R O T.

Dussé-je me perdre, je veux profiter d'une aussi

glorieuse conquête.

Air: Qiioi^ vous avez , sous cet ombrage.

Pep-dant ma bril-Lnn-te jeu-nesse, L'a- mour fir ma

iEHiiïiîliïSii

fé-Ii-'-'ci — té. Aux ap-pro-ches de la vieil -lesse, Je

])rtile en - cor pour la beau -té. Tendre A-mour, toi qui fus

VAUDEVILLE. 3i

:ncn"ll^Iître, Tendre A-mour. toi qui fus mon maî-tre, Que j'ai ser-visur t^s iTs Dieux. Ohl si je pou-vois deux fois

iiaî-tre.Com-bienje te ser-vi-rais mieux, Combien je

te ser-vi-rais mieux. H

RABELAIS

Ouoîqu'il arrive, au surplus , je ne te laisserai point dans l'embarras, et sois assuré que Rabelais aura toujours le cœur aussi bon qu'il a l'esprit jovial et libertin. M A R 0 T.

J'en suis persuadé . mon ami. Mais à propos , M. le curé, que je vous fasse compliment sur votre nouvelle

^ RABELAIS

Viens à Meudon ; je te fais mon vicaire. M A R 0 T.

Le vicaire vaudrait le curé.

RABELAIS

Ch '• que non,

Mais à quoi diable songeait Dubellay , quand il t'a fait cadeau d'une cure?

RABELAIS

Il ne pouvait mieux choisir , et je veux que tu en conviennes toi-même.

Al R : Lorsque vous yerrei un amant.

Je suis le médecin des coips, Je suis le médecin des ames^ Souvent j'arrache aux sombres bords De bons \ivans^ d^aimabies femmes. - A mes paroissiens , mes amis ^ Je sers jusqu'à l'heure dernière :

Ou médecin, je les guéris, Ou bien curé , je les enterre,

De façon qu'ils ne peuvent t'échapper; morts ou malades, îu en tirea toujours parti.

A I R : 0 FiUL

Mais y sans rire^ comment peut-on Entendre chanter à Meudon ^ Par l'auteur de Gargantua^ Alléluia ?

RABELAIS

VaS; mon ami , je remplis mes fonctions aussi bien

qu'un autre.

AIR : D'Arlequin afficheur.

Moi j je ne suis point un Bouchard ^ Censeur hypocrite et farouche^ Qui prêchant les mœurs avec art, IN^a de vertus que dans la bouche.

Quelquefois mon esprit^ fallot , Compose une gaillarde histoire ; Mais tous mes vices ^ cher Marot , Sont dans mon écritoire.

MAROT

Parbleu 5 maitre François^ tu es un heureux fou.

RABELAIS

Et toi 5 messire Clément , penses-tu donc être bien

sa"^e ?

Sans doute. Hier encore; j*ai fait un acte de la plus

haute

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