‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 18 sur 24 · MAROT, RABELAIS · texte numérisé non relu

MAROT, RABELAIS

RABELAIS, accourant,

XJl h ! mon dieu , je te Pavais dit , ils vont arriver.

M A R o T. 1 Qui l

RABELAIS

Les archers.

Pourquoi faire ?

Pour te mener coucher en prison.

Moi?

RABELAIS

Toi-même.

Ah , sans doute, pour cette maudite affaire de tantôt. On se sera plaint, et je vais prendre la place du pauvre braconier fugitif.

RABELAIS

Il s'agit de bien autre chose , par ma foi.

A moins que d'avoir trahi Tétat, je ne vois pas. , . ,

RABELAIS

Ce ne serait rien.

Tu me fais trembler,

RABELAIS

A IR : En quatre mots je vais vom conter ça,

Veux^tu^ mon cher ^ que je parle sans fard? Ce maudit ordre est donné par Ton bon ami Bouchard. Après certaine entrevue Avec ta belle ing^ënue^ Le vieux papelard Court en Sorbonne , et dit^ d\in air caffard , Roulant un œil hagard ^ Il mérite la hard Ce libertin de Marot , car ....

Il a mange du lard.

( Marot éclate de rire, )

RABELAIS

Ah , tu trouves cela plaisant ; à la bonne heure.

Je parie que c'est Laure qui m'a rendu ce petit service-là.

RABELAIS

Précisément, Elle a prévenu Taimable docteur qu'hier soir , vendredi , tu avais , devant elle, au mépris des lois de Téglise , mangé du jambon et médit de la Sorbonne. Bouchard aussi-tot a sollicité et obtenu Tordre de te faire arrêter; et quand il est venu tantôt te faire cette perfide invitation , c'était pour t'aîtirer dans le piège J'apprends tous ces détails; et tu n'as pas un moment à perdre pour te sauver.

Non , je veux attendre ici l'ennemi de pied fernie; et

nous verrons si l'on osera, sur un prétexte aussi frivole ,

traîner en prison Clément Marot.

RABELAIS

Ne t'y fie pas.

MAROT

Les perfides ! je m'en vengerai.

RABELAIS

Comment ?

MAROT

Par un déluge d'épigrammes.

RABELAIS

Vengeance de poëte.

Air: Jardinier y ne vols-tu pas.

Quand d'^un poëte entre noua La colère s'allume^ ( Terrible dans son courroux^

Il yous assomme à grands caups De plume* (^^''O

MAROT

A I R : Femmes , voulei-vcus éprouver.

Que Ton craîgne de chagriner L'écrivain rempli de génie ; D'un vers seul il peut condamner Des scélérats à Finfamie.

Yois la plume de l'Àrétîn , Des rois proscrivant la mémoire i Et faisant pâlir Charles-Quint Jusqu^s sur son. char de victoire.

^ Tout cela est bel et bon ; mais si tu veux éviter la visite de ces messieurs. ...

Arofe de iaV,i..,o Bruxelles «Wîref vân de Srad Brussef

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