EMPOISONNEMENT DU P. MUGI
furent faites, dans ces premiers jouis, des hommes de la compagnie les plus connus pour leur bouté et la pureté de leurs doctrines , sont un fait de notoriété publique, ainsi que les arrêts d’exil qui bannirent taut d’autres de Home et des États de l’Église. Us étaient arrêtés par les archers et conduits au milieu d’eux par les places et les rues de Home, pour ainsi dire avec pompe, jusqu'aux prisons secrètes du château Saint-Ange. Les arrestations et les longues détentions qui sui\ irent, étaient motivées pour les uns, parce qu’avant la suppression de l’ordre , ils avaient écrit et imprimé des ouvrages pour sa défense; et pour les autres parce qu'ils pourraient le faire dans la suite! Et c’est pour ces crimes-là qu’on les retint prisonniers jusqu’à l’avénement de Pie VI à la chaire de saint Pierre. Ce pontife congédia la congrégation des cinq cardinaux , et ordonna la mise en liberté des innocents. Heureusement les ridicules procès qui leur furent faits existent encore. Mais ce n’est pas ici le lieu de m’étendre plus au long sur cette matière. Je pense que œ qui précède suffit pour faire connaître la modération et la ckarité dont on usa , contre les intentions du souverain pontife, à l’égard des jésuites à Home pour et après l’intimation du bref de suppression de leur ordre.
DE L’EMPRi80NNEMENT DU P. RICCI.
(Extrait du P. Boëro. Osservazioni , t. II, p. 77.)
Le H. P. Theiner, parlant à la page 381, t. II, de l’arréstation et de l’emprisonnement du P. général Laurent Ricci, affirme cpi’on n’arriva à cette résolution extrême qu' après la découverte de plusieurs correspondances séditieuses. Puis à la page 389, il cite une dépêche du duc d’Aiguilkni , dans laquelle eelui-Ci
DOCUMENTS. CHAP. tt.
exprime le désir qu’a Louis XV de voir l’instruction que le général Ricci avait préparée pour tous les supérieurs, dans le cas où Sa Sainteté se déterminerait à abolir la compagnie; l’auteur l'ait Suivre cette dépêche de la réponse de Bernis , qui insinue que la publication de choses semblables ne convenait pas à la générosité du pape.
Tout ce qui précède donne à entendre et à soupçonner qu’on avait vraiment des torts graves à reprocher au général; enfin l’auteur ajoute ici et ailleurs qu’on usa de toute espèce d’égards envers le P. Ricci dans la prison du collège anglais et dans celle du château Saint-Ange.
Obsei'vations.
L’arrestation du général et des autres chefs de la compagnie, après l'abolition de l’ordre , était fermement résolue par les ministres et surtout par Mofiino, pour faire croire au public que leurs instances et demandes pour l’abolition de la compagnie n’étaient que trop fondées sur de graves délits. Plusieurs mois à l’avance déjà on avait fait réparer, sous prétexte d’y conserver des vivres, plusieurs chambres secrètes au château Saint-Ange. Les prisonniers devaient y être transportés le soir même de la suppression. Puis, pour éviter un éclat, on trouva plus sage de différer l’arrestation et de la faire précéder pro forma par quelques examens des criminalistes, et par là , de laisser se répandre dans le public que l’emprisonnement était motivé par quelque crime secret. Par suite de cet arrangement , le cardinal Corsini, préfet de la congrégation, envoya le 17 août , à la tombée de la nuit , sa voiture avec son auditeur, à la maison du Gesù, faisant gracieusement prier le P. Ricci de venir au collège anglais, contigu au palais de Son Éminence, et où, par conséquent, elle pour rait avec plus de loisir le consoler dans son affliction. Le bon P. Ricci, qui ne soupçonnait aucune tromperie, surtout de la part d’un compatriote, et qui venait de refuser, le matin