DU 17 MAI 1304 AU 22 JUIN
J'ai parlé ci-dessus du registre original dans lequel avaient été inscrits ou insérés les actes de la visite de Bertrand du Got, visite à laquelle ont fait allusion tous ses biographes, comme tous les annalistes de rÉglise, Bernard-Guidonis, Jean de Saint- Victor, Amalric ^e Béziers, Raynaldi, Fleury, etc. Ce registre était connu d'André Duchesne, qui en parle dans ces termes : Registrum vêtus quod adkm Burdigalx servatur{l. Il, p. 231), et qui le cite comme son autorité, lorsqu'il mentionne la visite dans la
- U8 - Vie de Clément F. Il écrivait en 1653. Au commencement du siècle suivant, les auteurs du Gallia christiana en firent aussi des extraits qu'ils insérèrent dans Farticle consacré à Bertrand du Got (t. n, col. 830).
Le cahier de papier dans lequel j'ai trouvé le sommaire des actes de la visite est un résumé des pièces que renfermait le Regûtrum velus. C'est un in-4^ de 44 feuillets, dont les 15 derniers sont restés en blanc. On l'a revêtu, probablement vers le milieu du dernier siècle, d'une chemise de papier fort, azuré, qui porte, en écriture de cette époque,
le litre suivant :
Inuentaire des Cartes de l'archeueché, c'est-à-dire des actes qui en constatent les honneurs et reuenus, lesquels sont en forme de liève.
Au-dessous : Liève des honneurs^ hommages et re-
connoissances de rarcheiieché. — Hommages. — Aux Mémoires utiles en gercerai.
Sur la foi de ce titre, je ne me doutai pas d'abord qu'il pût y être question de la visite, d'autant plus que rien ne sépare les actes qui y appartiennent de ceux qui les précèdent et de .ceux qui les suivent. Je ne devais m'attendre à y voir que l'analyse des titres de propriété contenus dans un de ces nombreux terriers, dont on faisait ainsi des extraits ou des transcriptions, à mesure que les originaux
dépérissaient, ces originaux mêmes ayant souvent besoin d'être remplacés par des vidimés. Il fallut une lecture attentive pour me mettre sur la voie.
Les actes de la visite avaient été dressés en latin, et le sommaire est en français du seizième siècle, style et écriture. Le cahier présente déjà des caractères assez prononcés de vétusté et demande à être conservé avec soin, chose pour laquelle on peut se reposer sur l'intelligent et dévoué archiviste de la Gironde, M. Gras. L'écriture est lisible, même pour les paléographes les moins exercés, et l'on s'aperçoit, à la différence du caractère, que deux personnes ont successivement travaillée la transcription. On voit aussi, au premier coup d'œil, que les scribes ou feudistes chargés, au seizième siècle, de la traduction des actes de la rédaction du sommaire, n'étaient pas fort au courant de leur besogne, en ce qui louche la reproduction française des noms de localités, qui étaient désignées nécessairement dans le Registrum velus par leur forme latine. Quelquefois même le sens de certaines locutions leur échappant tout à fait, ils les ont copiées au travers der leur français, comme dans l'acte n° 254, où, lisant que l'archevêque s'était fait saigner, fecisse minvtionem^ ils ont reproduit naïvement ces deux mots, en laissant au lecteur le soin de traduire. Ainsi, le
diocèse de Poitiers renfermant beaucoup de lieux dont la terminaison latine était acus ou a4)umj et à laquelle répondaient en français les désinences è, ay ou aiSy nos scribes ont toujours représenté acus ou acum par aCy forme gasconne qui leur était familière : Pertiniacus (Parthenay) est rendu par Pertiniac; Ceniliacus (Senillé), par Cenillac : Gerdiaeus (Gençay), par Gensae. Je tiens à donner des exemples de ces erreurs» qui prouvent d'une part la bonne foi des copistes^ de l'autre la rédaction directe et immédiate du sommaire sur le Registrum veUis. On y lit :
La Salvsté de FaberiiSj pour La Sauvetat de Favières, n* 42,
Mediririy pour Mezin, du latin Medicinum, n** 54.
Chasteau-Àrey pour Châtellerault, du latin Castellum-'A yra /dî , nM 2 2 .
Mont des Eglises^ pour Montilliers, du latin Mons ecclesiarum^ n* 167.
Saint-Michel in HeremOy pour Saint* Michel en l'Herm, n^ 200. ,
Orbisterû)^ pour Orbètier, du latin Orbisterium ,^ n" 206.
Saint-Jean de MalebreriOy pour Saint -Jean de Maulevrier, n°216.
Bercoire^ pour Bressuire, du latin Bercorium^ n°2l8.
Vendobrioj pour Vendeuvre, du latin Vendobrium, u' 229.
Galli'Àssati, pour le Calage, n° 65.
Cavefaie^ pourCheffoi, du latin Cavafaya, nM82
Assiariy pourAizenay, du latin Assianum, n° 208.
Aurival^ pour Airvault, du latin Aurea Vallis, n° 148.
Je ne parle pas du grand nombre de lieux dont la finale latine a passé naïvement du latin de l'original dans le français du sommaire : Ardino (Ârdin); Corromo (Coron), etc.
Les deux premiers feuillets du cahier donnent l'analyse de treize cartes^ c'est-à-dire chartes, relatives à divers droits seigneuriaux des archevêque» On y trouve l'hommage des seigneurs de Puy-Paulin les serments d'obédience des abbés de Saint- Romain, de Blaye et de Bonlieu, les aveux et reconnaissances de divers gentilshommes du Bordelais. C'est au troisième feuillet, 14* acte, ou carte, que commence l'énumération des étapes de la visite, sans autre avertissement que ces mots mis en marge : Droits de visite au diocèse d'Agen. Us continuent depuis le 14* acte jusqu'au 237% auquel la visite se termine. Je ne donne ici, bien entendu, que la portion du cahier qui se rapporte à la visite.