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III. — Climats maritimes et cotiers chauds et secs

RiTiera di Ponente. — Nous n'avons à nous occuper ici que des climats chauds, car en médecine on n'emploie qu'exceptionnellement le climat côtier sec et froid.

Le groupe de la Méditerranée est le plus connu et le plus fréquenté. Nous avons dépeint les caractères généraux du climat de la Méditerranée dans le chapitre des climats maritimes chauds et demi-humides; occupons- nous donc immédiatement des régions isolées qui nous intéressent spécialement, et d'abord de la Riviera di Ponente, ou Riviera occidentale, et des localités sises entre Hyères et Savone. La côte forme un demi-cercle étroit, ouvert vers le Sud, le Sud-Est^ en partie aussi vers le Sud-Ouest, c'est-à-dire du côté de la Méditerranée; le terrain est aride, presque partout calcaire^ et dans le fond s'élèvent en gradins, des chaînes de montagnes de plus en plus hautes, qui contribuent diversement à l'élévation de la température locale. Elles abritent plus ou moins la Riviera contre les vents du JNord, puis elles emmagasinent de la chaleur pendant la bonne saison et les heures chaudes de la journée (pendant la saison froide elles heures plus froides du jour cette chaleur se perd par rayonnement et même par réflexion directe). C'est à cette circonstance, l'influence calorifique de la mer et à la diathermanité de l'air pour les rayons du soleil, que ces régions doivent leur température hivernale élevée (-)- 9" à 12° et même plus) pendant les six mois où y abondent les malades. L'ai? est doux, pas très sec ; pendant les six mois de la saison, l'humidité relative est en moyenne de 65 à 70 p. 100; le ciel est pur, le

CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. 13o

soleil est chaud et luit souvent; la chaleur directe du soleil est, en hiver, de 45° à 50°. Les beaux jours sont au nombre de cent dix à cent vingt; les jours absolument sombres sont à peine au nombre de douze à vingt ; il y a au plus quarante à cinquante jours de pluie pendant les six mois de la saison, do sorte, qu'avec les précautions nécessaires, le malade peut passer tous les jours une ou plusieurs heures au grand air. L'échange quotidien des vents de terre et des vents maritimes suffit à la ventilation. Le mouvement de l'air varie selon les localités ; cependant on peut dire que, pendant environ soixante jours, l'air est calme ; il est assez agité, et même frais, pendant quatre-vingts jours, et pendant les quarante autres jours il fait un vent un peu fort ; souvent même il y a des tempêtes ; les mois de décembre et de janvier sont des mois assez calmes ; le mistral sec et froid n'est pas rare depuis la mi- février jusqu'en avril. Le climat a une action favorable sur le moral, et une influence vivifiante sur le corps. Mais le climat de la Riviera a aussi ses inconvénients; ce sont : la grande différence de température entre les endroits exposés au soleil ou à l'ombre, entre les chambres situées au Midi ou au Nord, le changement considérable de la température au moment du coucher dusoleil, les vents froids, assez fréquents, et une poussière très désagréable, bien que minérale et non organique. Au nombre des désagréments, on compte encore les moustiques, mais on peut s'en préserver et même les supporter, car ils ne portent aucun préjudice au malade.

Les pensions et les hôtels sont généralement bons, quoique très chers pour certaines bourses ; les distractions sont suffisantes, souvent même inquiétantes; en effet ces distractions et les visites imprudentes dans les églises sont parfois, sur la Riviera, la cause de cures manquées, même de maladies mortelles. Les médecins ne sauraient trop surveiller leurs malades et les engager à la prudence. Malheureusement le médecin est considéré souvent comme un auxiliaire superflu. Beau-

coup de malades ne le consultent qu'en passant, s'abstiennent même de tout secours médical, et ne se soucient pas d'une direction suivie, si indispensable au phtisiques. Le phtisique, ou le malade menacé de phtisie vit au milieu des gens bien portants qui ne viennent dans le Midi quepourleur agrément; il fait avec eux de longues promenades à pied ou en voiture, s'échauffe au soleil et s'expose, avec ses vêtements légers, au changement de température du soir; il passe sans transition du soleil à l'ombre, ou fréquente les réunions, les clubs, les salles de jeu et en revient la nuit tout en sueur. On appelle le médecin en cas de pleurésie ou de pneumonie, ou après une hémorrhagie pulmonaire, ou lorsqu'un rhume, d'abord peu marqué, se complique. Beaucoup de prétendus refroidissements sont la suite d'imprudences qu'on aurait pu parfaitement éviter; on les attribue alors au mauvais climat, à la saison exceptionnellement défavorable. Il est vrai qu'il y a parfois des mois pendant lesquels on compte seulement dix jours de beau temps, cinq jours brumeux et quinze jours de pluie, avec une température moyenne atteignant à peine 3° à 4°; il y a même des hivers et des printemps absolument mauvais; telle fut la saison de novembre 1878 au printemps de 1879; mais, suivant les relations des observateurs les plus distingués, comme les docteurs Frank et Marcel, de Cannes, observations qui s'accordent avec les nôtres, le résultat de la saison fut néammoins très satisfaisant, et nos propres malades, au moins les phtisiques, se sont en général mieux trouvés que pendant les hivers précédents; il est probable que le mauvais temps les forçait à être plus prudents. En tirant judicieusement parti des conditions données et avec une bonne direction médicale, on pourrait atteindre des résultats bien supérieurs à ceux que l'on obtient.

La vraie saison commence à la fin d'octobre ; pour quelques malades, elle commence déjà à la mi-octobre, et dure jusqu'en avril ; certains malades devraient prolonger leur séjour; près-

que tous devraient passer par des stations transitoires et ne pas rentrer dans leur climat natal inconstant avant le commencement de juin; toute une série de malades qui ne peuvent pas supporter le mistral, et qui ne sont pas en état de voyager, devraient changer de localité, pour échapper à l'influence de ce vent.

Les malades aus.quels conviennent l'hiver et le printemps de la Riviera sont ceux pour lesquels le soleil, la chaleur, la lumière, une légère sécheresse de l'air, la bonne nourriture et le conTort sont autant de nécessités; ceux qui, dans le climat brumeux, froid, humide et changeant de leur pays, ne peuvent ou ne veulent pas prendre l'air, qui restent sans forces et sans appétit et activent ainsi les progrès d'une maladie existante, ou les dispositions morbides. Le séjour de la Riviera convient aux personnes affaiblies ou délicates, aux gens vieillis avant l'âge, aux enfants et aux adultes scrofuleux, aux anémiques, aux glycosuriques, aux goutteux, aux malades atteints de catarrhes chroniques, non seulement du larynx et des bronches, mais aussi de l'estomac et de l'intestin; aux convalescents de pleurésie et de pneumonie ; aux individus atteints de [»htisie ou prédisposés à la tuberculose, quand la constitution n'est pas trop éréthique et que le malade n'est pas enclin à la fièvre. Il ne faut envoyer les tuberculeux, atteints de phtisie à forme active, que sur les plages bien abritées; quand il s'agit de phtisies à forme indolente ou stationnaire, le choix des stations est plus grand. La Riviera occidentale ne convient pas aux malades atteints d'hystérie, de névralgies d'origine purement nerveuse, d'asthme nerveux, d'irritabilité nerveuse en général, de toux sèche du larynx ou des bronches, avec complication nerveuse (hystérie), ou de phtisie floride.

Après ces indications générales pour toute la Riviera occidentale, nous nous contenterons de décrire succintement chaque localité en allant de l'Ouest à l'Est.

Hïères. — llyèresestà une lieue environdela mer, dans un

site magnifique, au milieu d'une yégélation méridionale et de palmiers superbes; le soleil y est radieux, mais le rempart de montagnes qui se trouve au Nord, n'abrite pas complètement la ville contre le vent du Nord-Ouest, le mistral; aussi les malades qui ont besoin de précautions serontils mieux, au printemps, dans une des localités situées plus à l'Est, qu'à Hyères. D'un autre côté, l'éloignement de la mer est un avantage pour les constitutions nerveuses, et nous avons vu bien des personnes qui ne pouvaient pas supporter le séjour de San Remo, de Menton, de Bordighera et de Cannes, à cause du voisinage de la mer, tandis qu'à Hyères elles se débarrassaient de leur asthme, de leur toux et de leurs névralgies. Les hôtels et les pensions d'Hyères sont bons et moins chers que ceux de la plupart des localités de cette région.

Costebeiie. — Gostebelle, à 2 ou 3 kilomètres d'Hyères, est plus près de la mer, mieux abrité par les arbres et les collines, et moins sec; il convient aux malades auxquels cette variété de climat est favorable, mais il n'est pas facile de s'y loger, et de plus il n'y a pas de médecin dans cette localité.

Cannes. — Cannes, sur le délicieux golfe de Napoule, est un des plus beaux points de l'Europe ; la ville est ouverte au Sud, mais le petit groupe des îles Lérins atténue la puissance souvent trop grande des vents du Sud ; à l'Ouest, la baie est protégée par les hauteurs boisées et pittoresques de l'Esterelle, à l'Est par le cap de la Croisette, au Nord par les contreforts des Alpes Maritimes; la chaîne proprement dite des Alpes est trop éloignée cependant pour procurer un abri complet.

D'après les communications de Valcourt, de Marcel et d'autres, les conditions météorologiques de Cannes ne s'écartent pas sensiblement de celles que nous avons données comme caractéristiques pour la Riviera occidentale. Le vent souffle souvent avec force, surtout le mistral, en février et en mars ; la poussière ne fait pas défaut non plus, et l'on ne saurait dire que le climat soit parfait; cependant les observa-

tions recueillies pendant de longues années par le docteur Frank prouvent qu'avec des précautions et en tirant judicieusement parti des bouquets de sapins et des collines, on peut arriver à guérir ou au moins à arrêter la phtisie, quand il ne s'agit pas de formes aiguës ou éréthiques. Les malades atteints d'arthritisme et de rhumatisme à forme atonique, les scrofuleux et les débilités de différente nature, peuvent également tirer grand profit de ce climat; mais la prudence est particulièrement nécessaire dans un séjour où tout est tentation. L'influence du climat est souvent nuisible aux personnes souffrant de névralgies, d'hystérie et disposées à la fièvre. La ville est partagée en deux parties par une saillie du terrain sur laquelle est bâtie l'ancienne ville; la partie Ouest est plus pittoresque, la partie Est est plus abritée contre le mistral et s'étend vers l'intérieur du pays, circonstance très importante pour les constitutions qui ne supportent pas le voisinage de la mer. Sur les deux baies il y a de très bons hôtels et des villas ; dans la partie Est on a construit, pendant ces dernières années, des hôtels magnifiques. L'hôtel de la Californie, avec une très belle vue sur la mer, est le meilleur séjour pour ceux dont l'état exige une certaine élévation au-dessus du niveau de la mer et pour lesquels l'éloignement de la ville n'est pas une trop grande privation.

L<e Cannet. — Le Canuet est le point le plus éloigné de la mer; il est situé au fond de la baie Est dans une position très abritée. Ce village est encore très peu fréquenté par les étrangers, mais il est probable qu'un jour cette localité sera l'une des meilleures et des plus recherchées de cette partie de la Riviera.

Antilles. — Antibes, l'ancienne Antipolis, n'est fréquentée

que par un petit nombre d'étrangers, comme séjour d'hiver;

cette localité est cependant assez abritée et pourrait être mieux

utilisée.

.j%[ice. — Nice, dont la belle situation est suffisamment

connue parles descriptions de Sigmund, Lippert etC. T. Williams, étail autrefois le grand refuge des phtisiques et des gens chétifs du Nord; mais depuis une trentaine d'années l'opinion s'est modifiée et on a considéré ce climat comme dangereux. Aujourd'hui Nice n'est plus qu'un lieu de distractions et de plaisirs. 11 estvrai de dire qu'ily a des différences très grandes entre les places ensoleillées et les endroits découverts, entre les points exposés au soleil ou à l'ombre; une grande partie de la ville est exposée au vent du Nord-Ouest, grâce à une brèche de la montagne qui livre passage au torrent du Paillon; de plus le mistral souffle désagréablement par-dessus les parties basses des montages du Nord-Ouest; mais le caractère du climat n'en est pas moins éminemment vivifiant; il y a toujours du soleil, le nombre des belles journées dépasse considérablement celui des jours sombres et pluvieux. Il est certain qu'en sachant choisir un logement convenable, utiliser sagement toutes les bonnes conditions du lieu et éviter les distractions, on peut, même pour la phtisie, surtout à l'état latent et avec une constitution torpide, atteindre de très bons résultats, La grande sécheresse de l'atmosphère ensoleillée peut aussi rendre de grands services dans les cas de rhumatismes, de goutte et de débilité.

Les phtisiques et les malades ayant besoin d'une exposition abritée ne devraient pas habiter les beaux quartiers animés de la ville, les alentours de la Promenade des Anglais, mais plutôt le quartier de Carabacel et à Cimiez, qui est à 4 ou 5 kilomètres de la mer; l'air y est moins sec et surtout moins chargé dépoussière; ces localités sont plus abritées des vents.

Nous ne relatons pas les détails météorologiques contenus dans les ouvrages de Valcourt, Lippert et d'autres, parce qu'ils ne diffèrent pas sensiblement de ceux que nous avons indiqués plus haut à propos de la Riviera. Un homme intelligent et impartial, qui fut guéri d'un commencement de phtisie à la suite de cinq saisons consécutives passées à Carabacel ou à Cimiez,

nous communique les notes suivantes. Sur 720 jours, il compte 405 belles journées, 124 jours de pluie entrecoupés d'éclaircies ensoleillées et 191 journées plus ou moins sombres.

Viiiafranca. — Yillafranca (Villefranche), sur la rive Est de lajolie baie du même nom, est très abritée et certainement plus chaude que Nice. Carrière et Walshe prétendeut que ce serait une localité excellente pour des malades ayant besoin d'abri et de soleil ; mais il n'y a encore aucune installation.

Beauiieu. — Plus à l'Est, entre Nice et Monaco, se trouve Beaulieu, où l'on fonde une nouvelle station climatérique. Beauiieu est abrité au Nord, au Nord-Est et au Nord-Ouest par des parois de rochers très escarpées; la végétation est luxuriante; les oranges, les citrons, les figues, les caroubes y poussent en abondance ; nulle part nous n'avons vu d'aussi vieux et d'aussi beaux oliviers; il y a des arbres de 6 à 7 mètres de circonférence ; il est certain que cette localité a beaucoup d'avenir.

Monte Carlo. — Monte Carlo, tout près de Monaco, a une situation très belle et très abritée ; son séjour serait propice à bien des malades, si les jeux n'y étaient pas établis.

Rocquebruue. — Plus à l'Est, sur la route de Menton, nous trouvons le vieux bourg si bien situé de Rocquebrune, dont les maisons sont construites sur le versant d'un rocher, qui les abrite contre tous les vents froids, et tend, par la chaleur réfléchie, à élever sensiblement la température des environs. Dans plusieurs promenades que nous y avons faites pendant de belles journées de novembre, nous avons toujours trouvé la température assez élevée, même de 0°,5 plus élevée que celle de la baie Est de Menton. Malheureusement on n'a encore pris aucune disposition pour y recevoir des étrangers.

iienton. — Mcntou, toumé vers le Sud-Est, est protégé contre les vents froids par trois chaînes de montagnes superposées ; une saillie du terrain, sur laquelle est bâtie l'ancienne ville, partage le golfe de Menton en deux baies, l'une située

m DIVISION DES CLIMATS.

à l'Est, Tautre à l'Ouest. La baie Est contient la partie qui se trouve immédiatement au bord de la mer et que protège une liaute paroi de rocher; c'est le point le plus abrité de la Riviera; dans la partie Ouest, les montagnes sont moins escarpées et s'éloignent insensiblement du rivage, de sorte que l'abri est moins complet, surtout parce que la chaîne de montagnes est interrompue par le lit d'un torrent. La partie Ouest a, par contre, l'avantage de posséder des maisons assez éloignées de la mer pour être habitées par des malades que le bruit des vagues priverait de sommeil du côté Est. Les promenades abritées de Menton sont plus ou moins éloignées; elles se trouvent surtout du côté de la baie Ouest. La luxuriante végétation du Midi, la beauté du paysage, tout concourt à charmer l'esprit des malades.

Menton, avec une température annuelle au-dessus de 16", selon de Bréa, a 1° de chaleur de plus que Nice, et 0°,6 de plus que Cannes ; il présente une température plus uniforme et est surtout plus protégé dans sa partie Est. On admet que Menton est un peu moins sec que les stations médicales voisines; en tous cas le nombre des jours de pluie de l'année est de 80, alors qu'il n'est que de 70 à Cannes, de 60 à 70 à Nice, et de 48 à San Remo. Bien que ce soit une des plus nouvelles stations thermales, c'est à peine s'il en existe une autre, dans la contrée, qui soit mieux connue par des travaux scientifiques. Nous citerons, entre autres, les œuvres anglaises de Henry Bennet (lequel est le fondateur de la colonie anglaise et à qui toute la contrée est beaucoup redevable) et de Liardet, les œuvres françaises de Bottini et de Farina, et les ouvrages allemands de Stiege et de Dûhrssen (1),

Cette baie est utile autant et peut-être plus qu'aucun autre lieu connu en Europe, pour les foi-mes peu aiguës de la phtisie

(1) Le D^ Sparks (T/ie Riviera, by Edward I. Sparks; London, Churchill, 1879). a publié ua travail très impartial, qui peut servir de guide pour l'ctude de Menton et de toute la Riviera.

dans ses deux premiers stades; elle convient aux malades qui ont besoin d'être protégés contre les vents froids, d'avoir du soleil, de la lumière et de la chaleur, en même temps qu'une bonne nourriture; cependant, pour beaucoup de personnes bien portantes et pour bon nombre de malades, ce lieu est insupportable, à cause de l'air qui y circule mal, et de la proximité immédiate de la mer avec le bruit des vagues et son influence excitante. Pour beaucoup de malades atteints de névralgie, d'asthme et de dyspepsie, ce climat, malgré ses qualités, devient intolérable. La baie Ouest n'a pas ces défauts, mais elle n'est pas abritée au même degré.

Bordigbera. — Bordighera, autrefois la première station médicale de la frontière italienne, est moins protégée que la partie Est de Menton. Elle a constamment du soleil et est à l'abri des attaques des vents froids de façon à constituer une station très utile. Jusqu'à présent les meilleurs hôtels et les habitations étaient situés trop près de la grande route très poudreuse et souvent balayée pai- le vent. Mais une fois que les demeures projetées et déjà construites dans le bois des oliviers, et plus éloignées de la mer, seront achevées et que de bonnes routes seront faites, beaucoup de malades pourront y trouver une station aussi agréable qu'utile, ainsi que l'a constamment soutenu le D' Richard Schmitz de Menenahr, qui y a passé plusieurs hivers. Les luxuriantes plantations de palmiers de Bordighera paraissent fortifier cette idée ; il ne faut cependant pas omettre qu'à l'Ouest de Bordighera se trouvent quelques vallées latérales ; elles constituent, il est vrai, un Joli but de promenade, mais laissent passer des vents froids, qui refroidissent l'air de Bordighera et en font une station très aérée.

Ospedaietti. — Sur la route de Bordighera à San Remo, se trouve la petite baie d'Ospedaletti, qui est protégée contre les vents du Nord-Ouest et du Nord-Est par des promontoires boisés, et qui est suffisamment abritée vers le Nord par une montagne. La présence des citronniers prouve que le pays est

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ensoleillé et abrité, mais l'espace est si resserré qu'Ospedaletli ne peut devenir' qu'une station de peu d'importance (1). Sau Remo. — San Remo, dont la partie vieille, en forme de pyramide, est située sur le penchant d'une colline, avec les quartiers des étrangers situés à l'Est et à l'Ouest, au milieu de plantations d'oliviers, est ouvert au Sud, et complètement protégé à l'Est et à l'Ouest par des chaînes de montagnes qui s'avancent loin dansla mer, et au Nord, par une triple rangée de pics d'une hauteur de 150 et 200 jusqu'à 2,500 mètres. Cette ville est devenue depuis 12 à 15 ans une station d'hiver de premier ordre, à cause de son heureuse situation, et elle a été recommandée autant par les médecins anglais (Whitley, Daubeny, Freeman, HillHassall) que parles allemands (Biermann, Brœking). Les relevés météorologiques indiquent une température plus élevée et plus uniforme qu'à Nice, Cannes et llyères ; plus de ressemblance avec Menton, mais une température encore plus élevée que dans cette dernière station. Brœking donne [Vierteljahrsschrift fur Klimatologie^ 1876, p. 55), d'après les chiffres de la station royale de San Remo, comme moyenne de l'année, 16", 5 ; comme moyenne des cinq mois les plus froids (de novembre à mars), 11 ",3 ; comme moyenne pour le mois le plus froid, janvier, 9°, 48; comme oscillation moyenne entre le maximum et le minimum, pendant les mois d'octobre à avril, 2", 28; comme moyenne des extrêmes dans les mêmes mois, 8", 34. Pression atmosphérique moyenne, de 761™", 43 ; différence moyenne des extrêmes, 18°°', 94. Du mois de janvier, où la différence est de 25™°", 3, elle s'abaisse jusqu'en juillet, avec 12™™, 4, et s'élève de nouveau jusqu'au mois de décembre et de janvier. Les oscillations entre 9 heures du matin et 3 heures de l'après-midi atteignent en moyenne 0™™,40; elles atteignent cependant par moments 5 et même 12 millimètres. — La pression moyenne de la vapeur d'eau est, en hiver, de

(I) Depuis que cet ouvrage a été écrit, on a construit à Ospeclaletti un très bel établissement pour les invalides.

CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. 14o

6"™, 86; le minimum, en janvier, est de 5"", 95 ; à partir de là, elle augmente, avec la température, jusqu'au mois de juillet, avec un maximum de 15", 88, puis elle s'abaisse jusqu'au mois de janvier. La pression la plus forte a lieu entre 9 heures du matin et 3 heures de l'après-midi, puis elle s'abaisse. L'humidité relative est en moyenne de 66,7 p. 100, elle atteint son minimum à midi, avec 64,5, son maximum le soir, avec 68,8. Les changements dans les différents mois de l'année ne sont pas considérables; la moyenne des mois d'hiver est semblable à celle de l'année, c'est-à-dire de 66,7. Mars est le mois le plus sec, avec 64,3 ; septembre le plus humide, avec 68,2. Les variations journalières sont souvent, sensibles, et atteignent 40, 50 et même 60 p. 100. On remaique parfois des diarrhées et des hémorrhagies qui coïncident avec une augmentation rapide de l'humidité de l'air.

Quant à l'état du ciel, il est le suivant : les cinq mois les plus froids de l'année (novembre à mars) présentent cinquante deux jours tout à fait sereins, soixante-neuf jours passables, 33,5 jours couverts, vingt-six jours de pluie, un jour de tempête. — La proportion d'ozone, est, en moyenne, de 6,2; elle est plus grande le jour que la nuit. L'évaporation s'élève, en moyenne, pour les cinq moins d'hiver, de 3 à 4°"^. Les vents qui ont dominé pendant le même temps sont : les vents Nord-Ouest et Ouest 157 fois, les venls Nord-Ouest et Nord 154 fois; ceux du Sud-Ouest et de l'Ouest 101 fois, ceux du Sud-Est très rarement et ceux du Sud 25 fois. Les vents du Nord-Est et de l'Est soufflent surtout en mars, ceux du Nord- Ouest en novembre et en décembre. Le vent du Sud-Ouest €st surtout fréquent en mars; les vents du Sud-Ouest et de l'Ouest augmentent de janvier à mars. L'absence du vent est rare.

Les registres de l'hôpital prouvent, d'après Brœcking, que les catarrhes et les bronchites s'observent fréquemm.eut; les processus inflammatoires du parenchyme pulmonaire propre-

Weber. — Climatothérapie. 10

ment dit sont rares, et les processus caséeux, avec terminaison en phtisie, ne se présentent qu'isolément. La scrofule est très répandue, il est vrai, chez les enfants, à cause des habitations humides, privées de soleil, et des rues étroites, mais chez les adultes elle est rare. ,

Il résulte de tous ces renseignements que San Remo vaut n'importe quelle station de la Riviera pour le traitement des états pathologiques que nous avons indiqués précédemment; certains phtisiques seuls, qui ont besoin de stations très abritées, se trouveront mieux dans la baie Est de Menton.

Aiassio. — La première station médicale qui se trouve sur la route de San Remo à Savone est Alassio. Les relevés météorologiques du D'' Schnur, sont favorables. Les températures moyennes sont : pour l'année 16", 64; pour janvier 9%18, février 10% mars 13'',45, avril 14%03, mai 16",9o, octobre 16°, 96, novembre 11", 86, décembre 10°, 80. La moyenne des cinq mois les plus froids est de 11°, 05. Les variations journalières sont de 2°, 4 pour les cinq mois les plus froids. Schnur donne pour la même période soixante-dix-sept jours où l'on peut s'asseoir à l'air, soixante où l'on peut se promener, huit où il faut rester à la maison. Nous aAons visité une seule fois cette station; l'abri contre les vents du Nord et du Nord-Est, au bord de la mer, où se trouvent les hôtels et les maisons, ne nous paraît pas complet; certains points plus rapprochés des collines nous ont paru mieux protégés.

Résultats de quelques observations persosinellea. — Bien qoe

les observations d'une seule personne soient d'une bien faible valeur en climatothérapie, nous allons cependant résumer celles que nous avons pu faire sur les malades envoyés dans la partie Ouest de la Riviera. En les réunissant aux expériences faites par d'autres, elle pourront être de quelque utilité. Commençons par les tuberculeux ; 63 y ont passé un ou plusieurs hivers, en tout 124 hivers. 11 y avait parmi eux 36 malades à la première période, dont 22 furent améliorés;

chez 3 autres le mal resta stationnaire, enfin chez les 1 1 derniers la maladie s'aggrava; sur 15 malades à la seconde période on constata 6 améliorations, 3 états stationnaires, 6 aggravations ; sur 12 malades à la troisième période, 2 améliorations, 5 sans changement, 5 aggravations; en tout pur conséquent 30 (47,6 p. 100) améliorations, 11 (16,5 p. 100) états stationnairesj et 22 (34,9 p. 100) aggravations.

Les docteurs William père et fils soignaient sur tout le littoralméditerranéen 152 tuberculeux qui y passèrent 229 hivers ; ils observèrent de l'amélioration chez 62,3 p. 100 de leurs malades; un état stationnaire chez 28,39 p. 100 et de l'aggravation seulement chez 17,10p. 100; les résultats de ces observateurs sont par conséquent un peu plus favorables que les nôtres, mais ils ne sont pas absolument satisfaisants, car nous sommes persuadés qu'on pourrait obtenir beaucoup mieux, si l'on était plus prévoyant, si les malades se plaçaient sous la direction constante des médecins, et ne cédaient pas aux nombreuses tentations de la société et du climat. Nulle part nous n'avons rencontré autant d'affections intercurrentes et subaiguës que chez les malades de cette région. Nous ne pouvons utiliser à cet égard que les observations de 41 malades, qui ont passé 94 hivers, en tout 2254 semaines à la Riviera et qui en passèrent près de 420 au lit et à la maison, en déduisant naturellement lesjourspassésàlamaison par suite de mauvais temps. Les principalesmaladies étaient la bronchite, la pneumonie, la pleurésie, la laryngite, l'angine tonsillaire, des fièvres rhumatismales; l'hémoptAj'sie, dont beaucoup, peut-être la plupart, auraient pu être évitées. Sur 20 cas d'emphysème avec catarrhe chronique, nous avons noté 15casd'améliorationnotable,3de changement à peine appréciable, 2 d'aggravation par des attaques inflammatoires intercurrentes. Les malades qui furent renvoyés immédiatement, parce qu'ils ne pouvaient pas supporter le climat, ne sont pas comptés, remarque qui est valable aussi pour les autres maladies. Sur 28 malades avec tendance à la

bronchite et au catarrhe chronique sans emphysème, il y en a 20 dont l'état s'est amélioré, et 3 dont l'état de santé est resté stationnaire, enfin chez les 5 derniers la maladie s'est aggravée à la suite de complications aiguës. Sur 35 malades souffrant de rhumatismes chroniques, 24 se sont trouvés sensiblementmieux; 11 n'ontobtenuaucun résultat utile. Ce nombre eût été plus faible, si l'hiver humide et froid de 1878 à 1879, qui ne nuisit aucunement auxphtisiques, n'avait pas réagi d'une façon fâcheuse sur les rhumatisants; sur les 11 insuccès il y en a 6 qui proviennent de cet hiver malsain. Sur 29 malades podagres ou atteints de goutte pure, nous comptons 15 améliorations de longue durée , et 7 améliorations passagères ; 6 malades n'éprouvèrent aucun changement ; 1 mourut d'une affection zymotique. Sur 14 malades atteints d'albuminurie chronique, 8 se sont très bien trouvés, tandis que 5 n'éprouvèrent aucune amélioration; enfin l'un d'eux mourut à la suite d'accidents urémiques. Les enfants scrofuleux, se développant mal, se sont très bien trouvés du séjour de la Riviera, La plupart des malades atteints de catarrhe du pharynx, de l'estomac ou de l'intestin, partirent améliorés. Dans les cas de guérison lente, à la suite de maladies aiguës et infectieuses, en y comprenant la syphilis, nous avons noté sur 32 malades 28 améliorations rapides ; 4 malades furent atteints d'affections aiguës, et subaiguës, 2 de fièvres rhumatismales, une pleurésie, dont le début simulait une phtisie, une pneumonie que l'on eut à traiter plus tard comme phtisie ; ces complications se produisirent chaque fois à la suite d'imprévoyance démontrée. Dans le grand groupe de cas de faiblesse coustitutionnelle avec production insuffisante de chaleur et apepsie, le résultat était la plupart du temps favorable; cependant beaucoup de malades durent quitter la Riviera à cause de complications hystériques, de névralgies et de troubles psychiques, et rechercher des climats moins excitants, tels que Pise, Rome, Pau, Venise, Arcachon, les lacs d'Italie et de Suisse, les rivages du Sud de

r Angleterre, Meran, Botzen et des stations subalpines. Chez les malades, plus nombreux, encore, atteints d'affaiblissement des forces et de troubles fonctionnels résultant de sénilité — naturelle aussi bien que précoce — avec tendance au catarrhe des muqueuses, à la dyspepsie et à la flatulence après le moindre excès de régime, à la glycosurie, au rhumatisme et à l'anorexie etc., les résultats obtenus étaient assez satisfaisants; l'atmosphère ensoleillée et plus chaude, le repos absolu de l'esprit, loin de toute préoccupation, amenait toujours un soulagement, sinon définitif, du moins momentané. Cannes et Nice nous paraissent être des stations privilégiées en pareille circonstance.

Les localités situées plus à l'Est sur la Riviera di Ponente ne peuvent jusqu'à présent prétendre au titre de station médicale climatérique, tandis que la Riviera di Levante ou Riviera de l'Est, à cause de son caractère plus humide, a trouvé une mention parmi les stations d'humidité moyenne.

Plus vers le Sud de la côte Ouest de l'Italie nous avons Naples et ses environs, qui, malgré leur grande beauté et leur égalité apparente, constituent à peine un lieu de séjour pour les malades; on peut y séjourner pour s'y reposer ou s'y distraire.

Le docteur 0. Diruf aîné, de Kissingen, a publié sur jNaples en 1861 , dans la Deutsche Kliiiik^ des lettres favorables au.climat de cette ville sur lesquelles nous appelons l'attention, et récemment le docteur Macplierson [Edinburgh médical Journal (1875)) a fait des communications instructives sur les stations médicales anciennes et modernes de la baie de Naples.

Custeiiamare. — Castcllamarc et Sorrente, avec leur paysage enchanteur, sont situées toutes deux au Nord de la presqu'île de Sorrente, exposées aux vents du Nord-Ouest et du Nord-Est et ne se recommandent aux malades que dans la seconde moitié du printemps, en été et en automne. Gastellamare a de magnifiques promenades ombragées; c'est

l'ancienne ville de Stabiœ, qui était recommandée par Galien aux poitrinaires, comme station montagneuse ; l'excellent lait et l'air pur avaient bien certainement une influence puissante et souvent salutaire sur les malades qui vivaient dans les anciennes villes romaines.

liettere. — Cassiodore parle également d'un Mons lactis, situé à proximité de Stabiœ, comme station pour les phtisiques : c'était sans doute Lettere qui est située à environ deux lieues au delà sur le versant Nord du mont San Angelo ; lieu frais et animé, avec ombrages et magnifiques promenades, mais sans uu seul hôtel. Dans les maisons particulières, de même que dans les habitations situées plus haut, au-dessus de Castellamare, et parmi lesquelles il faut recommander l'hôtel Quisisana, beaucoup de malades italiens pourraient passer les derniers mois du printemps, l'été et l'automne jusqu'à la fin d'octobre, bien que la chaleur soit trop forte pour la plupart des constitutions du Nord. Les Italiens ne recherchent pas seulement Castellamare pour son air pur, mais encore pour ses bains de lac et ses eaux minérales.

Vico Ecquense, Meta et Massa Lubrense offrent les mêmes avantages.

Saierne. — Salerne, l'ancien et célèbre Salernum, située à l'angle Nord du magnifique golfe de Salerne, a perdu sa réputation de station médicale. Elle est passablement abritée, possède un air chaud, sec, vivifiant; mais cette contrée présente en été et en automne beaucoup de cas de malaria, qui peuvent être attribués, en partie, à l'air des contrées marécageuses de Pœstum qui se trouvent dans le voisinage ; en hiver même, ces fièvres, quoique plus rares, s'observent encore quelquefois.

Amaifi. — Amalfi, sur la côte Nord du golfe de Salerne, regarde directement au Sud, l'air y est chaud et vivifiant, et les beaux jours nombreux; cette station est imparfaitement abritée contre le Nord. Il faut en dire autant des endroits

CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. loi

situés sur la côte, entre Salerne et Amalfi (Maiori, Minori, Atrani).

Capri. La belle île de Capri est exposée à tous les Agents dans sa partie Nord, à l'exception de ceux du Sud, et ne se recommande pour ce motif que dans les mois chauds; par contre, ia partie Sud, comme le prouve déjà la végétation, est beaucoup plus abritée. L'air est sec et il tombe peu de pluie, d'après ce que m'a communiqué une personne amie, qui y a vécu pendant deux ans. Le nombre dejoursclairsestconsidérable; le sol (roches calcaires) est sec ; les vents qui viennent de la direction Sud sont parfois accablants. L'hôtel Quisisana, dans le village de Capri, est favorablement situé.

ischia. — L'île d'Ischia est trop exposée aux vents dans sa plus grande partie pour en faire une station d'hiver; pendant les mois d'avril à octobre elle convient cependant à beaucoup de malades et surtout aux rhumatisants et aux goutteux, à cause de ses bains chauds. Le meilleur endroit dans ce but est Casamicciola, au pied Nord du mont Epomeo, où se trouvent plusieurs excellents hôtels. Les malades pourront consulter des médecins allemands, anglais ou italiens, soit dans la station même, soit à Naples.

Catane. — Catauc, situéc sur la côte^ Est de la Sicile, a, d'après la météorologie Italienne, une température moyenne de 18°, 5, en hiver, de 11°, 5, au printemps, de 16°, 0; quantité de pluie, 458°"™, répartie principalement en hiver et en automne ; cinquante-trois jours de pluie. Sa situation au pied Sud Sud-Ouest de l'Etna, dont le sommet est recouvert de neige en hiver, occasionne des vents froids, lorsque ceux-ci passent au-dessus de l'Etna (Nord et Nord-Est). Plusieurs de nos malades (phtisis quiescens) se sont du reste très bien trouvés dans cette station; mais ils se sont beaucoup plaints de l'ennui, le pays n'offrant aucun intérêt.

Acciréaie. — Cette statiou est située à 160 m. au-dessus de la mer, entre Catane et Messine; elle a presque le même

climat que Catane, mais la population est moins dense cl l'aif plus pur.

siyraciisc. — Syracusc, avec une situation météorologique t )ut à fait semblable, sous le rapport de la chaleur et de la pluie, est, dans beaucoup de parties, trop exposée aux vents, aussi ne doit-on pas la conseiller aux phtisiques ; à l'exception (!e quelques points abrités, c'est à peine si on l'a recommandée comme station d'hiver. Ses environs, vers l'intérieur de l'île, ne sont pas tout à fait indemnes de malaria.

Malte. — L'île de Malte, dont la ville principale est Valetta (35°, 54 lat. JNord, 14° long. Est), a une température moyenne de 18°, 86, en hiver 13°, 33, au printemps 16°, 21, en été 24°, 54, en automne 21°, 37; variations de température minimes ; quantité de pluie annuelle 608 millimètre avec quantité maximum (72 p. 100) en hiver; air pur, ensoleillé. Malgré sa belle situation, elle est rarement utilisée comme station médicale, si ce n'est par les Anglais, auxquels elle appartient. En tous cas elle est trop exposée au vent pour la plupart des phtisiques; on se plaint surtout de l'action déprimante du sirocco, du peu de plaisir qu'il y a de se promener sur des routes unies, et du manque d'ombrages. Par contre nous y avons observé de beaux succès chez des rhumatisants, chez des malades ayant besoin de chaleur et de soleil. Le prévoyant Walshe s'exprime d'une façon favorable sur son influence dans les phtisies apyrétiques, même à la troisième période.

Iles iiaiéares, Paima, Mahou. — Parmi les îlcs de la mer Méditerranée, nous pouvons citer les îles Baléares comme une station médicale de l'avenir. La plus grande île, Majorque, ofTre plusieurs endroits favorables, parmi lesquels la ville de Palma (38° de lat. Nord, 2° de long. Est), située dans une baie ouverte vers le Sud, présente le plus d'avantages. La température moyenne de l'année (d'après Hann) est de 18°,!; en hiver 11", 6, au printemps 16°, 3, en été 25°,

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en automne 19°, 5; hauteur de pluie 425 millimètres; la pluie tombe surtout en automne et en hiver, Mahon (39" lat. Nord. 4° long. Est), port situé sur la côte Est de Minorque, présente une situation favorable. La température moyenne de Tannée (d'après Hann) est de 17°, 5 ; en hiver 11°, 4, au printemps 15°, 6, en été 24°, en automne 18°, 7; hauteur de pluie 690 millimètres. Nous ne pouvons présenter que des observations de voyageurs, de malades sans fièvre, de phtisiques offrant un état stationaire, qui tous en parlent favorablement, mais témoignent du manque de confort nécessaire pour des malades plus gravement atteints.

Barcelone. — Barceloue (41° de lat. Nord, 2° long. Est), sur la côte Nord-Est d'Espagne, a, sous bien des rapports, une situation favorable, surtout en ce qu'on peut y arriver facilement du Sud de la France et que les stations d'été des Pyrénées en sont fort rapprochées. Au Sud et au Sud-Ouest, elle est soumise cà l'influence de la mer; elle est protégée jusqu'à un certain point contre les vents froids du Nord par une puissante rangée de collines, elle possède en outre des promenades bien unies et facilement accessibles. Température moyenne (d'après Dove) 16°, 9; hiver 9°, 8; printemps 15°; été 24°, 5; automne 17°, 8. Quantité moyenne de pluie, environ 570 millimètres; la pluie tombe par moitié en automne et au printemps; elle est répartie sur soixante-neuf jours environ.

Valence. — Valencc (38°, 28 de lat. Nord), qui a été décrite par le cardinal de Retz comme un des endroits les plus beaux et les plus sains, est tout à fait inhabitable pendant le printemps et l'été, à cause de Thumidité liée à la culture du riz et à la malaria ; mais, d'après Francis, on peut la recommander l'automne et l'hiver. La température moyenne de l'année dépasse, d'après Lorenz et Rothe, 17° ; celle de l'hiver est de 11°, 4; celle du printemps de 15°, 8 ; l'humidité relative est de 68°, et ne varie que peu aux différentes époques de l'année. La quantité de pluie annuelle est d'environ 475 mil-

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limètres; le nombre des jours de pluie est de quarante-sept, répartis pendant l'automne et l'hiver.

itiicantc. — 11 nous faut citer aussi sur la côte espagnole de la mer Méditarranée, Alicante (38° lat. Nord), qui, de même que toute la province de Murcie, doit avoir un climat plus sec que Valence. L'abri contre les vents du Nord et du Nord-Ouest est satisfaisant. D'après Francis, la température moyenne est de 18°; elle est k peine de 12° en hiver; quantité de pluie 430 millimètres, dont 38 p. 100 en automne, 30 p. 100auprintemps,20,7p. 100 en hiver (Lorenz etRothe).

Notre expérience personnelle sur ces deux derniers endroits, oi^i l'on trouve à se loger convenablement, se borne à l'histoire de quelques malades atteints de phtisie apyrétique, stationnaire, qui y ont passé plusieurs mois sans inconvénient; nous avons également suivi quelques commerçants, atteints de la même maladie, qui ont pu y Vivre de dix à dix-huit mois au milieu de leurs occupations. Ces derniers se plaignirent des mois d'été, pendant lesquels se produisirent des troubles digestifs, de la tendance à la diarrhée et de l'inappétence, sans que, cependant les organes de la respiration en souffrissent.

sîaiiig'a. — Malaga (36°, 45 lat. Nord, 4°, 33 long. Ouest) est cité par Francis comme le lieu le plus doux d'Europe, et par Gazenave comme l'endroit le plus favorable de l'Espagne. Elle est située sur un terrain sablonneux gagné sur la mer, et protégée, par un demi- cercle d'environ 1000 mètres do hautes montagnes, contre les vents du Nord et du Nord- Ouest; on y trouve de bons hôtels situés sur l'Alameda. La moyenne de la température de l'hiver est de 13° G., celle du printemps de 18° G., la variation journalière est à peine de 2°, 5, d'après Francis, et les variations des jours et des mois qui se suivent sont toujours très faibles. Le même auteur décrit l'humidité comme tenant le milieu entre Madère et Nice; le nombre des jours de pluie n'est que de 40 p. 100,

CLIMATS DES ILES, DES COTES ET CLIMATS MARITIMES. i'6'6

donc plus faible qu'à Nice et tous nos malades nous ont dit que l'air était sec.

Alexandrie, Port-Saïd. — SuF la côte d'Egypte on peut citer plusieurs localités, surtout Alexandrie et Port-Saïd, qui, avpc une température moyenne de l'année (20, 21°) analogue à celle du Caire, ont un climat moins sec. Bien que ce ne soient pas réellement Là des stations médicales, nous les mentionnons cependant, car on pourra les utiliser au besoin pour des gens d'afîaires atteints de phtisie stationnaire, pendant les mois froids, et, pendant toute l'année peut-être, pour ceux atteints de rhumatismes chroniques ou d'albuminurie.

Smyrne. — Parmi les nombreuses localités situées sur la côte de l'Asie mineure et de la Grèce, et dans les îles, il s'en trouve à peine une qui se recommande au point de Yue du climat. Smyrne (37°, 58 lat. Nord, 27° long. Ouest) a une température moyenne de 17°; en hiver 8°, 7, au printemps 15°, 6, en automne 18°; le maximum de l'été est de 43°, le minimum de l'hiver, de 9°,1. Quantité de pluie 621 millimètres; jours de pluie 67; humidité relative 64 p. 100. Cette localité ne convient pas aux malades qui ont besoin de ménagements; les variations de température sont très grandes en hiver; les conditions hygiéniques sont peu satisfaisantes.

liarnaka. — Lamaka, dans l'île de Chypre (34°, 57 lat. Nord, 33° long. Est), a une température moyenne de 20° ; en hiver 11°; au printemps 17°, 8; quantité de pluie 324 millimètres; jours de pluie 54 ; cet endroit n'est pas complètement à l'abri de la malaria et, pour ce motif, ne pourra être utilisé de longtemps comme station climatérique.

Athènes. — Athènes, en Grèce (37° lat. Nord, 23° long Est), a, d'après Schmidt, une température moyenne de 18", avec de grands extrêmes (-}- 40°, 7 et — 10°); hiver 9°, 55; printemps 16°,66 ; automne 19°,34 ; été 27°, 28 ; quantité de pluie, 385 millimètres; jours de pluie 75; humidité relative 62 p. 100. Le

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climat est absolument impropre aux malades atteints de la poitrine. Le séjour d'Athènes nous a semblé favorable aux goutteux, aux malades atteints de névralgies et de rhumatismes.

Afrique titi Smi . iLe Cap. — Entre tous les licux sccs de la côte de Fhémisphère Sud, il nous faut mentionner avant tout la côte de l'Afrique du Sud, bien qu'à cause de son grand éloignement, cette région ne puisse être utilisée que dans des cas déterminés. Avec la partie élevée de l'Afrique du Sud, nous revenons au climat du continent et plus particulièrement des hauteurs. Sur la côte nous avons avant tout la ville du Cap (Cape-Town 3 >",56 de long. Sud, 18" de long. Est) sur la baie de la Table, au pied des monts de la Table, d'une hauteur de plus de 1000 mètres, avec une température moyenne de plus de 18"; température moyenne de l'hiver 14°; printemps et automne environ 18" ; été, environ 22" ; quantité de pluie environ 600 millimètres; humidité moyenne 72 p. 100. La ville elle-même est poussiéreuse et désagréable. La ville maritime de Sea Point ou celle de Wynberg, située à proximité, dans l'intérieur des terres, avec des hôtels assez bons, est préférable pour les malades. Malheureusement les vents sont fréquents, quelquefois violents, chargés de beaucoup de poussière; par contre on peut aller se réfugier pendant l'époque chaude de l'année dans les points élevés situés à l'intérieur des terres.

Sort-Elisabeth et Fort-Matal OU DurbaU, licUX situés SUr la

côte Sud, sont un peu plus chauds. Les variations de température sont grandes dans tous les points de cette côte, lorsque le vent change subitement. Le vent qui arrive de l'intérieur, pendant les mois chauds, a une température très élevée ; celui de la mer est sensiblement plus frais.

11 n'est pas vraisemblable que ces stations soient recommandées en Europe, en exceptant toutefois l'Angleterre ; il faudrait pour cela que le voyage d'aller et retour fût considéré

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comme une cure, ou qu'on cherchât, pour des gens atteints de phtisie commençante, une occupation que l'on trouve assez facilement dans les ports. C'est ainsi que nous avons observé dix cas de phtisie à 1^ première et à la seconde période chez déjeunes négociants, dont trois ont vu leur état s'améliorer à tel point que, depuis deux, ans déjà, on peut les considérer comme guéris ou tout au moins comme arrivés à un état stationnaire; deux autres malades ne se sont améliorés que par un plus long séjour sur les hauteurs, parce qu'ils n'avaient pu supporter le climat de la côte ; deux moururent lentement, et trois succombèrent plus rapidement qu'ils ne l'eussent sans doute fait dans leur pays.

Australie. I^ouTelle-GalIes du §»m«1. Syrtuey. — L'Australie

présente beaucoup de variétés climatériques qui sont déterminées en partie par sa situation dans l'hémisphère Sud (10° à SQ^de lat. Sud et 113 à 154° de long. Est), en partie par l'influence de l'Océan, et des vastes déserts de l'intérieur. Parmi les ouvrages qui se rapportent à la climatothérapie de ces régions nous signalerons ceux de Montgomery Martin, de Scoresby-Jackson, de J.-B. Brown, de Bird, de Thompson et les ouvrages plus récents de G. Faber, comme complément à ses recherches sur l'influence des voyages sur mer, publiées dans le Practitioner de 1876 à 1878. La partie du tropique située au Nord ne mérite pas d'être signalée au point de vue climatérique. Mais même dans les autres parties, il y a de grandes différences. Sur la côte Est on cite la Nouvelle-Galles du Sud, (du 30° au 37° de lat. Nord) comme possédant un climat sain. Scoresby-Jackson lui assigne une température moyenne de 18° environ; en hiver (juin cà août) 12°, 8, au printemps presque 18°, 6, en été 22°, en automne 18°, 8. Faber donne des moyennes inférieures de près de 1°, ce qui tient sans doute à des observations plus nombreuses. Pendant l'iiiver, les nuits sont souvent froides dans le voisinage de Sydney; mais, pendant le jour, la température est rarement inférieure à 4°, 4. Il tombe peu de

pluie en hiver et au printemps; en été la chaleur est grande, souvent accablante à cause des vents chauds de l'intérieur; le commencement de l'automne est pluvieux, incertain; la seconde moitié de l'automne est agréable. D'après Montgomery Martin on compte environ, par année, 241 beaux jours et 48 jours de pluie. La quantité de pluie est variable ; elle est en moyenne, pour l'année, de 1200 millimètres environ; le maximum de l'humidité relative dans le mois d'octobre est de 80, le minimum en janvier n'est que de 9 p. 100. En hiver les vents du Sud dominent en général ; en été, par contre, ceux du INord ne sont pas rares.

La tuberculose, qui était considérée autrefois comme rare, est devenue plus fréquente; les affections dysentériques sont assez nombreuses.

Outre la station de Sydney, il y a encore cinq autres stations maritimes à la Nouvelle-Galles du Sud, ce sont : port Maquaire et Newcastle au Nord, et Wollongong, Gap Saint- George et Eden au Sud de Sydney ; la température moyenne de ces stations varie entre 17°, 7 à Newcastle et 15°, 5 à Eden, la station située le plus au Midi (37° de lat. Sud). Le maximum à Newcastle est de 28°, 9, à Eden il n'est que de 2o°, à Sydney de 26°,1.

A une petite distance de la côte, c'est-à-dire entre celle-ci et la chaîne de montagnes, se trouvent encore sept autres stations météorologiques : Casino, Grafton, Muswell Brook, West Maitland, Windsor, Parawatta et Liverpool ; elles possèdent toutes un climat moins uniforme que les stations de la côte Sud, c'est-à-dire de plus forts maxima et de moindres minima en été et en hiver, ainsi que de plus grandes variations journahères. Tandis qu'à Sydney la variation moyenne de la journée n'est que de 7°, 8, inférieure à 6° en janvier, à peine de 10° en octobre, elle s'élève pour les stations plus éloignées de la côte à 12° (Maitland) et 14* (Windsor).

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Victoria. MeiboHrne. — Dans la province de Victoria (34° à 39° de lat. Sud, 141° à 150° de long. Est) se trouvent les stations maritimes de Gabo-Island (47° de lat. Sud, 150° de long. Est), port Albert, Melbourne, Cap Olway et Portland. Melbourne, laprincipale ville, à l'embouchure du fleuve Yarra, située dans le port Philipp (37°, 50 de lat. Sud), a, d'après les données'de Faber, une température moyenne d'environ 14°3; dans toute l'étendue de la côte la température est inférieure de 0°,5. Des* relations antérieures (Strzelecki) l'avaient donnée comme presque supérieure de 2°. Cap Otv^^ay possède la température la plus basse 12°, 9; Portland la plus élevée 16°,1 ; cette dernière n'a que 19°, 44 dans le mois le plus chaud, 12 dans le pkis froid; ce fait est dû évidemment à sa situation abritée sur la baie de Portland et à l'action tempérante de la mer. La température moyenne des différentes époques de l'année à Melbourne est, en hiver, de 9°, 6 ; au printemps de 13°, 9; en été de 18°o; en automne de 14°, 8. Dans l'espace de dix-sept ans la température a été, à l'ombre, 61 fois au-dessus de 37°,8 (une fois 43°) et 52 fois au-dessous de 0° ; la plus grande variation de l'année était un peu au-dessous de 46° en 1868. La variation moyenne du jour est de 12°, 4 en été, de 10°, 3 en automne, de 8°, 3 en hiver, de 11°, 1 au printemps.

Australie «lu Sud. Adélaïde. — Dans l'Australie du Sud, la principale ville est Adélaïde, sur le fleuve Torren (34°, 55 de lat. Sud, 138°, de long. Est) ; elle est située, il est vrai, à environ deux lieues de la côte, mais elle peut cependant être considérée comme soumise à l'influence de la mer. Température moyenne 17°, 2; hiver 11°, 8; printemps 16°, 7; été 22°, 8; automne 17°, 9 ; variation journalière moyenne 11°, 5; en hiver de 8°, 5 seulement; cette variation serait plus grande, si les vents de l'Océan n'étaient pas dominants. En été, les variations dues à l'influence du désert, sont les plus considérables (14°,1); elles sont semblables à celle du Caire, comme le rap-

pelle Faber. Le même auteur indique les mois d'automne, avril et mai, comme magnifiques.

Australie occidentale. i»crth. — Daus la provincG Occidentale de l'Australie, la température est à peu près la même, mais la quantité de pluie est plus considérable.

Dans la principale ville, Perth, située sur le fleuve Swan (41° lat. Nord, 115° long. Est), dans une belle j]s.osition, la température moyenne de l'année est de 18°; hiver 13°, 6; printemps 17°, 10; été 22°, 5; automne 19.° A Fremantle (32° lat. Sud, H5° long. Est) la température est inférieure de presque 1°.

Les conditions sanitaires sont très favorables dans l'Australie occidentale. D'après les communications du médecin de la colonie, Ferguson, la mortalité n'est que de 12 sur 1000, tandis qu'elle est de 15 dans la Nouvelle-Galles du Sud et dans la Tasmanie, et bien supérieure dans d'autres colonies anglaises. La faible colonisation ne joue-t-elle pas un rôle important? Avec une population croissante, une pareille mortalité pourrait servir de modèle d'hygiène.

Quant à l'application que l'on peut faire du climat de ces côtes de l'Australie sous le rapport thérapeutique, elles ont beaucoup perdu de la réputation qu'on leur prêtait dans le traitement climatérique de la phtisie. Elles sont cependant toujours efficaces, en choisissant convenablement l'époque de l'année; elles peuvent servir de pied-à-terre entre l'aller et le retour de voyages faits sur mer, dans un but thérapeutique ; elles ont aussi une action favorable sur la santé des colons prédisposés à la phtisie. Les mois d'été sont beaucoup trop chauds pour les phtisiques, mais on peut les éviter en se rendant à Hobart-Town pendant la période la plus chaude de l'année, ou même dans la montagne où il y a des stations d'avenir ; une partie de l'automne, de l'hiver et le commencement du printemps conviennent très bien à des gens- affaiblis et à des tuberculeux. Nous avons obtenu dans six cas de phtisie

un bon résultat à la première période et trois insuccès; dans huit cas à la deuxième période, quatre succès ; chez les quatre autres malades le résultat fut douteux ou mauvais. Plusieurs phtisiques observés autrefois par nous, habitent à proximité de Melbourne et de Sydney, et jouissent d'une santé satisfaisante ; un autre habite la ville d'Adélaïde.

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