‹ CléopâtreChapitre 8 sur 58 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ANTOINE Ma reine...

Non... plus loin... plus loin...

ANTOINE

Je veux...

Que trame Contre nous . . .

ANTOINE

Que dis-tu?

Non, non, va-t'en là-bas...

A Rome. .. Voilà trop long-temps que je combats Et trop long-temps que je me vois contrariée. Tes yeux sourient. Que dit la femme mariée ? Elle veut te revoir. Mes désirs sont les tiens, Tu peux partir. Ce n'est pas moi qui te retiens. Et qu'elle n'aille pas crier qu'on t'emprisonne. Va vers elle ! Tu n'es le captif de personne.

ANTOINE

Les dieux connaissent bien...

Oh, pour quelle raison Dois-je souffrir une si rude trahison ? Cette perfidie... Ah, je l'avais devinée !.. Notre amitié, pourtant, était à peine née...

ANTOINE Gléopâtre...

Non, non. De cris insidieux Tu peux troubler le mont où sommeillent les dieux. Je ne me fierai pas à tes vaines paroles. Va-t'en, va-t'en. Je suis la plus folle des folles. La Romaine Fulvie a reçu tes serments, Tu l'as trompée. Et moi, tu m'aimerais : tu mens!

ANTOINE Reine adorable...

Trêve aux vieilles flatteries.

Je ne crois plus aux mots d'amour que tu me cries. Tu veux partir, pars donc, sans me faire d'adieux. Tes discours aujourd'hui me seraient odieux. Les discours étaient bons quand tu voulais me prendre, Aux heures où ta voix était aimable et tendre. Ah, cette voix ! J'entends encore tes aveux. Je te voyais tendre vers moi tes bras nerveux, Je t'admirais. La brise était pleine de roses, Et je srmtais venir l'oubli des jours moroses. Je me souviens qu'un ramier blanc volait au ciel, Et tu me promettais un amour éternel.

Non, tu ne mentais pas alors: il faut te croire, Ou bien ta fourberie égalerait ta gloire.

ANTOINE 0 ma reine !

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