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II. — Cllaiats insulaires et cotiers d'humidité moyenne

Les climats insulaires et côtiers, d'humidité moyenne, se divisent encore en : 1° Climats plus chauds; 2" Climats plus frais.

1° Clnnats maritimes plus chauds, de moyenne humidité.

Mo^ador. — Parmi les climats plus chauds, demi humides, celui de Mogador, au Maroc, est un des plus égaux. Mogador est située au niveau du 31", 3 de lat. Nord et du 9°, 47 de long. Ouest, sur la pointe Nord-Ouest de l'Afrique; bâtie sur le sable et le roc, elle est complètement exposée aux vents maritimes. La moyenne annuelle du maximum mensuel est de 27° C, celle du minimum est de 13°, 16 C. ; la température moyenne annuelle est de 19°, 4 C. ; la moyenne du mois le plus chaud est de 21°,1 C. et du plus froid 14°, 83 C. L'humidité relative moyenne était, en 1874, de 77,56; mais en moyenne elle doit être plus élevée. Nombre moyen des jours de pluie, 44; moyenne de la pression atmosphérique, 762 millimètres, minimum 750, maximum 771. Le ciel est presque toujours pur. D'après Seux, Leared et Ollive, l'état sanitaire est bon dans le quartier des étrangers ; il n'y a pour ainsi dire pas de phtisie. L'installation est très primitive jusqu'ici, mais, avec le temps, cette localité pourrait devenir une station remarquable pour les phtisiques et les malades atteints de bronchites, dont l'état exige un climat doux et pur.

Caractère g^énéral du climat méditerranéen. — A la même

catégorie appartiennent les localités du littoral de la Méditerranée dont les climats ont quelques points de ressemblance entre eux; elles jouissent surtout d'une température plus élevée que leur degré de latitude ne le comporte; les variations de température y sont relativement minimes, il n'y pleut presque pas en été ; en automne, il y a des pluies

torrentielles; dans quelques localités, il pleut aussi en hiver. Les conditions de température sont principalement dues à la température élevée de l'eau de la Méditerranée, qui est considérablement plus chaude que celle de l'océan Atlantique, et à l'abri des chaînes de montagnes. Cet abri est plus ou moins puissant suivant la position des montagnes ; l'abondance de la rosée dépend des mêmes causes. La partie occidentale a un caractère plus océanique que la partie orientale. La quantité d'humidité atmosphérique est en général médiocre, mais elle n'est pas égale partout; elle diminue vers l'Est; elle est généralement plus basse sur les côtes orientales que sur les côtes occidentales.

L'évaporation est considérable. Partout les conditions d'humidité varient aux différentes heures du jour, surtout par des journées claires et chaudes; vers le coucher du soleil, surviennent des changements subits qui exigent les plus grandes précautions pour les malades. Une partie de la Méditerranée appartient à ce groupe; nous parlerons de l'autre partie dans la division des climats secs.

Tanger. — Tanger, au Maroc, à l'entrée occidentale du détroit de Gibraltar (35°,47 lat. Nord et 5", 48 long. Ouest) a, suivant Leared [Lancet, 1873), un climat doux, assez égal et d'une humidité moyenne, qui fait compter cette ville parmi les climats humides plutôt que parmi les climats secs. Les renseignements météorologiques précis nous font défaut; mais nous savons que la chaleur de l'été y est tempérée par les vents maritimes, et les vents torrides du désert sont arrêtés, en grande partie, par les montagnes situées vers le Sud. La température hivernale moyenne est de 13°, 5 C. 11 pleut surtout pendant les mois de novembre, de décembre et pendant les mois suivants. Deux hôtels et une pension offrent un confort assez satisfaisant; de Gibraltar, on y va en trois heures.

Alger. — Alger (36°, 47 de lat. Nord et 3°,4 long. Ouest), sur le versant d'une chaîne de basses collines, se compose de

l'ancienne ville, peu hygiénique, et des alentours plus propices, surtout Mustapha supérieur, qui a vue sur le Sud-Ouest et est abrité du Nord-Ouest. Température annuelle moyenne environ 20° G., de novembre à fin d'avril (époque de la cure), environ 14° à 16° C. ; les variations quotidiennes moyennes sont de 6° à 8° G. Quantité de pluie annuelle 790 millimètres, dont la moitié tombe en hiver et l'autre moitié pendant le printemps et l'arrière-saison. Nombre des jours de pluie : entre 55 et 70. Le vent Nord-Ouest est le vent dominant; le sirocco se fait aussi sentir, mais il est tempéré par les collines du Sud. On traite à Alger, les bronchites chroniques, surtout avec toux quinteuse, l'emphysème, les pneumonies et les pleurésies pendant la période de convalescence et la phtisie au début; on peut encore y ajouter les diarrhées chroniques et les suites de dysenterie.

Cadix, — Gadix, située sur une basse langue de terre de l'ile Léon, bâtie sur une roche de calcaire à coquilles, semble sortir de la mer (36°, 32 lat. Nord et 6°, 17 long. Ouest) et appartient plutôt à l'océan Atlantique qu'à la Méditerranée; mais les caractères de ce climat le rapprochent de celui de la Méditerranée.

D'après Francis {Change of Cliinate, 1853), qui s'est occupé spécialement de l'Espagne, la température annuelle moyenne est de 18° G. ; celle de l'hiver dépasse 14° G. , celle du printemps 16° G. La variation moyenne quotidienne est à peine de 6° G. Les jours de vent maritime sont de 240, ce qui explique l'état de la température et le grand nombre (99) de jours pluvieux, avec une quantité de pluie de 560 millimètres seulement. L'humidité relative de San Fernando, qui est situé tout près, est indiquée par Hellmann avec une moyenne de 76° pour l'année, de 82" pour l'hiver, de 77° pour l'automne, et de 76° au printemps.

San iLucap. — San Lucar, à l'embouchure du Guadalquivir, doit être, selon les relations verbales de médecins espagnols:,

CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. d07.

plus chaud et plus sec que Cadix (sol sablonneux) ; les médecins espagnols recommandent San Lucar dans les cas de phtisie menaçante ou confirmée, mais à son début.

Gibraltar. — Gibraltar aurait, il est vrai, des conditions de température moyenne très fayorables : température annuelle 17° C, d'hiver 15°, 5 C, de printemps 15°, 8 C. ; quantité annuelle de pluie, environ 750 millimètres, avec 74 jours pluvieux; mais Gibraltar ne peut guère devenir une station climatérique, parce que ses conditions hygiéniques laissent à désirer et qu'il y règne une espèce de fièvre intermittente appelée « Rockfever ». Grâce à l'occupation anglaise, on n'y manque pas de médecins.

/tjaccio. — Nous pouvons cucorc citer Ajaccio , en Corse (41°, 55 de lat. Nord et 8°, 44 de long. Est). Température annuelle moyenne d'environ 17° C, hiver 11°, 2, printemps 15°, 6, été 24°, 88, automne 19°,27 C. Quantité de pluie, 630 millimètres, répartie principalement sur l'automne et l'hiver. L'humidité atmosphérique doit y être grande, mais elle est compensée, en partie, par un grand nombre de claires et belles journées. Presque entièrement abrité contre les vents froids, Ajaccio n'est exposé qu'au vent tiède et dominant du Sud-Ouest. Biermann, qui y a passé plusieurs hivers, parle . favorablement du climat. H. Bennet, et Rohden, qui connaissent également la ville, lui prédisent de l'avenir, quand son installation et les communications avec Marseille seront encore améliorées. Notre propre expérience, dans quatre cas de tuberculose limitée à un sommet, et deux cas de catarrhe chronique avec emphysème, est favorable; dans un cas de pneumonie chronique du lobe inférieur droit, et deux cas d'asthme, le résultat fut défavorable. On ne doit envoyer à Ajaccio que des malades pouvant supporter un climat maritime de moyenne humidité, et seulement du commencement de novembre à la mi-avril. Les montagnes de l'île ne sont pas encore utilisées comme stations d'été.

Les Sanguinaires, petites îles roclieuses situées près d'Ajaccio, ont, d'après Biermann, un climai très favorable à la guérison de la phtisie, mais ne semblent être fréquentées que par les Corses, caries malades ne trouvent pas à s'y loger. Biermann ajoute que l'on fonderait facilement une station climatérique dans ce climat insulaire parfait.

Paierme. — Palcrme (38", 7 lat. Nord, 13° long. Est), sur la côte septentrionale de la Sicile, a les moyennes de température suivantes : température annuelle 17°, 5; hiver 11°, 47 ; printemps 15°; été 24°; automnel9°; quantité de pluie 590 millimètres, principalement répartie, comme les 97 jours de pluie, sur l'automne et l'hiver. Humidité relative, 73° au printemps et en automne, 77° en hiver (Tacchini). îl n'y a pas de brouillards. La végétation est celle des tropiques; on s'y loge assez bien; la contrée est pour ainsi dire incomparable, mais n'est • pas abritée contre les vents violents et presque froids. De plus, on ne peut arriver à Paierme qu'après un long voyage en mer. D'après les expériences de nos confrères et les nôtres propres, nous pensons que les malades ayant besoin de vivre à l'abri du vent ne doivent pas être envoyés h Paierme; nous avons obtenu des résultats satisfaisants dans des cas de phtisii' chronique et latente, ainsi que dans des cas d'emphysème avec catarrhe léger, et d'autres avec complication d'asthme; . le soleil et la campagne environnante, avec ses souvenirs historiques, offrent un attrait tout particulier aux malades.

Biviera du lievant. — Danslc groupe du climat de moyenne humidité, quoique plutôt sec, de la Méditerranée, nous pouvons encore compter tous les points de la Riviera di Levante : Viareggio, Pisa, Spezia, Chiavari, Rapalla, San Margherita et Nervi. Toutes ces localités reçoivent une plus grande quantité de pluie que celles de la Riviera du Ponent, une humidité relative un peu plus grande, mais des conditions de température semblables; l'abri qu'offrent les chaînes de montagnes septentrionales n'est pas complet; en effet, ces montagnes ne sont

pas assez élevées, elles présentent des brèches, et les hôtels n'ont pas été construits de manière à être abrités, de sorte que le vent froid trouve toujours un passage. C'est Nervi qui offre le plus d'avantages sous le rapport de la situation abritée, du logement et de la pension ; Nervi n'est pas complètement abrité à l'Est et au Sud-Est, mais il l'est tout à fait au Nord, au Nord-Est et au Nord-Ouest. Il faut ajouter que le docteur Schetelig s'y est fixé et que le docteur Breiting, de Gênes, y donne souvent des consultations.

Pegrii. — Pegli, à l'Ouest de Gênes, jouit à peu près du même climat que Nervi. Malheureusement nous manquons de renseignements météorologiques précis sur ces deux localités. Dans ses observations critiques sur les stations hivernales du Midi {Berliner Idinische Wochenschrift , 1878), Starke appelle l'attention sur les bons soins que les malades reçoivent au grand hôtel Pegli, ainsi que sur la situation abritée de la localité et sur les promenades environnantes qui sont, en efTet, plus agréables que dans beaucoup d'autres stations. La végétation des environs indique une moins grande sécheresse. Nulle part, sur la Riviera, on ne trouve, près du rivage, d'aussi belles forêts de pins, offrant un abri contre le vent et le soleil, et rarement ailleurs voit-on d'aussi beaux spécimens de la bruyère méditerranéenne ; ils atteignent, à Pegli, jusqu'à 3 et 4 mètres de hauteur. Sur le golfe de Gênes et dans les localités qui l'entourent, et dont Pegli fait partie, il tombe plus de pluie que sur les autres points de la Riviera, ce qui n'empêche pas l'air d'y être très sec, comme l'indiquent la conservation des cheveux, celle des objets en bois, du pain, etc. Le cèdre du Liban, qui demande beaucoup d'humidité, n'y vient qu'à grand'peine, et le beau spécimen du jardin Pallavicini a péri l'année dernière. Nous avons obtenu des résultats favorables chez plusieurs malades atteints de catarrhe chronique laryngé, d'emphysème, accompagné de dispositions à la bronchite, et dans plusieurs cas de

no . DIVISION DES CLIMATS.

rhumatisme chronique et de dépression morale. La société est peu bruyante, ce qui est un avantage pour beaucoup de malades.

Venise. — Vcnisc (45° delat. Nord, 12° de long. Est) est très différente des localités dont nous venons de parler; elle occupait autrefois im des premiers rangs parmi les stations climatériques pour les affections de poitrine. D'après la Meteorologia ilaliana, les moyennes sont : pour l'année 13", 78; hiver 4",13; printemps 13°, 24; été 23°, 42; automne 14°, 15. Quantité de pluie 894 millimètres. D'après Joseph, l'humidité moyenne est de 87°. Différence entre les extrêmes de température, en hiver 12°, dans les autres saisons entre 14° et 15°. L'abri formé par les Alpes et les contreforts des Alpes vers le Nord, le Nord-Est et le Nord-Ouest n'est pas complet. Le peu d'espace réservé aux promenades paraît monotone aux malades et les entraîne à visiter les églises, les galeries et les canaux étroits, brumeux, et privés de soleil. D'autre part, l'absence de poussière et de malaria, le repos et le confort sont de grands avantages. Les habitations et les hôtels de la place Saint-Marc et du Grand-Canal sont près des promenades et jouissent le plus du soleil. Nous avons constaté de bons résultats dans certains cas de catarrhe du larynx, de phtisie chronique et stationnaire , accompagnée de toux et d'insomnie provenant d'agitation nerveuse. Les résultats sont mauvais dans les rhumatismes et les catarrhes accompagnés de sécrétion abondante.

Presqu'île dés Salkans : laissa, I^esina^ Curfou^ Kaiite^ Pa-

iras. — Sur la côte occidentale de la presqu'île des Balkans, il y a des îles et des localités qui appartiennent encore à cette subdivision, et qui conviennent aux malades dont l'état n'exige ni trop de soins ni trop de surveillance médicale. Sur la côte de la Dalmatie, il y a les îles autrichiennes de Lissa et de Lésina; les îles ioniennes de Corfou et de Zante, Patras, sur le golfe du même nom. Les conditions hygiéniques

do ces contrées laissent beaucoup à désirer, de sorte qu'elles ne peuvent être utilisées qu'avec beaucoup de prudence.

Crimée. — La Crimée, l'île de Chypre et les côtes de l'Asie Mineure ofï'rent également des points que l'on pourra utiliser dans l'avenir, quand les conditions d'hygiène et d'installation y seront améliorées.

i^isboune. — Lisbounc, sur la côte occidentale et atlantique du Portugal (38° de lat. Nord, 9°, 8 de long. Ouest), avait autrefois une très grande réputation comme station d'hiver; aujourd'hui elle tombe dans l'oubli, quoique valant encore bien d'autres séjours en vogue. Moyenne annuelle 15°, 6; de l'hiver 10°, 5, du printemps 14°5, de l'été 20°, 8, de l'automne 16°, 8. Humidité relative 71°. Quantité de pluie 731 millimètres; jours de pluie 112.

Les conditions de pension et de logement y sont bonnes, mais le temps varie souvent ; il passe très brusquement de l'humidité à la sécheresse, du froid à la chaleur, parfois avec un vent violent, de sorte que les malades, ayant besoin de grands ménagements, ne peuvent guère y être envoyés, surtout à cause des tentations qu'offrent le monde et les beaux environs.

Vigo, Corunna, Ferrol, Santander, S»aint-ISébasfien, Portu-

gaiete. — La péniusule ibérique possède divers points, sur les côtes du Nord et de l'Ouest, dont les sites offrent encore plus d'attraits que le climat. Ce sont : Vigo, Corunna, Ferrol, Santander, Saint-Sébastien et Portugalete. Toutes ces plages sont soumises à l'inlluence tempérée de l'océan Atlantique et de la baie qu'elles entourent; elles sont utilisées par les habitans des pays avoisinants, surtout comme bains de mer; mais elles n'offrent pas assez d'avantages pour qu'il y ait lieu de les décrire plus spécialement ici.

Biarritz. — La station de Biarritz, près de Bayonne, sur la mer de Biscaye (43° de lat. Nord), est universellement connue. L'automiie, l'hiver et le printemps y sont doux.

quoique sa position au fond du golfe lui attire souvent des vents violents. La température moyenne de l'hiver est entre 6° et 8°; celle du printemps varie de 11° à 12°; celle de Fêté est d'environ 18". L'humidité relative est d'environ 80°. La quantité de pluie est de 1,250 millimètres. Le sol est sec, sablonneux. L'hôtel d'Angleterre est très recommandable. Il y a des médecins français et anglais. Quoique les Français et les Espagnols recherchent principalement Biarritz pour la fraîcheur de l'été et ses bains de mer, on ne saurait trop le recommander aussi comme séjour d'automne,

Saint-Jean de Luz a un climat analogue ; c'est une station agréable, qui- convient aux personnes qui ne tiennent pas à voir du monde el à séjourner dans de grands hôtels.

Arcachon. — Arcachou (44° lat. Nord), situé sur une baie presque fermée, n'est découvert qu'au Nord; tout le reste est entouré de collines de sable, recouvertes de forêts de sapins; la température et les conditions d'humidité y sont assez égales; les villas habitées par les malades se trouvent dans la ville d'hiver, au milieu des sapins; elles sont abritées des vents et exposées aux émanations résineuses des sapins.

Bournemouth, sur la côte méridionale de l'Angleterre, est la seule station d'hiver qui, sous ce rapport, ait une analogie avec Arcachon ; mais les sapinières de Bournemouth sont déjà très éclaircies et les forêts, un peu plus éloignées, ont moins d'étendue. D'après Hameau, les moyennes de température sont, pour l'année 14°, 4; pour l'hiver 6°, 9; pour le printemps 17°, 9; pour l'été 20°, et pour l'automne 14°, 9. Humidité relative annuelle 85°; jours de pluie 103; quantité de pluie environ 888 millimètres. Proportion d'ozone considérable.

D'après les communications de Hameau et de l'intelligent prédicateur le Rev. Samuel Radcliff, qui souffrait lui-même autrefois de la poitrine, cette plage convient aux pthtisiques de constitution érétique, aux catarrheux (catarrhe la-

ryngé), aux asthmatiques, mais non aux. malades à constitution torpide ou atteints de faiblesse du cœur.

rvouveiie-zéiande. — Nous pourrious cncore ranger dans cette subdivision une série de localités, situées dans l'hémisphère Nord ou dans l'hémisphère Sud, et qu'on pourrait utiliser comme stations climatériques. Nous nous bornerons néanmoins à une courte relation sur la Nouvelle-Zélande, dont certains points sont déjà très importants et le deviendront sans doute encore plus dans l'avenir. Comme les trois îles s'étendent du 34° au 47° de lat. Sud, elles doivent naturellement présenter de grandes ditîérences, sous le rapport même de la latitude. La situation à la côte Est ou Ouest de ces îles doit aussi modifier les caractères du climat. La différence climatérique est d'autant plus grande que dans chaque île, surtout dans celle de New-Ulster (la plus septentrionale), il y a des montagnes de 3,000 à 4,000 niètres. C'est l'île du Nord qui semble avoir le meilleur climat; on vante aussi celui de la partie supérieure de l'île centrale, New^-Mûnster, avec le port de Nelson au Nord.

Auckland. — D'après Dovc, Auckland (36° de lat. Nord, 174° long : Est) sur la côte occidentale de New-Ulster, a une température moyenne annuelle de 15"; une température moyenne d'hiver de 10°, 5; une température de printemps, de près de 14°, une température d'été de 19° et une température d'automne de 16°.

]\ew-l»lymoutli, Wellington, I\elson. ^— LeS Conditions SOnt

les mêmes pour New Plymouth, également situé sur la côte occidentale de New-Mûnster, et pour Wellington, situé à l'extrémité méridionale de New-Ulster; à Nelson, situé dans New-Mûnster, la température de l'hiver n'est que d'environ 6°, 6 ; celle de l'automne est de 12°, 6. La différence entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid, n'est que de 9° à 10°,; elle est donc moins grande que sur la Riviera. Beaucoup d'auteurs indiquent le climat de l'île septentrionale

Webeh — Climatothérapie. 8

comme parfait et incomparable pour les malades prédisposés à la ptlîtisie ou atteints d'une tuberculose au début; par contre, ils trouvent que dans l'île centrale et l'île méridionale, il y a trop de vent et un climat trop changeant.

Dans un tableau des conditions météorologiques d'Auckland recuillies en 1849, le D"^ A. -S. Thomson indique 179 jours de pluie, et une quantité de pluie d'environ 1 ,400 millimètres. D'après Dieffenbach, la quantité de pluie tombéeà Wellington était, depuis avril 1841 jusqu'en février 1842, de près de 980 millimètres. C'est en hiver qu'il pleut le moins. Le sol est volcanique.

On dit que la phtisie est très rare parmi les colons ; elle est fréquente parmi les indigènes, il en est de même desafîections rhumatismales et de la scrofule; on attribue ce fait aux mauvaises conditions hygiéniques au milieu desquelles vivent les habitants, et surtout à leur nourriture, qui se borne à des pommes de terre.

2° Climats maritimes plus frais, de mor/enne humidité.

côtes angolaises et irlaiidaîsesj leurs caractères. — Les CÔtes

anglaises et irlandaises méritent le premier rang dans cette subdivision. Beneke [Klinische Wochenschrift, 1872) et Rohden [Ârchiv fur Heilkunde^ XI Y), ont publié sur ces stations des travaux personnels qui ont attiré tout spécialement l'attention des médecins allemands. 11 est vrai qu'il existe de grandes différences entre chaque région ; elles dépendent de la position Ouest et Sud-Ouest, ou Sud-Est et Est, et aussi des conditions locales ; quelques stations sont abritées par une montagne, d'autres sont situées sur le sommet d'une falaise. Mais certains caractères généraux leur sont communs, et à ce pointde vue, il est juste de les considérer dans leur ensemble. Et d'abord, les îles de la Grande-Bretagne, ainsi que la côte Nord-Ouest de la France, sont sous lïnfluence du Gulf-

Slream. Nous avons déjà indiqué ce fait dans la partie générale, lorsque nous avons décrit l'influence des courants maritimes; pour plus amples détails, nous renvoyons aux ouvrages météorologiques de Buchan et aux relations populaires sur le Gulf-Stream publiées par Carpenter, in Good Wo?'ds, 1873. Ces ouvrages indiquent comment la température de l'hiver s'élève d'une manière surprenante et comment, par contre, la température de l'été s'abaisse, de sorte que les lignes isothermes de 3° à 7° C. s'élèvent presque perpendiculairement du Sud au Nord pendant les mois d'hiver. De même qu'en hiver la mer est de plusieurs degrés plus chaude dans le Sud-Ouest de l'Angleterre que dans la partie Est du canal anglais (près de 8° C. dans le voisinage des îles Scilly, pour un peu plus de 4" près de Eastbourne), de même la côte Sud-Ouest de l'Angleterre, c'est-à-dire la côte de la Cornouaille et de Devonshire, est en général plus chaude que la côte Sud-Est, ainsi que l'indiquent les comparaisons faites entre Torquay ou Sidmouth, situées au Sud-Ouest, et Saint-Léonard situé au Sud-Est.

Comme l'air saturé de vapeurs et réchauffé par le Gulf- Stream, se mélange avec des couches d'air plus froid, en arrivant sur la côte anglaise, il s'ensuit naturellement qu'il se condense et retombe en brouillard ou en pluie. Aussi la quantité d'eau qui tombe est-elle plus grande ; elle atteint dans diverses localités et dans différentes années de 600 à 1,400 millimètres, tandis que le nombre des jours de pluie est de 130 à 200. En général la quantité de pluie et le nombre des jours pluvieux sont plus grands sur les côtes occidentales que sur les côtes orientales, parce que là le courant atmosphérique humide et chaud tombe sur les montagnes et les collines plus froides. L'atmosphère chargée de vapeurs n'engendre pas seulement la pluie, mais voile souvent le soleil et affaiblit toujours l'effet de ses rayons, autant sous le rapport de la chaleur que sous celui de la lumière. Le thermomètre à boule noire indique que la chaleur directe,

rayonnante du soleil, a, en moyenne, pendant Fhiver, en Angleterre, 15° à 20" et même 25" de moins qu'au niveau des sommets des Alpes (D"" Frankland) et sur la Riviera (D' Marcel) ; en efîet l'atmosphère sèche de ces régions permet aux rayons de tomber sur le sol, tandis que l'atmosphère brumeuse de l'Angleterre absorbe la plus grande partie de la chaleur. Par contre, l'atmosphère brumeuse empêche le rayonnement nocturne de la chaleur, de sorte que la température du soir et de la nuit ne diffère pas autant de celle du jour que dans les stations méridionales plus sèches (Tyndall). D'où résulte un autre phénomène, c'est qu'au moment du coucher du soleil, les rosées du soir ne sont pas aussi abondantes que dans le Midi; par suite le danger du séjour à l'air du soir est moins grand pour les personnes délicates, surtout par les journées sombres. 11 existe également une différence entre ce climat et celui des tropiques au point de vue de la condensation de la vapeur d'eau. En Angleterre, les pluies sont à peu près égales dans toutes les saisons, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de saisons absolument sèches ou absolument humides, quoique la quantité de pluie et de jours pluvieux soit un peu plus forte en automne et en hiver que pendant le printemps et l'été. Enfin la' quantité annuelle de pluie est répartie sur un plus grand nombre de jours sur la côte anglaise que sur la Riviera, par exemple, oi^i la répartition de la pluie est cependant assez égale. Ainsi la quantité de pluie qui tombe à Rournemouth est, d'après les observations du D'' Falls et d'autres, d'environ 730 millimètres; à San Remo elle serait, d'après Hill Hassall (San Remo 1879) qui s'appuie sur les données de l'observatoire de San Remo, à peu près pareille ; mais à Rournemouth il pleut pendant 120 à 160 jours, et à San Remo pendant 48 jours seulement.

Un autre point, tout aussi important, c'est que, sur la côte anglaise, il pleut en général pendant un certain nombre d'heures ; la pluie tombe continuellement, mais en petite quantité, et

le ciel reste couvert même quand la pluie cesse par moments. Sur la Riviera, au contraire, et dans les régions des tropiques, toute la quantité de pluie d'une journée tombe en quelques heures, puis leciels'éclaircit. Il résulte delà un grand nombre d'heures pluvieuses pour le climat côlier de l'Angleterre. Hassall a calculé que pour San Remo il fallait compter 495,6 heures de pluie pour toute l'année. Les données précises nous manquent pour calculer au juste le nombre des heures de pluie sur la côte anglaise, mais tout nous permet d'admettre qu'il y est cinq ou six fois plus grand. Avec une semblable répartition de pluie, le sol peut absorber l'humidité et l'évaporer insensiblement; de là la végétation si luxuriante de l'Angleterre comparée à celle de la Riviera; mais c'est aussi une source d'humidité atmosphérique déplus ; aussi l'humidité relative est-elle passablement élevée : la moyenne annuelle est de 80 et 86 ; quelques degrés de moins en été, quelques-uns de plus en hiver.

La température varie, sur divers points, entre un peu plus de 8° et de 11°; en hiver elle atteint de 5° à 7" sur les plages abritées, de 4° à 5" sur les plages découvertes, au printemps de 1° à 10% en été de 15°, 5 à 17% en automne de 10° à li°o. En comparant la température des climats maritimes avec celle de l'intérieur du pays, on trouve que l'hiver est plus chaud et que l'été est plus frais sur les côtes ; ainsi avec une température annuelle à peu près égale à Londres et à Torquay (un peu plus de 10° C), la température hivernale de Torquay est de plus de 2° C. plus élevée qu'à Londres, et la température de l'été de près de 1°,4 plus fraîche. La pression almosphérique s'élève, en moyenne, de 761 à 762 millimètres; la différence entre le maximum et le minimum est considérable, et les variations périodiques le sont également. Les vents viennent principalement de l'Ouest, du Sud-Ouest et du Sud; ceux-ci sont plus fréquents que ceux des autres directions, excepté au printemps, du mois de mars au mois de mai, où ce

sont les vents de l'Est qui dominent. Ainsi que nous l'avons déjà dit, la lumière du soleil est plus faible ici que dans le Midi, et un beau soleil y est beaucoup plus rare. Il faut également se rappeler que, dans les latitudes élevées, les jours sont plus courts en hiver que dans les latitudes plus basses, et que le soleil reste moins longtemps à l'horizon.

D'un autre côté, il faut ajouter que les conditions hygiéniques, sans être parfaites, sont meilleures dans les stations climatériques anglaises que partout ailleurs, d'une part parce que les classes élevées de la société comprennent l'importance de l'hygiène, d'autre part parce que la presse, tant médicale que politique, signale aussitôt chaque lacune; de celte façon, on obtient l'amélioration nécessaire, ou l'on restreint le nombre des visiteurs. La mortalité annuelle est moins forte sur les plages dont nous nous occupons ici que dans toutes les autres stations climatériques du monde; elle varie entre 15 et 20 pour mille ; ce dernier chiffre est rarement surpassé; il indique l'état vigoureux de la population, et, jusqu'à un certain point, l'absence des causes de mortalité que l'on peut éviter et qui sont surtout d'origine zymotique. La nourriture est substantielle, quoique trop forte et trop uniforme pour les étrangers. Presque partout les hôtels et les logements sont bons; on est généralement épargné par les insectes. La poussière, si désagréable dans le Midi, fait presque entièrement défaut ici.

Les prix de pension étaient plus élevés autrefois dans les stations anglaises que dans le Midi, mais aujourd'hui la différence n'est plus aussi grande qu'autrefois. Ainsi dans bien des localités, à Cannes, par exemple, les prix sont plus élevés qu'en Angleterre. On trouve de bons médecins presque dans toutes les stations anglaises; les consultations sont un peu plus chères que dans le reste de l'Europe.

La vie est bien plus monotone que dans les stations du Midi ; les allures de la population sont graves, le costume est peu

pittoresque; on ne rencontre pas en Angleterre la vivacité, la verve et la gaieté communicative des habitants du Midi. Ceci, joint à la tristesse du ciel, peut impressionner désagréablement les malades. Souvent le séjour est même pénible; il semble qu'on ait une lutte à soutenir; mais ceux qui luttent bravement, respirent de l'air, prennent de l'exercice quand même, et se contentent d'une nourriture simple mais très fortifiante, s'endurcissent et se fortifient plus qu'ils ne le feraient dans le Midi, dans un climat plus agréable et au milieu d'une société plus gaie. En somme, le climat des plages anglaises n'est pas agréable, mais il est sain et fortifiant; il exige cependant une certaine force de résistance.

Résumé des caractères climatériques. — LeS Caractères principaux du climat des stations maritimes anglaises sont : une température supérieure à celle que comporterait leur degré de latitude; une grande égalité de température sous le rapport des saisons et des différentes heures de la journée; une humidité assez élevée ; un ciel gris, peu ensoleillé; des conditions hygiéniques très favorables et une alimentation excellente. En résumé, le climat est très fortifiant.

Indications thérapeutiques. — Le littoral de la Méditerranée convient mieux que la côte anglaise aux malades dont l'état exige une atmosphère sèche et chaude ; les malades qu'on doit y envoyer sont, avant tout, les rhumatisants, les goutteux, les albuminuriques, les emphysémateux, les malades atteints de bronchites chroniques, d'asthme, de dyspepsie, de diabète ; les individus affaiblis et débilités, les gens atteints de sénilité prématurée. Sur les côtes anglaises on traitera avec succès certains états de faiblesse provenant de maladies aiguës ou d'excès de travail, plusieurs variétés de scrofule; on y enverra aussi les sujets incomplètement guéris de maladies aiguës ainsi que certains phtisiques.

Le nombre des localités assez abritées pour être recommandées comme séjours d'hiver, est très restreint, tandis que le

nombre des séjours d'été etd'automne est beaucoup plus grand. En divisant les plages en stations d'biver et en stations d'été, nous devons faire observer que les stations d'hiver conviennent, à certains malades, même pendant les mois d'été ; d'autre part, les stations d'été conviennent, pendant presque toute l'année, aux personnes qui n'ont pas besoin de prendre trop de précautions.

a. — Stations d'hiver.

Queenstown. — Quccnstov^^n OU Cove, daus le port de Cork, en Irlande, est très abrité; son climat est très doux et égal. D'après Scott, la température annuelle moyenne est de plus de 11°,1, celle de l'hiver de G", 8, celle du printemps de 10°, 1, celle de l'automne de 11 ",1. Quantité annuelle de pluie, entre 800 et 900 millimètres, répartie sur environ 121 jours. Humidité relative moyenne, entre 75", 3 au printemps, et 89°, 2 en hiver. L'Irlande a la réputation d'être très humide, mais les chiffres ci-dessus n'indiquent pas une humidité plus grande que celle delà plupart des plages anglaises. Cependant les jours de pluie doivent être plus nombreux que Scott ne l'indique. B»eiizaiice. — Penzancc, presqueà l'extrémité Sud-Ouestdu comté deCornouailles, 50°, 8 de lat. Nord, 5°, 31 de long. Ouest, au Nord-Ouest de Mounts Bay, est moins abritée des vents; la température annuelle moyenne est de 11° C. ; en hiver de 6°, 67 G., au printemps de 9°, 79 C, en été de 15°, 89 C, en automne de 11°, 18 C. La différence entre le maximum et le minimum dépasse rarement en hiver 15°C.,au printemps 18°, 5 C, en été 15° G., en automne 17°, 8 C. Il v a 178 jours de pluie, dont 50 en hiver, 40 au printemps, 39 en été et 48 en automne. La quantité annuelle de pluie est d'environ 1,130 millimètres. Ce qu'il y a déplus saillant, c'est la faible difTérence existant entre la température du jour et celle de la nuit (9°, 22). Tandis que la température annuelle, par exem-

pie, n'est pas de i° G. plus élevée que celle de Londres, colle de l'hiver est de 3° plus élevée, et celle de l'été de 1" plus basse. La différence entre les mois les plus chauds et les mois les plus froids est, à Londres, de 14°, 44 C, et à Penzance seulement de 10° C. Le vent du Sud-Ouest domine pendant la plus grande partie de l'année; au printemps ce sont les vents de l'Est qui soufflent le plus souvent, et Penzance y est très exposée.

fies Sciiij^. — Les îles Scilly sont situées au Sud-Ouest du cap Lands End, entre le 49° et le 50° de lat. Nord, et le 5°, 6° et 7° de long. Ouest; elles ont un terrain granitique; leur climat est semblable à celui de Penzance, mais elles ont une température d'hiver un peu plus élevée, des variations encore moins sensibles, et une humidité relative moyenne de 89°. De grands vents y sont fréquents.

Ces climats conviennent aux malades prédisposés au catarrhe bronchique sans grande sécrétion et avec toux modérée, mais on ne saurait les recommander aux phtisiques.

Torqnay. — Torquav, sur la côte méridionale du Devonshire, a des conditions météorologiques absolument semblables à celles que nous avons indiquées pour Queenstown. Quantité de pluie : un peu au-dessus de 900 à 1,000 millimètres; 160 ù 180 jours de pluie. Cette station est abritée et le paysage est d'une grande beauté. Les maisons garnissent la plage et les collines qui entourent la baie ; les buts de promenade sont nombreux dans la plaine et sur les petites élévations environnantes. Les brouillards y sont plus rares que partout ailleurs en Angleterre. Sur quatorze cas de phtisie au premier et au deuxième degré, nous avons constaté six améliorations, cinq sans changement précis et trois aggravations. Sur trois cas de pneumonie chronique du lobe inférieur, nous avons observé deux bons résultats. Deux malades atteints d'exsudat chronique de la plèvre virent leur état s'améliorer sensiblement. Voici le résultat des observations des

i22 DIVISION DES CLIMATS.

docteurs C. J. B. Williams et C. Th. Williams; sur 100 phtisiques, 60 éprouvèrent de l'amélioration, 10 aucun changement, et les 30 autres devinrent pins malades.

Le climat de Torquay ne convient guère aux malades atteints de rhumatisme ou de goutte chroniques, pas plus qu'aux malades atteints de catarrhes atoniques de la muqueuse de l'estomac et des hronches. L'ouYrage de feu le docteur Radcliff Hall contient des détails très étendus sur Torquay ; nousmêmes, nous devons des renseignements précieux aux docteurs Dalhy et Huxley, établis à Torquay.

Teig'nmouth. — Tcigumouth cst également assez abrité, mais on y trouve une moins bonne installation qu'à Torqtiay ; aussi Teignmouth n'a-t-il pas encore beaucoup de réputation comme station d'hiver. Cependant, d'après le docteur Lake, les conditions météorologiques y sont très favorables.

Salcombe^ Dawlish, Budlei^Ii-Salterton. — Salcombc, Daw-

lish, Budleigh-Salterton, se trouvent sur la côte du Devonshire; ces trois localités sont parfaitement abritées contre les vents froids, et leur végétation témoigne en faveur des conditions météorologiques; mais on manque d'espace, et les malades n'y trouvent, jusqu'alors, que peu d'attrait.

Exmouth. — La partie haute d'Exmouth est peu abritée, et la partie basse souffre du voisinage de la rivière.

Hîdmouth. — D'après le docteur J.-J. Mackenzie, Sidmouth est aussi favorisé que Torquay au point de vue climatérique; les montagnes l'abritent presque autant; il n'y a guère que le midi qui soit découvert. Malgré ces bonnes conditions, Sidmouth est encore peu fréquenté. Nous-même, nous avons constaté plusieurs résultats satisfaisants dans des cas de phtisie chronique, au deuxième degré, avec toux prédominante.

Bournemoiith. — Boumemouth, sur la côte de Hampshire, est devenu, en moins de trente ans, une des stations climatériques les plus fréquentées et les plus agréables de l'Angle-

, CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. d23

terre. Bournemouth, situé sur une baie, est exposé au vent du Sud-Ouest, et abrité contre ceux du Nord-Ouest, du Nord et de l'Est; les dunes, assez escarpées et rangées en demicercle, sont couvertes de sapins, et les habitations se trouvent au milieu des arbres comme à Arcachon ; il est à regretter cependant que la forêt s'éclaircisse toujours pour faire place à de nouvelles constructions. Les émanations résineuses des arbres, quoique sensibles, sont moins fortes qu'à Arcachon. Le sol, sablonneux, est très sec; il absorbe si vite l'humidité, que, aussitôt après les averses, il est possible de se promener; l'atmosphère paraît moins humide et plus transparente que sur la plupart des plages de cette même région. Les vents froids de l'Est et du Nord-Est se font désagréablement sentir à Bournemouth au printemps; mais les falaises et les sapins fournissent un certain abri.

Les observations météorologiques, publiées par les docteurs Falls et Compton, indiquent pour Bournemouth les conditions les plus favorables de la côte. La moyenne de pluie annuelle dépasse rarement 800 millimètres; les jours de pluie sont au nombre de 120 à 160; l'humidité relative annuelle varie entre 75 et 86°; la moyenne des mois les plus secs (du mois de mai au mois d'août) est rarement au-dessous de 70"; celle des mois les plus humides (de novembre à janvier) atteint rarement 89°. Les conditions de température sont fort semblables à celles de Torquay. D'après une étude comparative et minutieuse de Compton, Bournemouth a eu la température la moins froide, après Yentnor, pendant le mois de décembre, exceptionnellement froid, de 1878 ( — 5°, 4); ainsi partout ailleurs qu'à Bournemouth et à Ventnor, le thermomètre avait baissé davantage.

Le sanatorium pour les poitrinaires, établi à Bournemouth, fournil d'assez bons résultats; cependant le séjour des malades n'est en général pas assez long dans ces sortes d'établissements.

Nous avons eu l'occasion d'observer un bon résultat, et une augmentation de poids et de forces, après un séjour de six à huit semaines, chez trois malades atteints de catarrhe des sommets, sans prédisposition héréditaire; sur six malades atteints du même mal, mais avec prédisposition héréditaire, il y eut trois améliorations positives, un statu quo, et deux aggravations ; sur trois malades atteints de phtisie au deuxième degré, le premier, qui n'était pas un héréditaire, éprouva un mieux sensible, le second aucune amélioration, enfin le troisième (un héréditaire) devint plus malade. Dans trois cas d'épanchement pleural, j'ai observé deux très bons résultats; le troisième malade, qui était phtisique, mourut bientôt après à Londres.

Plusieurs malades atteints de catarrhe chronique, ou convalescents de pneumonie fibrineuse, se rétablirent d'une façon très satisfaisante. Dans plusieurs cas d'asthme, avec disposition aux névralgies, le séjour de Bournemouth ne fut pas bien supporté, tandis que l'air plus vivifiant de Brighton, Folkstone et de Ramsgate fut positivement efficace; la même observation s'applique aux malades atteints de faiblesse, avec appauvrissement du sang, manque d'appétit, et diminution dans la menstruation. Williams père et fils constatèrent de l'amélioration chez 65 p. 100 de leurs phtisiques, le statu quo chez 10 p. 100, et de l'aggravation chez 25 p. 100.

Ile €ie Y^^igiit, ibn, Uniierciiff. — Undercliff, dans l'île de Wight, ainsi que Ventnor et Bonchurch, avaient acquis, il y a quarante ou cinquante ans, une réputation plus qu'européenne, grâce à la description avantageuse que sir James Clark en avait faite; plus tard ces localités furent délaissées; elles reprennent un peu de vogue depuis qu'on connaît les bons résultats de l'hôpital pour les phtisiques, fondé par le docteur Hill Hassall. Une étroite étendue de terre, en forme de terrasse, toute de pierre calcaire, et due à l'éboulement d'une montagne, est située à 30 ou 50 mètres

aii-de&sus du niveau de la mer; elle est complètement protégée contre les yents froids du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est, par des montagnes calcaires de 130cà 150 mètres d'altitude; elle est encore assez abritée à l'Est et à l'Ouest, mais elle est complètement exposée aux vents du Sud-Est, du Sud-Ouest et du Sud, qui viennent du côté de la mer. Les environs sont beaux; il y a des promenades pour les piétons et les voitures; le ciel est aussi pur qu'on peut le demandera l'Angleterre. Les brouillards sont peu fréquents en automne, en biver et au printemps. On admettait autrefois que la température de Yentnor était un peu plus basse que celle de Torquay, mais des observations plus récentes indiquent qu'elle est plus élevée (D"' Hill Hassall et le D' Goghill); la moyerjne des variations quotidiennes est, d'après Tripe [Quarterly Journal of Meteorolo g. Soc. for April 1878), de 4'',55 pendant les mois d'hiver; la moyenne de la variation mensuelle est seulement de 14° ; elle est donc très faible. La quantité de pluie tombée de novembre à mars, est d'environ 380 millimètres; elles est répartie sur quatre-vingt-trois jours. Quant aux résultats thérapeutiques, voici ce que .nous avons observé dans six cas de phtisie non héréditaire au premier degré : trois fois la guérison, une fois une amélioration importante, une fois une amélioration plus légère, une fois de l'aggravation; dans quatre cas de phtisie héréditaire au premier degré,, deux fois du mieux, une fois un résultat nul et une l'ois un progrès de la maladie; dans quatre cas de phtisie non héréditaire au deuxième degré, deux améliorations et un état stationnaire; dans le quatrième cas, progrès de la maladie; dans cinq cas de phtisie héréditaire au deuxième degré, deux améliorations et trois aggravations; Th. Williams observa de l'amélioration dans 65 p. 100 des cas, le statu quo dans 6 3/4 p. 100, et une aggravation dans 24 p. 100. Rohden a fait une description très nette du magnifique hôpital installé pour les poitrinaines; les résultats obtenus par le

fondateur, le docteur Ilill Hassall, étaient déjà très favorables, et ceux du directeur actuel, le docteur Goghill, le sont encore. Nous n'avons pas sous les yeuK de statistique détaillée, mais les observations que nous avons été cà même de faire sont très suffisantes ; le seul regret que nous ayons à exprimer, c'esi que la grande affluence oblige les malades à trop abréger leur séjour à l'établissement. Le docteur Goghill recommande spécialement le climat de Ventnor aux malades atteints de bronchite chronique, d'asthme, surtout d'asthme catarrhal, de névralgies, aux convalescents de malaria et surtout aux malades atteints de toutes les formes de la scrofule. Bonchurch. — Bouchurch, nou loin de Ventnor, a de belles maisons et un bon hôtel ; son climat possède exactement les mêmes qualités que celui de Ventnor.

Hastiugrs, Saint-Lieonards-sur-mer. — PluS à l'Est, SUr la CÔte

de Sussex, sur la côte Sud-Est de l'Angleterre, se trouvent Hastings et Saint-Leonards-sur-mer, qui en est la continuation; c'est une station célèbre depuis les temps anciens, mais qui a perdu dans ces dernières années de sa réputation, pour la guérison de la phtisie. Ces deux localités s'étendent à 4 ou 5 kilomètres le long de la côte ; elles sont absolument garanties contre les vents du Nord, du Nord-Ouest et du Nord-Est par des montagnes de 180 à 200 mètres d'altitude; liastings, plus à l'Est, est encore faiblement abrité contre les vents de l'Est; par contre, ces deux localités sont très exposées aux vents du Sud-Est, du Sud et de l'Ouest. Il y a de jolies promenades le long du rivage, sur la plage; l'ancienne route de Londres, qui monte vers le Nord, est une promenade que les malades ne sauraient trop apprécier quand le vent de la mer donne avec violence. Le sol est sec et recouvert par une épaisse couche de sable. Hastings a un avantage sur les autres plages, c'est de posséder le long des quais (appelés Parade), des sièges qui sont abrités contre le vent; la moyenne de la température annuelle est, d'après sir James Clark, de lO^S. La moyenne pour les

mois de novembre à mars était, de 1874 à 1877, d'après Tripe, de 5°,1; le mois le plus froid, décembre, avait encore 4°, 3. Moyenne des maxima 7°, des minima 2°,4; variation moyenne quotidienne 4°, 5; variation moyenne mensuelle 15°5. Durée des vents du Nord et du Nord-Est, pendant ces cinq mois, soi xante-troisjours; durée des vents du Sud et de l'Ouest, quatrevingt-sept jours ; jours de pluie, quatre-vingt-dix; quantité de pluie un peu plus grande qu'à Ventnor. Hastings est positivement moins abrité que les plages de la côte de Devonshire, et ne saurait être recommandé, au printemps, à des malades ayant besoin de beaucoup de précautions, car les vents de l'Est et du Sud- Est sont très violents à cette époque. Dans la phtisie, les résultats ne sont pas mauvais pour les malades qui prennent des précautions intelligentes. Sur neuf cas, au premier degré, nous avons constaté cinq bons résultats, deux résultats douteux et deux mauvais; sur onze cas, au deuxième degré, cinq bons résultats, deux résultats indécis et quatre résultats défavorables, Williams a encore eu plus de succès : soixantedouze malades p. 100 ont été améliorés; chez 5, 2 p. 100 le mal est resté stationnaire; enfin chez 22, 8 p. 100 l'état s'est aggravé. L'automne et l'hiver sont les meilleures saisons pour ETastings; au printemps, on doit préférer, à cause du vent d'Est, les localités abritées de l'Ouest.

Liiandudno. — On pourrait encore citer quelques localités du pays de Galles qui sont assez abritées pendant la mauvaise saison, et, sur la côte Nord du pays de Galles, Llandudno, déjà fréquenté comme station d'hiver. La température moyenne, de novembre à mars, y est de 6°, 5; elle est donc de 1°,4 plus élevée qu'à Hastings; les variations journalières et mensuelles sont un peu plus élevées; les conditions d'humidité sont semblables; les promenades ne manquent pas; de plus, on y trouve très bien à se loger.

«rangée. — Un pcu au Nord de la côte Ouest de l'Angleterre, dans le Lancashire, sur la Morcambe Bay, dans une position

1res belle et très abritée (54° lat. Nord), se trouve Grange, qui est encore peu connue. Cette localité a quelques degrés de température de plus en hiver que certains points plus méridionaux du centre de l'Angleterre; le myrthe, et d'autres plantes appartenant à la végétation du Midi, y viennent très bien en pleine terre: c'est l'indice d'un climat local très doux, dû à l'abri des roches calcaires et au voisinage de la baie. Grange est, en petit, une Riviera du Nord, que l'on peut fréquenter pendant toute l'année; il y a un bon hôtel et les Anglais du Nord en font volontiers leur séjour d'hiver. Le village est très enfoncé et son séjour est accablant pour bien des malades; l'influence du traitement y est douteuse, tandis que l'on obtient de meilleurs résultats dans les villas plus élevées.

11 serait trop long de préciser ici les indications thérapeutiques relatives à chaque cas et à chaque station ; on peut cependant, d'après Clark, Walshe, Williams et d'autres^ diviser les climats côtiers anglais en deux catégories : Climats sédatifs et climats stimulants. Ceux de l'Ouest, surtout du Sud-Ouest, sont plutôt sédatifs, ceux de l'Est sont plutôt stimulants. Parmi les stations d'hiver, on peut désigner comme climats sédatifs : Queenstown, les Iles du Canal, Penzance, Scilly, Torquay, Teignmoulh , Salcombe , Dawiish, Budleigh Salterton, Éinouth, Sidmouth et Grange, et comme climats stimulants, liastings et Saint-Léonards-sur-mer. Le climat de Bournemouth, d'Underclitî, deLlandudno, occupe une position intermédiaire, mais se rapproche plutôt du climat stimulant.

b. — Stations d'été.

Les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, abondent en localités qui conviennent parfaitement, comme séjour d'été, aux personnes délicates ; on y trouve des bains de mer et tous les avantages d'une station où l'air est parfaitement pur. Nous

ne ferons pas de descriptions spéciales, nous classerons seulement les principales localités par groupes. Le climat le plus stimulant, comparativement sec, exposé aux vents de l'Est et du Nord-Ouest, d'une température peu élevée en moyenne, est celui des plages de la côte Est. Ces plages sont : Nairn, North Berwick en Ecosse ; T\nemouth à l'embouchure de la Tyne; Whitby, Scarborough, Filey et Bridlington dansle Yorkshire; Cromer, Yarmoutli et Lowestoft dans le Norfolk, ; Westgate, Margate et Ramsgate dans le Kent. Douvres, quoique protégé des vents du Nord par des dunes de 150 à 200 mètres, et Folkestone qui prospère avec raison, et dont les différentes parties varient selon leur position au-dessus ou en dessous de la falaise, sont un peu plus chauds en été, mais possèdent encore un climat vivifiant. Sur la côte de Sussex, nous avons encore Saint-Léonard-sur-mer, Eastbourne qui s'étend très rapidement, et plus à rOuest, Brighton qui est en quelque sorte le faubourg maritime de Londres. L'air y est très vivifiant, mais Brighton a un défaut, c'est d'être une grande ville qui produit une fumée végétale et animale que le moindre vent transporte sur les promenades de la plage où elle s'attache. En été Brighton est peu fréquenté ; la vraie saison est du mois d'octobre au mois de décembre, époque où son climat est plus sec, plus chaud et presque sans brouillard, comparativement à l'intérieur du pays; Brighton est alors le rendez-vous de la haute société anglaise. Al'Estde Brighton il y aune promenade complètement abritée du vent du Nord, qui permet le séjour de cette localité aux phtisiques dont l'état n'exige pas trop de ménagements, même pendant l'automne. Worthing, Little Ilampton et Bognor à l'Ouest de Brighton jouissent, jusqu'cà un certaij point, du même climat vivifiant.

Ces localités conviennent d'autant mieux à certains états de faiblesse provenant d'altération du sang ou d'une vie sédentaire, ou d'une respiration incomplète, de pauvreté de sang, d'aménorrhée, de dispositions au refroidissement, qu'outre les

Webe;!. — Climatothérapie. 9

bains de iner et les établissements de natation, on y trouve encore des bains cbauds d'eau de mer.

Le caractère des localités situées plus à l'Ouest est moins vivifiant en été, à moins que les conditions particulières à leur position y apportent un changement; ainsi Freshwater et Alumbay, à l'extrémité Nord-Ouest de l'île de Wight, se trouvent presque complètement sous l'influence de l'océan Atlantique, etShanklin, Sandown et Seaview, dans la même île, sont exposés à l'influence des vents maritimes et des vents de l'Est,

Nous avons déjà cité parmi les stations d'hiver de l'Hampshire, du Devonshire et de Cornouailles, les localités les plus fréquentées de la côte méridionale.

Côte IVord de Cornouailles et du Uevonshire. Pays de Cialles*

— La côte Nord de Cornouailles, ainsi que la côte Nord du Devonshire et les côtes du Nord et de l'Ouest du pays de Galles, ont un air plus vivifiant que les côtes du Midi, mais plus humide et plus égal que les localités sur la côte de l'Est de l'Angleterre. New Quai sur la Watergate Bay est une localité prospère dans le Cornouailles; Ilfracombe, Lynton et Lynmouth dans le Devonshire sont très recommandables, ainsi que Weston-super-Mare et Glevedon sur la côte du canal de Bristol; Tenty et Aberystwith sur la côte Ouest du pays de Galles; Penmaen Mawr, Llandudno, Rhyl, Abergele, Aber et Beaumaris sur la côte Nord du pays de Galles. Plus au Nord, sur la côte Ouest de l'Angleterre, il y a encore : Saint-Bees, Siloth et l'île Man; plus au Nord encore, les îles sur la côte Ouest de l'Ecosse.

li'iriande. — Sur Ics côtcs de l'Irlande il y a également d'excellentes stations d'été, telles que : Bray près de Dublin, et plus au Nord Duncannon, Tramore, Rostrevor et Portrush. Dans le Nord-Ouest, sur la baie de Donegal, on recherche surtout Bundoran. La côte Ouest et Sud-Ouest a toute la puissance de l'océan Atlantique, avec ses avantages et ses inconvénients.

La côte Nord-Ouest delà France, et principalement le département du Finistère, ont beaucoup de rapport avec la côte Sud-Ouest de l'Angleterre; cette analogie des éléments climatériques est fondée sur l'influence de l'océan Atlantique et du Gulf-stream; cependant les vents qui viennent de France,' et qui ont passé sur le continent, modifient nécessairement le climat.

Brest. — En insistant avec plus de détails sur une des villes bien connues de cette contrée, nous donnerons une idée de quelques autres points d'une plus grande importance locale. Brest est situé entre le 48'' et le 49^ degré de lat. INord, et le 4" et le 5° degré de long. Ouest; les conditions météorologiques et hygiéniques de cette ville ont été très bien décrites dans une monographie du docteur Borius (Paris, 1879). Dans une période de dix ans, la moyenne de la température annuelle a été de li",? C. ; celle de l'hiver de 6", 8; celle du printemps de 10%7; celle de l'été de 17°,?; celle de l'automne de 12°, 2. Le nombre des jours de pluie est d'environ 175 par an; la quantité de pluie est de 755 millimètres.

Par rapport à l'humidité atmosphérique, la tension de la vapeur d'eau est :

Pour l'hiver, de 6"™,76 j Pour l'été, de ll'"ni^52

Pour le printemps, de. 7 98 | Pour l'automne, de. 9 23 Pour l'année, de 9™™,0

et l'humidité relative :

Pour l'hiver, de 85 1 Pour l'été, de 74

Pour le printemps, de... 75 | Pour l'automne, de 81

Pour l'année, de 79

Les vents les plus fréquents sont ceux de l'Ouest et du Sud-Ouest; ils ont tous les caractères des vents de l'Atlantique ; les vents de l'Est et du Nord-Est, ceux du vent continen-

(al; ils sont les plus fréquenls après le yenl de l'Atlantique. La mortalité est d'environ 32 par mille, ce qui est énorme pour la France où, d'après Bertillon [Démographie de la France, 1874), la moyenne n'est que de 23,2; cependant le grand nombre de naissances qui entraîne une plus forte proportion de décès parmi les enfants, explique, en partie, les conditions spéciales de la mortalité dans la ville de Brest.

Côtes septentrionales de France, de IBelg-iquc, de Hollande et

d'Allemagne. — Lcs plages, si agréables au point de vue de la société, et si animées pendant l'été et le commencement de l'automne de la côte septentrionale de France : Dinard, Vil- Icrs-sur-Mer, Deauville, Trouville, le Havre, Étretat, Fécamp, Dieppe, Boulogne, Calais; celles de la côte belge : Blankenberghe et Ostende; celles de la côte hollandaise: Schevcningen ; et celles delà côte d'Allemagne : les îles Borkum, Norderney, Baltrum, Langeroog, Spikeroog, Wangeroog, puis Dangast et Cuxchaven, Wyk dans l'île Fôhr et Westerland en Sylt, ont des conditions de température moins égales pour les différentes heures du jour et les différentes saisons; le climat y est plus sec, plus stimulant.

Les bords de la mer Baltique offrent également des séjours d'été très propices pour certaines maladies; beaucoup de ces localités ont l'avantage d'être entourées de superbes forêts. Le climat y est d'un caractère moins stimulant que celui des plages de la mer du Nord. Les stations maritimes de la mer Baltique sont : Marienlyst, près de H,elsing6r, Dûsternbrook près de Kiel ; Travemûnde, Dobéran, Warnemûnde, Putbus, Heringsdorf, Misdroy, Swinemûnde, Rûgenwalde, Golberg, Zoppot et Cranz. Sur les côtes de Norvège, de Suède et du Danemark, il y a bien des stations que leur climat très stimulant permet d'utiliser comme séjours d'été.

Tasmaule ou Terre de Van Uiémen. — L'hémisphère Sud

possède aussi, il est vrai, beaucoup de plages que nous pourrions citer ici ; mais jusqu'à présent elles n'ont qu'une impor-

tance très limitée. L'île de Tasinanie, ou terre de Van Diémen, est cependant importante ; elle est située du 40'' au 43" degré de lat. Sud, et du 144'' au 148* degré de long. Est, au Sud de l'Australie, pour laquelle elle a une importance particulière. L'île a la forme d'un cœur tronqué; la partie large, sur laquelle est bâtie la ville de Launceston, est au Nord; la partie tronquée, qui contient la ville principale deHorbartTown, est au Sud. Les différentes parties de l'île sont de nature différente; deux montagnes s'élèvent à plus de 1 ,500 ujètres, beaucoup d'autres à 1,200 ou 1,400 mètres; tout prè de Hobart Town se trouve le Mont Wellington, qui a plus de 1 ,200 mètres ; son sommet est souvent couvert de neige. Le climat de la Tasmanie est plus frais, plus sec et plus égal que celui de l'Australie; le docteur Brown [Australia for the consumptive invalids, 1865) et d'autres le disent très sain et très agréable. La localité la plus saine jusqu'à présent est Hobart Town, avec ses délicieux environs. La température moyenne de l'année est de 11 %7; celle de l'hiver, d'après Brown, de G",?; celle de l'été, de 17°, 1 ; la quantité de pluie est variable ; elle atteint environ 600 millimètres, d'après l'ouvrage de Martin sur les colonies anglaises; le nombre des jours de pluie est de centpendantles années sèches, et de centvingt pendantles années pluvieuses. Les vents d'Ouest, ou vents maritimes, se font sentir pendant la plus grande partie de l'année ; les vents secs et chauds, venant d'Australie, ne régnent que très raremenl. Les mois d'hiver, de juin à août, sont souvent très froids à l'intérieur du pays, sur les points élevés; le printemps, de septembre à novembre, est fortifiant; l'été, de décembre cà janvier, y est, dit-on, très agréable, et l'automne est la meilleure saison.

Il paraît qu'il tombe plus de pluie à Launceston qu'à Hobart Town, et les variations de température y sont plus fortes.

Beaucoup d'Australiens vont passer Fêté en Tasmanie, pour échapper à la chaleur torride de leur pays. L'état sanitaire est

satisfaisant; la mortalité est de 20 h 23 pour mille. Les Européens ne profitent encore de ce climat que pour des séjours accidentels, pendant les voyages au long cours.

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