‹ Clémentine et FéliseChapitre 2 sur 13 · I ÉLISE · texte numérisé non relu

I ÉLISE

comme si les larmes qui ne pouvaient jaillir eussent meurtri ses blanches paupières.

Quelques heures plus tard , toute la communauté vint processionnellement , chercher le corps de la sœur Geneviève pour le descendre*, selon l'usage, au milieu du chœur, où il devait rester exposé jusqu'au lendemain.

Lorsqu'on eut emporté le cercueil Félise se releva d'elle-même et suivit le triste cortège.

Pendant le reste de la journée et la nuit suivante , tandis que les religieuses priaient, elle demeura à l'écart, le corps affaissé jsur ses genoux , la tète baissée sur sa poitrine. Ni les exhorta-

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tions, ni les ordres de la supérieure, ne purent la tirer de cette immobilité: elle assista ainsi à la cérémonie des funérailles ; mais lorsque tout fut fini, lors qu'on eut descendu le corps dans les caveaux de l'église, cette douleur passive se changea en un désespoir effrayant. La malheureuse enfant repoussa les religieuses qui s'empressaient autour d'elle, et sortit du chœur d'un pas rapide; mais les forces lui manquèrent aussitôt, et elle s'arrêta au pied du grand escalier.

— Revenez à vous, ma chère lille, lui dit la supérieure avec une douceur mêlée d'autorité, vous péchez grièvement contre Dieu et contre vous-même en vous abandonnant à ces transports. Ce n'est pas

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