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fiance et d'estime, et qui, depuis son exaltation, n'a pas cessé, malgré la difficulté des temps, de les couvrir de sa plus haute protection?
Alors , ajoutent les niet qui bstictdonte bien de répondre à cette argumentation, il ne fallait pas compromettre les Jésuites en publiant contre leur vœu un livré qui tend à nuire au Saint-Siége dans la personne d’un chef de l'Eglise ?
Cette objection aurait son côté spécieux si j'étais l'homme lige de la Compagnie et si je me laissais guider par ses intérêts, ou influencer par ses désirs. Dieu merci, ce n’est pas de la sorte que les choses se passent. J’estime les Jésuites, parce que je les connais à fond, mais ils doivent rester étrangers à mes travaux comme moi je ne m'occupe ni de près ni de loin de leurs affaires. Je trouve sur ma route un sujet qui me parait
susceptible de fixer l'attention publique; on m 'offre ou je dé-
couvre des correspondances autographes qui ne sont pas saus prix; je m’en empare ; c'est mon droit d’hisiorien, et sans m'inquiéter si ces révélations peuvent froisser les uns ou plaire
aux autres, je les publie à mon heure. La critique et les lec-
teurs ont la faculté de blâmer ou d'approuver le fond et la
forme; mais ce ne sera pas avec mon caractère que je subirai une censure préventive. Les Jésuites ne m’ont donc
fourni aucun de ces documents, par la raison bien simple que
les pièces ne purent jamais se trouver dans leurs archives. Ils
ont fait tous leurs efforts pour arrêter l'ouvrage, et ils ont
échoué parce que j'ai cru qu'en conscience je ne devais pas
tenir la lumière sous le boisseau. Tous les cœurs honnêtes pour-
suivent et flétrissent la corruption dans le présent ; je l’ai re-
cherchée dans le passé. La cause des enfants de saint Ignace
de Loyola est liée à la divulgation de ces hontes. Il en sortira
pour elle d’ heureuses ou de tristes conséquences; c’est à la
justice des hommes à prononcer. L'écrivain n’a pour mission
que de dire la vérité; je l'ai dite, : cut p Maintenant cette vérité , quelque triste qu'elle soit , porte-
t-elle atteinte au Sacré Collége ? La Revue de Sn par
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l'intermédiaire de son Moeller, est-elle fondée à m'adresser l’interpellation suivante : « Oui, M. Crétineau-Joly , vous avez eu tort de représenter le conclave de 1769 comme ayant succombé aux intrigues de Paris, de Madrid , de TSDORNER et de Naples, »
Non , mille fois non, M. Moeller, je n’ai pas ce tort qu vil vous plait de m’infliger; et la preuve, c’est que le Correspondant et la Revue elle-même, pour constater que là majorité du Conclave ne céda point à de lâches terreurs où à de coupables promesses, s'appuient à chaque instant sur les pièces évoquées par moi. C’est moi qui, en vingt passages du livre, ai fait ressortir ét mis dans le jour le plus évident la noble attitude du Sacré Collége. J'ai péremptoirement établi que, sur quarante-six cardinaux , on n’en compte seulement que quatorze de séduits, et encore dix appartiennent-ils aux couronnes. Quatre italiens seulement ont faibli ou ont trempé dans le complot; les autres, c’est-à-dire la grande, la très-grande majorité , eurent le courage de leur sacerdoce et la dignité de leur pourpre, |
Cela est établi, prouvé, démontré comme un axiome. Je l'ai mis en lumière à chaque page; mais ce sont ces pages qui embarrassent. Il ne serait pas très-facile de les discuter, on les nie. Le Contemporaneo, la Revue de Louvain et le Correspondant ont un parti pris d’injustice; ils y restent fidèles ; mais la Revue nouvelle qui est descendue dans la lice avec des armes courtoises, et qui brise une lance en faveur de son saint comme les vieux chevaliers combattaient pour leurs dames, mais la Revue nouvelle penche vers cette même opinion. Ce recueil, fondé par le prince de Broglie et qui paraît sous les auspices de M. Guizot, ministre des affaires étrangères, se garde bien de mettre en doute l’authenticité des documents. Il est à trop bonne source, il a trop de probité pour se permettre un enfantillage déshonorant, et il dit dans son numéro du 15 août : « Nous croyons devoir exprimer notre pensée sur un fait historique auquel des circonstances récentes ont rendu
UT une sorte d'intérêt contemporain et prononcer un jugement grave Sur un livre que signalent à l'attention générale, outre la verve du style et l'abondance des documents inédits, l’importance et le caractère exclusif de l'opinion qu'il représente. » os
Comme dans le Barbier de Séville, je suis bien tenté de me demander : Qui donc trompe-t-on ici? La Revue nouvelle est de bonne foi même dans les erreurs qu’elle me prête. Mais pourquoi, après avoir fait la part de la justice, vient-elle s’associer à cette imputation qui voudrait me poser en calomniateur du Sacré Collége, lorsque c’est moi qui le réhabilite, qui le grandis aux dépens des quelques traîtres et des deux ou trois lâches renfermés au Vatican? Je sais très-bien avec la Revue nouvelle que «le livre de M. Crétineau-Joly n’est pas seulement ün livre d'histoire , que c’est un livre de polémique et de polémique contemporaine. » Je l’ai fait dans ce but et j’en subis les conséquences. Mais ayant écrit sous l'inspiration d’uné pensée honnête, j'ai droit de demander aux écrivains loyaux, à la Revue nouvelle plus qu'à toute autre, d'examiner, de juger l'ouvrage tel qu’il a été conçu, tel qu’il a été exécuté.
On peut différer de manière de voir ét de sentir sur les Jésuites et sur les événements de leur histoire. On peut s'être fait un thème sur de graves questions et trouver cruel d’être forcé d’en sortir; pourtant cela ne doit point altérer la penséemère du livre, objet de la controverse; cela surtout né fera jamais que ce qui ést blanc devienne noir. Des Gazzolà, des Clavel et des Moëller peuvent avoir besoin de présenter les choses sous le jour qui ira lé mieux à leurs passions, les écrivains qui sé respectent n’ont pas recours à ces honteux subterfuges. D A M
- Il en coûte beaucoup à ces messieurs du Correspondant et de la Revue de Louvain d'accepter le témoignage du cardinal de Bernis. Bernis était populaire chez eux avant la découverte dé ses papiers; aujourd’hui on le flétrit; et puisqu'il n'y a plus moyen de le défendre, il est condamné à porter au
désert les crimes de l'Israël antijésuitique. Avec une édifiante uniformité de langage, ils se demandent quelle confiance on peut accorder aux paroles du cardinal de Bernis, et tous deux l’accablent pour se persuader qu’il a pu mal voir, mal entendre, tout au moins mal raconter. Par bonheur les faits n’ont pas besoin de commentaires. La correspondance qui les indique-et les développe ne sera pas dénaturée à plaisir ou révoquée en doute selon l'occurrence. Le Correspondant et la Revue de Louvain sont obligés de. baisser {a tête sous les imprudences manuscrites du cardinal de Bernis, à moins qu'il ne leur prenne famtaisie d'aller jusqu'au Dufour. Dufour, AVEC ses allures de proxénète de police diplomatique et son cynisme de janséniste en goguettes, ne ménage rien ; il frappe sur tout le monde. Chacune de ses lettres est une invective ou une calomnnie. Mais ce Dufour se révèle tellement ignoble, que les Lenormant et les Moeller me félicitent d’avoir été assez juste pour ne pas m'appuyer sur son témoignage. Certes je tiens comme eux , et avant eux, le misérable pour une créature sans pudeur ; mais quand on étudie les annales des Jésuites, on rencontre sur son chemin tant et tant d’imposteurs qui ne valent pas mieux que ce Dufour, qu'on se voit forcé de ne pas se rendre, une fois de plus, à l'avis de MM. Lenormant et Moeller. |
Ce qu’il trame, ce qu'il invente pour avilir la cour de Rome, d’autres l’ont tramé , dites-vous ? Cela est trè ès-possible ; ; Mais un pareil projet, formé dans les bas-fonds de l'hérésie, n'avait jamais vu d’ambassadeurs et de cardinaux le seryant dans leurs dépêches ou l’intronisant au milieu des cellules du Vatican. Îci, au contraire, tout prouve qu'il y a eu commencement d'exécution. Si le complot n’a point abouti, c’est qu'il a soulevé des résistances invincibles, des probités qui reculèrent devant le crime qu’on leur présentait comme la dernière planche de salut laissé à l'Eglise, Quelle que soit l'opinion que l’on se forme du caractère de Bernis et de ses coopérateurs de France, d'Espagne et d'Italie, il ne faut pas oublier que
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tous, à un degré plus ou moins évident, se prêtèrent à ce long attentat, qu'ils le consommèrent autant qu "il était en eux, et que c’est leur correspondance même qui apporte la démonstration la plus palpable du plan et des moyens mis en jeu. Flétrissez maintenant Bernis, d’ Aubeterre, Roda, Azpuru, Solis, Choiseul, Almada , Osma k Malvezzi, Dufour, Pagliarini, et leurs aides dans le Sacré Collége et dans les ministères, qu'importe à l’histoire cette tardive équité? L’ histoire ne doit point se préoccuper du jugement rendu par des critiques devenus parties dans l'affaire; elle expose les faits, elle ressuscite les correspondances, et elle laisse à la raison publique le soin de prononcer sans appel. C’est cette sentence, préparée par le livre de Clément XIV qu’on croit opportun d’infirmer en essayant d’affaiblir la portée des documents et en plaçant quelques accusés sous un jour moins odieux.
Ce palliatif inutile ne trompera personne , pas même ceux qui, en désespoir de cause, y ont recours. Le complot de simonie est manifeste. Bernis et le cardinal Orsini le r'epoussent d'abord, mais ensuite ils y adhèrent; et si cet immense procès était soumis à un jury d’évêques ou seulement au tribunal d'hommes intègres, croyez-vous qu'après l'examen des pièces relatées dans l’ouvrage , l'élection et le règne de Clément XIV ne seraient pas regardés comme une des plaies du Siége apostolique? Il n'existe pas de prince religieusement ou politiquement coupable qui n’ait trouvé sur la terre un avocat pour le défendre. Ces scandales de la parole et de la presse ne nous étonnent point. Il y à des esprits que le sophisme passionne comme il y en à d’autres que la haïne aveugle. Ce n’est pas pour ces natures exceptionnelles que l’histoire s'écrit ; mais ce sont elles qui RE ATEN de la fausser.
Pour cela on a recours à tous les subterfuges; on accuse le cardinal de Bernis de fourberie, d’inconsistance et de cupidité, Nous avions jugé l’homme avant les juges qui le condamnent. Si les lettres de Bernis étaient isolées, sans autre garantie que sa parole, nous estimons que le doute serait permis et nous
aurions douté ; mais ce n’est pas lui seul qui invente, pour charmer ses moments perdus, tous ces événements, toutes ces nouvelles, tous ces projets simoniaques dont il se fait lécho, le complice ou le censeur. Au dehors du Conclave, l’intrigue marche tête levée; elle a pour appui des ministres et des ambassadeurs dont la correspondance coïncide d’une manière frappante avec le roman qu’on voudrait imposer au cardinal. Mais ces correspondances diplomatiques autant que possible, ont un lien, un centre commun; elles aboutissent dans le cabinet de Versailles, dans ceux de Vienne, de Madrid, de Naples, de Lisbonne à d’autres dépêches, qui contiennent les mêmes plans et les mêmes aveux. Quand Botta et le comte de Saint-Priest, qui, dans son Histoire de la chute des Jésuites s’est bien gardé de tout dire, se font un rempart de quelques lambeaux épistolaires tirés des archives, ces lambeaux sont adoptés même par l'abbé Gioberti et par la Revue de Louvain comme l’expression de la vérité. Pourquoi l’ensemble serait-il donc indigne de créance, puisque ces lettres sont acceptées comme vraies dans les détails qui mentent? Vous les invoquiez en témoignage, lorsque vous ne les connaissiez que par fragments ; on vous jette le revers de la médaille à la tête, et ce revers vous épouvante; car il ne vous semble pas possible de pousser la partialité jusqu’à nier l'évidence.
Cette évidence qui saisit à chaque page du livre ne fait aëte pas l'affaire du Correspondant, dû Contemporaneo et de la Revue prétendue catholique. Afin d’être conséquents dans leurs hostilités , ils veulent que j'aie représenté le Conclave comme ayant succombé aux intrigues de Paris, de Madrid, de Lisbonne et de Naples. Cela n’est pas, mais pour ces journaux cela doit être, cela sera, parce qu'il importe d'attaquer le Clément XIV comme on a toujours astaqué les Jésuites , par la calomnie.
Si le reproche d’avoir à tort incriminé le Sacré Collége n'est pas fondé , puis-je, avec quelque apparence de raison, me défendre d’avoir voulu de propos délibéré souiller la mémoire
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d’un pape ? Ne suis-je pas pontificide à tous les degrés, selon l'expression de M. Madrolle, se glissant dans la querelle sous la calotte, un peu compromise, du chanoine abbé Clavel? N’aije pas contristé le cœur des catholiques en racontant l’élection de Ganganelli et en m'attachant à peindre son déplorable règne ? Je l’avouerai sans déguisement : quand ma pensée s'arrêta sur les négociations qui précédèrent et suivirent l’exaltation de Clément XIV, je ne cherchai point à me créer un système pour la circonstance. Je ne voulus ni absoudre ni condamner le chef de l'Eglise, mais tout simplement mettre en lumière des faits inconnus et qui importaient à l’histoire. Le récit d’un annaliste peut provoquer un débat contradictoire, auquel les théologiens et les polémistes viendront prendre part ; l’annaliste, selon moi, n'a pas mission pour s'y mêler, car, tant que ce débat ne roule point sur l'authenticité des documents, il n’est pas de son ressort. Qu’on disserte sur le plus ou le moins de culpabilité ; qu'on cherche des circonstances aggravantes ou atténuantes dans le caractère, dans la force, dans la faiblesse de l’homme soumis au scalpel de l’histoire ; qu’on essaye de se produire comme son avocat où comme son adversaire ; qu’on explique les faits d’une manière plutôt que d’une autre : dès l'instant que l’annaliste a écrit sur pièces irréfragables, il n’y a plus pour lui qu’à laisser son œuvre aux disputes des hommes.
Ce rôle passif m'était assigné dans cette lutte, plutôt religieuse et politique que littéraire. Je n’en serais pas sorti si la critique eût été assez réservée pour se maintenir dans son cadre. Aujourd’hui je donne, malgré moi, quelques explications sur ce point délicat. Je le fais en respectueux enfant de l'Eglise, mais aussi en écrivain qui sent le prix de son indépendance.
. À mes yeux, et par les documents que j'ai publiés, le pape Clément XIV n’a jamais été entaché du crime de simonie proprement dite, Il serait impossible de trouver dans l'ouvrage une accusation directe émanée de l’anteur, et qui constaterait ou seulement tendrait à insinuer ce forfait. Ganganelli a commis