EMPRISONNEMENT DO P. RICCI
même , l’asile sùr que lui offrait auprès de lui le ministre de Toscane , accepta volontiers la courtoisie du cardinal , et se laissa conduire au collège anglais. Durant les premiers jours, il put circuler dans toute la maison ; mais bientôt il fut renfermé dans trois petites chambres, et des gardes placés à l’intérieur comme à l’extérieur du collège. Le général y resta plus d’un mois, et y subit les premiers interrogatoires judiciaires dont nous parlerons tout à l’heure. Le 23 septembre, il fut transféré au château Saint-Ange, où on le fit suivre de près par le secrétaire Gabriel Comolli et par les cinq assistants, qui tous furent renfermés séparément.
Le bref d’abolition avait à peine été intimé au P. Ricci, que déjà on mit sous le scellé tous ses papiers, on intercepta toutes les lettres venant par la poste , et on les remit entre les mains de Moüino pour qu’il en composât une espèce de procédure. On espérait y trouver quelque chef d’accusation ; mais les recherches furent vaines. J’ai vu et lu cette petite procédure faite par Monino : c’est la chose du monde la moins concluante, et qui prouve jusqu’à l’évidence la colère, la mauvaise foi du ministre et l’innocence du P. Ricci. On fut également honteux d’imprimer ce procès, et de le communiquer manuscrit. On ne parla donc que de deux lettres, aussi méchamment interprétées que possible, comme nous allons le voir. Et on ne fit même pas mention des autres papiers; ce qui n’empêche pas le R. P. Theiner de les appeler papiers séditieux.
Mais ce qui prouve mieux que tout cela la méchanceté et la haine des uns, la simplicité et l’innocence de l’autre , c’est le procès légal commencé au collège anglais et continué au château Saint-Ange. Nous en avons un sommaire fidèle, que le P. Ricci put écrire et envoyer au dehors sous le pontificat de Pie VI, afin qu’il fût imprimé après sa mort et servit de réparation à la réputation de la compagnie de Jésus. Nous le transcrivons ici mot à mot,
documents. chap. rx.