MAROT, RABELAIS, LE CAPORAL, LES ARCHERS
LE CAPORAL/^/i entrant , d'un ton brusque.
V<:ui de vous deux est Marot? Voici Tordre pour Tarrêier.
MAROT, à part , en riant.
Ce ne sont pas les mêmes. Pour peu que cela continue , j'aurai bientôt fait connaissance avec tous les archers de la capitale.
RABELAIS
Voyons, M. le caporal^ si vous avez le coup-d'oeil
juste.
LECAPORAL.
Pas de mauvaises plaisanteries.
R A B E L A I s^ Nous n'en faisons que de bonnes.
LE CAPORAL Dépêchons \ je suis pressé.
Nous ne le sommes pas.
LECAPORAI*.
Se moque-t-on de nous , ici ?
RABELAIS
Comme ils sont polis ; ces messieurs !
L'habitude de voir des malheureux
RABELAIS
Et d'en faire.
LE C A P O R AL , en colère.
Insolent ! suivez-nous.
Messieurs , c*est moi qui suis Marot.
RABELAIS
Il vous trompe.
L E C A PO R A L^ montrant Rabelais aux archers.
Saisissez-le,
( Les archers viennent le saisir au collet, ) RABELAIS.
Pas de voies de fait; vous n'avez pas le droit. , , . LE CAPORAL.
Nous le prenons. Faut-il tant de façons avec un mauvais sujet ?
Air: Fidèle époux , franc militaire.
Oui y quand même il serait coupable, L'accusé qu'on livre en tes main* , Songe bien qu'il est ton semblable.
Et n'augmente pas sqs chagrins.
Oh ! nous ne sommes point capables. • . •
D'entendre un instant la raison.
LE CAPORAL
Les archers §ont des gens aimables. • • .
MAROT et RABELAIS, ensemble.
Aimables ^ comme une prison.
LE CAPORAL
Qu'est-ce à dire ?. . . . Allons y et de peur de méprise; çmmenons-les tous deux.
Oui, c'est le plus sûr.