‹ Clement XIII et Clement XIVChapitre 10 sur 52 · PERSONNAGES QUI OCCUPENT LA SCÈNE POLITIQUE · texte numérisé non relu

PERSONNAGES QUI OCCUPENT LA SCÈNE POLITIQUE

ce pontificat les choses se rétabliront comme il convient à la France qu'elles soient établies vis-à-vis de la cour de Rome 5 l'abolissement total de l'ordre des jésuites étant la première condition du l’accommodement, la vente d’Avignon et de Bénévent Ja seconde, ensuite quelques arrangements de détail que nous verrons alors. »

Peu après la mort de Clément XIII, pendant le conclave qui devait lui donner un successeur, Choiseul mandait à d’ Aube terre (10 avril 1769) : a Nous désirons pour pape, Sersale, Stoppani, etc. D’ailleurs l’objet de nos vœux est la destruction de l’ordre des jésuites et l’acquisition du comtat d’Avignon ; après cela nous parlerions en aveugles si nous donnions d’autres instructions, »

l/Aranda,

En 1785, un philosophe du temps décernait à d’Aranda des louanges d’une telle nature, qu’elles suffisent elles seules, si on peut y ajouter foi, à nous montrer quel adversaire l’Église trouva dans cet homme d’État. « Le comte d’Aranda , écrivait donc un voyageur, est le seul homme peut-être de qui la monarchie espagnole puisse s’enorgueillir à présent. C’est le seul espagnol de nos jours que la postérité puisse écrire sur ses tablettes. C’est lui qui voulait faire graver sur le frontispice de tous les temples, et réunir dans le même écusson , les noms de Luther et de Calvin , de Mahomet , de Guillaume Penn et de Jésus-Christ ; c’est lui qui voulait laire publier depuis les frontières de la Navarre jusqu’aux extrémités du détroit de Cadix , que les noms Torquemada, Ferdinand, Isabelle, seraient comptés à l’avenir au rang des blasphèmes; c’est lui qui voulait faire vendre la garde-robe des Saints, le mobilier des Vierges, et convertir les croix, les chandeliers, les patènes, etc., en ponts , en auberges et en grands chemins. » ( Le marquis de Langle, Voyage en Espagne, t. I, p. 127.)

Un homme (l'État au xixe siècle , le comte délia Margherlta, juge ainsi les ministres qui gouvernèrent l’Europe vers le milieu du xvih* siècle.

« ... Lorsque j'étais ministre, je lisais l’histoire de ceux qui, occupant ce poste, combattirent l’Église. La fin de Thomas Cromwel ne me surprenait point; ministre d’un tyran (Henri VIH), il obtint la récompense que les tyrans réservent ô ceux qui les servent : la mort. Mais considérant sérieusement les ministres du siècle passé (siècle illuminé et pacifique au dire de plusieurs), qui, en Portugal, en France, à Naples, firent gémir l’Église , je voyais avec effroi ces hommes puissants tomber humiliés et répandre des larmes amères , sans une corne* lation dans leur malheur, sans une plainte sur leur infortune. Je me promettais alors de ne jamais combattre l’Église, de ne pas dédaigner des avis si salutaires*. » (Discours du comte Solar délia Margherita, ancien ministre de Charles- Albert , roi de Sardaigne, dans la séance de la chambre haute, du 7 juin 1854. )

1 Chose digne de remarque ! les ministres qui mirent tout en œuvre pour faire bannir des États catholiques les religieux de la compagnie de Jésus comme perturbateurs du repos public ; tous ces ministres, & peu d’exception près, furent disgraciés et exilés par leurs souverains pour abus de pouvoir ou à cause de leurs machinations secrètes contre l’autorité des princes ; ainsi en arriva-t-il à Pombal , à Choiseul , & d’Aranda , & Moîlino, à Tanucci et à du Tillot. ( Note du P. Boëro dans ses Osservazioni sopra l’istoria del Pontifi « cato di Clemtnte XIV, t. II., p. Î00.)

Page 1