‹ ClimatothérapieChapitre 26 sur 34 · QUANTITE · texte numérisé non relu

QUANTITE

en admettant une quantité

en

d'oxygène.

de 100 d'O

millimètres.

à une altitude de 0 m.

CLIMATS DE PAYS PLATS OU DE PAYS ÉLOIGNÉS DE LA MER. ['<d

Lombard conclut de ce tableau qu'à la hauteur de Mexico un homme absorbe journellement 348 grammes d'oxygène de moins qu'au bord de la mer, et, avec Jourdanet, il admet que le corps ne reçoit à une altitude comme celle du Mexique qu'une quantité insuffisante d'oxygène (diète respiratoire).

Mais on peut objectera cette manière de voir que la respiration habituelle dans la plaine n'absorbe qu'une partie, c'est-àdire environ 25 p. 100 de l'oxygène contenu dans l'air, et que sur les hauteurs de 1000 à 3000 mètres, qui sont utilisées comme stations climatériques, il y a dans l'air encore beaucoup plus d'oxygène que le sang n'en absorbe. Laissant de côté toute théorie, les observations importantes de Frankland et de Tyndall nous apprennent qu'une bougie brûle aussi rapidement, à l'abri du vent, sur le sommet du Mont-Blanc (4800 mètres) qu'à Chamonix (environ 1000 mètres).

Les mêmes observateurs admettent aussi que la combustion est plus complète sur les hauteurs et que l'activité des molécules d'oxygène est plus considérable. Nous devons renoncer ici à l'exposition détaillée de leurs opinions si instructives et de leurs conclusions si pleines d'intérêt, et nous renvoyons à leurs ouvrages (Frankland, Philosoph. Transactioiis , vol. CI, p. 629, et On the influence of atmospheric pressure, on combustion in expérimental researches in Chemistry^ p. 863, 1877; Tyndall, Leçons sur la chaleur).

Toutefois il ne faudrait pas tirer trop rapidement des conclusions chimiques et mécaniques quand il s'agit de processus vitaux. Quand on considère les habitants de l'Engadine supérieure et de quelques autres localités des Grisons situées à plus de 2000 mètres, on remarque qu'il n'est pas question chez eux d'une diète d'oxygène ; cette observation est vraie aussi pour le Colorado, localité de l'Amérique du nord, sur les versants des Montagnes Rocheuses, sanatorium très fréquenté aujourd'hui.

Il serait désirable que l'on fît des observations comparées

plus exactes sur l'inspiration d'oxygène et l'expiration d'acide carbonique ainsi que sur les échanges nutritifs, sur les hauteurs et au niveau des plaines. Marcel a donné quelques renseignements très précieux dans ses observations sur les fonctions respiratoires à différentes hauteurs dans l'île et sur le pic de Ténérifîe [Vroceedings of the Roy al Society . London, 1879), et dans les Alpes suisses. 11 a trouvé que la différence entre la quantité d'acide carbonique expiré sur le sommet de la montagne et au bord de la mer était peu considérable; mais tout comme son guide, il expirait plus d'acide carbonique dans les deux stations les plus élevées du pic de Ténérifîe, à une hauteur de 3400 mètres, qu'à une hauteur d'environ 2200 mètres et au bord delà mer; l'excédant était d'environ 1,2 p. 100. Dans les Alpes suisses, l'excédent de l'acide carbonique expiré à des hauteurs de 4000 mètres et au-dessus du lac de Genève, c'est-à-dire à environ 380 mètres, était plus considérable (15 p. 100). Marcel attribue la petite différence observée dans l'île de Ténérifîe à la haute température qu'on ressent sur la montagne, car l'accroissement de la chaleur paraît favoriser l'expiration de l'acide carbonique. Marcel regarde comme essentiellement important, pour l'explication des effets thérapeutiques, l'élimination plus abondante de l'acide carbonique sur les hauteurs, et il admet que le séjour à de grandes altitudes au-dessus du niveau de la mer facilite l'élimination de l'acide carbonique.

La diminution de la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air des hauteurs paraît avoir une grande influence sur les fonctions des poumons, car dans l'air sec le corps perd une grande quantité de liquide et de substances gazeuses. Mais à une évaporation considérable de liquide doit correspondre une diminution de chaleur; à cette cause de diminution il faut en ajouter une autre, due à l'inspiration d'un air en général plus frais. Ces deux circonstances — perte de liquide et de chaleur — atteignent d'abord et surtout les poumons; il serait

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possible qu'elles arrivassent à dessécher, et à refroidir les plus fines ramifications des bronches, par conséquent à produire des phénomènes pathologiques dans ces organes.

Comme l'admettent Waldenburg, Boner et d'autres, il est très probable que, sur les hauteurs, les poumons reçoivent, de même que la peau, une plus grande quantité de sang ; ce fait est dû surtout à la diminution de la pression atmosphérique, peut-être aussi en partie à un apport plus considérable de sang provoqué par l'évaporation.

On peut supposer que cette plus grande affluence de sang produit une amélioration dans la nutrition des poumons.

Dilatation du thorax. — Presque tous les observateurs font remarquer le plus grand développement du thorax chez les habitants des montagnes, et plusieurs d'entre eux ont pensé qu'il était dû, chez les malades, comme chez les personnes en bonne santé, au séjour prolongé dans les régions élevées.

Nous avons observé chez 14 jeunes gens dont le thorax était peu développé, mais qui n'avaient encore rien du côté des poumons, et après un séjour de trois mois à un an dans la montagne, une augmentation de 1 à 2 centimètres et demi dans la circonférence du thorax. Il nous paraît naturel, pour expliquer ce fait, d'admettre avec Boner, que l'élasticité des poumons qui se développe plus énergiquement dans un air plus dilué rend l'inspiration plus difficile et par suite provoque une énergie plus considérable des muscles respiratoires. 11 résulte de ce qui précède que la diminution d'oxygène n'explique pas suffisamment ce phénomène.

Appétit. — A 2000 mètres l'appétit augmente chez la plupart des individus en bonne santé ou peu malades. Après un long séjour dans ces régions, l'appétit revient à l'état normal chez les personnes en bonne santé, si elles ne font pas beaucoup plus d'exercice, si elles séjournent à l'air libre, et si la température est basse ; telle est du moins l'observation que nous

avons faite sur des personnes intelligentes, sachant s'observer, quoique la plupart des médecins et des hôteliers prétendent que l'appétit est plus considérable sur les hauteurs que dans la plaine. Chez les malades les proportions sont différentes. Un assez grand nombre d'individus délicats manquent d'appétit depuis le commencement de leur séjour à des hauteurs moyennes de 1200 à 1600 mètres, et ils arriventà un véritable dégoût de la nourriture ; chez un grand nombre, cet état disparaît au bout de peu de temps et fait place graduellement à une augmentation durable de l'appétit, tandis que chez d'autres ce dégoût de la nourriture persiste et augmente, au point qu'il est nécessaire de les faire descendre dans des régions inférieures et plus chaudes. Ce fait ne paraît être que dans quelques cas en rapport direct avec la dilution de l'air, et par conséquent se rapproche du mal de montagne; l'influence de la basse température, l'augmentation des échanges nutritifs, le pouvoir d'accommodation, sollicité dans ses différentes sphères, entrent en jeu; l'explication de ces phénomènes paraît être la même que celle qui s'applique aux individus délicats et qui souffrent à chaque abaissement de température ; ils n'ont un grand appétit qu'à des températures élevées, au milieu de l'été, où ils développent alors le plus d'énergie. Au contraire, chez la plupart des personnes peu malades, douées d'une certaine énergie fonctionnelle, l'appétit augmente dès le début, comme chez les sujets en bonne santé ; il en résulte que le sang devient plus riche et que la nutrition des organes se fait mieux; plus l'appétit augmente, plus l'assimilation s'accroît. L'appétit ne revient pas à l'état normal, tel qu'il était dans la plaine, et après un court laps de temps, chez les sujets malades, comme chez les personnes en bonne santé ; mais il reste supérieur à ce qu'il était dans la plaine et d'une façon permanente ou tout au moins pendant plusieurs mois.

Comme effets physiologiques ultérieurs, notons encore

une amélioration de la formation du sang et de la nutrition.

On observe également dans les régions modérément éleyées une plus grande énergie musculaire et nerveuse chez lespersonnes en bonne santé ou peu malades.

Sommeil. — Chez la plupart, le sommeil est moins interrompu ; chez d'autres, au contraire, il est très court et troublé par des rêves; ce phénomène désagréable disparaît au bout de peu de jours; s'il persiste, il rend nécessaire le retour dans des localités plus basses. 11 faut toutefois remarquer ici que le sommeil, suivant sa nature, exerce une influence très différente sur l'organisme, que de courtes périodes d'un sommeil profond donnent des résultats identiques et môme supérieurs à ceux de longues périodes de sommeil dans d'autres circonstances. Pour beaucoup de personnes le sommeil paraît avoir une action réparatrice plus grande à des altitudes moyennes; 5à 6 heures leur suftisent parfaitement, tandis que dans la plaine 8 heures leur sont nécessaires.

Chez bon nombre de personnes qui dorment mal dans des localités peu élevées, surtout au bord de la mer, l'air des montagnes est un excellent soporifique ; c'est vrai surtout pour les hommes d'étude et les gens d'affaires.

Les échanges nutritifs sont probablement augmentés chez les personnes en bonne santé et les malades ; mais des observations plus exactes manquent sur ce sujet.

Résumé des elTets pliysiolog^iques. — En résumé, IcS effets

physiologiques observés sur les malades sont : ' 1° Une augmenlation de l'activité de la peau; une amélioration de la nutrition et de la vigueur de cet organe.

2° Probablement, une énergie plus prononcée du cœur et des fibres contractiles du système vasculaire avec augmentation au début du nombre des contractions cardiaques; mais, après un long séjour, un retour au chiffre normal avec une plus grande force des contractions, et par conséquent une

augmeiilation de l'activité de tout l'appareil circulatoire.

3" Un accroissement des mouvements respiratoires au début du séjour; après une station prolongée, retour au nombre normal, mais la respiration est probablement plus profonde. Les muscles respiratoires et sans doute les fibres élastiques des ramifications les plus fines des bronches deviennent plus vigoureuses. Le sang est plus abondant dans les poumons. Ce fait est sans doute dû, comme Binz le suppose, aune augmentation plus considérable de l'ozone dans l'air des montagnes [Ozoniswte Luft, ein schlafmachendes Gas. vo?i C. Bi?iz in Bonn. Berlin. Klin Wochenschrift, 1882 n"" 1 et 2). . 4" En général élimination d'une plus grande quantité de vapeur d'eau par les poumons, et élimination d'acide carbonique plus facile et plus abondante.

5° Dans la plupart des cas, augmentation passagère ou durable de l'appétit; par suite, augmentation de la quantité de nourriture absorbée.

6° Par conséquent, amélioration de l'hématopoïèse et de la nutrition des organes.

T Energie plus grande de l'activité nerveuse et musculaire.

8° Sommeil en général meilleur.

9" Probablement augmentation des échanges nutritifs.

Les ouvrages de Lombard nous donnent quelques explications sur les maladies qui se développent dans les hautes régions, et parmi les ouvrages récents, un des plus précieux est celui du docteur Ludwig, de Pontresina, sur l'Engadine supérieure (Stuttgart, 1877). Parmi les causes de mort, les suivantes sont plus fréquentes sur les hauteurs que dans la plaine : maladies inflammatoires des organes respiratoires, apoplexie et paralysies, inflammation du cerveau, liydropisie, péritonite, et marasme sénile. Par contre diminution considérable des cas de mort par suite de phtisie et de scrofulose. Parmi les maladies les plus fréquentes il faut noter la bronchite, la pneumonie et la pleurésie, le catarrhe des mu-

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queuses, de l'appareil respiratoire et des voies disgestives, de la conjonctive, les douleurs rhumatismales et névralgiques, ainsi que certaines formes d'anémie et de cardialgie qui proviennent, chez les femmes surtout, d'une nourriture et d'une manière de vivre non appropriées h. cette altitude, tandis que la pneumonie chronique, la phtisie, les hémoptysies, la scrofulose, les hémorrhoïdes, les fièvres intermittentes et les états qui s'en rapprochent, sont beaucoup plus rares.

Emploi thérapeutique. — La différence d'efîet des climats qui sont réunis dans ce groupe est très grande, suivant le degré d'altitude, de latitude, suivant l'orientation, la configuration des environs, etc. ; ce n'est donc que d'une manière générale que l'on peut dire que les climats de montagne sont excitants, qu'ils stimulent la plupart des fonctions et qu'ils exercent une action thérapeutique et fortifiante; mais une certaine intégrité de la constitution et une certaine force de résistance sont nécessaires pour obtenir cet efîet salutaire. Après cette première indication nous pouvons ajouter que les climats de montagne agissent favorablement lorsqu'il y a de l'inappétence, des troubles des fonctions digestives provenant de l'insuffisance de l'exercice en plein air et d'un défaut d'oxygénation et dans les états qui en dérivent : anémie, hydrémie, chlorose et cardialgie; catarrhes chroniques du pharynx et des bronches avec augmentation de la sécrétion muqueuse ; troubles dans la circulation et dans la nutrition produits parla malaria à différents degrés. Leur intervention est également salutaire dans beaucoup d'états provenant d'un ralentissement dans la circulation abdominale, dans la disposition hémorrhoïdaire et dans différentes formes d'hypochondrie, dans bon nombre de troubles nerveux occasionnés par anémie ou épuisement, dans les névralgies, les états hystériques légers, la polyurie nerveuse, dans la plupart des asthmes nerveux et bronchiques, quand ils ne tiennent pas à de l'emphysème ou à des afîections organiques du cœur et

des vaisseaux ou qu'ils ne sont pas compliqués de ces maladies. 11 en est encore ainsi dans beaucoup de cas d'insomnie par excès de travail ou par épuisement sans excitation psychique; dans les cas d'atonie de la peau avec tendance à d'abondantes transpirations au moindre mouvement; dans le développement incomplet du thorax ; dans les prédispositions à la phtisie et dans-la tuberculose proprement dite, maladies dont nous aurons lieu de parler d'une manière approfondie. Le climat de montagne agit aussi favorablement sur la scrofule, mais, dans la plupart des cas, les climats maritimes méritent la préférence.

Coutre-iudications. — Parmi Ics états dans lesquels les climats de montagne sont en général contre-indiqués, nous citerons -la plupart «des maladies organiques du cœur et des vaisseaux artériels ; toutefois cette règle n'est pas sans exception, puisque quand il s'agit d'une légère dilatation du cœur et d'une faiblesse des muscles cardiaques avec ou sans altérations des valvules, une élévation de 4 à 600 mètres agit souvent plus favorablement que le climat maritime. Nous connaissons plusieurs cas d'anévrysme de l'aorte dans lesquels il en a été ainsi ; bien plus, Archibald Smith eut l'occasion d'observer pendant longtemps.un homme qui, lorsqujil était à Lima, oii il succomba finalement à son mal, par conséquent au bord de la mer, respirait difficilement au moindre mouvement, tandis que dans les hautes vallées du Pérou (Tarma et Jauja), à une élévation de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, il pouvait faire son service militaire. En général on peut dire que l'athérome des artères, d'origine sénilc ou présénile, ainsi que les affections analogues, constituent une contre-indication pour le séjour des grandes altitudes. Les catarrhes chroniques, avec dilatation considérable des bronches et emphysème, ne permettent le séjour qu'à des hauteurs moyennes; la mer et un air plus dense sont préférables. Dans les hautes régions l'épilepsie s'aggrave,

mais on n'a encore que peu de données sur ce point.

Cliez les malades atteints de troubles psychiques et agités, le séjour dans des régions éleyées augmente souvent l'agitation. Le climat montagneux ne cojivient ni aux malades atteints d'affections rhumatismales, ni aux convalescents de fièvres rhumatismales. Le séjour prolongé dans les hautes régions est également interdit aux personnes atteintes d'une grande faiblesse constitutionnelle et incapables de supporter le vent, le froid et les variations de température. Il en est de même pour les vieillards en général et pour les enfants délicats; les plages chaudes sont bien préférables dans ces deux cas.

On trouvera des renseignements pratiques sur les indications et les contre-indications du séjour au bord de la mer et dans la montagne et une étude comparée entre ces deux séjours, dans l'ouvragé populaire et cependant scientifique de Burney Yeo « Sea or mountain » [Fortnightly Rev., vol. XXII, N. S., p, 193).

Phtisie et climat élevé. — Le traitement de la phtisie pulmonaire dans les hautes régions a excité dans ces derniers temps une attention si générale, que nous consacrerons à cette question un chapitre spécial. La partie historique a été traitée à fond par Kûchenmeister et Thomas; nous rappellerons seulement que, sur la côte du Pérou, où la phtisie est fréquente et rapidement mortelle, l'émigration des malades dans les vallées élevées voisines des Andes, à des hauteurs d'environ 3000 mètres, est, d'après Archibald Smith, le seul traitement habituel favorable qu'on ait employé et que l'on emploie encore. Ce n'est que depuis une vingtaine d'années qu'on a essayé ce mode de médication en Europe ; Brehmer le premier l'a mis en pratique sur une grande échelle à Gôrbersdorf, en Silésie ; il ajoutait à l'influence du climat, qui là n'est pas à proprement parler un véritable climat de montagne, l'influence énergique d'un traitement diététique hygiénique et hydrothérapique. 11 a obtenu ainsi de nombreux résultats

satisfaisants, qui se sont confirmés dans un véritable climat de montagne, à Davos, et dans quelques autres endroits.

Nous ne pouvons nous occuper d'une manière plus détaillée de la pathologie de la phtisie; il faut toujours nous rappeler que, dans cette maladie, il s'agit non seulement d'altérations pulmonaires, mais encore d'un trouble profond de tout l'organisme, et surtout d'une faiblesse innée ou acquise de l'innervation et de la nutrition, souvent compliquée de la respiration habituelle d'un air impur, ou d'une respiration insuffisante, par suite du défaut d'exercice et d'impressions morales prolongées et dépressives. 11 faut ensuite avoir constamment en vue la nature de la constitution, savoirs! elle est ëréthique ou torpide, tant au point de vue psychique que physique.

Les lésions locales présentent de grandes différences suivant chaque cas et suivant leur mode de développement; elles varient également suivant la présence simultanée de différents états et processus dans les diverses parties du même organe malade; néanmoins dans tous les cas on a affaire soit à une inflammation ou à une irritation superficielles, soit à de véritables suppurations, soit encore à des abcès ou à des cavernes et à des trajets fistuleux. Tous ces états s'accompagnent presque toujours de fièvres inflammatoires, purulentes ou septiqiies. Si ces complications avaient leur siège sur l'enveloppe cutanée ou dans les organes génitaux, elles ne guériraient pas facilement dans un air impur, elles s'aggraveraient au contraire.

N'oublions donc pas, dans le traitement de ces affections, les processus qui surviennent sur les plaies extérieures à la suite d'opérations, dans la pratique chirurgicale ou gynécologique, ni les moyens de guérison qui ont été reconnus nécessaires par les chirurgiens. Avant tout, souvenons-nous que l'air pur est la première condition de guérison et que chez beaucoup d'individus les plaies les plus légères, exposées à un air impur, se transforment souvent en ulcérations durables, en trajets

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fisluleux, et amènent de véritables états py émiques et septiques .

Ces points nous paraissent importants, quelle que soit d'ailleurs l'opinion que Ton ait sur la nature de la tuberculose : qu'elle soit produite par une infection organique de spores ou de germes, ou que chaque variété de phtisie soit ou non compliquée, ou que la phtisie provienne de l'inspiration d'un air déjà expiré. Le traitement serait plus facile si nous pouvions traiter directement la plaie du poumon, quoique Lister et d'autres chirurgiens trouvent souvent des difficultés à désinfecter une plaie déjà infectée.

Dans un entretien sur ce sujet avec Brandis, d'Aix-la-Chapelle, cet auteur m'a fait observer que plus on amenait d'air sur une plaie, plus elle guérissait facilement, et que la dessiccation et la compression accélèrent la guérison. Or il est très probable que dans les régions élevées on respire plus d'air, et nous avons déjà fait observer que Tair sec des hauteurs enlève beaucoup d'eau à la surface des poumons, et favorise ainsi la dessiccation.

Nous avons vu en outre que l'air est en lui-même plus froid, et que, pour l'échauffer, la surface des poumons doit céder une partie de sa chaleur, et que cette perte de calorique est ensuite augmentée parl'évaporation de la grande masse de liquide contenue dans les poumons. Nous avons ainsi une augmentation delà ventilation (G. de Liebig), une dessiccation et un abaissement de température, antiphlogose locale. Quant à la compression, elle existe aussi. Rappelons que le thorax se dilate, et souvent de préférence du côté malade ; cette expansion se fait simultanément avec une dilatation des vésicules pulmonaires et plus ou moins d'emphysème autour de la partie malade, de sorte qu'on peut admettre que, dans ces cas, le tissu malade est comprimé et que le rapprochement des surfaces excoriées se fait plus facilement.

Quant à la dessiccation, il est facile de comprendre qu'elle s'étend même aux produits morbides déjà formés ; ils devicn-

nent moins humides; le pus épais se dessèche, il se fait une caséifîcalion et une calcification; la tendance à l'absorption et à des processus pyémiques diminue et avec elle la tuberculose miliaire qui en est une conséquence.

De nouvelles recherches sont nécessaires pour faire connaître si, après une guérison totale ou partielle de la phtisie par le séjour dans un climat de montagne, on trouve plus fréquemment des calcifications sur le cadavre ; nous avons noté dans huit autopsies de malades complètement ou partiellement guéris de phtisie dans des régions élevées, et qui plus tard ont succombé à cette maladie ou à d'autres affections, quatre cas de calcification, et chez des individus encore vivants on trouve quelquefois des masses crayeuses dans les matières expectorées. Les processus de dessiccation, d'abaissement de température et de compression sont entretenus par un plus grand afflux de sang, dû au climat de montagne, et la nutrition du tissu pulmonaire se trouve ainsi améliorée; mais nous considérons toujours la pureté, la constitution aseptique de l'air, comme le facteur le plus essentiel de la guérison ; son importance pour d'autres plaies a été démontrée par Lister, Volkmann, Nussbaum, Brandis, Maas et presque tous les chirurgiens modernes. Quant à l'état général, nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit plus haut sur l'augmentation de l'appétit, de la nutrition, de la force musculaire, de l'activité nerveuse et des échanges nutritifs.

Jadis on attachait une grande importance à une prétendue « immunité » contre la phtisie conférée par les climats de montagne, et nous-même nous avons considéré cette immunité comme bien plus importante qu'elle ne paraît être réellement. Des recherches plus approfondies, ainsi que les résultats de la commission des naturalistes et médecins suisses, ont prouvé que, quoique la phtisie soit beaucoup plus rare à de grandes altitudes que dans les plaines où se trouvent des villes et des fabriques, elle n'en existe pas moins dans une certaine mesure.

et que dans des districts industriels situés dans les régions montagneuses on observe des cas assez nombreux de phtisie; de sorte qu'une manière de vivre anti-hygiénique, un séjour continuel dans des locaux peu spacieux et très peuplés et d'autres circonstances semblables ne sont pas sans dangers, même dans les hautes vallées. Ludwig, de Pontrésina, a observé dans FEngadine supérieure quelques cas de véritable phtisie.

Examinons maintenant rapidement les différents états pathologiques dans lesquels un traitement par les climats de montagne est surtout indiqué :

1° La disposition à la phtisie héréditaire ou acquise est tellement connue, les causes qui la produisent sont si variées, les phénomènes chez les différents malades sont si variables, qu'il est inutile d'insister sur ce point.

2° Pour les maladies de nature très différente comprises sous les expressions de catarrhe, de pneumonie^ à^infiltration des sommets, avec ou sans aplatissement des parties supérieures du thorax, occasionnées par des catarrhes, ou des affections péribronchiques ou pneumoniques, le climat de montagne convient généralement, cependant avec de nombreuses exceptions, que nous étudierons plus à fond en parlant des contre-indications.

3° Les lésions post-pneumoniques dans les lobes supérieurs ou inférieurs, avec induration et catarrhe chronique, si toutefois il n'y a pas de complications; parmi ces derniers nous signalerons une grande faiblesse du cœur, la sénilité ou une maladie de Bright.

4° Les catarrhes bronchiques chroniques des lobes inférieurs déterminés parfois par une péribronchite, sans les complications indiquées ci-dessus et sans emphysème. L'expectoration diminue souvent rapidement sous rinfluence desséchante de l'air aseptique.

La guérison de ces quatre groupes de maladies exige généralement beaucoup de temps, à moins que l'affection ne soit

récente et que la constitution du malade soit encore vigoureuse. Dans un grand nombre de cas, quand ces affections sont anciennes ou occupent une étendue considérable, ce ne sont pas des mois, mais des années qu'il faut consacrer à leur traitement; et, même pour les trois derniers groupes, il reste encore des altérations qui exigent du malade, et pour sa vie entière, une observation exacte des règles hygiéniques appropriées et notamment des précautions climatériques constantes pendant les mauvaises saisons.

5° Les exsudais pleiirétiqiies de nature non purulente sont plus facilement résorbés; il est probable que l'évaporation plus considérable de l'eau et l'augmentation des échanges nutritifs jouent ici un rôle important. Dans ce cas, le séjour dans la montagne doit être prolongé, car, même après le retour à la santé et une résorption complète de l'exsudat, le tissu pulmonaire n'a pas encore acquis son pouvoir complet d'extension et ne le récupère que peu à peu ; les fortes inspi^ rations qui se produisent dans un climat de montagne, ainsi qu'un exercice régulier et gradué, ont une action très favorable.

6° Les foyers caséeux sont modifiés d'une manière heureuse dans les régions élevées, s'ils ne sont pas très étendus, cette influence s'exerce encore d'une manière salutaire, alors même que leur existence n'est que probable. Il est vraisemblable que ces foyers se dessèchent, se résorbent en partie, se ramollissent moins rapidement et tendent à se calcifier. Mais dans des cas semblables, après plusieurs années de santé, on est parfois surpris par une tuberculose aiguë qui survient subitement.

7° L'existence de cavernes n'exclut pas le traitement dans les climats de montagne, en admettant toutefois que la perte de substance ne soit pas trop considérable et qu'elle ne nuise pas à la circulation et à la formation de la chaleur, ou que la marche rapide du processus morbide ne s'accompagne pas de fièvre continue. Nous avons même eu l'occasion

d'observer dans cinq cas, dans lesquels plusieurs médecins avaient trouvé des cavernes dans les lobes supérieurs, une rétraction graduelle, et, après plusieurs années, une cicatrisation probable. Ces cas concernaient des malades de dixneuf à trente ans, atteints de phtisie torpide, avec sécrétion abondante, peu de fièvre, ou bien avec catarrhes récents et une fièvre passagère. L'existence de plusieurs grandes cavernes, soit par suite d'abcès ou de dilatation bronchique, exclut le séjour dans les climats élevés.

8° Le séjour dans un climat de montagne améliorera un simple enrouement chronique, s'il ne provient que d'un catarrhe et d'une légère tuméfaction des cordes vocales et des parties adjacentes, accompagné de sécrétions catarrhales, sans toux d'irritation et sans complications indiquant une tuberculose ou de graves maladies du poumon, par conséquent le catarrhe larijngé simple. Ce même climat, au contraire, ne conyient pas pour les maladies comprises sous le nom de phtisie laryngée.

9° Les sueurs nocturnes abondantes , quand elles dépendent d'une faiblesse générale occasionnée par d'autres maladies, ou d'une atonie de la peau, diminuent beaucoup et disparaissent complètement à la suite d'un court séjour dans les régions élevées, même si elles surviennent comme complications de maladies pulmonaires graves que les climats de montagne sont impuissants à guérir; ce fait s'explique par une déperdition plus grande de vapeur d'eau par les poumons; la peau se tonifie, l'assimilation et la nutrition générale s'améliorent.

10° \^t% phénomènes fébriles liés à la phtisie sont trop variés pour que nous puissions donner ici, à cet égard, des indications exactes ; on peut seulement dire, d'une manière générale, que ces phénomènes fébriles, lorsqu'ils ont un caractère pyémique ou seplique, sont intermittents, avec des périodes intermédiaires apyréliques ou presque apyrétiques; dans ce cas, ils sont bientôt calmés et disparaissent ensuite peu à peu

WiiBER. — Cliiiiatothérapie. -43

SOUS l'influence du climat de montagne et d'un traitement hygiénique et diététique; si, au contraire, la fièvre continue et indique un état inflammatoire à progression rapide, elle est rarement modifiée dans un sens favorable. 11 faut avouer toutefois que l'on ne peut porter à l'avance un jugement certain, car quelquefois on voit apparaître contre toule attente des changements très heureux, dans des cas où on n'aurait pas conseillé une cure de montagne. Mais l'expérience permet d'établir la règle suivante : les personnes qui ont facilement la fièvre, qui, à chaque catarrhe, à chaque écart de régime, à chaque excitation morale, après le moindre • exercice corporel, éprouvent pendant des jours et des semaines une élévation de température, en un mot les personnes à constitution éréthique, ne sauraient profiter d'un séjour dans un climat de montagne, même si l'affection des poumons paraît insignifiante. Par contre les individus qui n'ont pas de fièvre, même avec des lésions locales considérables, et chez lesquels la fièvre tombe rapidement, alors qu'il existe des complications, en un mot les malades à constitution torpide, se trouvent bien d'un séjour dans les montagnes.

H" Les foîictio?is de circulation sont en connexion intime avec le degré de disposition à la fièvre. Un pouls habituellement faible et fréquent n'est pas en lui-même une contreindication décisive; mais un pouls dont l'accélération se manifeste et persiste au moindre catarrhe, à chaque émotion morale ou après tout exercice modéré, indique le plus souvent une tendance aux pyrexies ; cet état du pouls s'observe également chez -les malades pour lesquels de légers troubles sont une cause de lésions étendues et persistantes, et chez lesquels l'harmonie des fonctions est facilement troublée et se rétablit difficilement. Par contre les individus chez lesquels la fréquence du pouls est en général modérée, ou peu augmentée par des complications inflammatoires, et chez lesquels le pouls revient rapidement au chiffre normal, subissent

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l'influence favorable du climat de nionlagne, même lorsque les lésions locales sont étendues.

12° La disposition aux hémorrhagies pulmonaires était jadis considérée par presque tous les médecins comme une contre-indication du climat de montagne ; elle est encore regardée comme telle par plusieurs auteurs ; mais nous croyons que les hémorrhagies sont non seulement moins fréquentes, mais même beaucoup plus rares dans les stations élevées ; celte opinion concorde absolument avec celle de Spengler, Lombard, Williams, Unger, Ruedi, et a été confirmée par les travaux de JoUy et Denison au Colorado.

Sur ce point nous avons les observations de 62 phtisiques qui ont séjourné dans des stations élevées et de 88 phtisiques qui ont habité des régions plus basses. Le temps de la cure des 62 malades dans les climats de montagne représente un total de pjès de 600 mois, et celui des 88 malades dans les régions inférieures un nombre à peu près égal. Parmi les premiers 11 eurent des hémorrhagies, et le nombre de ces dernières fut de 16 pendant les 600 mois ; parmi les seconds 36 eurent des hémorrhagies, et le nombre de ces dernières fut de 62 en 600 mois; les hémorrhagies furent donc quatre (ois plus fréquentes dans les plaines que sur les hauteurs.

11 faut en chercher la raison dans une moins grande tendance à la suppuration, aux états septiques et à la désagrégation des tissus, sur les hauteurs ; ces résultats sont analogues avec ce que Brandis a observé, à Aix-la-Chapelle. Les hémorrhagies après les opérations étaient plus fréquentes avant l'emploi de la méthode antiseptique, surtout pendant la dernière guerre, qu'elles ne le sont actuellement avec cette méthode. C'est pour cette raison que nous avons recommandé avec un certain succès de longs séjours répétés sur les hauteurs lorsqu'il existe une tendance aux hémorrhagies pulmonaires, même sans phtisie évidente et quand il n'y a aucune autre contre-indication.

13° Le climat de montagne a le plus souvent une influence favorable sur la disposition à la diarrhée, quand elle n'est pas liée à des ulcérations tuberculeuses, mais à un état catarrhal en relation avec une atonie de la peau ou un affaiblissement des fonctions digestives.

14° La présence d'un asthme ne constitue pas une contreindication pour un séjour dans une station élevée, quand l'asthme est nerveux ou lié à un catarrhe bronchique chronique, et qu'il n'y a ni emphysème, ni dilatation bronchique, ni maladie du cœur. Nous avons observé plusieurs cas où l'asthme a disparu lorsque les malades avaient quitté la côte anglaise ou la Riviera pour habiter des altitudes moyennes et élevées.

Nous avons déjà parlé des contre-indications^ tant dans ce chapitre que dans la partie générale qui traite de l'effet des climats de montagne.

Il est cependant un point sur lequel nous tenons encore à revenir; en effet, on admet généralement que le climat de montagne convient à tous les phtisiques à la première pé- , riode; or les malades à constitution éréthique, qui ont de la fièvre à la moindre occasion, dont le cœur est excitable, le pouls habituellement fréquent, et qui ne peuvent supporter ni le froid, ni de faibles changements de température, ne peuvent utiliser qu'exceptionnellement et avec une grande prudence les stations élevées. Même Spengler, à Davos, qui donnait jadis la préférence au climat de montagne dans presque tous les cas de phtisie au premier degré, dit, dans une de ses plus récentes communications (Rapport sur les saisons de bains et le séjour dans les sanatoria des Alpes Rhétiennes en 1877), qu'une constitution éréthique est une • contre-indication et qu'il « ne faut pas envoyer les malades de ce genre à Davos, même s'ils ne sont atteints que d'un catarrhe des sommets. »

Il faut également se garder de diriger sur les stations élevées

de PEiirope facilement accessibles, les individus afTeclés de phtisie très ava7icée et encore active, chez lesquels les deux poumons sont le plus souvent malades. Du reste ces cas sont presque toujours désespérés, quel que soit le séjour que l'on choisisse, mais les malades se trouvent cependant mieux dans les climats plus chauds, comme à la Riviera, ou dans le climat natal, ou encore dans des localités tempérées et moins éloignées, dans lesquelles les soins et les relations de famille sont plus faciles.

Si le séjour à Davos ou à d'autres altitudes était instamment réclamé par les malades ou leurs familles, comme cela a lieu souvent, il faudrait leur dire toujours exactement la vérité. Dernièrement dans une communication verbale oi^i il rappelait d'autres contre-indications, Ruedi, de Davos, a attaché une grande importance à l'hérédité et insiste pour qu'on évite les stations élevées, même en cas de lésions locales légères des poumons, quand la maladie paraît franchement héréditaire. Mais comme cet élément aggrave le pronostic, même dans les tentatives de traitement à la Riviera et en Egypte, on ne peut interdire d'essayer dans ces cas un séjour dans les montagnes.

Dans tous les cas oi^i les malades ne peuvent séjourner au grand air et sont forcés de garder la chambre ou tout au moins la maison, il est plus rationnel de renoncer à un séjour dans un climat de montagne, du moins en Europe.

Les adversaires des stations élevées commettent cependant une erreur qui doit nous arrêter un instant, à savoir que les malades ne peuvent être que rarement à l'air libre. C'est le contraire qui a lieu. Chez beaucoup de nos malades non fiévreux, les jours oii ils ont été consignés à la maison ont été des exceptions, aussi bien dans l'Engadine qu'à Davos et dans les régions élevées des Andes et des Montagnes Rocheuses en Amérique, car, même durant les journées de pluie ou de neige, l'exercice au dehors pendant plusieurs

heures est possible avec de bons vêtements, parce que l'air est surtout calme en hiver et que le nombre des beaux jours dans presque tous les sanatoria est de 150 et plus, et celui des assez bons jours de 100. On a encore reproché aux stations élevées que les refroidissements et d'autres maladies intercurrentes, telles que la pleurésie, la bronchite, la pneumonie, la fièvre rhumatismale, les hémorrhagies, la diarrhée, retiennent bien plus fréquemment les malades dans leurs chambres que dans les stations chaudes, mais c'est probablement une erreur. Chez nos malades il en a été tout autrement. Nous avons été à même d'avoir des renseignements exacts sur ce point par 40 malades qui passèrent 1800 semaines dans des stations élevées, et par 48 autres malades qui séjournèrent pendant 2620 semaines dans des stations situées à une faible altitude, et la plupart assez chaudes, comme la Riviera, l'Egypte, l'Algérie, Palerme, Madère. Les 40 malades habitant les hauteurs ont été confinés dans leur chambre pendant 131 semaines, ainsi pas tout à fait 7, 3 p. 100 de leur séjour; et les 48 malades habitants des localités basses et chaudes 495 semaines, ainsi à peu près 19 p. 100. Ces conditions défavorables des stations chaudes ne doivent certainement pas être attribuées complètement au climat, comme nous l'avons déjà fait observer, mais en grande partie aux imprudences auxquelles les malades se laissent entraîner par suite des agréments du climat et des relations sociales.

Aperçu «le mes expériences personnelles. — H nOUS manque

malheureusement jusqu'à présent des données exactes et plus nombreuses qui nous permettraient de formuler des conclusions certaines sur les effets du climat de montagne dans le traitement de la phtisie pulmonaire, et il serait très à désirer que les médecins de ces stations communiquassent de temps en temps, sans rien préjuger, leurs observations ainsi que celles des médecins ordinaires des malades, sur le sort ultérieur de ces derniers.

Le médecin consultant n'est souvent pas en état de vérifier le résultat de la cure climatérique par un examen personnel du malade ou par des rapports médicaux exacts; il en résulte que beaucoup de matériaux ne sont pas utilisés. Mes observations concernent 75 malades qui ont passé 5 mois et plus, en tout 1875 mois dans des stations élevées. De ces 75 malades, 18 furent guéris pour un temps ou pour toujours, 28 furent sensiblement améliorés; chez 14 le résultat fut douteux, et chez 15 la maladie fit de véritables progrès. Sur les 75 malades, 50 étaient au premier degré de la phtisie, avec lésions chroniques des sommets, des reliquats do pneumonie ou de broncho-pneumonie très étendus, et avaient eu une ou plusieurs hémorrhagies pulmonaires. Ces cas donnèrent 17 guérisons, 21 améliorations évidentes; 11 cas furent douteux avec aggravation ultérieure et mort, 1 cas marcha rapidement vers une terminaison fatale.

Sur 18 malades à la seconde 'période^ avec ramollissement et formation de cavernes au début, 1 fut guéri, 5 furent améliorés, 3 douteux et il y eut 9 résultats défavorables.

Sur 7 cas à la troisième période^ avec une ou plusieurs cavernes, il eut 3 améliorations véritables, 1 résultat douteux et 3 aggravations.

Nous devons ajouter quelques remarques à ce court aperçu. Par le terme guérison^ nous désignons les cas dans lesquels les phénomènes constitutionnels, la toux, etc.. disparaissent pendant une ou plusieurs années et chez lesquels il ne reste, en fait de phénomènes locaux, que les signes de la cicatrisation. Sur les 18 cas de guérison précédemment cités, 7 malades succombèrent à de nouvelles poussées de la maladie par suite des conditions défavorables de leur genre de vie : un d'entre eux succomba après douze années de retour à la santé, sous l'influence de conditions morales dépressives et d'un travail continuel dans des espaces étroits et mal aérés, avec exercice insuffisant; un second a récemment succombé.

après 18 années de sanlé, à la suite d'un empyème survenu dans le cours d'une fièvre typhoïde. Dans les deux cas, on trouva des foyers de calcification dans les lobes supérieurs du poumon, des adhérences et des rétractions anciennes considérables. Un huitième malade eut, par suite d'un genre de vie défavorable, et après plusieurs années de santé, des hémoptysies graves, mais depuis deux ans il n'a plus de vomissements de sang, et, d'après les rapports qui m'ont été communicfués, il se trouve assez bien et mène une vie très active à Colorado dans les Montagnes Rocheuses de l'Amérique du Nord. Nous n'avons pas eu de nouvelles de 3 malades pendant ces dernières années; par contre 7 malades, parmi lesquels plusieurs de ceux que nous avons signalés en 1869 à la Medico-Ghirurgical Society àLondres (cas6, 7, Set 10), étaient encore dernièrement indemnes de toute maladie pulmonaire.

Sur les 28 cas désignés comme véritablement améliorés, 5 ont été pour ainsi dire complètement guéris plus tard ; 15 sont obligés de continuer à vivre dans des stations climatériques, avec des résultats variables ; 8 sont morts soit dans leur pays, soit dans d'autres localités. J'ai choisi l'expression amélioration véritable, à cause de la régression, c'est-à-dire de l'amélioration des phénomènes locaux dans les poumons, de l'état général satisfaisant et de l'augmentation considérable du poids.

Sur les 14 malades douteux, on n'a constaté aucune amélioration sensible. Autrement dit les phénomènes locaux ne s'étaient pas modifiés, quoique l'état général parût un peu meilleur ; 9 sont morts plus tard , 4 vivent, tout en étant encore malades, 1 dernier peut être considéré comme guéri.

Sur les 15 malades dont l'état est indiqué comme aggravé, 2 seulement ont passé à l'état de phtisiques stationnaires et apyrétiques avec cavernes, tandis que 13 sont morts plus tard.

Durée du séjour. — Avant de donner un court aperçu sur chacune des stations élevées connues, arrêtons-nous encore sur quelques points importants du traitement. On ne peut

CLIMATS DE PAYS PLATS OU DE PAYS ÉLOIGNÉS DE LA MER. 20i

rien dire de précis sur la durée du séjour ; tout dépend de la consiitulion et de la période de la maladie, de l'état physique et moral de l'individu. Quand il s'agit d'une véritable tendance à la phtisie, même si le malade n'est qu'à la première période, le traitement climatérique devra durer pendant plusieurs années; quant à savoir si toute la durée de la cure doit se passer dans une même station ou s'il faut changer de climat pendant une partie de chaque année, cela dépend des conditions particulières à la localité ou au malade. C'est de ce dernier et de son degré de vigueur que dépend le choix d'un climat de montagne plus chaud ou plus froid, si toutefois ce choix est possible; d'un autre côté la force de résistance du malade, son état moral décideront s'il doit passer l'hiver ou l'été, ou l'année entière dans un sanatorium élevé.

Ce qu'on peut affirmer, c'est que, pour la plupart des malades vigoureux, la saison la plus favorable est celle où, dans les Alpes suisses, le sol est constamment couvert de neige, tandis que pour beaucoup d'autres malades l'été, dans des localités d'altitude moyenne et très boisées, offre plus d'avantages que Davos.

Foute «les nein^es et époque où la terre se reeouTre de neige. —

On n'est pas fixé sur la valeur des périodes intermédiaires entre l'hiver et le printemps et entre l'automne et l'hiver dans les Alpes européennes; il sera difficile de l'établir d'une manière identique pour tous les cas. Ces périodes sont celles de la fonte et de la chute des neiges. Cette dernière période est, il est vrai, peu agréable pour les malades, mais il est préférable, pour presque tous, de se trouver dans les vallées élevées un certain temps avant la chute des neiges, qui a lieu le plus souvent en novembre; il faudrait donc qu'ils arrivassent à la fin d'août ou au commencement de septembre, afin de s'habituer au climat et de se fortifier un peu avant l'apparition de la neige qui pourrait retenir à la maison pendant quelques jours les malades les plus délicats elles plus impressionnables.

La question de la fonte des neiges qui dure plusieurs semaines est bien plus difficile ; à ce moment le temps est très \ariable, très humide; les changements de température sont fréquents et s'accompagnent souvent de vents violents ; le sol est humide. Il n'est pas douteux que pendant cette période on prend facilement des refroidissements avec coryza, toux et angine amygdalienne et que les malades délicats doivent être très prudents; mais il est aussi certain que dans la plupart des cas le danger est beaucoup moindre, quand on observe attentivement toutes les précautions. C'est an médecin de décider s'il y a plus de danger à entreprendre un voyage aux lacs italiens ou suisses ou à la Riviera, que de séjourner dans les Alpes. 11 y aura toujours beaucoup de cas dans les-quels l'état moral du malade jouera un grand rôle, par exemple le désir de voir une autre végétation et d'autres personnes.

On entend souvent dire que les phtisiques guéris dans les stations élevées ne peuvent plus vivre dans les plaines; il est loin d'en être ainsi. Tout phtisique guéri, quel que soit le lieu où la guérison ait été obtenue, devra pendant beaucoup d'années se soumettre aux règles hygiéniques exigées par sa constitution. Le retour aux conditions climatériques et sociales du pays oij il est tombé malade sera toujours dangereux pour lui; il sera obligé de faire plus attention à l'air, à la nourriture et à l'exercice qu'autrefois; sa constitution, le climat, les relations sociales qu'il a dans son pays lui indiqueront s'il peut y retourner et l'époque de ce retour. Cette difficulté est souvent plus grande pour ceux qui ont été guéris ou améliorés dans des stations chaudes que pour ceux qui ont été fortifiés par le climat des altitudes et par le traitement qu'ils y ont suivi.

De l'emploi de iraitements accessoires dans les sauatoria des

monfa^ues. ■ — Il y aurait lieu de parler maintenant des traitements auxiliaires dans les stations élevées, mais nous devons nous restreindre. Brehmer a le premier employé la douche

froide ; on l'a introduite depuis à Davos et à Falkenstein ; dans des cas déterminés son emploi est sans doute très utile ; elle stimule les fonctions, excite les inspirations profondes et endurcit les malades; cependant elle ne convient pas à tous. Les frictions froides et tièdes préparent souvent aux douches et suffisent dans la majeure partie des cas.

L'hydrothérapie n'est pas une condition indispensable du traitement dans les climats élevés; dans les Andes péruviennes, par exemple, ce traitement n'est pas employé, et un nombre assez considérable de nos malades ont fait des cures dans des localités où il n'y a pas de douches, quoique nous ayons toujours conseillé les frictions et les bains pour endurcir et fortifier la peau. Mais l'alimentation joue un rôle encore plus important que la douche, et Brehmer et ses successeurs, Unger, Spengler, Dettweiler, Ruedi et d'autres, insistent avec raison sur les repas fréquents, substantiels et abondants suivant les circonstances. Le vin, dont on donne journellement une demi à une bouteille, forme, dans les cures des montagnes européennes, un élément de l'alimentation.

Il est certain que beaucoup de phtisiques ayant une faible activité du cœur et une innervation languissante supportent très bien une quantité modérée de vin; elle leur permet, surtout dans les hautes montagnes, de prendre plus de nourriture; cependant il y a des phtisiques qui tolèrent mal le vin, même dans la montagne, d'autres qui prospèrent tout aussi bien sans vin qu'avec du vin, de sorte que chaque cas nécessite des règles spéciales.

Nous avons déjà parlé de l'exercice et du séjour à l'air libre; il faut le permettre k tous autant qu'il est possible, et recommander aux individus gravement malades de se tenir dans des galeries vitrées ouvertes, abritées et exposées au soleil. Il importe que le médecin surveille attentivement l'exercice, qu'il le modifie et l'augmente suivant le degré de force du malade. Tout bon sanatorium doit posséder des pro-

menades horizontales et à pente légère, avec de nombreux bancs, très ensoleillées en hiver et à l'ombre en été. Le voisinage immédiat de forêts, surtout de forêts de sapins est très essentiel ; elles forment un abri contre le soleil et le vent et modifient la constitution de l'air.

Des différer! Is sancUoria.

Quoique les différences entre les sanatoria soient très grandes, nous n'essayerons pas de les classer suivant leurs principales propriétés.

L'altitude, la dilution correspondante de l'air et la diminution de pression sont des caractères trop insuffisants pour permettre d'établir la plus simple et la plus constante des classifications, car des localités de même altitude, à des latitudes différentes, et même sous les mêmes latitudes, ont des propriétés très variables. On ne peut pas non plus établir une classification d'après le degré de température, car la différence qui existe entre celle du matin, celle du soir et celle des saisons, et l'exposition au soleil, etc., sont des obstacles insurmontables.

L'humidité de l'air, étudiée dans une même localité aux différentes périodes du jour et de l'année, pourrait peutêtre fournir une meilleure base de classification. Biermann l'a du reste choisie en partie. La nature de la végétation est le meilleur critérium qu'on puisse prendre pour apprécier un climat, et la classification de Lombard et d'autres auteurs, en climats alpins et subalpins, offre beaucoup d'avantages et indique assez bien les conditions climatériques générales. Mais dans le traitement de la phtisie, l'installation et la nature du traitement sont tellement importantes, que nous décrirons rapidement les principaux sanatoria utilisés pour la cure de la phtisie ; quant à ceux qui répondent à des indications générales, nous nous bornerons à les signaler par

districts. Beaucoup de ces derniers ne sont fréquentés que pendant peu de mois de l'été, et la plupart ne conviennent qu'aux malades dont l'état n'exige pas une surveillance médicale constante, car les médecins habitent le plus souvent plus ou moins loin de ces stations.

Alpes européennes.

Commençons par les Alpes européennes et en premier lieu par Davos-Platz.

i>aTos-Piatz. — Davos-Platz, dans les Grisons, est devenu dans l'espace de peu d'années la plus célèbre station pour les phtisiques. Le sanatorium est situé sur un large plateau s'étendant du nord-est au sud-ouest, au pied d'une montagne orientée du sud au sud-ouest. Altitude 1,560 mètres, pression atmosphérique moyenne environ 630 millimètres; minimum en 1876 : 609 millimètres; maximum, 643,5 millimètres. La température moyenne de l'année était, en 1867, d'après Spengler, de2°8,en 1874, d'après W. Steffen, de2"13, et en 1876, d'après le même observateur, de3°19. Les différences de température entre l'été et l'hiver sont considérables; elles oscillent entre un minimum de — 25° et un maximum de -j- 24°; elles sont très accusées si on compare celles du jour à celles de la nuit et même celles de plusieurs jours consécutifs entre elles. La température moyenne des mois de novembre, décembre, janvier, février, mars, est presque toujours au-dessous deO. Janvier est généralement le mois le plus froid, avec environ — 6° à — 7°; juillet et août sont d'ordinaire les mois les plus chauds, avec une température moyenne de 12° à 13°.

Il ne faut pas conclure des températures moyennes basses des mois d'hiver, prises à l'ombre, à celles auxquelles le malade est exposé. Comme nous l'avons déjà dit, à propos des climats d'altitude, la température au soleil est très élevée ; nous renvoyons, à cet égard, aux recherches de Waters,

Frankland et autres. On trouvera, dans le tableau suivant, la moyenne de la température maxima au soleil, obtenue à la suite d'observations quotidiennes par Francis Redford pendant riiiver de 1876-1877 à Davos, et, comparativement, la moyenne de la température maxima à l'ombre, d'après une table donnée par StelTen :

Movcnrie

de la

Oct.

Nov.

Dec.

Janv.

Kévr.

Mars.

température maxima.

A l'ombre ......

Au soleil

Il est facile de comprendre qu'avec une pareille température au soleil, le malade le plus gravement atteint peut rester assis en plein air et au soleil. Mais à l'ombre même, et quand le ciel est couvert, les basses températures sont moins vivement senties que dans la plaine, tant à cause du faible degré d'bumidité de l'air, que par suite de la diminution des vents pendant l'hiver.

L'humidité relative moyenne était, en 1876, de 75,2; et à 7 heures du matin de 80,4, à 1 heure de 57,6 et à 9 heures du soir de 87,6 ; en tout elle est en général un peu plus élevée en hiver qu'en été. Mais comme le degré d'humidité absolue est très important, à cause de son action sur les poumons, il est bon de rappeler que, d'après les calculs de Steffen, nous n'avons que 4^%8 d'humidité dans un mètre cube d'air; ainsi l'air, après avoir été échauffé à 37% température de l'air expiré, pourrait recevoir encore 38°%7 de vapeur d'eau par mètre cube, tandis que l'air à 37° peut recevoir 43^"", 5 de vapeur d'eau. La moyenne d'humidité relative de Davos, à 37°, aurait été en 1876 de 11,1 p. 100, à savoir :

Pour janvier 5.3 p. 100

« février 6 —

» mars 7.5 —

» avril 10.5 —

» mai 11.0 —

» juin 16.2 —

Pour juillet 18.2 p. 100

V, août 18.7 —

» septembre.... 12.9 —

» octobre 12.1 —

» novembre 7.1 —

» décembre 6.8 —

La quantité de pluie a été, d'après Spengler, en 1867, de 950"^°', 7, et en 1876, d'après Sleffen, de 1052 millimètres. Les pluies tombèrent en 1876 pendant 159 jours, tandis que le nombre des jours clairs fut de 112. La moyenne des jours nuageux est désignée par 4,7. La neige recouvre en moyenne la terre de mi-novembre à mi-mars, et pendant ce temps l'agitation de l'air est sensiblement plus faible qu'en été, bien que les jours orageux ne fassent pas complètement défaut enbiver.

La pureté de l'air, le nombre des beaux jours, l'absence de vent font de l'hiver, comme l'observe Riemer, la saison la plus favorable à Davos. En été, au contraire, plus la poussière est fréquente et la chaleur du jour excessive, plus l'ombre est difficile à trouver ; les matinées et les soirées sont souvent froides. A tout cela s'ajoutent, en été, les vents désagréables delà montagne et delà vallée. Le traitement médical consiste, à Davos, spécialement dans l'emploi de douches que le médecin donne toujours lui-même, en frictions humides, en un régime très soigné, additionné le plus souvent de beaucoup de vin et d'une quantité considérable de lait chaud, parfois de koumis préparé avec du lait de vache. L'exercice en plein air est réglé par les médecins et le nombre des promenades à terrain plat et à pente douce s'est multiplié dans ces dernières années d'une façon satisfaisante, grâce à l'activité du comité de la station climatérique de Davos. Il serait cependant nécessaire d'installer un plus grand nombre de bancs abrités. En raison de la grande quantité d'observations qui ont pu être recueillies à Davos pendant plusieurs années, il serait très important que les médecins communiquassent un compte rendu public de leurs succès et de leurs insuccès. Un premier pas a été fait dans cette voie par le D"" Ruedi, en collaboration avec le D"" Clifîord AUbutt ; ce dernier a publié les résultats satisfaisants obtenus chez les malades du D"" Ruedi dans la Lancet de 1878 et 1879; le D^ Theodor Williams [Lancet, 1879) a fait de même.

Les hôtels et les établissements de bains ne font pas défaut, et les installations se sont bien améliorées. Les malades <3evraient exiger, comme condition sine qiia ?io?i, une chambre à coucher grande, 1res aérée et exposée au midi. 11 est bon de remarquer que Ton a fondé à Davos des maisons d'éducation pour garçons (conseiller intime Perthes) et pour filles, de sorte que l'on peut installer pour un séjour prolongé les enfants faibles et ayant des tendances à la phtisie et à l'asthme, sans négliger leur développement intellectuel.

i>aTOB-Dôrfli. — Davos-Dôrfli se trouve dans les mêmes conditions que Davos-Platz ; le soleil y séjourne une demi-heure de plus pendant les mois d'hiver; cette station est un peu plus exposée au vent, surtout à celui de la vallée de Dischma; cependant elle est à peine inférieure à Davos-Platz et offre aussi d'excellentes ressources et les soins médicaux désirables (D' Volland).

»aTos-Fraueiikircii. — Davos-Frauenkirch est situé à une lieue plus bas que Davos-Platz, avec une altitude un peu moindre ; il a d'ailleurs les mêmes propriétés ; les installations commencent à y être satisfaisantes; il y a également un bon médecin.

Wiesen. — Wicsen, situé dans la même vallée alpestre, un peu plus bas encore, à 1450 mètres, a probablement aussi un peu plus de soleil; on pourrait faire de cet endroit, comme de Davos, une station climatérique ; mais jusqu'ici, Wiesen n'a été que peu fréquenté en hiver.

Saint-îBoritz-i>orf. — Dans l'Engadine supérieure le village de Saint-Moritz, situé sur un versant bien exposé au soleil, presque 100 mètres au-dessus du fond de la vallée et à 1637 mètres au-dessus du niveau de la mer, offre des conditions très favorables. Il y a quelques années nous avons eu Toccasion d'observer avec le D'' Berry des résultats satisfaisants chez des malades après des saisons d'été et surtout des saisons d'hiver; les installations pour un séjour d'hiver

des pJitisiques étaient alors défectueuses, parce que les corridors n'étaient pas chaufFés; c'est pour ce motif que cette station ne s'est pas ultérieurement développée ; actuellement M. Badrutt, homme très pratique, a fait arranger une maison pour les séjours d'hiver, et il paraît possible d'y faire de bonnes cures.

Pendant l'été tout le district est si bruyant, et les malades se trouvent en contact si fréquent avec les personnes en bonne santé et qui ne recherchent que la distraction, que la surveillance médicale la plus rigoureuse d'un médecin qui s'y consacrerait exclusivement serait nécessaire ; il faudrait aussi, autant que possible, séparer les phtisiques des personnes venues pour se distraire. Les conditions climatériques sont semblables à celles de Davos; cependant la neige tombe souvent plus tôt et elle fond un peu plus tard.

La température moyenne de l'année est, d'après des observations exactes que MM. Townsend et Greathead eurent l'obligeance de faire pour moi entre 1868 et 1871, un peu plus basse, mais la température au soleil est aussi élevée; en hiver, le nombre des beaux jours est très grand; les vents sont rares; l'humidité absolue, la quantité de pluie et le nombre des jours de pluie sont un peu moindres. Les journées tout à fait claires sont, en moyenne, de 24 à Saint- Moritz, les jours plus ou moins beaux de 160, ceux avec pluie ou neige de 136. A Bevers, qui est situé un peu moins favorablement, le nombre des jours tout à fait beaux a été dans un laps de temps de vingt années de 21,5, celui des jours plus ou moins beaux de 159,9, celui des jours de pluie de 137,7. La quantité de pluie est un peu moindre dans l'Engadine supérieure qu'à Davos.

Samadeii. — Samadeu, la ville principale de l'Engadine supérieure (1740 mètres), est moins élevée au-dessus du fond de la vallée et du rriveau de l'Inn que Saint-Moritz-Dorf ; elle est plus exposée à la poussière et aux vents; malgré cela

VVeber. — Climatothérapie. 14

celte station a donné des résultats satisfaisants dans des cures d'hiver, surtout chez les malades qui ont séjourné à l'hôtel Bernina, qui est bien exposé au soleil. On a organisé à Samaden une maison destinée spécialement aux cures d'hiver; aussi cette localité deviendra-t-elle probablement avec le temps une station hivernale fréquentée.

Pontresina. — Pontresiua (1828 mètres), dans une vallée latérale de l'Engadine conduisant au défilé de la Bernina, à la même hauteur que Saint-Moritz, n'a pas été utilisée jusqu'à présent comme station hivernale, mais les indications climatériques données par le D' Ludwig montrent qu'on obtiendrait très probablement des résultats favorables dans cette localité.

Durant les jours les plus courts le soleil apparaît pendant six heures quarante minutes. L'influence vivifiante du séjour d'été est la même que celle de Saint-Moritz. Nous renvoyons pour des détails plus complets, concernant l'Engadine supérieure, à l'excellent ouvrage de J. M. Ludwig, VEngadine supérieure, son influence sur la santé et la vie. Stuttgard, 1877. Ouv^rage couronné.

Dans l'Engadine supérieure ainsi que dans TEngadine inférieure se trouvent plusieurs points qui, par leur exposition au soleil, un sol sec, à l'abri du vent, et par la possibilité d'y établir des promenades horizontales, conviendraient parfaitement pour des stations d'hiver et d'été. Ainsi dans le voisinage de Celerina (1724 mètres), entre Saint-Moritz et Samaden, de Campfer(i830 mètres), près de Saint-Moritz, dans le voisinage de Vettan (1640 mètres), près de Tarasp et Schuls, et surtout près de Lu sur le versant d'une montagne, au-dessus de la vallée de Munster dans les Grisons, à une hauteur d'environ 1900 mètres, avec exposition au midi, donc avec beaucoup de soleil, ce qu'on peut reconnaître à la culture des céréales.

Parmi d'autres localités de la Suisse qui pourraient être appropriées à des stations pour les phtisiques nous citerons la vallée de Maderan avec l'hôtel Alpenclub (1305 mètres),

Beatenberg (1148 mètres), au-dessus du lac de Thoune, l'hôtel aux Avants, au-dessus du lac de Genève.

Dans les régions dolomitiques des Alpes, par exemple dans la vallée d'Ainpezzo prèsCortina,on pourrait établirdessanatoria, ainsi que dans d'autres localités des Alpes tyroliennes méridionales, comme à Campiglio, à peu de distance de Pinzolo.

IStatious d'été dans les Alpes eiiropéenues. — LeS AlpCS européennes présentent un grand choix de stations d'été à différentes hauteurs, et, parmi les plus élevées, outre les locahlés déjà nommées, nous citerons :

L'hôtel Belalp, au-dessus de la vallée du Rhône (2050 mètres), très bonne exposition au soleil.

Arolla (1900 mètres).

L'hôtel sur TEngstlenalp, dans le canton d'Unlcrwald (1839 mètres).

Campher (1829 mètres).

Silvaplana, dans l'Engadine supérieure (1810 mètres).

Maria Sils, dans l'Engadine supérieure (1805 mètres).

Sils Baseglia (1797 mètres).

Zuz, dans l'Engadine supérieure (1746 mètres).

Rigi-Scheideck (1648 mètres).

Murren, au-dessus de Lauterbrunnen (1630 mètres).

LesbainssurleSanBernardino dansles Grisons (1626mètres).

Zermatt (1620 mètres).

Santa Katerina près de Bormio (1602 mètres).

Rigi-Staffel (1594 mètres).

Campiglio (1520 mètres), non loin de Pinzolo, au-dessus de la vallée de la Sarca.

Parpan, dans les Grisons (1505 mètres).

San Martino di Castrozza (1465 mètres).

L'hôtel des Voirons (1450 mètres).

Rigi-Kaltbad (1440 mètres) et dans son voisinage Rigi-First.

Les bains de Morgins dans le Valais (1410 mètres).

Schuls Tarasp dans la basse Engadine (1407 mètres).

Le Chasserai, dans le Jura, au voisinage du lac de Biel, (1400 métrés environ).

Les stations d'air dans la vallée d'Ampezzo dans les régions dolomitiques des Alpes : Landro, Schluderbach, au-dessus de 1400 mètres, se distinguent par leur exposition au soleil.

Obladisdans le Tyrol (1380 mètres).

Evolène dans le val d'Hérens (1380 mètres).

Fladnitz dans le voisinage de la station de Friesach, dans les Alpes autrichiennes (1360 mètres).

Rosenlaui dans VOberland bernois (1350 mètres).

Spinabad et Glaris (environ 1350 mètres), dans les environs de Davos-Platz.

Comballaz dans le canton de Vaud (1349 mètres).

Les nouveaux bains de Bormio (1340 mètres).

L'hôtel Alpenclub dans la vallée de Maderan (1305 mètres).

L'hôtel Stoss sur le Frohnalpstock (1290 mètres).

L'hôtel Weissenstein dans le canton deSoleure (1282 mètres).

Villard dans le canton de Vaud (1275 mètres).

Wengern près Lauterbrunnen (1275 mètres).

Schrôcken (1265 mètres), petit village des Alpes, admirablement situé au milieu des forêts, près de la forêt de Bregenz, qui contient dans sa direction vers le Vorarlberg, ainsi que dans celle vers Oberstdorf, d'excellentes stations comme Mittelberg(1210 mètres), dans la vallée de Mittelberg ou petit Valais. De nombreuses régions alpines se touchent là; ce sont la forêt de Bregenz, les Alpes bavaroises, autrichiennes, tyroliennes, et celles du Vorarlberg ; toutes offrent de nombreux et excellents sanatoria encore peu fréquentés.

Rabbibad (1250 mètres), dans le Tyrol méridional, bien situé, avec des eaux ferrugineuses acidulés faibles.

Grion, au-dessus de Bex, dans le canton de Vaud (1235 mètres).

Ghessières (1230 mètres)

Cortina dans la vallée d'Ampezzo (1210 mètres) offre dans

ses environs des endroits bien ensoleillés et abrités et dans lesquelsonpourraitfonder une station pour les phtisiques. Cette localité est en quelque sorte le point central des régions dolomitiques des Alpes; on y trouve de bons hôtels. Elles contiennent encore beaucoup de stations alpestres, d'altitude moyenne, encore peu connues, parmi les plus élevées San-Martino de Castrozzo et Vigo, parmi les moyennes Caprile et Primiero.

Kloster dans le Prâttigau (1285 mètres).

Churwalden dans les Grisons (1212 mètres).

Courmayeurdansle Piémont, au-dessus d'Aoste( 1200 mètres).

Hôtel Monte-Generoso (1 200 mètres).

Gsteig dans le canton de Berne (1200 mètres).

Ormond-Dessus dans le canton de Vaud (1163 mètres).

Gournigel dans le canton de Berne, avec de nombreuses forêts de sapins (1155 mètres).

Dissentis dans les Grisons (1150 mètres).

Saint-Beatenberg au-dessus du lac de Thoune (1 147 mètres),

Fuschersbad dans le Tyrol{H40 mètres).

Le village de Sepey ou Ormond-Dessous dans le canton de Vaud (1130 mètres).

Saint-Léonhard près de la station de Villach, dans les Alpes autrichiennes (1110 mètres).

L'Abendberg près d'Interlaken (1100 mètres).

Les Flimser Waldaeuser (1 102 à 1 130 mètres).

Chaumont dans le Jura, au-dessus de Neufchâtel, environ 1100 mètres. , , ,

Les bains de Loèche dans le canton de Berne (1073 mhivesj.tpC^jj^

Fideris dans le Prâttigau (1056 mètres), avec de bonnes sources ferrugineuses.

Chamonix en Savoie (1052 mètres).

Champérydans le Yal-d'llliez (1050 mètres),

Grindelwald dans l'Oberland bernois (1046 mètres).

Saint-Cerques dans le Jura (1046 mètres).

Engelberg dans le canton d'Unterwald (1033 mètres).

Gessenay dans le canton de Berne (1025 mètres).

Bûrgenstock au-dessus du lac des Quatre-Canlons (1000 mètres).

Parmi les stations situées dans les Alpes entre 1000 et 700 mètres, et qui n'ont plus le caractère alpestre, mais celui des climats moyens^ on en trouve beaucoup qui conviennent comme séjours d'élé, pour les phtisiques comme pour d'autres malades, pour lesquels le séjour à un air pur et libre, avec un soleil modéré, est de première nécessité.

En général on peut dire que les propriétés vivifiantes sont moindres ; la température moyenne est plus élevée, la pression atmosphérique ainsi que le degré d'humidité absolue sont plus grands ; par contre, la différence entre la nuit et le jour, le soleil et l'ombre est moindre, l'air s'y trouve mélangé avec plus ou moins de matières organiques. Il est donc important, dans le choix d'une installation, de veiller à ce que la maison se trouve sur un sol sec, autant que possible rocailleux, sur un versant oii les eaux s'écoulent facilement ; il faut éviter le fond des vallées, le voisinage des fabriques, des étables et des amas de fumier. La proximité de forêts est indispensable à cause des grandes chaleurs de l'été ; si l'on doit y passer l'hiver, il faut donner la préférence à l'exposition sud-ouest ou sud. Pour un séjour d'été, l'exposition à l'est et au nord offre de plus grands avantages en raison de la chaleur qui est moindre.

Les stations suivantes offrent plus ou moins les conditions que nous venojis d'énumérer:

Château d'Oeux (994 mètres).

Sarntheim, près de Botzen, dans le Tyrol méridional (990 mètres).

Felsenegg, dans le canton de Zoug (980 mètres).

Les Avants, au-dessus de Monlreux, avec une bonne exposition (980 mètres).

La Prese (960 mètres), dans les Grisons, près du lac de même nom, sur le passage de la Bernina dans la Vellline.

Seewis dans les Grisons (950 mètres).

Alveueu dans la vallée d'Albula (930 mètres), avec des sources sulfureuses.

Achensee dans le Tyrol (930 mètres).

Gais dans l'Appenzell, station célèbre pour les cures de pétillait (924 mètres).

Glion ou Rhigi Vaudois au-dessus de Montreux (700 mètres).

Trogen dans l'Appenzell (905 mètres).

Macolin près de Biel (900 mètres).

Les bains de Weissenbourg, canton de Berne (896 mètres).

Gonten dans l'Appenzell (884 mètres).

Uetliberg près de Zurich (867 mètres).

Trons dans les Grisons (860 mètres).

Mariazell (station Bruck) dans les Alpes autrichiennes (858 mètres).

Albisbrunn, canton de Zurich (850 mètres). * Reutte dans le Tyrol (840 mètres).

Vorauen dans le Rlônthal (Glaris, 830 mètres).

Village et bains de Kreuth en Bavière, (environ 820 mètres).

Weissbad dans l'Appenzell (820 mètres).

Saint-Gervais en Savoie (815 mètres).

Oberstdorf près des stations de Sonthofen et d'immenstadt (812 mètres).

Teufen dans l'Appenzell (810 mètres).

Faulenseebad au-dessus de Thoune (800 mètres).

Mùrzzùschlag au pied du Semmering(790 mètres).

Promontonio dans le val Berzaglia (800 mètres).

Schliersee en Bavière (789 mètres), et au-dessus Bayrischzell (1050 mètres).

Heiden dans l'Appenzell (787 mètres).

Chavannes dans le canton de Berne (780 mètres).

Sonnenberg près de Lucerne (780 mètres).

Giessbach au-dessus du lac de Brienz (780 mètres).

Waidring (770 mètres), station très bien située et encore peu connue entre Wôrgl et Reichenhall (Bavière méridionale).

Heinrichsbad dans l'Appenzell (767 mètres).

Le bourg d'Appenzell (763 mètres).

Schôneck dans l'Unterv^^ald (763 mètres).

Herisau dans l'Appenzell (756 mètres).

Zell am See dans le Tyrol (752 mètres).

Sonthofen dans les Alpes bavaroises (738 mètres).

Ritzbichel dans les Alpes bavaroises (735 mètres).

Seelisberg près du lac des Quatre-Cantons (733 mètres). Tegernsee en Bavière (732 mètres), sur le lac de mêm.e nom, avec de bonnes stations dans les environs.

Thusis dans les Grisons (730 mètres).

Partenkirchen et Kainzenbad dans les Alpes bavaroises, environ 724 mètres.

Ilanz dans les Grisons (718 mètres).

Monnetier sur le Salève en Savoie (712 mètres).

Etablissement de bains Aussee en Styrie (700 mètres).

Miesbach en Bavière (environ 700 mètres).

Parmi les stations des Alpes situées au-dessous de 700 mètres, il en est peu qui conviennent en été pour la plupart des cas, parce que la chaleur y est souvent excessive ; toutefois l'exposition au nord et à l'est et les stations dans les parties septentrionales des Alpes donnent à quelques-unes d'entre elles un caractère un peu différent, il en est de même de l'exposition opposée au sud et au sud-ouest.

Nous indiquerons plus tard quelques localités dans les vallées alpines et sur les bords des lacs des Alpes, quand nous parlerons des stations peu élevées des pays d'intérieur.

Axenstein au-dessus du lac des Quatre-Cantons (692 mètres).

Axenfels immédiatement au-dessous d' Axenstein.

Obstalden au-dessus du lac de Wallenstadt (680 mètres).

Schônbrunn dans le canton de Zoug (670 mètres).

Lesbainsde Stachelberg dans le canton de Glaris(659 mètres).

Le village Aussee en Styrie (650 mètres). Sainte-Radegonde en Styrie (632 mètres).

Charnex près de Montreux(626 mètres).

Kochelsee dans les Alpes bavaroises (605 mètres). Admont en Styrie (602 mètres).

Château de Lebenberg près de Meran (569 mètres).

Stations montueuses et climats de montagne en Allemagne.

Dans les régions montagneuses de l'Allemagne les lieux habités dépassent rarement l'altitude de 8 à 900 mètres ; mais ils ont, dans ce cas, par suite de leur latitude plus septentrionale et de la moindre altitude des montagnes environnantes, non un caractère alpestre, mais tout à fait subalpin par rapport à la température, à l'humidité et surtout à la végétation. Les deux localités qui ont acquis une importance particulière par leurs installations pour le traitement de la phtisie n'atteignent pas cette altitude; nous les indiquerons néanmoins en premier lieu en raison de leur grande importance : Gôrbersdorf et Falkenstein.

Gôrbersdorf est un village qui s'étend en longueur dans une vallée élevée des Sudètes, en Silésie, à environ 550 mètres audessus du niveau de la mer; des chaînes de montagne couvertes en grande partie de sapins la protègent contre les vents violents. La température moyenne de mai à septembre est, d'après Brehmer, un peu supérieure à 14° C. ; le nombre des beaux jours est de 100 pendant ces mois, celui des jours un peu couverts de 40, et celui des jours complètement couverts et des jours de pluie de 15 environ. En hiver, la vallée est naturellement en partie recouverte de neige; toutefois àcause de l'élévation moindre, et d'une température un peu supérieure à celle de Davos, la neige fond assez souvent et le sol devient parfois humide; mais cet inconvénient est moins incommode ici que dans d'autres régions montueuses analogues,

à cause de la pente modérée des jardins de rétablissement Brehmer, et de la perméabilité du sol.

L'air est libre de toute impureté artificielle. Le temps de la cure élait autrefois limité aux mois d'été, c'est-à-dire aux mois de mai et de septembre, mais depuis quelques années on peut y séjourner aussi en hiver.

Le traitement est dirigé par le D' H. Brehmer lui-même et ses auxiliaires (D' v. Sokolowski et D' Schmitthuisen) ; les repas sont fréquents, l'alimentation est appropriée à chaque malade avec vin, si c'est nécessaire ; les pensionnaires se tiennent le plus possible à l'air libre ; en été, les malades faibles passent leurs journées dans des hamacs dans la forêt de sapins voisine; l'exercice est réglé; les douches se donnent sous forme de douches en jet ou en pluie à une basse température et très courtes; le D'' Brehmer les administre souvent lui-même et les frictions sont faites par des personnes exercées. Nous n'avons pas, il est vrai, de rapports exacts sur les résultats obtenus ; toutefois, sil'on en juge par des communications et des observations accidentelles, on peut les considérer comme satisfaisants, surtout en comparaison des résultats obtenus autrefois; la preuve en est qu'à Gôrbersdorf même M. de Bôssing a fondé un second établissement, qui est également sous une direction médicale (D"" Rômpler), et on se conforme autant que possible au système de Brehmer, avec un traitement analogue au sien.

En été, le voisinage immédiat de la forêt de sapins avec son ombre bienfaisante, la grande uniformité des principales conditions météorologiques, l'absence relative de vents incommodes, constituent de très grands avantages que l'on ne retrouve pas au même degré à Davos; des promenades à pentes douces, abondamment pourvues de bancs, s'élèvent jusqu'à 300 mètres au-dessus de l'établissement; elles s'étendent dans une forêt qui en dépend et représentent et constituent un moyen de traitement adapté à l'état plus ou moins avancé des malades et qui est de la plus liante importance.

Pour l'hiver, lorsqu'un climat d'altitude est indiqué, le climat alpin mérite la préférence dans la plupart des cas, en raison des caractères décrits ci-dessus.

Falkenstein sur le versant du Taunus, situé près des stations de Soden et Kronberg, à peine à 450 mètres audessus du niveau de la mer, est installé comme Gôrbersdorf.

Il n'existe que depuis peu de temps; le D" Dettweiler, autrefois médecin en second à Gôrbersdorf, le dirige avec beaucoup d'intelligence et l'a amélioré en bien des points, de sorte qu'il jouit maintenant d'une grande réputation comme établissement pour les phtisiques. L'établissement toutefois n'est pas parfaitement à l'abri des vents d'est, mais on doit remédier à cet inconvénient par une construction.

Il existe beaucoup de promenades abritées et même les ma^ades gravement atteints ont la possibilité de séjourner ea plein air. Comme climat élevé, Falkenstein, en hiver, ne peut pas être comparé à Davos et à d'autres localités analogues. Une surveillance médicale incessante et un traitement approprié constituent pour les phtisiques, même arrivés à un degré avancé, des avantages très appréciables.

Après cette courte notice sur les stations spécialement destinées aux affections des poumons, et qui probablement se multiplieront et s'amélioreront encore, nous mentionnerons un certain nombre de localités montagneuses de l'Allemagne que l'on peut utiliser comme stations d'été et qui, avec des installalions convenables, pourraient être employées au-delà des deux à trois mois d'été. On trouvera des renseignements plus explicites sur les localités suivantes dans l'ouvrage de Reimer : Stations climatériques d'été^ 1877.

Hôchenschward (1010 mètres), dans la partie méridionale de la Forêt-ISoire, pourrait être considérée comme la station la plus élevée des montagnes de l'Allemagne, en dehors des Alpes. L'air y est très vivifiant, toutefois cette localité est exposée

à tous les veiUs, et les forêts sont un peu trop éloignées pour les personnes délicates.

Waldau (960 mètres), également dans la partie méridionale de la Forêt-Noire, près de la station de Donaueschingen, est, grâce à sa position, dans une dépression de terrain plus abritée contre les vents, mais l'air n'y est pas aussi vif.

Schluchsee (950 mètres), à cinq lieues environ des plus proches stations des chemin de fer (Freibourg-en-Brisgau et Waldshut), dans une belle position, avec une installation encore modeste.

Saint-Màrgen (890 mètres), à environ quatre lieues de Freibourg-en-Brisgau, installation simple mais satisfaisante, air assez vif, avec possibilité d'un séjour à l'ombre, et de nombreuses excursions.

Bonndorf (850 mètres), au sud-est dans la Forêt-Noire, h quelques heures des stations de Waldshut et de Donaueschingen, est assez abrité contre les vents; installations simples et rustiques.

Todtmoos (820 mètres), dans la partie méridionale de la Forêt-Noire, entouré de montagnes, avec de ravissantes promenades dans les forêts de sapins voisines.

Hohwald, dans les Vosges, a de belles forêts et une bonne installation ; on peut s'y rendre dès le commencement de l'été j usqu'en automne.

Les Vosges offrent en général beaucoup d'autres localités très favorables à une villégiature d'été, comme Sainte-Odile près de Strasbourg, les Trois-Epis dans la vallée de Munster, tous les deux un peu plus bas que le Hohwald.

Rarlsbrunn (760 mètres), dans les Sudètes de la Silésie autrichienne, air très vivifiant, eaux ferrugineuses acidulés et établissement hydrothérapique.

Saint-Biaise (740 mètres), dans la ravissante vallée de l'Alb, située dans la portion sud de la Forêt-Noire ; on y trouve de nombreuses promenades et une bonne pension.

Steinamûhle (740 mèlres), près de Bonndorf ci-dessus nommé, dans Ja Forêt Noire; bains de rivière très bien installés et forêts splendides.

Wildenthal (730 mètres), dans l'Erzgebirge, avec des forêts magnifiques.

Kônigsv^^at (700 mètres), dans l'Erzgebirge, non loin de Marienbad en Bohême, très bonnes eaux ferrugineuses et excellentes conditions climatériques.

Reiboldsgrûn (690 mètres), dans l'Erzgebirge, eaux ferrugineuses acidulés; est situé tout à fait dans la forêt; climat forestier très prononcé. Les phtisiques commencent à s'y rendre; on les y traite d'après la méthode de Gôrbersdorf.

Heiligenberg, à peu près à la même altitude entre la station de Pfallendorf et le point extrême nord-ouest du lac de Constance, belle position et air très pur.

Frauenstein (660 mètres), dans l'Erzgebirge.

Johannesbad (630 mètres), un Wildbad dans une charmante vallée boisée près de Trautenau en Bohême.

Grâfenberg (630 mètres environ), le célèbre établissement hydrothérapique en Silésie, propre aussi aux cures d'air.

Hohegeiss (620 mètres), village dans des conditions modestes, situé dans une vallée du Harz, entouré de montagnes boisées.

Triberg (620 mètres), dans la Forêt Noire, sur la célèbre ligne de chemin de fer, près de cascades bien connues, avec un grand choix de pensions,

Schreiberhau (615 mètres), près de Warmbrunn en Silésie.

Muggendorf (600 mètres), et Streitberg (585 mètres), dans la Suisse de Franconie, sont fréquentés depuis des années à cause de leur beauté, de leur air vivifiant, de la possibilité de faire des cures de lait et de petit-lait, sous une bonne direction médicale.

Brotterode (590 mètres), dans la forêt de Thuringe, climat rude mais sain.

Rippoldsau (570 mètres)^ la plus haute station du mont

Kniebis dans la Forêt-Noire ; installations très satisfaisantes, magnifiques promenades dans les forêts, sources salines bien connues.

Clauslbal (560 mètres), dans le Harz, climat un peu rude, mais vivifiant,

Alexanderbad (560 mètres), dans le Fichtelgebirgc, remarquable établissement bydrotliérapique et sources ferrugineuses, position agréable et fraîche.

Reinerz (555 mètres), bains ferrugineux très connus de Silésie ; on peut y faire aussi des cures d'air, de lait et de petit-lait. Flinsberg (500 mètres), dans l'Erzgebirge silésien, sources ferrugineuses et air des bois.

Schwarzbach (500 mètres), près de Flinsberg, tout entouré de forêts de sapins.

Griesbach (495 mètres), dans la forêt Noire, près de Rippoldsau, connu par ses sources ferrugineuses et son climat. Antogast (485 mètres), non loin du précédent. Lobenstein (480 mètres) (Reuss-Lobenstein), sources ferrugineuses et autres installations de bains, dans la forêt de Franconie.

Ilmenau (475 mètres), établissement hydrothérapique, séjour très agréable, dans la forêt de Thuringe.

Elgersburg (470 mètres), établissement hydrothérapique de la Thuringe, jouit, comme la localité précédente, de la faveur générale à cause de son air vivifiant et de ses belles promenades dans les forêts.

Olbernhau, Wolkenstein, Warmbad, Einsiedel, Wiesenbad à une altitude de 430 à 460 mètres, méritent d'être cités comme agréables stations forestières dans l'Erzgebirge.

Dans la partie centrale de la Forêt-Noire se trouvent beaucoup de localités entre 400 et 450 mètres comme Schônmûnntzbach, Petersthal , Teinach , Feiersbach, Herrenalb et Liebenzell, qui se recommandent par l'air pur de leurs montagnes boisées et la facilité de faire des promenades.

Il faut surtout citer Badenweiler (420 mètres), qui est recherclié depuis longtemps pour sa position favorable sur le versant ouest de la partie méridionale de la Forêt Noire et pour ses jolis environs ; on y trouve des sources tièdes avec une école de natation très bien organisée ; lait et petit-lait et surtout excellente direction médicale ; on peut y séjourner longtemps, du commencement de Fêté à la fin de l'automne, A cette altitude et un peu au-dessous se trouvent, dans la forêt de Thuringe, des stations d'été remarquables, comme Friedrichsroda (410 mètres), qui, par sa position sur le versant nordest de la montagne, est plus sec et plus frais que beaucoup de localités méridionales plus élevées; la température y est assez égale en raison du climat forestier, et l'agitation de l'air est modérée.

Rubla, à la même altitude, et, un peu plus bas, Tabarz, Tambach, Georgenthal, Ohrdrutî, Louisenthal,Schleusingen, Sonneberg, Blankenhain offrent des pensions pour toutes les bourses.

Environ 100 mètres plus bas que Friedrichsroda, se trouve Liebenstein (315 mètres), avec sa magnifique forêt de hêtres et une installation très confortable pour un séjour d'été; établissement hydrolhérapique, sources ferrugineuses et bonne direction médicale.

Arnstadt (310 mètres) possède, outre ses bains d'eaux salines mères, une situation saine et abritée.

Pour les habitants de l'est, les montagnes des Géants et des Sudètes contiennent une série de localités dont l'altitude varie entre 300 et 450 mètres et parmi lesquelles Schmiedeberg, Buchwald, Roznau, Liebwerda, Petersdorf, Warmbrunn, Erdmannsdorf , Hermsdorf, Fischbach, sont les plus connus; à une élévation analogue dans l'Erzgebirge, Eichwald et Hartenstein.

Le Harz offre aux Allemands du Nord, comme séjour d'été, des stations très recommandables, le plus souvent à une alti-

tude de 200 à 400 mèlros; ces ramifications seplenlrionales isolées du Harz dans la plaine exercent une influence physiologique aussi vivifiante que dés localités plus méridionales d'une hauteur double. Aussi les stations suivantes sont-elles déjà très visitées depuis nombre d'années : Grund, Alexisbad, Klostermùhle, Blankenbourg, Stolberg, Sachsa, Thaïe, Wernigerode, llsenbourg et Harzbourg. Beaucoup de personnes préfèrent les stations plus élevées, mais moins confortables, de: Hohegeiss (670 mètres), Clausthai (560 mètres), Andreasberg (560 mètres), Altenau (460 mètres). Les hôtels, qui sont fréquentés par les touristes, comme la Rosstrappe et le Brocken, quoique leurs conditions climatériques soient plutôt stimulantes, conviennent aussi peu aux constitutions qui ont besoin de repos que les hôtels bien connus du Rigi et du Pilate.

Dans l'Allemagne du centre il y a beaucoup de stations où les habitants des villes et des plaines trouvent, à une altitude de 200 à 400 mètres, un climat très salutaire, ainsi : dans le Taunus,Rônigstein et ses environs, dansl'Habichtswald, Willemshôhe et Wolfsangers , dans le Westerwald plusieurs stations d'une installation encore insuffisante , de même sur le Hunsrûck et dans l'Eifel, oii sur les bords du lac de Laach (281 mètres) on trouve une pension tout à fait satisfaisante.

La Suisse Franconienne ofîre, outre les localités élevées déjà citées de Muggendorf et de Streitberg, d'autres stations d'une altitude moindre comme Phantasie et Berneck.

L'Odenwald et le Haardt ont aussi des stations d'été, mais elles sont trop basses pour être comprises dans celles des climats de montagne, à l'exception toutefois de quelques localités comme Gleisweiler (310 mètres), qui a un établissement hydrothérapique ; on y trouve du lait et du petit-lait excellent, et, dans le voisinage, de belles forêts. Gleisvv^eiler est habitable du commencement de l'été à la fin de l'automne.

Climats des premiers contreforts des Alpes.

Après cet aperçu sur les stations montagneuses de l'Allemagne, revenons encore une fois aux Alpes et au Jura. Ces montagnes, à un niveau de 3 à 600 mètres, ofTrent des localités qui, sous un climat alpin ou véritablement subalpin, possèdent une sorte de climat des régions inférieures des Alpes. D'après leurs positions sur les versants nord ou sud des chaînes principales, sur des pentes ou dans des vallées larges ou étroites, suivant l'abri qu'offrent les montagnes, suivant les vents dominants, suivant la direction de l'ouverture des vallées, elles peuvent, à altitude égale, avoir des conditions climatériques très différentes, et d'après cela convenir plus ou moins à un séjour de printemps, d'automne ou d'hiver ou comme stations de transition.

Dans tous ces endroits le caractère des conditions climatériques est modifié par la proximité de hautes montagnes, dont l'influence s'exerce sur les vents, la température et l'humidité. C'est pour cela que nous les séparons des climats de plaine. Sur quelques-uns d'entre eux le voisinage des lacs agit comme nous l'avons déjà indiqué. En général on peut dire que les localités du nord des Alpes peuvent être utilisées comme stations d'été, celles du centre et du midi dans les saisons intermédiaires, c'est-à-dire au printemps et- en automne; celles abritées contre le vent, bien exposées au soleil, peuvent devenir jusqu'à un certain point des séjours d'hiver.

Des variations subites et violentes ne sont pas rares lors des changements de vents ; aussi les malades doivent-ils prendre de grandes précautions et les personnes gravement atteintes ne peuvent y séjourner qu'exceptionnellement ou pour passer d'une station à une autre.

Le lac de Starnberg ou de Wurm (590 mètres), sur le ver-

Weber. — Climatothérapie. 15

sant septentrional des Alpes bavaroises, offre sur ses bords plusieurs stations pour l'été elle commencement de l'automne telles que : Starnberg, Feldafing, Tutzing, Allmannshausen. Dans le voisinage du lac d'Ammer, qui est situé un peu plus bas, on trouve Greifenberg et tout près Pahl. Tegernsee, sur le lac de même nom, exerce une influence calmante et fortifiante, et on peut recommander ce séjour surtout depuis le commencement de l'été jusqu'au milieu de l'automne.

Tli-oune, sur le lac de Thoune (560 mètres).

Interlaken (560 mètres), bâti dans l'ancien lit d'un lac, qui jadis réunissait sans doute le lac de Thoune et celui de Brienz. Interlaken est un peu plus sous l'influence des deux nappes d'eaux que Thoune, et a une température un peu plus humide et plus égale, et est relativement abrité contre les vents du sud et du nord, mais n'en est pas moins exposé à des changements de vents brusques et considérables. Du reste on peut utiliser ce climat, en y mettantla prudence convenable, du commencement de l'été jusqu'au milieu de l'automne; en été il est en général trop chaud.

Le lac de Chiem (510 mètres) dans la Bavière méridionale ; ses îles sont fréquentées par ceux qui cherchent le repos et la fraîcheur du commencement de l'été jusque fort avant dans l'automne.

Mondsee, sur le lac de même nom, dans le Tyrol (500 mètres).

Mornex, sur le Salève (500 mètres).

Ischl (480 mètres) est situé dans une sorte d'entonnoir; cet endroit est abrité des vents; la végétation y est luxuriante; le climat y est un peu plus chaud et plus humide que dans d'autres localités situées de la même manière, sur le versant nord des Alpes. Pendant l'été et le commencement de l'automne on y trouve toutes les ressources complémentaires que l'alimentation, le lait, le petit-lait, les bains et le traitement médical peuvent offrir.

Rammer (475 mètres), sur le lac Kammer ou Atter.

Reichenhall (460 mètres), sur les contreforts des Alpes bavaroises, dans une longue vallée assez protégée par les montagnes environnantes, offre de bonnes conditions climalériques; on y trouve, en outre, du lait et du petit-lait des eaux mères salines bien connues, et des salles à air comprimé que les travaux de Liebig ont rendues célèbres; les soins médicaux y sont excellents.

Dans le même district : Berchtesgaden, Ramsau, Hintersee, Ronigsee.

Dans celte même catégorie on pourrait encore citer : Chouilly, Peissy, Bessinge, .Jussy, Chougny, Bourdigny, Cologny, Prégny, Saxoney-le-Grand et Saxoney-le-Petit dans les cantons de Genève et de Vaud, entre 450 et 500 inètres.

Saint-Aubin, Boudry, Colombier, Auvernier et Neufchâtel, entre 440 et 480 mètres, dans le canton de Neufcbâtel.

Le lac des Quatre-Cantons offre à une altitude d'environ 440 mètres at immédiatement sur les bords (les localités plus élevées de son voisinage ont été déjà nommées plus haut) une série de stations parmi lesquelles celles exposées au midi : Gersau, Wàggis, Vitznau, conviennent pour un séjour de printemps et d'automne ; mais elles sont trop chaudes en été pour beaucoup de personnes ; il faut encore comprendre ici les stations placées sur la partie qui se dirige du côté de Rûssnach comme Meggen, et Hertenstein, tandis que celles tournées au nord, comme Beckenried et Buochs, conviennent mieux pour un séjour d'été, quoique pour la plupart des personnes elles soient trop chaudes ; l'air est trop peu vivifiant pour un long séjour.

Weesen et Wallenstadt (420 mètres), dans les environs du lac de Wallenstadt.

Gmunden (420 mètres), sur le lac de Traun, a des bains d'eaux mères salines, des bains de rivière et de lac et des promenades ombragées.

Aigle (420 mètres), situé au-dessus de la basse vallée du

228 [division DES CLIMATS.

Rhône, a un bon hôtel exposé au midi et peut, à cause de cela, servir, dans quelques cas, de station de printemps et d'automne.

Bex (410 mètres), situé au-dessus de la vallée du Rhône ; eaux-mères salines bien connues, assez bon climat pour le printemps, saison pour laquelle il est presque toujours difficile de trouver de bonnes stations. On y a les avantages d'un traitement médical et d'une bonne pension. Bex peut être utilisé comme station de transition, surtout au printemps.

Sur les bords du lac de Constance, à une altitude d'environ 400 mètres, on trouve un grand nombre de localités qui offrent un climat assez frais avec la possibilité de prendre des bains dans le lac : Ueberlingen, Friedrichshafen et Lindau, avec exposition au midi, Bregenz (avec le Pfànder, H80 mètres, qui peut servir de station complémentaire de montagne) à l'extrémité est; Constance à l'extrémité ouest, Rudolfszell dans les environs; Mammern et Rorschach, sur la côfe suisse du lac.

Divonne, à 400 mètres environ, près de la station de Nyon, non loin du lac de Genève, dans une vallée avancée du Jura, possède un climat de printemps et d'automne assez doux et les ressources du célèbre établissement hydrothérapique de Vidard.

Beaurivage, près de Lausanne, est également un bon séjour de printemps et d'automne.

Vevey (380 mètres) ; sanatorium bien connu au bord du lac de Genève ; grâce à la présence du lac, le climat y est uniforme, et la ville est assez protégée contre les vents du nord et de l'est par la chaîne de montagnes située au nord et au nord-est; toutefois elle est trop éloignée pour l'abriter complètement. Les hôtels y sont très bien installés; un séjour en automne et au printemps y est donc possible.

Montreux est composé de différents villages situés à des hauteurs variées : Clarens, Yernet, Montreux, Territet et Veytaux ;

il est plus rapproché des montagnes et est par conséquent plus abrité; la réflexion des rayons solaires augmente parfois la chaleur ; cependant des vents froids s'y font quelquefois sentir; les belles promenades et les bancs abrités y manquent un peu. Montreux convient dans beaucoup de cas comme station de transition et peut être utilisé aussi en hiver pour des cas de phthisie stationnaire. Les cures de raisins de Montreux et de Vevey sont très connues; les raisins y sont d'une qualité agréable au goût. Dans ces stations, la chaleur est assez élevée dans les saisons de transition; une courte promenade mène à Glion et aux Avants, qui sont un peu plus élevés et plus froids. Les pluies sont fréquentes à Montreux et à Vevey (1280- 1340 millimètres), sans qu'on puisse cependant les désigner comme des stations humides. La température moyenne de Montreux est de 10°, o, en hiver 2°, 49, au printemps 10°, 49, en été 18°, 7, en automne 10°, 65. Vevey est en hiver et au printemps plus froid d'environ un degré que Montreux.

A cette classe de climat nous ajouterons les anciennes stations d'automne et d'hiver : Meran et Obermais, Botzen et Gries.

Meran, dans le Tyrol méridional autrichien, c'est-à-dire non la vieille ville de Meran, mais la station de Meran qui, avec Obermais et Untermais, forme une seule station, est située sur le véritable versant sud des Alpes, à une altitude d'environ 280 à 360 mètres, entourée au nord-ouest et au nordest de montagues de 3000 mètres; les hôtels et les villas sont disséminés au milieu de jardins et de parcs; l'abri contré le nord, le nord-est, et le nord-ouest serait complet si le ravin de la Passer ne laissait pas arriver du Nord des courants d'air froid auxquels plusieurs points sont plus ou moins exposés selon leur situation.

L'Adige venant du nord-ouest constitue un passage pour les vents froids qui ne sont pas rares. L'air est en général sec ; le sol se dessèche vite; il se compose en partie de giieis

et d'une espèce de granit, en partie d'ardoise et de chaux; il en résulte de la poussière au voisinage des routes principales. La quantité moyenne de pluie est assez forte, de septembre à décembre (299 millimètres); elle est faible au contraire entre janvier et avril (HO millimètres).

L'humidité moyenne dans les mois de cure varie entre 65° et 80°. La température moyenne y est très variable : elle est de 17° en septembre, de j 2%8 en octobre, de 5°, 6 en novembre, de 1°,9 en décembre, de 0%3 en janvier, de 3°, 4 en février, de 7°, 8 enmars, etdel2'',6enavril.Latempératureausoleilestdansles endroits abrités, comme au Wassermauer et au parc d'hiver, qui sont garnis de bancs, de 10°, 15° et 20° plus élevée que la température moyenne à l'ombre, et la localité est en général bien exposée au soleil, de telle sorte qu'entre novembre et mars on peut compter sur 70 journées où Ton peut s'asseoir au soleil. La pression atmosphérique oscille, en moyenne, entre 732 et 750 millimètres. L'état sanitaire est en général très bon ; la mortalité n'est que de 12 à 13 p. 1000. Nous renvoyons aux travaux bien connus de Pircher, Matzegger, Tappeiner, Rnauthe et autres médecins, ainsi qu'à celui de Sigmund, Klimatische lùirorie. On peut faire à Meran, pendant l'automne, une cure de raisin, au printemps une cure de petitlait, et pendant toute l'année il y a un établissement hydro- Ihérapiqiie (D'' Matzegger).

Botzen, environ 250 mètres d'altitude, est en moyenne plus chaud que Meran, mais il est trop éloigné des montagnes qui pourraient l'abriter et par suite trop exposé aux vents, pour pouvoir servir comme station sanitaire pour les malades. Gries, par contre, est beaucoup plus rapproché de la muraille de porphyre de la Guntschna, qui offre un excellent abri contre le nord et le nord-ouest. La température dans le milieu de la journée est de 2° plus élevée qu'à Meran, mais Fespace qui sert à la promenade est un peu limité ; le nombre des logements pour les étrangers laisse à désirer.

On fait l'éloge de rétablissement Austria dirigé par un médecin.

Dans les régions alpines avancées il y a beaucoup de localités qui conviendraient pour des séjours plus ou moins prolongés, mais qui sont encore peu connues; par exemple, au sud des Alpes tyroliennes, on peut citer Recoaro, déjà très fréquenté par les Italiens, à 400 mètres environ au-dessus de la mer ; eaux ferrugineuses, beaux environs et bonne installation.

tiacs de l'Italie supérieure. — LeS localités situécS SUr IcS

lacs de l'Italie supérieure pourraient être rangées également dans d'autres groupes climatériques, mais elles sont toutefois tellement influencées par le voisinage des Alpes, qu'il est impossible de leur assigner une place ici. Quelques points seulement, en raison de l'abri que donnent les montagnes avoisinanles, peuvent convenir comme sanatoria durant les mois moins chauds, tandis que, pendant les moisd'élé, la chaleur y est trop forte pour la plupart des cas ; ces localités sont : Cadenabbia sur le lac de Côme, Pallanza, sur le lac de Langen , Lugano sur le lac de ce nom et les stations de Gargnano et de Salo, avec des installations encore insuffisantes, sur le lac de Garde. Dans la région de ce dernier lac se trouve Arco, dans la vallée de la Sarca. On peut dire en général de ces localités qu'elles sont des stations de transition pour les mois de septembre, d'octobre et le commencement de novembre, et pour les mois d'avril et de mai ; pendant l'hiver proprement dit elles ne conviennent pas pour les constitutions délicates qui ont besoin de chaleur et d'abri; par contre elles suffisent pour les phtisies stalionnaires apyrétiques ou guéries, ou pour celles qui réclament seulement du repos et du soleil.

Les températures moyennes sont environ de 2° plus élevées que celles de Meran ; la répartition en est un peu plus uniforme ; l'humidité moyenne relative oscille, dans les mois d'automne et d'hiver, entre 72 et 78"; au printemps elle descend un peu

au-dessous de 70". Les brouillards sont rares. L'automne (septembre à novembre) a en moyenne le plus grand nombre de jours de pluie (36 à 40), Thiver (décembre à février) le plus faible (15 à 20), le printemps (mars à mai) 34 à 36 jours. La neige tombe en moyenne durant 6 à 8 jours; elle tient rarement plusieurs jours.

Parmi les vents locaux, comme on les observe sur les bords de tous les grands lacs, ce sont ceux du nord et du nord-ouest qui régnent le plus habituellement ; les tempêtes sont d'ailleurs rares, et le nombre des jours pendant lesquels les malades doivent rester tout à fait à la maison n'est pas considérable. La poussière est en général moins désagréable que dans la Riviera.

Le lac le plus élevé au-dessus du niveau de la mer est celui de Lugano, environ 280 mètres ; le lac de Corne et le lac de Laugen ont presque la même altitude, à peu près 200 mètres, tandis que celle du lac de Garde est inférieure à 100 mètres.

Parmi les travaux récents il faut surtout citer les « Contributions » du D'' Thomas (1873) ; elles renferment des renseignements exacts sur Cadenabbia et Lugano ; le remarquable ouvrage du D"" Scharrenbroich sur Pallanza contient des données sur les conditions climatériques non seulement de Pallanza^ mais de toute la région des lacs de l'Italie supérieure. A Cadenabbia, Lugano et Pallanza les principaux hôtels sont ouverts pendant toute l'année; mais le Grand hôtel de Pallanza est certainement la meilleure installation pour l'automne, l'hiver et le printemps.

Arco, à environ 2 kilomètres en amont de Riva, dans la vallée de la Sarca, est seulement à 7 mètres au-dessus du lac de Garde et à 73 mètres au-dessus de la 'mer Adriatique. Cette station, d'après les communications du D"" Rukeisen, a une température un peu plus élevée que les localités des lacs de l'Italie supérieure cités ci-dessus et se trouve complètement à l'abri du vent pendant l'hiver.

Le soleil luit pendant une grande partie de la journée. La présence des oliviers indique que le thermomètre ne descend jamais au-dessous de — 9^ Les promenades sont nombreuses mais rustiques; les parlies parfaitement abritées ne s'étendent que sur de courts espaces. Tout y est en voie de formation, mais on ne manque pas de chambres bien ensoleillées et modestement installées. Riva même est trop exposé aux vents en hiver ; ce séjour est préférable au printemps et en automne.

Pendant ces deux périodes de l'année, et même pendant l'été, les lacs italiens offrent aux malades qui supportent bien la chaleur un grand nombre de localités ; sur le lac de Langen : Stresa, Baveno, Locarno, avec de grands hôtels et Belgirate, Laveno, Canobbio pour des malades moins exigeants; sur le petit lac d'Orta la station de même nom, très agréable au printemps et en automne; Yarese, non loin du lac de même nom ; Bellagio avec la- Villa Serbelloni sur le lac de Côme, très agréable au printemps et en automne, trop chaud en été pour la plupart des malades.

Apennins et Alpes maritimes. — Après Ce que nOUS VCUOnS

de dire il conviendrait d'étudier maintenant les prolongements des Alpes, les Alpes maritimes, les Apennins et les Abruzzes. Bien que ces chaînes de montagnes renferment sans doute bon nombre de localités montueuses ou semimontueuses bien situées, les installations actuelles y sont presque partout si insuffisantes, que, au point de vue climatérique, il est encore impossible de les utiliser pendant une grande partie de l'année.

Nous pouvons en citer quelques-unes comme stations d'été: Abetone et Serrabassa, dans le voisinage de Pracchia, entre Florence et Bologne, Saint-Martin Lantosque (altitude : environ 1000 mètres), dans les Alpes-3Iaritines ; dans cette dernière localité on a fondé un sanatorium d'été pour les malades de la Riviera; et non loin de là Berthemont, Belvédère,

Bollène et La Cascade ; Vinadio, Valdieri, la Chartreuse de Pise et Saint-Dalmas di Tenda.

Jusqu'à présent la France ne possède aucune station exclusivement alpine dont on pourrait se servir pendant toute l'année; par contre, plusieurs localités se sont graduellement organisées pour des séjours d'été. C'est ce qui a été fait pour les stations situées dans les Alpes-Maritimes et que nous venons de signaler, on les utilise au point de vue purement climatérique pour le traitement de la phtisie ou d'autres affections. D'autres localités ne doivent leur réputation actuelle qu'à la présence de sources, le plus souvent sulfureuses ou arsenicales chaudes, bien que l'on doive attribuer une grande partie de leur incontestable utilité aux conditions climatériques qui ont en tout cas pour auxiliaire, dans beaucoup de circonstances, l'emploi des eaux minérales.

Il est très probable qu'on pourrait fonder des sanatoria dans les Alpes françaises, par exemple dans le voisinage de la Grande-Chartreuse (Isère), à 1400 mètres d'altitude, ou dans la région de Briançon (Hautes-Alpes), à une altitude de 13 à 1400 mètres. Comme climats d'été on trouve, dans les vallées du Dauphiné, bon nombre d'endroits aussi agréables que frais, spécialement les bains d'Uriage et d'AUevard. On pourrait augmenter facilement le nombre de ces stations en créant des installations confortables, car on rencontre dans ces régions de nombreux points oii les conditions locales sont très favorables. Les montagnes et les vallées de l'Auvergne sont de plus en plus fréquentées pendant l'été, mais du milieu de septembre jusqu'à fin mai, elles sont complètement abandonnées par les malades, et cependant on pourrait utihser climatériquement, pendant une grande partie de l'année, le Mont-Dore (altitude 1000 mètres environ), la Bourboule (840 mètres), Saint-Nectaire (784 mètres), ainsi que leurs environs et d'autres localités. On peut en dire autant des Pyrénées où Barèges, Cauterets, Bagnères-de-

CLIMATS DE PAYS PLATS OU DE PAYS ÉLOIGNÉS DE LA MER. 23o

Luchon, Bagnères-de-Bigorre, Eaux-Bonnes et autres points, pourraient servir de sanatoria pendant un temps plus prolongé qu'on n'a l'habitude de le faire actuellement; cependant, l'exposition au nord et les alternatives de gelée et de dégel, de chute et de fonte de neige, permettraient difficilement d'y établir des stations d'hiver proprement dites. A une altitude plus considérable ces inconvénients disparaîtraient peut-être.

Les pentes méridionales des Pyrénées tournées vers l'Espagne conviendraient probablement mieux ; c'est là où est située Penlicosa (altitude 1600 mètres), qui jouit d'une grande réputation dans le traitement de la phtisie, quoique l'on attribue surtout cette réputation aux sources chaudes. Partout les installations pour l'hiver font défaut.

Comme stations d'été, on trouve dans les Pyrénées bon nombre d'autres localités, outre celles que nous venons de nommer, avec des logements convenables; ainsi dans la partie occidentale : les Eaux-Chaudes, Argelès, Pierrefitte, Saint- Sauveur et Luz ; dans les Pyrénées-Orientales : Vernet-les- Bains et Amélie-les-Bains; ce sont là de très bonnes stations d'automne; enfin, Saint-Laurent de Cerdans et la Preste-les- Bains.

Les versants occidentaux des Vosges renferment d'excellentes stations d'été ; Remiremont, Plombières et Gérardmer.

On trouverait bon nombre de bonnes stations d'été dans les Ardennes avec leurs nombreuses forêts de sapins, non seulement dans le nord- ouest de la France, mais aussi en Belgique.

Les chaînes de montagne de l'Angleterre et de l'Ecosse n'ont pas tout à fait le caractère des altitudes correspondantes à celles du continent, mais elles sont jusqu'à un certain point sous l'influence de la.mer; surtout dans les montagnes élevées de l'Ecosse et du pays de Galles, il y a une

très grande hiimidilé, tant du sol que de Fair, en rapport avec une quantité considérable de pluie et une tendance aux brouillards, il faut ajouter en outre que la région montagneuse appartient pour la plupart du temps à de grands propnétaires qui s'opposeraient à la création de sanatoria dans leurs domaines de chasse; aussi est-il rarement permis d'en installer; néanmoins, dans quelques points, on trouve un bon logement, surtout une nourriture fortifiante et le plus souvent des conditions hygiéniques relativement excellentes. En Ecosse, Braemar et Ballater (entre 2 et 300 mètres d'altitude), dans le voisinage de Balmorel, ont des climats très vivifiants; Pitlochrie, Blair-Alhole, Inversnaid sur le lac Lomond, le Trosachs, sur le lac Katrine, et Bonavie sur le canal de Calédopie, Grieff et bon nombre d'autres points constituent d'excellents séjours d'été avec possibilité de faire des excursions; Bridge of Allan est une des localités les plus abritées et les plus ensoleillées de l'intérieur de l'Ecossse où cependant les brouillards sont assez fréquents. Les bains de Moffat et de Stralhepeffer peuvent être tyuployés aussi comme sanatoria d'été.

En Angleterre, les bains de Buxton dans le Derbyshire, à une altitude de 300 mètres, avec sources tièdes et indifférentes, est un des endroits les plus élevés que l'on puisse fréquenter. L'air y est très vif, mais il serait encore meilleur dans les tourbières voisines que l'on utilise seulement pour la chasse. On rencontre un air aussi excitant dans les environs d'ilkley, dans le Yorkshire, où les établissements hydrothérapiques bien connus de Ilkley Wells et de Benridding acceptent aussi les personnes qui font de simples cures d'air, dont l'effet peut être complété par une hydrothérapie appropriée. Les bains très connus de Harrogate et ses environs, également dans le Yorkshire, peuvent être employés comme une station d'été stimulante. Great Malvern, sur le versant des coteaux de Malvern, a également un air excellent, mais

un peu moins stimulant. Dans les montagnes et les vallées du pays de Galles se trouvent aussi de bonnes localités, la plupart cependant plus ou moins humides. Llanberris, dans le voisinage du Snowdon, est un des endroits oi^i l'air est le plus vivifiant, mais trop bruyant à cause des touristes ; les bains de Llandrindod et de Builth sont plus tranquilles. Dans le sud de l'Angleterre, il y a dans les collines de chaux et de sable de Surrey, Kent et Sussex, spécialement celles qui sont recouvertes de sapins, par exemple à proximité de Weybridge, de Leith Hill, Tunbridge Wells^ Sevenoaks, Haywards Heath, beaucoup de localités dont l'air est modérément excitant, ainsi que dans le sud-ouest du district de Dartmoor, et dans le voisinage du canal de Bristol, Clifton et ses environs. On ne peut pas considérer ces localités comme des climats de montagne. Elles appartiennent bien plutôt aux climats de plaine; nous ne les citons ici qu'en raison de leur rapport local avec d'autres climats de l'intérieur de la Grande-Bretagne.

Cordillères de l'Amériqde. — Lcs lougucs chaîues de montagnes élevées de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud constituent le territoire le plus étendu pour des sanatoria de nature très différente. Dans les zones tropiques et dans leur voisinage, les régions montueuses présentent, au-dessous de 2000 à 2500 mètres, même dans les saisons froides, des températures qui dépassent celles de l'été dans les zones tempérées, de sorte que, en général, cène sont que les localités qui ont une altitude de 2800 à 3800 mètres au-dessus du niveau de la mer que l'on utilise dans le traitement de la phtisie, tandis qu'en s'éloignant de l'équateur vers le pôle, ces conditions changent et on trouve des climats favorables à la guérison de la phtisie, dans des localités moins élevées. Le nombre des localités que l'on pourrait adapter aux cures climatériques de montagnes est probablement incalculable; aussi y a-t-il là un grand avenir pour l'établisse-

ment de sanaloria. Mais jusqu'à présent on n'ulilise qu'un petit nombre de localités.

Andes péruvieuues. «fauja et Huaneayo. — Le S "Vallées leS

plus anciennement connues sous ce rapport sont les vallées élevées des Andes péruviennes, et on a surtout expérimenté la vallée du Jauja entre, les 11° et 12^ degrés de latitude sud et les 75" et 76'' degrés de longitude occidentale.

D'après Arcbibald Smitb [Dublin Quarterly Journal, May 1866), il y a sur les bords du Jauja, et à une altitude de 2500 à 3000 mètres, et même un peu plus haut, de nombreuses localités, parmi lesquelles les villes de Jauja et Huaneayo sont les principales stations pour les nombreux phtisiques de la capitale du Pérou. La température de Jauja d'après A. Smith est de 10 à 15° C. pendant toute l'année, et celle de Huaneayo, située un peu plus bas de 11 ,25 à 170,5 0. ; d'après le même auteur, « le ciel y est toujours clair et le soleil n'est jamais voilé; l'air pur et vivifiant vous invite à l'exercice. » Dans cette vallée le gouvernement péruvien a fondé en 1860 un hôpital pour le traitement des soldats devenus phtisiques sur la côte, surtout pour les Indiens que la phtisie atteint rarement dans leurs montagnes, mais presque à coup sûr quand ils se trouvent dans le climat torride.

Le médecin péruvien Fuentes, que Smith dit être impartial, exprime le rapport des guérisons de la phtisie à Jauja par le chiffre considérable de « 73 42/85 p. 100 ». Nous avons observé quatorze cas de phtisie; deux de ces malades avaient une phtisie au premier degré, deux au troisième et dix au second degré : c'étaient des négociants de Lima, de Callao, de Valparaiso et d'autres villes de cette côte ; à Jauja, leur état s'améliora au point qu'ils retournèrent à leurs occupations sur la côte ; parmi eux, six sont restés guéris, cinq ont été obligés de retourner dans les climats de montagne à la suite de rechutes, trois ont succombé plus tard à leur maladie, en Europe, sans avoir eu encore une fois recours aux climats de

montagne; sur les cinq qui, plusieurs fois, sont revenus à Jauja, trois succombèrent plus tard, tandis que deux peuvent être considérés comme relativement guéris.

Plusieurs de nos clients ont habité pendant un certain temps différentes villes de la Bolivie, de la Nouvelle-Grenade, de l'Equateur, comme Santa-Fé de Bogota, qui a une altitude inférieure à 3000 mètres; Quito, à l'altitude d'environ 3000 mètres ; Cuzer, à plus de 3500 mètres, localités que l'on peut utiliser comme stations sanitaires. Le plateau de Mexico offre, à une hauteur d'environ 2000 mètres, plusieurs localités convenables, surtout la capitale Mexico et Puebla. Les ouvrages de Jourdanet donnent sur les climats de Mexico beaucoup de renseignements.

Scrivener recommande les régions montagneuses de la République argentine; le Brésil envoie souvent ses phtisiques sur les versants orientaux de la Cordillière.

BIoutag;nes Rocheuses. Colorado. — iJaUS leS titatS-UniS

de l'Amérique du Nord on utilise fréquemment, depuis dix à douze ans, plusieurs stations élevées, surtout dans l'Etat de Colorado, sur le versant oriental des montagnes Rocheuses, où Manitou, à environ 1900 mètres d'altitude, Colorado Springs, 1800 mètres, et Denver, 1500 mètres, sont devenus des lieux de refuge pour les phtisiques. Nous renvoyons pour ces localités au remarquable ouvrage du D'' Denison de Denver, Influence of high altitudes on the progress of phtisis, Philadelphie, 1877, et à une communication du D"^ Solly sur Manitou (1875), enfin à une courte note sur cette dernière localité dans la Lancet de 1877 (vol. II, p. 256).

Manitou, 38° latitude nord, 105° de longitude occidentale, est situé dans une dépression du plateau de la pente orientale des montagnes Rocheuses, près du pic Head,haut de 4500 mètres, et à 10 kilomètres de Colorado Springs; c'est un endroit champêtre avec de nombreuses sources d'eaux minérales.

Nous empruntons à un tableau météorologique contenu

dans le rapport de la Médical Society du Colorado pour 1878, et qui s'étend de 1872 à 1877, les chiffres moyens suivants pour Denver, qui est situé à environ 400 mètres plus bas que Manitou. Température moyenne, 9%2; dans les mois les plus froids, décembre et janvier, le thermomètre descend au-dessous de 0°; dans le mois le plus chaud, juillet, 22°o ; les variations diurnes moyennes sont de 15,5; le maximum de température atteint exceptionnellement jusqu'à 30°. L'humidité relative est seulement de près de 47%2; la quantité de pluie etde neige seulement de 46 centimètres; le nombre des jours de pluie 68, parmi lesquels 40 avec de la neige. Beaux jours 147, jours assez beaux 134, jours couverts 65. Le mouvement moyen du vent pendant l'année est en moyenne de 83,000 kilom. Il s'agit donc d'un climat modéré, avec de nombreux changements de la température moyenne, très peu d'humidité, beaucoup de beaux jours et un vent assez violent. A Manitou, la température est un peu plus basse, on y est plus abrité contre les vents par les montagnes; la chaleur au soleil y est un peu plus élevée, de sorte que dans des endroits abrités il n'y a relativement que peu de jours où le malade soit obligé de rester dans sa chambre. Plusieurs de nos malades qui connaissent les climats chauds de l'Europe méridionale et les climats élevés de la Suisse décrivent le climat du Colorado comme étant particulièrement agréable; l'automne et une partie de l'hiver sont les meilleures saisons; le printemps est variable comme presque partout; la chute de la neige et le dégel le rendent désagréable. La neige persiste moins longtemps que dans les Alpes suisses; à altitude égale, la couche n'y est jamais aussi épaisse; le sol est souvent libre de neige en hiver.

La plupart des habitants de ces localités déjà populeuses du Colorado appartiennent à la classe des phtisiques guéris ou des individus menacés de phtisie. Nos observations personnelles se bornent à 7 malades; l'un était au premier degré,

quatre au second, deux au troisième; tous furent améliorés; trois peuvent être considérés comme guéris, un comme relativement guéri; un autre se maintient encore assez bien; le sixième a eu une rechute, le dernier enfin est mort plus tard.

Le Colorado offre, pendant la grosse chaleur de l'été, des points plus élevés et plus frais oii plusieurs de nos malades séjournèrent pendant trois à six mois sous des tentes.

Il faut espérer que dans les régions montuëuses des Etats- Unis de l'Amérique du Nord on utilisera peu à peu des climats encore préférables à celui du Colorado ; les phtisiques et les individus menacés de phtisie pourront y trouver un abri, Déjcà quelques endroits du Nouveau Mexique jouissent d'une bonne réputation comme Santa Fé, à une altitude de plus de 2000 mètres, et Albuquerque.

Il sera facile d'y créer dessanatoria, car des États entiers y sont à une altitude assez élevée et commencent seulement à se peupler. D'après le « Dictionary of élévation », de Toner, l'altitude moyenne de l'État de Wyoming est d'environ 2300 mètres^ celle de l'État du Colorado de 2100 mètres, celle d'Arizona de 1900 mètres, celle d'Idaho de 1750 mètres, celle d'Utah de 1600 mètres, celle de Nevada de 1580 mètres, celle du Nouveau-Mexique de 1520 mètres, enfin celle de Montana de 1320 mètres.

leiunesota. — De même dans la région étendue et modérément élevée du Minnesota, dans les Etats-Unis, située entre les 43° et 49° de latitude nord, et les 89° et 102° de longitude occidentale, on a fait des observations favorables sur l'influence de ce climat sur la phtisie à son début.

L'altitude moyenne de l'Etat de Minnesota dépasse légèrement 300 mètres, celle de Saint-Paul est d'environ 220 mètres, celle de Minneapolis de 225 mètres, celle de Winona de 450 mètres. Il faut du reste remarquer que la population du Minnesota est encore très peu dense; il n'y a que cinq habitants par lieue carrée (en 1870), de sorte qu'un élément

Weber. — Climatothérapie. IG

essentiel pour l'impureté 'de l'air manque encore; l'expérience montrera quelle sera l'influence de l'augmentation de la population sur l'air de celte contrée.

AshYiiie. — Le D'" Gleistmann, d'Ashyllle dans la Caroline du Nord (Etats-Unis), a attiré l'attention sur les conditions favorables que présentent les ramifications de la chaîne des Appalaches dans la partie occidentale delà Caroline du Nord, la partie nord-ouest de la Caroline du Sud et dans la partie nord-est de la Géorgie, et surtout d'Ashville qui est située à 700 mètres d'altitude, sur le 35° de latitude, avec une température moyenne de 21°, 5 pendant l'été et de 3°, 2 pendant l'hiver; avec de faibles oscillations diurnes et une quantité de pluie d'enyiron 1000 millimètres. [Western North Carolina as a health resort ^ Baltimore, 1876, et Biennial report of the Mountain Sanitarium for pidmonary diseases; Ashville.N. C, Baltimore, 1877.)

Afrique méridionale. — Une autre région favorable à l'installation de sanatoria élevés se trouve dans les montagnes de l'Afrique méridionale ; Symes Thompson et H. Leach, entre autres, ont attiré l'attention sur ces régions, surtout sur les États libres d'Orange, le pays occidental des Griquas, le Transwaal, Natal et la colonie du Cap. L'endroit le plus connu, Blœmfontain, à environ 1400 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve sur un plateau entouré de montagnes situées à une certaine distance ; l'air y est pur, vivifiant et sec; mais, d'après H. Leach, c'est un séjour très ennuyeux, n'offrant que peu de ressources, et exigeant, outre la traversée, un voyage fatigant en voiture d'une dizaine de jours pour aller de la ville du Cap dans l'intérieur. Les étés sont chauds et secs, les hivers froids ; l'humidité relative est au-dessous de 60°. Le nombre des jours pluvieux est d'environ soixante ; la quantité de pluie est souvent au-dessous de 500 millimètres. A Blœmfontain se trouvent des médecins anglais et allemands, et quand les conditions du voyage seront améliorées,

CLfl\lATS DE l'AYS FLATS OU DE PAYS ÉLOIGNÉS DE LA MER. 2i3

laiite cette contrée offrira des stations favorables pour des séjours prolongés et même comme résidence fixe.

Kimberley, dans le pays du Griqua occidental, un peu audessous de 1350 mètres, est situé près des champs de diamants, avec des conditions climatériques analogues. Température moyenne de l'année 17°,40 C. ; moyenne des mois les plus froids, octobre à mars 13°; avril à septembre 21°, 4; les mois les plus froids, juin 7°,d, juillet 7°,7 ; décembre, le plus chaud, 24°, 2 ; janvier 23°, 6 ; le maximum atteint en 4 mois 39°, en décembre et janvier parfois 42°; le minimum descend, de juin à août, au-dessous de 0°.

La moyenne de l'humidité relative est, dans les mois chauds, de 50 à 70°, et pendant les mois froids, de 55 à 82°. Les ressources sont, d'après H. Leach, au moins aussi grandes à Kimberley qu'à Blœmfontain. Dans le Transvaal, district réuni depuis peu à l'Angleterre, se trouvent, d'après H. Leach, plusieurs localités situées entre 1300 et 1500 mètres d'altitude et qui pourraient convenir comme stations sanitaires, si les installations étaient meilleures : Christiana, Blœmhoff, Potchefstroom, Vilvvater Rand, Pretoria, Heidelberg (1550 mètres), Utrecht, Standerton et Wakkerstroom (1850 mètres).

Dans la colonie de Natal, à Colenso (950 mètres), Estcourt (1000 mètres), les ressources paraissent être plus grandes ; mais l'été y est trop chaud, et l'air est alors moins sec que dans les localités plus élevées indiquées précédemment. On peut dire la même chose de Pietermaritzbourg, la capitale, à 650 mètres d'altitude, et de Durban, le port de Natal^ qui sont habitables tout au plus pendant deux ou trois mois d'hiver. Grahams Town (500 mètres) et Cradock (950 mètres) ne conviennent que pour de courts séjours pendant la saison froide.

Dans la vaste région qu'on appelle Cafrerie, qui se trouve entre les possessions anglaises du Cap et de Natal, on trouve-

rait sans aucun cloute des localités qui pourraient être utilisées ; «l'avenir en décidera.

En tout cas ceux qui cherchent un lieu de refuge dans l'Afrique ne doivent pas oublier que, entre le pays de Natal et ces stations élevées, il y a un long voyage sur mer et de plus un voyage sur terre qui est et qui restera longtemps encore pénible et dispendieux; on n'y enverra donc que les malades assez robustes, quoique les conditions climatériques soient incontestablement bonnes.

On doit en outre prémunir contre un long séjour dans les ports. Ceux qui arrivent dans la ville du Cap devraient se rendre aussitôt que possible sur le Wynberg, qui est à peu de distance, s'il y a de la place dans un des hôtels delà localité, ou à Cerès, qui est un peu plus éloigné; ceux qui débarquent à Port-Elisabeth devraient se rendre à Uitenhage et à Grahams Town ou à Pietermaritzbourg, ou ils attendraient la fin de leurs préparatifs de voyage.

En Asie, il existe sans doute beaucoup de régions montagneuses qui conviendraient pour des cures d'air, mais il n'est pas probable que les Européens les choisissent souvent, en raison du long voyage, excepté les Anglais à cause de leurs colonies dans les Indes occidentales. L'espace nous manque pour exposer en détail ce que l'on sait des régions montagneuses des Indes orientales. Citons donc, en peu de mots, les stations montueuses principales des colonies des Indes orientales anglaises.

Darjeeling, 27° de latitude nord, 88° de longitude orientale, 2500 mètres au-dessus de la mer; température d'hiver environ 7°; température moyenne de l'été à peu près 17"; la quantité de pluie dépasse 4000 millimètres.

Simla, à la même altitude, avec chaleur estivale plus élevée et environ 1800 millimètres de pluie.

Landour (2400 mètres), avec une température d'hiver un peu plus basse.

CLIMATS DE PAYS PLATS OU DE PAYS ÉLOIGNÉS DE LA MER. 24p

' Murree, Riissowlee, sur une montagne isolée; Dugshai et Nynee Tal, toutes dans le Bengale, à des altitudes variant entre 1800 et 2400 mètres.

Outacamund, Kotagherry et Wellington, dans la chaîne de montagne des Neilgherry, entre le 11° et le 12° de latitude nord, à des altitudes variant entre 1700 et 2400 mètres, avec des températures moyennes analogues à celle de Dargeeling, mais seulement la moitié de la quantité de pluie.

Palneyo, à environ 2300 mètres, dans la présidence de Madras, Shexaroys, Mercara, Namendroog, situés de 800 à 1000 mètres plus bas, mais également dans la présidence de Madras.

Abu, dans la chaîne de montagnes d'Aravelli (24° de latitude nord), Mehablishwur, Poorandhur, dans la présidence de Bombay, entre 1200 et 1400 mètres.

Il est toujours important d'observer que les stations montueuses des Indes-Orientales présentent des conditions climatériques très difîérentes de celles des régions que nous avons étudiées jusqu'à présent en Europe, en Amérique et dans l'Afrique méridionale. Elles sont situées en partie dans la grande péninsule au sud de la chaîne de l'Himalaya,, en partie sur le versant méridional; il faut aA^ant tout considérer leur degré de latitude, c'est-à-dire leur distance de l'Equateur^ qui modifle essentiellement l'action climatérique de l'altitude, et en outre les grandes masses d'eau chaude qui entourent la péninsule. Les vents périodiques qui en viennent sont saturés d'humidité qui se traduit par des pluies considérables, dès qu'elle se trouve en contact avec les régions plus froides des montagnes.

Les émanations qui s'élèvent du sol humide doivent, en raison de la haute température, se mêler à des produits organiques, même dans les localités oii la fièvre intermittente maligne n'est plus endémique, et l'air doit y être absolument plus humide que dans les vallées des Andes, des Montagnes

Rocheuses et des Alpes Suisses, et les propriétés aseptiques que nous avons attribuées auxsanatoria de ces chaînesde montagnes ne sauraient exister, au même degré, dans des régions comme Simla et Darjeeling. Cependant, dans les Indes, les stations montueuses présentent de grands avantages sur les stations inférieures; elles sont par conséquent d'une utilité inappréciable pour ce pays ; les rapports comparatifs de E.-G. Kellett sur l'influence d'un séjour prolongé dans le « sanatorium » de Landour sont dignes d'éloge; ils constatent les résultats favorables obtenus dans la phtisie pulmonaire (1869), autant qu'il est permis de conclure du séjour relativement court que les convalescents font dans ces sanatoria militaires.

Les conditions climatériques doivent être tout autres sur les versants septentrionaux de la chaîne de l'Himalaya, car les courants d'air arrivant de la mer sont en grande partie débarrassés de l'humidité qu'ils contiennent par les montagnes, de telle sorte que les régions élevées de Rashmir, à 33° et 34° de latitude nord, sur lesquelles Biermann a appelé l'attention, possèdent des climats dont le séjour est plus agréable que celui des Montagnes Rocheuses et des Alpes, et dont l'efficacité est sans doute aussi plus grande que celle de ces dernières dans le traitement de la phtisie. Dans la belle vallée élevée de Kashmir, dont l'altitude moyenne est, dit-on, d'environ 2000 mètres, la température de l'été doit cependant être très élevée, car le riz et d'autres végétaux analogues y poussent encore; en été, les phtisiques devraient sans doute se retirer dans des régions plus froides.

Nous pouvons passer tout à fait sous silence les régions montueuses de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, car on les a encore peu étudiées au point de vue climalérique.

H. — Climat des plaines.

Climats de plaine secs. — Après avoir rangé un si grand nombre de localités dans les cadres des climats maritimes, de côtes et de montagnes, nous pouvons être plus bref en parlant des régions plus basses des pays d'intérieur. Si nous les divisons en climats secs et humides, il ne faut pas oublier ce qu'il y a d'incomplet dans cette classification : les climats les plus secs sont les plus excitants ; les plus humides, les plus sédatifs. On peut diviser encore les climats secs en climats chauds et secs et en climats froids et secs.

Climats chauds et secs.

aéserts de l'Afrique. — Le type proprement dit des climats secs et chauds est représenté par les déserts de l'Afrique : grande chaleur et sécheresse de l'air le jour, fort rayonnement et fraîcheur considérable, même froid réel la nuit ; ciel clair, pluie rare, mais souvent rosée abondante. Le type proprement dit, le désert, n'est pas encore utilisable d'une manière générale. Nous avons cependant été en rapport avec plusieurs phtisiques doués d'une grande énergie et ^d'une grande indépendance de caractère, qui, atteints de cavernes dans les poumons (chez l'un avec complication d'albuminurie), avaient séjourné presque exclusivement, pendant de longues années, sous des tentes dans le désert et qui ne pouvaient presque se nourrir que parla chasse; ils s'étaient très bien trouvés de ce genre de vie. Cependant l'absence complète de relations sociales et de vie intellectuelle finit par les dégoûter de la vie du désert; ils retournèrent donc, l'un plus tôt, l'autre plus tard dans leurs climats habituels, où ils succombèrent à leur maladie. On comprend que les condi-

lions climatériques du désert rendent l'air aseptique malgré la grande chaleur, comme au niveau des glaciers et des neiges éternelles; aussi les plaies dues à des coupures ou à d'autres petits accidents guérissent-elles remarquablement vite.

iVubîe. — Le climat qui se rapproche le plus de celui du désert est le climat de la Nubie; suivant plusieurs malades qui ont beaucoup voyagé, ce climat est très agréable pendant les mois les plus frais. Ils passèrent les mois de décembre, de janvier et de février sous la tente, après avoir quitté l'Italie en octobre, oi^i ils revinrent plus ou moins directement, les uns en avril, les autres en mai. Les conditions de santé chez les Nubiens sont très bonnes; la phtisie est rare, et l'état de nos malades était, en Nubie, également très satisfaisant ; seulement le voyage de retour sur le Nil, chez deux de ces malades, et l'arrivée en Italie, chez un autre, ne furent pas sans inconvénients. — On peut se demander si un plus long séjour, comprenant plusieurs années, ne conviendrait pas malgré les chaleurs de l'été.

Les voyages sur le Nil, avec séjour dans la Haute-Egypte, s'en rapprochent beaucoup au point de vue climatérique ; ils ne sont pourtant pas tout à fait sans danger par les nuits souvent froides sur le bateau, de sorte qu'ils exigent de grandes précautions et des soins nombreux au point de vue des vêtements et de la nourriture. Il faut ajouter en outre la présence de vents chargés de poussière, les ennuis avec le drogman et une série d'autres désagréments. Les sujets gravement atteints ne doivent les entreprendre qiie d'une manière exceptionnelle, assistés d'un médecin, et seulement entre les mois de décembre et de février.

Caire. — Le Caire et ses environs, d'un accès facile, représentent le type général des climats secs et chauds (30° latitude nord, 18" à 24° longitude orientale). La sécheresse absolue de l'air n'est cependant pas aussi considérable qu'on l'admet d'or-

dinaire; l'humidité relative s'élève pendant les mois d'hiver, qui nous intéressent particulièrement, parfois jusqu'à 80°; la moyenne est à peu près entre 60° et 70% et si l'on réfléchit que la température de l'air est élevée, il est clair que la quantité absolue d'humidité contenue dans l'atmosphère est assez grande, beaucoup plus considérable par exemple que dans les sanatoria du versant des Montagnes Rocheuses ou même à Davos. Mais si l'on considère l'influence de l'air sur l'organisme et spécialement sur les poumons, on doit, comme il a été déjà dit, prendre toujours en considération, non seulement le degré d'humidité relative mais aussi absolue, et cette appréciation indique l'une des nombreuses'défectuosités de noire système de classification des climats. Les avantages du climat égyptien (on entend d'ordinaire sous ce nom celui des environs du Caire) consistent principalement dans un ciel clair, beaucoup de soleil, surtout pendant l'hiver, en comparaison avec les régions situées plus au nord, et par suite, la possibilité de séjourner presque continuellement à l'air libre, depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, par conséquent, même dans les jours les plus courts, pendant six à huit heures ; ce n'est que très rarement et seulement pour peu de temps que la pluie vient s'y opposer. Avec la grande clarté du ciel le rayonnement est naturellement très considérable durant la nuit, ainsi que la différence de température entre le jour et la nuit. Toutefois les oscillations ne manquent pas, même pendant le jour, et le vent n'est pas rare, bien que le Khamsin (vent du sud et sud-ouest) chaud et chargé de sable soit unvent très pénible et très dangereux pour les malades; cependant il ne souffle pas avant le mois d'avril, époque à laquelle les malades doivent déjà avoir quitté l'Egypte ; le temps de séjour le meilleur est entre la mi-novembre et la mi-mars. Ce n'est que dans des cas exceptionnels que le séjour peut s'étendre du commencement de novembre jusqu'à la fin de

2o0 DIVISION DES CLIMATS.

mars. D'après ce qui précède, il importe donc de prendre, même en Egypte, de grandes précautions, spécialement en ce qui concerne l'habillement, l'exercice et les excursions, et tous les malades doivent suivre exactement les indications des médecins. La mortalité est grande parmi les habitants du Caire (1 sur 21 ou 22); ce ne saurait être un empêchement pour utiliser ce climat, mais cela indique pourtant la nécessité de tenir compte des règles hygiéniques.

Heluan, situé à quelques lieues du Caire, offre des avantages pour beaucoup de malades ; c'est en quelque sorte le sanatorium du Caire ; on y trouve des bains chauds bien connus et des ressources convenables; l'air est le même que celui du désert, sans les impuretés inséparables d'une grande ville comme le Caire. Il faut dans chaque cas s'occuper spécialement des époques de transition, avant et après le séjour en Egypte, et de l'itinéraire du voyage.

Mon expérience personnelle sur l'influence de l'Egypte se réduit à 24 phtisiques qui passèrent d'un à quatre hivers dans cette contrée. Parmi eux 6 étaient des phtisiques au premier degré et parmi ceux-hà j'ai noté 4 améliorations et 2 aggravations; 12 au second degré, sur lesquels il y eut 6 améliorations, 3 résultats douteux, 3 aggravations; 6 au troisième degré avec 2 améliorations, 1 résultat douteux, 3 aggravations.

Le traitement de l'emphysème avec catarrhe chronique donna des résultats tout à fait satisfaisants, c'est-à-dire 9 améliorations sur 10 cas ; il en est de même du rhumatisme chronique : 11 améliorations ou guérisons sur 16 cas, et pour la goutte : 8 améliorations sur 9 cas. Le résultat fut également bon dans plusieurs cas de diabète à marche lente, chez des malades d'âge mûr et avancé; sur 11 cas d'albuminurie, la guérison eut lieu une fois; 4 fois il y eut une amélioration, et 4 fois l'état resta stationnaire; 2 fois la maladie empira, et il y eut un cas de mort. Des malades atteints d'affections du

cœur, avec tendance au catarrhe des bronches et à des troubles digestifs, éprouvèrent de l'amélioration. Les résultats sont satisfaisants dans les névralgies, dans la sénilité précoce et dans l'épuisement nerveux, par excès de travail intellectuel et souci des affaires.

Climats de plaine, secs et froids. — LeS climatS de plaine,

secs et froids, présentent encore peu d'applications thérapeutiques; toutefois nous avons observé, chez des missionnaires et des négociants, quatre cas de phtisie au premier degré et au début du second degré ; nous avons conseillé à ces malades d'accepter les places qu'on leur offrait dans le Labrador; trois d'entre eux guérirent complètement dans l'espace de quatre à six ans, et j'ai pu] constater leur état de santé pendant des voyages qu'ils firent en Europe ; tandis que chez le quatrième, la dépression morale causée par les longs hivers et les journées courtes fut telle qu'il revint dans le même état sans aggravation, mais sans amélioration sensible; trois ans après son retour, il succomba à la maladie. Nous devons ajouter que ces quatre malades étaient d'une constitution robuste et avaient une grande puissance calorigène ; ils étaient^ en outre, indemnes d'autres maladies organiques, et les dispositions héréditaires faisaient défaut ou étaient peu développées; nous considérons ces circonstances comme des conditions nécessaires pour des cures de ce genre. J'ai, d'autre part, déconseillé ce déplacement à plusieurs individus faibles, ayant peu de puissance calorigène, assimilant difficilement et incapables de se livrer à des exercices corporels ; par conséquent, les quatre cas cités plus haut sont des exceptions.

Beaucoup de climats du continent sont classés pendant les mois d'hiver dans la subdivision des climats secs et froids, notamment de grandes régions de l'Amérique du Nord, surtout au Canada oii le sol est couvert de neige et de glace pendant des mois entiers. Tout médecin qui a dans sa clien-

2o2 DIVISION DES CLIMATS.

tèle des personnes amenées par leurs affaires, pour un certain nombre d'années, dans ces climats, peut observer des résultats parfois remarquables, quand il y a tendance à la phtisie et à des troubles de nutrition ; toutefois, il est actuellement presque impossible d'en déduire des règles climatothérapiques générales.

Parmi les climats humides que nous citerons ici, nous ne comprenons pas ceux qui sont véritablement humides, car on ne doit les recommander que dans des cas exceptionnels; les climats humides et chauds sont des foyers d'affections endémiques qui procèdent de la malaria; les climats humides et froids prédisposent aux affections rhumatismales et catarrhales les malades qui ne sont pas doués d'une grande force de résistance.

stations chaudes et moins sèches. — Parmi leS cHmats deS

pays d'intérieur modérément humides ou à proprement parler moins secs, nous rencontrons d'abord les climats un peu chauds que l'on utilise comme stations d'hiver ; Rome, Pise et Pau sont les plus connus.

L'idée que l'on se fait de ces localités n'est pas tout à fait exacte. On dit habituellement que ces stations ont un climat égal, chaud, sans vent et humide^ un ciel souvent couvert; ce sont là des données générales, mais qui souffrent de nombreuses exceptions.

Rome. — Rome (30 à 35° de longitude occidentale, 41 et 45° de latitude nord) la ville aux sept collines, est située dans une plaine entourée, à une distance de 12 à 18 kilomètres au nord, à l'est et au sud-est, de montagnes que l'on peut à peine considérer comme un abri contre le vent. La température moyenne de la saison d'hiver (novembre à avril) est environ 10° ; le nombre des jours' de pluie durant cette saison est de 60 à 70; l'humidité relative de 60 à 75. Rome est une ville un peu plus chaude que Pise et Pau, avec lesquelles on la compare souvent; les variations y sont plus

accen^,uées; le vent du nord-ouest est parfois très froid et très violent (tramontane) ; mais le ciel est tout à fait pur pendant de nombreuses journées; le climat est plus vivifiant que celui de Pise et de Pau, de sorte qu'il tient le milieu entre les climats sédatifs et les climats stimulants. Le docteur Erhardt a donné, dans la Berline)^ klinische Wochenschrifl de 1875, des renseignements pratiques et instructifs sur le climat de Rome et son utilité. Pour les personnes atteintes de maladies graves, Rome n'est pas une station convenable, soit à cause de l'air impur, inévitable dans une grande ville, soit à cause des grandes variations et du manque de promenades abritées, soit enfin en raison des tentations qu'offrent les monuments historiques et les musées d'art; mais précisément cette dernière circonstance fait de Rome un asile convenable pour les individus déprimés moralement, pour les malades nerveux, les personnes épuisées par le travail et la sénilité précoce. Les cardiaques s'y trouvent généralement bien, à condition qu'ils évitent de gravir les escaliers des musées. La fièvre romaine est une fièvre de malaria comme l'ont dit Pantaleoni, Erhardt, Aitken, von Fleischl et autres médecins ; elle est endémique dans la campagne, et rend Rome inhabitable entre les mois de mai et d'octobre, surtout de juin à octobre; mais cette fièvre n'est pas à craindre pendant les mois d'hiver. La fièvre typhoïde existe à Rome, mais elle y est plus rare qu'on ne le pense généralement, et on peut l'éviter en prenant des précautions hygiéniques et diététiques.

Pise. — Pise, 43° latitude nord, à 50 mètres d'altitude, non loin de la Méditerranée, forme un séjour de transition avec les stations maritimes; elle est moins abritée et moins garantie des vents qu'on ne le croit généralement, parce que les Apennins proprement dits sont trop éloignés et que les montagnes de Pise sont traversées à l'est par l'Arno. La température moyenne de l'hiver (novembre à mars) est de

2o4 DIVISION DES CLIMATS.

8°, 3 environ, i^S à 2° plus basse que dans la Riviera occidentale, de décembre à février un peu au-dessus de 7°, mais par le vent du nord et du nord-est souvent au-dessous de 0°. En général, les oscillations diurnes sont modérées. Le nombre des jours pluvieux, de novembre à mars, est de 63; la hauteur des pluies est annuellement d'environ 1300 millimètres; l'humidité relative, pendant la saison d'hiver, est de 70 à 85 p. 100 ; la pression hygrométrique de 6 à 7 millimètres. En général, on peut dire que Pise est pendant l'hiver modérément humide, d'une température assez égale; l'atmosphère y est calme, le ciel légèrement couvert, presque sans brouillards, l'air renferme un peu de poussière, les promenades n'y sont pas très nombreuses, sauf au Lungarno-Reale, où se trouvent les habitations les plus exposées au soleil. On trouvera des renseignements plus exacts dans les ouvrages de Sigmund, Felice, Brôking.

Pau, — Pau, 200 mètres d'altitude, 43° de latitude nord, 22" de longitude est, au nord des Pyrénées dont l'aspect est un des attraits de la localité; elle est protégée au nord, en partie aussi à l'est et à l'ouest, par une petite chaîne de montagnes; en général, l'air y est assez calme, mais cependant le vent y est quelquefois très fort. Sous l'influence de l'océan Atlantique, l'air est tempéré, plutôt frais ; pendant la saison d'hiver, de novembre à avril, la température est de 6°, 5 à 7°, 5 avec des oscillations diurnes dépassant rarement plus de 9° ; le nombre des jours pluvieux est de 80 à 90 pour les mois ci-dessus ; le ciel est souvent nuageux ; l'humidité est de 80 à 85. Le sol se dessèche rapidement; la poussière est rare; les promenades y sont nombreuses: les conditions hygiéniques sont assez bonnes, les ressources très, grandes, et on y trouve d'excellents médecins.

Le climat est moins vivifiant et moins exposé au soleil que^ celui de la Riviera occidentale; il est un peu plus égal et, en général, convient mieux aux personnes facilement irritables,.

disposées aux affections nerveuses, sujettes aux irritations des muqueuses, à des quintes de toux sèche, à la fièvre. Par contre les malades qui ont besoin de soleil, et dont les échanges nutritifs sont languissants, se trouveront beaucoup mieux à la Riviera. D'après les observations de Williams père et fils, Pau aurait une influence moins favorable que la Riviei'a et d'autres climats plus stimulants.

Améiie-ies-Bains. — Comme slation d'hiver dans la région pyrénéenne on conseille souvent Amélie-les- Bains, située à 42° de latitude nord, et qui forme en quelque sorte un séjour de transition pour arriver aux climats de montagne ; cette station est à une altitude de 280 mètres, dans la vallée du Tech, dans les Pyrénées-Orientales, abritéecontre les vents du nord, nord-ouest et nord-est, mais ouverte du côté de l'est. Les beaux jours y sont plus nombreux qu'à Pau, mais les oscillations diurnes sont plus considérables, de 12" à 18°. Le temps pendant lequel on peut se promener ausoleil y est restreint par les montagnes. Aussi cette station ne convient-elle qu'exceptionnellement pour l'hiver; elle est très bonne, au contraire, en automne, particulièrement pour les personnes atteintes de rhumatismes et de maladies du larynx, en raison de ses excellentes eaux thermales sulfureuses.

Païaida. — Unpeuplus bas, dans la même vallée, mais mieux exposée au soleil, est située Palalda' (222 mètres) qui peut servir de station d'hiver jusqu'au printemps ; la présence de grenadiers, d'oliviers et de figuiers indique un climat plus chaud et dans lequel l'abaissement de température est moins marqué.

liOcalités fraîches et modérément humides. — 11 y a de

nombreuses transitions entre les stations modérément chaudes et modérément humides; on pourrait encore les désigner comme indifférentes parce que ni la chaleur, ni le degré de saturation d'humidité, ni la pression atmosphérique ne leur donnent un caractère spécial.

On ira de préférence dans ces stations aux époques suivantes : la fin du printemps et les premiers mois d'été, la fin de Fêté elles premiers mois d'automne ; dans le milieu de l'été elles sont trop chaudes, pendant l'hiver elles sont trop froides, et leur température est trop variable pour la plupart des malades. Durant les saisons où on utilise ces localités, l'humidité est relativement faible en raison de la température plus élevée de l'air, surtout vers les heures du milieu de la journée, tandis que pendant l'hiver elle est assez considérable et très variable.

On pourrait énumérer ici quelques-unes des localités indiquées précédemment à propos des climats de montagne et situées dans les vallées inférieures soit des montagnes, soit des premiers contreforts; on pourrait y ajouter les climats des parties inférieures des Alpes, ainsi que cgii\ de la plupart des villégiatures d'été du centre de l'Angleterre. Les transitions sont tout à fait graduées. Le plus grand nombre des localités utilisées jusqu'à présent ne sont des sanatoria qu'en raison de sources minérales, d'établissements hydrothérapiques et des installations qui s'y rattachent, tandis que leurs qualités climatériques leur donneraient à peine la préférence sur les localités voisines non utilisées et peu connues.

Chaque médecin trouverait dans son voisinage immédiat, ou du moins à peu de distance, des localités qu'il pourrait employer avec grand avantage dans différentes maladies, suivant l'orientation, l'altitude, la constitution du sol, la présence de forêts, la proximité de lacs et de rivières, etc. Avant tout il importe de connaître la constitution de l'air, les causes d'impureté, et de rechercher un sol sec, d'excellente eau potable, des habitations bien aérées et une nourriture convenable; il faut savoir si la localité est exposée au soleil, si on trouve facilement de l'ombre en été, si les malades peuvent y passer agréablement une grande partie de la journée en plein air.

On pourrait ainsi indiquer d'innombrables lieux de villégiature, à la campagne et au milieu des forêts, qui seraient

d'une grande utilité pour les habitants des villes et surtout pour les enfants, les jeunes gens et les convalescents; souvent des localités rapprochées mériteraient la préférence, principalement pour les personnes faibles; on leur éviterait ainsi les fatigues d'un long voyage. 11 n'existe que peu de yilles à proximité desquelles on ne trouverait pas de stations appropriées aux divers états des malades. Quand tout ce qui peut, être nécessaire au malade n'existe pas, le médecin doit chercher à suppléer à ce qui lui manque par ses conseils, pour tirer le meilleur parti des ressources de la localité.

Beaucoup de personnes donnent la préférence à des stations comme Baden-Baden, Wiesbaden, Soden, Gleichenberg, Schandau, à cause de la facilité des relations, de la présence de bons médecins, d'hôtels confortables et surtout des distractions nécessaires à beaucoup de malades ; bon nombre d'autres préfèrent des installations plus simples et plus champêtres. Le nombre des localités oi^i l'on trouve ces avantages réunis aux beautés de la nature et à un air pur est considérable dans tous les pays. En Allemagne, par exemple, il suffît de jeter un coup d'œil sur la région comprise entre Francfort et Heidelberg,poury voir de nombreuses stations agréables comme Jugenheim , Zwingenberg , Michelstadt , Erbach , Auerbach, Bensheim, Weinheim, etc. Sur le Neckar, le Main, la Nahe, la Lahn et la Moselle, et dans beaucoup de vallées latérales du Rhin, aux environs de la forêt de Teutoburg et des montagnes du Weser, il existe beaucoup de localités pour des bourses plus modestes. De même, en aval de Cologne se trouvent de très bons endroits qui s'élèvent au-dessus de la plaine du Bas-Rhin ; nous citerons surtout Clèves, au milieu de vastes forêts. On ne peut assez faire remarquer combien le séjour dans ces localités, dont l'installation est modeste, est favorable au traitement curatif et préventif de beaucoup de maladies chroniques ; on obtient ces résultats avec des frais relalivement minimes.

Weber. — Climatothérapie. 17

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